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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une date dans l'histoire du cinéma
Je tiens Fellini pour le plus grand des cinéastes et, dans son oeuvre foisonnante et toujours renouvelée, j'aime autant le néo-réalisme aux préoccupations morales de la trilogie la Strada-Il Bidone-les Nuits de Cabiria, que la re-création magnifiée de l'enfance qui culmine dans Roma et Amarcord et ces expériences...
Publié le 27 septembre 2009 par zybine, amateur éclairé

versus
21 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 en anglais seulement
si vous ne voulez pas vous faire voler 30 euros comme moi sachez qu'il n'y pas la moindre trace de français dans ce dvd contrairement aux indications
Publié le 19 mai 2008 par Maillard Frédéric


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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une date dans l'histoire du cinéma, 27 septembre 2009
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 (DVD)
Je tiens Fellini pour le plus grand des cinéastes et, dans son oeuvre foisonnante et toujours renouvelée, j'aime autant le néo-réalisme aux préoccupations morales de la trilogie la Strada-Il Bidone-les Nuits de Cabiria, que la re-création magnifiée de l'enfance qui culmine dans Roma et Amarcord et ces expériences totalement folles et sublimes que sont le Satyricon et Casanova. Comme la Dolce vita, Otto et mezzo est un film charnière : on y retrouve les angoisses morales de la première période et la folie onirique des oeuvres de la maturité. A ce titre, c'est une admirable synthèse et un bon point d'entrée pour les néophytes.
Mastroianni est un cinéaste en panne d'inspiration et déprimé. Il se rend dans une clinique pour se reposer et échapper à sa femme comme à sa maîtresse. Il vieillit. Il a des angoisses (admirable scène d'ouverture avec une crise de panique dans un embouteillage). Il ne sait plus quoi dire et comment le dire. Il commence à rêver, se souvient de son enfance, passe en revue les femmes de sa vie (séquence fameuse du harem avec la chevauchée des walkyries de Wagner), fantasme sur celles qui viendront. Et le film se fait sous nos yeux avec ces interrogations vieilles comme le monde (cette femme est-elle celle qu'il me faut ? pourquoi étais-je si heureux quand j'étais un enfant ? comment vais-je vieillir ? ma vie est vraiment celle qu'elle pourrait être ?), transformées par l'Artiste en un spectacle total, festival de couleurs, de sons, d'émotions.
Ecoutez plutôt que le critique français qui sabote les efforts du malheureux Mastroianni en posant sur son dernier film le jugement suivant « une succession d'actes gratuits qui peuvent même être divertissants dans leur réalisme ambigu ». C'est exactement ça. En beaucoup mieux et avec Nino Rota par dessus le marché.
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5.0 étoiles sur 5 Mise en abîme, 27 août 2012
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 [Blu-ray] (Blu-ray)
Enfin un blu-ray venant restaurer un film ancien digne de ce nom ! Quelle image ! Le noir et blanc Fellinien, baigné de lumière sous le ciel de l'Italie, retrouve toute sa jeunesse ! Des noirs profonds qui contrastent avec des blancs lumineux, des visages au relief saisissant, faisant ressortir les pores de la peau... On se croirait presque, je dis bien presque, au niveau de la haute définition des films actuels. Attention, il s'agit d'un film de 1963, et bien que tout ne soit pas parfait, je pense qu'il ne faut pas s'attendre à mieux en termes de restauration.
Le coffret cartonné est très joli et comporte deux disques : le premier, en format blu-ray, propose le film ainsi que trois documentaires : 1) "Autour de 8" (34 mn), 2) "Au royaume d'un clown !" (14 mn), 3) "Fellini, un charmeur de serpents" (12 mn), ainsi que le commentaire audio de Jean-Max Méjean, biographe officiel de Fellini. Le second, qui est un DVD (on se demande bien pourquoi il n'est pas en blu-ray lui aussi !), propose un documentaire nommé "8 et demi en 6 mémos" (30 mn), ainsi qu'un entretien thématique de 20 mn avec le maestro en personne.
Aucun souci sur cette édition, un modèle du genre, et la meilleure possible actuellement.

