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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un excellent Canned Heat de 1970,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Future Blues (CD)
La réédition de l'album chez Repertoire lui vaut quelques belles additions. Une bonne version hispanisante de Wooly Bully (que Nine Below Zero enchantera plus tard avec son live), mais surtout les deux titres d'un single de noël. Il y a un Christmas Blues très John Mayall dans le son, et un duo hilarant avec un tamia, écureuil psychopathe de cartoons. Complètement débile et donc indispensable, ça donne une bonne idée de la dose de fun contenue dans la musique de Canned Heat. Y goûter, ne serait-ce que pour une bouchée, c'est un plaisir immédiat garanti.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Prémonitoire ?,
Par JEAN-CLAUDE "les années rock 60/70" (france) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 500 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Future Blues (CD)
Future Blues est l'album d'Alan Wilson, par excellence. De l'homme aux verres à triple foyer, dit la chouette (The Blind Owl). Premièrement parce que la pochette du LP, c'est son idée et qu'elle a alimenté une drôle de polémique ; deuxièmement, parce que c'est la dernière fois que ce dernier, membre original de la formation, apparaît sur un enregistrement de Canned Heat, parce qu'il a définitivement quitté le groupe après ce disque, retrouvé mort (suicide), suite à une absorption massive d'un produit stupéfiant. Future Blues voit aussi le dénommé Harvey Mandel, guitariste, assurer l'absence de l'habituel Vestine, en proie à des problèmes relationnels avec Larry Taylor, notamment. Revenons à la pochette. Canned Heat, connu pour ses prises de position antimilitaristes et en faveur de l'environnement, allume le pouvoir politique en place en se faisant photographier en astronautes, un an après que l'homme ait posé, pour la première fois, le pied sur la lune, dans une mise en scène tendancieuse, parodiant la célèbre prise du Mont Suribachi (1945 dans le Pacifique) par les soldats US. En l'occurrence, ce cliché historique célèbre est tourné en dérision par des Heat prenant la pose de ces dits-combattants et présentant la bannière étoilée à l'envers. Ceci pour étaler leur révolte, quant à la guerre du Vietnamet pour éveiller sur les dangers que court la planète... Nanti d'un répertoire partagé entre originaux et reprises (plusieurs sont empruntées aux anciens bluesmen), ce disque est, une fois de plus, déchirant à en juger par les pépites revisitées à la hausse et modernisées, que sont Shake It And Break It, attribué à Charley Patton, le Père du Delta Blues, incontournable figure de la musique populaire américaine, Sugar Bee d'Eddie Schuler, That's All Right Mama (Arthur Crudup, mort dans la misère), par les originaux crédités au groupe tels So Sad (The World's In A Tangle), Future Blues, ou crédités au seul Al Wilson comme My Time Ain't Long, London Blues (avec Dr John au piano) et Skat. Canned Heat transcende le blues des sixties, à chacune de ses notes. Ceux qui ont eu la chance de posséder le vinyle à sa sortie (1970), ne peuvent pas avoir oublié que Future Blues était le 33 tours par lequel Let's Work Together (Let's Stick Together à son origine) est parvenu jusqu'à eux (abstraction faite des ondes). Ce titre est le troisième de l'héritage « commercial » que Canned Heat a laissé derrière lui (mais qui n'est pas le plus important de leur magnifique discographie). Blues-rock enragé que l'on doit à Wilbert Harrison (auteur, par ailleurs, du fameux Kansas City qui culmina en tête des charts 1959), ce titre mythique est devenu leur sésame, en atteignant la première place des hits dans pas moins de 31 pays dans le monde. Il met en exergue tout le talent du nouveau guitariste Harvey Mandel. Future Blues, précis, succinct et diversifié, appartient à ce que Canned Heat a fait de mieux. L'avenir se fera, malheureusement, sans Al Wilson, ce diplômé en musique, bon guitariste slide, sublime harmoniciste, à la voix timide et chevrotante, et qui avait décidément le blues dans la panse. Il aura encore le temps de travailler sur le projet auquel il tenait tant : enregistrer avec John Lee Hooker avant, plongé dans un état dépressif, de disparaître à Topanga Canyon, le 3 septembre 1970 d'une overdose fatale, allongé dans un sac de couchage, au milieu des séquoias. A 27 ans : comme Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Jimi Hendrix, Kurt Kobain et Robert Johnson, guitariste et bluesman noir, qui fut aussi une source d'inspiration pour Wilson l'écolo précoce et qui devait être impatient de l'accueillir là-haut pour lui dire tout le bien qu'il suscitait. Au même moment, au pied d'un conifère... une paire de lunettes aux verres particulièrement épais tombait pour la dernière fois du nez d'Al Wilson. Il ne les réajustera plus jamais, comme se plaît à le relever Fito De La Parra, mémoire vivante du Heat. Le blues perd gros, le blues a mal. Tout le monde peinera à s'en relever. Son prémonitoire My Time Ain't Long n'en est que plus émouvant.
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