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5.0 étoiles sur 5 Fraicheur et liberté, 22 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven - Intégrale des sonates pour violon et piano (CD)
Le catalogue Deutsche Gramophon regorge d'intégrales des sonates pour violon et piano de Beethoven, avec des interprètes de luxe: Kempff/Menuhin, Argerich/Kremer, Mutter/Orkis. Pourtant celle-ci, de Dumay et Pires est la bienvenue; elle se distingue véritablement des autres.

Dès les premières notes de la première sonate Op. 12 No 1, on sent qu'il y a quelque-chose de spécial qui se passe: un tempo vertigineux, avec des accélérations hallucinantes, des petites plages surprenantes de lyrisme et de rêve au milieu d'une phrase... La première impression est d'un vent de fraîcheur et d'aventure. Cette impression initiale de fraîcheur et de liberté ne se dément jamais; au contraire, elle est renforcée par chaque écoute successive.

L'approche de ces deux solistes est très personnelle: de larges contrastes, une grande énergie orageuse alternant avec un lyrisme tout en nuances et subtilité. Tout cela semble techniquement très aboutie. On ne sait pas quoi admirer de plus:

- l'énergie et la véhémence (la sonate Kreutzer, par exemple, est tout aussi grisante et excitante de virtuosité fièvreuse que sous les doigts de Kremer et Argerich - avec la différence que la sonorité de Dumay est bien plus élégante, moins monochrome que celle de Kremer);
- la subtilité et la fantaisie;
- le côté lyrisme bel canto (avec des sons merveilleusement bien trouvés, des pianissimi qui s'en vont à l'infini, avec une infinie douceur);
- la précision avec laquelle les deux musiciens jouent ensemble (complètement en phase, même dans les passages les plus rapides et techniquement exigeantes)...

Ce n'est pas UN Beethoven qu'on entend ici; c'est toute une foule de Beethoven. Il y a le Beethoven recordman excessif, le Beethoven tendre amoureux,
le Beethoven dramaturge, le Beethoven architecte...

Si je devais émettre une réserve, je dirais que cette intégrale pourrait peut-être (à certaines oreilles) sembler un peu sentimentale, privilégiant résolument le lyrisme et les émotions. En effet, les deux musiciens ont l'habitude de appliquer des diminuendi très marqués, qui créent des effets d'ombre même dans les phrases les plus innocentes. Si vous aimez votre Beethoven joué avec retenue et classicisme, il est probable que vous n'aimerez pas cette version. Pour les autres (ceux qui, comme moi, aiment l'aventure, l'émotion et une approche "à forte personnalité" de la musique): achetez cette version et vous ne serez pas déçus !

Reste à dire un mot sur la prise de son, qui est exemplaire: très clair et lisible. Le violon (superbement capté dans tous ses détails) est plutôt au premier plan, mais le piano n'est (heureusement) pas trop en retrait.
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