Pour les néophytes, "8 et demi " est un des films de Fellini les plus personnels, les plus intimes, mais aussi un film très singulier, lunaire, baroque et surréaliste. Il fait partie de ces films qui avancent avec ou sans leurs spectateurs, renversant tout sur leur passage, sans la moindre concession ni le moindre compromis commercial.
Aucun schéma narratif habituel, une mise en scène apparemment décousue mais en réalité maîtrisée de bout en bout ; une plongée dans les méandres de l'esprit, l'esprit de Guido, un cinéaste dépressif (interprété par Mastroianni), cherchant en vain à retrouver l'inspiration et peinant à sauver ce qu'il reste de son existence relationnelle avec son entourage.
Nous voilà donc transportés dans les tourbillons de l'esprit en quête d'inspiration, un coup dans le réel, un coup dans l'imaginaire ou le rêve, un coup dans le passé ou dans l'avenir.
Il faut donc s'attendre à un voyage dans l'inconnu et l'insolite, et ce pendant les 2h20 d'une succession de scènes oniriques s'enchaînant sans logique apparente au grès des tribulations inconscientes du personnage principal, véritable double de Fellini, qui teinte son œuvre d'une dimension autobiographique et de tous ses fantasmes, telle cette scène incroyable où nous sommes transportés dans le harem de Guido, dans lequel se regroupent toutes les femmes de son entourage réel !

Nombreuses sont les personnes qui restent étrangères à ce film et le trouvent ennuyeux et incompréhensible. Il y a pourtant une trame bien réelle, dans laquelle un auteur tétanisé à l'idée de ne pas trouver l'inspiration finit par se faire dévorer par son imaginaire et ses fantasmes, qui confinent à l'hallucination.
Ainsi se construit la mise en abîme de la création artistique, totalement ironique dans la mesure où le film, qui raconte l'angoisse de la page blanche chez l'artiste, est un miracle de création et de trouvailles cinégéniques. Le cinéma d'auteur dans toute sa splendeur, qui marque le passage entre le Néoréalisme des années 50 et l'avènement des œuvres baroques de l'âge d'or du cinéma transalpin.
La Dolce Vita avait amené la rupture avec le cinéma du réel. Trois ans plus tard, "8 et demi" abolit définitivement les frontières vers un ailleurs cinématographique...
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4.0 étoiles sur 5 À la recherche du film perdu, 20 février 2012
Par 
Durand Sébastien (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 [Blu-ray] (Blu-ray)
Réalisateur reconnu, Guido traverse une crise créative aiguë. Poursuivi par le souvenir des femmes qu'il a aimées, il ne sait plus quel film tourner.

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, ce film porte ce titre car Fellini avait tourné auparavant sept films et deux sketches. Celui-ci est donc bien son 8e film et demi. Le fait même qu'il ne porte pas d'autre titre (il a failli s'appeler "la bella confusione") montre assez à quel point son histoire est proche de celle du réalisateur. Normal puisque Mastroianni, son double cinématographique, est ici le réalisateur qui, comme Fellini peu de temps auparavant, est en proie au doute créatif. L'obsession pour les femmes, de la mamma aux maîtresses en passant par la putain du village de son enfance ne peuvent suffire à masquer ses interrogations existentielles.

"8 1/2" présente aussi des similitudes frappantes avec "À la Recherche du Temps Perdu" de Proust : regret d'un temps irrémédiablement disparu (celui de l'Italie de son enfance, du cinéma de l'âge d'or déjà en déclin dans la Péninsule en ce début des années 60 ...) et surtout, surtout, même remède au grand mal : ne parvenant plus à créer, Fellini comme Proust vont tourner/écrire sur cette impuissance artistique... et par là-même, ils retrouvent l'inspiration qui leur avait échappée.

La première scène, un embouteillage, traduit de façon stupéfiante l'étouffement de Guido. Et les amoureux du cinéma retrouveront avec plaisir quelques-unes de ses plus jolies frimousses d'alors comme Anouk Aimée et Claudia Cardinale.

Master de très belle qualité et bonus à foison très utiles.
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 10/10, 10 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 (DVD)
Je n'ai rien à ajouter aux quatre excellents commentaires précédents sinon ceci: depuis les années soixante, Huit et demi est le seul film que j'ai vu au moins dix fois, donc à des époques différentes de ma vie, et à chaque fois avec le même plaisir, la même émotion, la même intensité.
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22 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 8 1/2 ne se soustrait pas., 28 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 (DVD)
A l'heure où la "civilisation des loisirs" renvoie le cinéma à la niche, où la technologie s'amuse avec filtres à gogo et spécieux effets spéciaux, revient le chiffre magique qui peut conjurer ces maléfices : 8 1/2.
Au diable les parallèles entre La Divine Comédie et 8 1/2(Dante/Guido ; Virgile/Daumier ; Béatrice/Claudia, etc.), au diable les rapprochements avec le Tasse, Sterne, Joyce, Svevo, Gide, ou Proust, au diable les références du genre « catoblépas » ou « potamogétons », au diable les crétineries de Jean-Louis Bory. 8 1/2 est surtout « una bella confusione » : premier titre envisagé, pour dire la confusion mentale. Et il aura fallu du courage à Fellini pour s'en sortir ! Il n'est que de se souvenir de l'article de Moravia dans Le Nouveau Candide (du 6 au 13 juin 1963) : « Le film qui a empêché Fellini de se suicider ». Au plus fort de la tempête qui secouait sa boîte crânienne, réfugié piteusement dans les bas-fonds de l'impuissance, il captura et ordonna un reste de force pour interroger son art de cinéaste : « À quoi bon tenter d'y mettre de l'ordre ? Le véritable sens en tout ne consisterait-il pas à s'insérer, avec toute la vitalité dont on dispose, dans cette sorte de ballet fantastique en ne cherchant qu'à en devenir le rythme ? ».
Fellini avait eu l'idée de 8 1/2 bien avant de réaliser la Dolce Vita. L'histoire de la crise d'une société devait pourtant précéder celle d'une « âme en crise », ce qui paraît logique quand on sait les réticences ou les difficultés qu'il peut y avoir à parler de soi. Difficultés de la conscience, à s'exprimer, à comprendre, à aimer, à vivre... Fellini s'engluait dans la dépression ; 8 1/2 était tout prêt soit à l'y enfoncer, soit à l'en sortir. Le psychanalyste jungien Ernst Bernhard l'aidera à la traverser de part en part - ainsi à se traverser et à traverser le film -, en lui expliquant comment s'abandonner, se laisser aller et se libérer de ce qui doit arriver dans ce qui arrive : « J'avais tellement honte de dire à ma troupe et à Rizzoli que je voulais renoncer à ce film dont l'idée m'avait complètement échappé que j'ai enfin trouvé le sujet : un réalisateur qui ne se souvient plus du sujet de son film. » Guido Anselmi, personnage principal de 8 1/2 et cinéaste, tiens donc ! va goûter aux angoisses de l'autorité impuissante, constamment à fuir, à geindre. Le dégoût sourd au coeur du créateur, encore qu'il ait le doigt sur la gâchette. A lui de décider. Mais il n'a envie de rien choisir. Pour diminuer le mal-être, il suffirait que Fellini-Guido acceptât d'annuler la séparation entre le réel et l'imaginaire, d'effondrer les barrières intellectuelles, de procéder en dilettante à une auto-analyse et de laisser les événements advenir en s'y soumettant. Lâcher la bride à la fantaisie et lâcher prise, c'était bien l'enjeu : « J'ai tourné 8 1/2 sans jamais rien voir de ce que je faisais, parce qu'il y avait une grève de quatre mois de tous les laboratoires de développement », « Et alors, ce n'est plus moi qui dirige le film, c'est lui qui me dirige », « Pour moi, c'est un film libérateur, et j'espère qu'il libèrera aussi les spectateurs ». Quant à ceux qui lui trouveront un air d'avant-garde, Fellini leur répondra : « Je n'ai pas lu Ulysse » ou « L'Année dernière à Marienbad se situait sur un plan de pure abstraction intellectuelle. De ce point de vue, 8 1/2 est l'anti-Marienbad ».
Fellini bazarde les outils qui le gêneraient, comme en témoigne la script-girl Mirella Gamacchio : « Non seulement il ne tient aucun compte du scénario, mais il réinvente les dialogues et les situations au moment de tourner... » 8 1/2 contourne les règles traditionnelles d'écriture et de construction d'un récit cinématographique (narration linéaire, raccords image, temps réel, etc.), empêchant les réflexes pavloviens du spectateur. Il faut négliger les règles industrielles pour parvenir à l'art et qu'arrivent en gare les souvenirs, les rêves, l'envol, la vérité et le mensonge, la culpabilité, la religion, les ecclésiastiques, le spectacle de cabaret, la danse, la plage, le feu, la neige, le vent, la chair, les femmes, les personnages étranges et symboliques, les apparitions, les musiciens, l'enfant, et que ces sortilèges de l'imaginaire ne soient pas interprétés trop avant. Dans sa chronique de La Montagne du 6 août 1963, Alexandre Vialatte écrit : « C'est le portrait de la sarabande que danse le monde dans le grenier de l'homme, dans le cerveau du créateur. » Il est sain que l'illusionniste s'illusionne soi-même (que « le conteur se grise de son conte ») avec - pourquoi pas ? - ce petit papier collé en pense-bête sur la caméra : « Ricordati che e un film comico », qu'on pourrait traduire par : « Souviens-toi qu'il s'agit d'une comédie ». Et pour que celle-ci soit universelle, ne pas oublier de styliser. Toujours styliser. Fellini le revendique expressément. Alors l'angoisse, les ratages et le vieillissement deviennent des stimulants. Alors les sensations et les perceptions l'emportent sur l'intellect. Alors l'espace onirique devient familier et la sensualité peut se déployer en phantasmes sur la piste du grand cirque de la vie.
Entre 1963 et 1964, 8 1/2 reçut le Grand Prix du Festival cinématographique de Moscou et l'Oscar du meilleur film étranger, sept Rubans d'argent, le prix de la critique du cinéma italien et le prix de la critique du cinéma new-yorkais. Quarante-trois ans après, ce film métalinguistique et métanarratif (sur un film à faire qui se fait sans se faire) reste fascinant, et plus moderne que bon nombre d'œuvres actuelles, le seul qui fut créé par un peintre à part entière. Comme l'écrit Aldo Tassone : « L'histoire d'un échec se traduit ainsi en une victoire de l'art. »
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34 internautes sur 42 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Film-phare, 9 juin 2003
Par 
The Dreaming - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 - Criterion Collection [Import USA Zone 1] (DVD)
De Woody Allen ("Stardust Memories") à Truffaut ("La Nuit Américaine"), en passant par Altman ("The Player"), nombre de cinéastes parlent du cinéma dans leurs films. Et le résultat, souvent, est beau, émouvant et parfois même proprement renversant, comme c'est le cas avec des oeuvres magistrales telles que "Le Mépris" de Godard, "Ed Wood" de Tim Burton, ou, plus récemment, l'inépuisable et déjà mythique "Mulholland Drive" du génial David Lynch... Avec "8 1/2", Fellini atteint cette perfection qu'il tutoiera encore souvent par la suite ( "Satyricon", "Roma", "Amarcord"...). Le génie de Fellini éclate à chaque plan avec une évidence presque effrayante. On se croirait au musée, mais ce serait un musée avec de la peinture qui bouge ! Ici, tout est beau et tout est magique : les morts rencontrent les vivants, la nostalgie débouche sur l'euphorie et vice versa... Il y a de la confusion, de la pagaille, du rire, des larmes, des rêves, des mots, de la musique (Nino Rota au sommet de son art !), des bavardages, des silences, des souvenirs, des choses bizarres, des tours de magie, des fantasmes... tout ça et bien plus encore. Presque 40 ans après sa sortie, "8 1/2" en a encore largement une bonne vingtaine d'avance, au regard du cinéma d'aujourd'hui.
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5.0 étoiles sur 5 Entre réalité et rêvasseries, on se laisse emporter dans un rêve fabuleux, 26 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 [Blu-ray] (Blu-ray)
Entrer en quarantaine, c’est savoir que l’on a passé les plus belles années de sa vie, celles de la découverte, de l’affermissement de soi, de la découverte du monde pour se retrouver enfermé dans une situation personnelle et professionnelle dont on mesure les limites ; c’est savoir que l’on est parti du mauvais côté de la vie, et que la chute va désormais prendre de la vitesse pour nous conduire à notre déchéance et à notre fin. Nombreux sont ceux qui vivent mal ce passage de la quarantaine, tellement même qu’on lui a donné un nom. Quand on est l’un des monstres sacrés de l’art cinématographique, que l’on a réalisé des films cultes comme La Strada ou La Dolce vita, que l’on a de ce fait une réputation à soutenir avec l’obligation d’aller encore plus loin, que l’on est assailli de toutes parts par des admirateurs, que l’on est harcelé par les starlettes en quête d’un rôle et de la gloire qu’il leur procurera, qu’elles savent d’autant mieux vous titiller qu’elles connaissent votre goût immodéré pour les plaisirs charnels dont elles vous ont parfois honoré, que l’on est relancé par des producteurs qui reviennent sans cesse à la charge pour bientôt ne cesser de vous ennuyer parce qu’ils trouveront vos projets fous et trop onéreux, et que l’on est en plein doute, n’ayant plus d’idée neuve pouvant nourrir un film, la crise devient infiniment plus grave. Beaucoup ne s’en sont pas remis. Fellini ne se laisse pas abattre comme ça. Il a une idée qui va se révéler géniale : faire de sa crise le sujet de son film. Non pour se lamenter sur son sort, mais pour le sublimer. Et pour le sublimer, il va inventer une nouvelle forme de cinéma, celle dont se nourriront beaucoup de ses films à venir, mélange onirique de rêve et de réalité.

Le film commence dans la chaleur écrasante de Rome, où Guido étouffe dans sa voiture bloquée en plein bouchon. Ouvrant en grand sa fenêtre, il s’envole, comme ses pensées, pour atterrir sur une plage qu’il a fréquentée quand il était enfant. Nous le retrouvons dans une ville d’eau où il est venu se reposer et soigner la déprime qui s’empare de lui. Suivent quelques scènes qui s’enchaînent sans grande logique jusqu’à ce que Fellini nous donne la clé. Guido fait la queue pour prendre son verre d’eau, il va être servi par une Claudia Cardinale plus magique que jamais quand soudain cette jeune femme de rêve fait place à la vraie serveuse, une femme banale entre deux âges. La suite du film mêlera ainsi scènes de sa vie présente, résurgence de vieux souvenirs enfouis et songes inspirés par sa situation présente. Il dialogue avec ses parents sortis de leur tombe, revit l’éveil de sa sexualité au spectacle de la féminité opulente de la Saraghina, l’humiliation subie au collège religieux, la haine des curés qu’elle lui a inspirée, les doux moments vécus avec ses maîtresses, ceux pénibles vécus avec les mêmes et avec sa femme quand elles se faisaient ou se font trop exclusives, le harcèlement perpétuel auquel il est soumis de la part d’un scénariste trop pointilleux, de ses producteurs, de la horde des starlettes en mal de reconnaissance, des maîtresses en mal d’amour, tout en se laissant délicieusement aller au plaisir d’être désiré par cet essaim de jeunes beautés qui bourdonnent autour de lui.

Mais il y a le film qu'il a commencé et laissé en friche. Il va finalement décider de l’abandonner. Enfin libéré de la contrainte d’avoir à finir un film qui ne l’intéresse plus et qui a largement contribué à le plonger en pleine déprime, il retrouve la paix et invite, dans une séquence plus fellinienne que tout Fellini, ses amis présents et passés à une farandole qui associe sa propre personne présente à l’enfant qu’il a été.

Un chef-d’œuvre n’est pas le résultat d’un bon scénario, il est celui d’une maîtrise, d’un style. Fait des divagations et des rêvasseries de Guido, le film entretient un certain flou qui est aussi un rêve fabuleux. Huit et demi a déboussolé la critique à sa sortie. Nous savons maintenant qu’il est le chef d’œuvre de l’époque à laquelle il a vu le jour. En 1963 ! On reste abasourdi en réalisant cela, tant le film est encore d’un modernisme fantastique.

On peut avoir quelques craintes en voyant le début, tout juste digne d’un mauvais DVD. Mais l’image s’améliore très vite, le film délivre une belle image. Sans doute l’image de mauvaise qualité a-t-elle pour tâche de nous faire comprendre que nous sommes en pleine confusion, due à la pollution des voitures et de l’esprit.

Le film est proposé, comme beaucoup d'autres, dans un petit coffret réunissant Bluray et DVD. J'avoue ne pas comprendre le bien fondé de cette formule. A moins que ce ne soit tout simplement pour maintenir un prix plus élevé et se fichant carrément de l'acheteur.

Un film indispensable, qui est aussi une date clé dans l'histoire du cinéma.
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11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du génie pur..., 30 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 (DVD)
8 1/2, ou un des plus grands films jamais réalisés, peut-être le meilleur. L'extraordinaire réalisateur italien Federico Fellini nous offre (avec l'aide de Mastroianni et Nino Rota) une mise en abîme exceptionnelle; une film sur la réalisation d'un film, un film sur ses peurs de réalisateur, sur sa dépression, sur sa vie.

8 1/2, ou un film plein de rêve, plein de magnifique images en noir et blanc, plein de souvenirs, plein de rires, plein d'émotions, plein de vérité, plein de femmes sublimes (Claudia Cardinale, Anouk Aimee, Barbara Steele,...) et de personnages géniaux, plein d'Italie, plein de grands moments musicaux et cinématographiques.

8 1/2, ou un homme entre le numéro 8 (sa femme), le numéro 9 (sa maîtresse), et toutes les autres.

8 1/2, ou la belle histoire d'un homme qui cherche une partie perdue de lui-même, son enfance, sans qui il se sent seulement la 1/2 de lui-même.

8 1/2, ou un de mes films préférés, parfait sous tous ses aspects.

Fellini est un génie, définitivement.
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21 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 en anglais seulement, 19 mai 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Federico Fellini's 8 1/2 [Import anglais] (DVD)
si vous ne voulez pas vous faire voler 30 euros comme moi sachez qu'il n'y pas la moindre trace de français dans ce dvd contrairement aux indications
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5.0 étoiles sur 5 Entre réalité et rêvasseries, un film de rêve se déploie devant nous, 25 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 (DVD)
Entrer en quarantaine, c’est savoir que l’on a passé les plus belles années de sa vie, celles de la découverte, de l’affermissement de soi, de la découverte du monde pour se retrouver enfermé dans une situation personnelle et professionnelle dont on mesure les limites ; c’est savoir que l’on est parti du mauvais côté de la vie, et que la chute va désormais prendre de la vitesse pour nous conduire à notre déchéance et à notre fin. Nombreux sont ceux qui vivent mal ce passage de la quarantaine, tellement même qu’on lui a donné un nom. Quand on est l’un des monstres sacrés de l’art cinématographique, que l’on a réalisé des films cultes comme La Strada ou La Dolce vita, que l’on a de ce fait une réputation à soutenir avec l’obligation d’aller encore plus loin, que l’on est assailli de toutes parts par des admirateurs, que l’on est harcelé par les starlettes en quête d’un rôle et de la gloire qu’il leur procurera, qu’elles savent d’autant mieux vous titiller qu’elles connaissent votre goût immodéré pour les plaisirs charnels dont elles vous ont parfois honoré, que l’on est relancé par des producteurs qui reviennent sans cesse à la charge pour bientôt ne cesser de vous ennuyer parce qu’ils trouveront vos projets fous et trop onéreux, et que l’on est en plein doute, n’ayant plus d’idée neuve pouvant nourrir un film, la crise devient infiniment plus grave. Beaucoup ne s’en sont pas remis. Fellini ne se laisse pas abattre comme ça. Il a une idée qui va se révéler géniale : faire de sa crise le sujet de son film. Non pour se lamenter sur son sort, mais pour le sublimer. Et pour le sublimer, il va inventer une nouvelle forme de cinéma, celle dont se nourriront beaucoup de ses films à venir, mélange onirique de rêve et de réalité.

Le film commence dans la chaleur écrasante de Rome, où Guido étouffe dans sa voiture bloquée en plein bouchon. Ouvrant en grand sa fenêtre, il s’envole, comme ses pensées, pour atterrir sur une plage qu’il a fréquentée quand il était enfant. Nous le retrouvons dans une ville d’eau où il est venu se reposer et soigner la déprime qui s’empare de lui. Suivent quelques scènes qui s’enchaînent sans grande logique jusqu’à ce que Fellini nous donne la clé. Guido fait la queue pour prendre son verre d’eau, il va être servi par une Claudia Cardinale plus magique que jamais quand soudain cette jeune femme de rêve fait place à la vraie serveuse, une femme banale entre deux âges. La suite du film mêlera ainsi scènes de sa vie présente, résurgence de vieux souvenirs enfouis et songes inspirés par sa situation présente. Il dialogue avec ses parents sortis de leur tombe, revit l’éveil de sa sexualité au spectacle de la féminité opulente de la Saraghina, l’humiliation subie au collège religieux, la haine des curés qu’elle lui a inspirée, les doux moments vécus avec ses maîtresses, ceux pénibles vécus avec les mêmes et avec sa femme quand elles se faisaient ou se font trop exclusives, le harcèlement perpétuel auquel il est soumis de la part d’un scénariste trop pointilleux, de ses producteurs, de la horde des starlettes en mal de reconnaissance, des maîtresses en mal d’amour, tout en se laissant délicieusement aller au plaisir d’être désiré par cet essaim de jeunes beautés qui bourdonnent autour de lui.

Mais il y a le film, commencé et laissé en friche. Il va finalement décider de l’abandonner. Enfin libéré de la contrainte d’avoir à finir un film qui ne l’intéresse plus, il retrouve la paix et invite, dans une séquence plus fellinienne que tout Fellini, ses amis présents et passés à une farandole qui associe sa propre personne présente à l’enfant qu’il a été.

Un chef-d’œuvre n’est pas le résultat d’un bon scénario, il est celui d’une maîtrise, d’un style. Fait des divagations et des rêvasseries de Guido, le film entretient un certain flou qui est aussi un rêve fabuleux. Huit et demi a déboussolé la critique à sa sortie. Nous savons maintenant qu’il est le chef d’œuvre de l’époque à laquelle il a vu le jour. En 1963 ! On reste abasourdi en réalisant cela, tant le film est encore d’un modernisme fantastique.

On peut avoir quelques craintes en voyant le début, tout juste digne d’un mauvais DVD. Mais l’image s’améliore très vite, le film délivre une belle image. Sans doute l’image de mauvaise qualité a-t-elle pour tâche de nous faire comprendre que nous sommes en pleine confusion, due à la pollution des voitures et de l’esprit.

Un film indispensable, qui est aussi une date clé dans l'histoire du cinéma.
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8 1/2 (Single Disc Edition) [Import USA Zone 1] de Federico Fellini (DVD - 2002)
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