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le 28 décembre 2007
Je n'ai pas toujours été un fan d'Hogwood car je trouve que son approche de la musique est souvent linéaire, qu'elle manque de contrastes et que tout finit par se ressembler finalement. Je serai bien en mal de lui faire ce reproche dans ce superbe enregistrement de Rinaldo, où il a en plus sollicitée un plateau de solistes de premier ordre. Son Academy a gagné en souplesse avec le temps et les couleurs de son orchestre sont belles, riches et épanouies. La direction du chef s'est bien assouplie aussi, abordant avec retenue cet opéra mais avec davantage de contrastes rythmiques, permettant de différencier les épisodes entre eux. Il a recours à des effets spéciaux de mise en scène ajoutant de la magie à cette lumineuse version : ainsi, l'arrivée d'Armida est accompagné par un tonnerre foudroyant et la scène d'extase à la nature d'Almirena par de charmants gazouillis d'Augelletti. Ce souci de représentativité place sous les meilleurs auspices cette divine version.
Côté solistes, les reproches sont moindres : David Daniels n'est peut-être pas la voix la plus assurée dans les vocalises (Or la Tromba ou Venti Turbini montre les limites actuelles de sa voix) mon son legato de velours, son timbre si riche et son expressivité naturelle font de son incarnation une belle réussite. Le "Cara Sposa" est même un moment très poignant, immobile dans le temps, transportant (pour moi, qui ne suis pas (du tout) fan des contre-ténors, c'est le plus beau compliment que je puisse faire à une voix) Ce n'est sans doute pas l'incarnation la plus marquante de Bernarda Fink au disque (Goffredo) mais la voix est toujours aussi belle, le timbre riche et finalement, elle entre dans le rôle avec conviction. Luba Orgonasova est plus problématique : sa voix est énergique (Vo far guerra) et même poignante (Ah, crudel !), son chant possède une bonne technique, mais son timbre n'est pas des plus plaisants et sa diction et son italien ne sont pas exceptionnels. On oubliera l'insipide Daniel Taylor, inexpressif et vocalement dépassé par son rôle (Eustazio, frère de Goffredo), on appréciera les voix des deux sirènes dans leur unique duo et on applaudira à tout rompre le prodigieux Argante de Gerald Finley. Torturé et virtuose dans "Sibillar" (accompagné par de somtueuses trompettes et d'impressionnantes timbales), émouvant dans "Vieni, o cara", amoureux dans "Basta, che sol tu chieda" il signe une incarnation de tout premier ordre qui a de quoi enthousiasmer. Quant à la divine Cecilia, elle donne à Almirena une exquise féminité et une sensualité inégalées. Elle éblouit par sa forme vocale dans "Combatti da forte", elle émeut si profondément dans le "Lascia, ch'io pianga" mais c'est dans la dimension extatiue du personnage qu'elle est la plus inoubliable. Son "Augeletti" est à graver d'une pierre blanche tant par la sensualité qui en ressort que par la perfection du chant. Et le duo qui suit avec David Daniels n'est pas moins charmeur, les deux chanteurs ayant des voix magnifiquement complémentaires. On pourrait même déceler une dimension érotique dans la partie centrale de l'air, tant l'enlacement des voix des deux amants frise le trompe-l'oeil. Cela prête à discussion. En tout cas, c'est splendide. Remercions le talent de tous ces beaux artistes qui nous font vivre de grands instants de musique. Un reproche : des récitatifs parfois neutres et manquant de répondant dans les dialogues. Avec René Jacobs, ils seraient beaucoup plus parlants, mais son intégrale ne m'a pas beaucoup plu, à cause de voix trop inégales et d'une tendance un peu trop marquée à apposer sa marque à chaque mesure (parfois même à chaque note). Sinon, autre reproche pour la version Hogwood : un manque de théâtralité dans sa réponse orchestrale (mais quels solstes ! : les flûtes à bec envoûtantes, les trompettes brillantissimes, les hautbois magnifiques ; seuls les cordes grincent un peu mais rien de fatal) Sinon : rien, c'est absolument magnifique !
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le 21 novembre 2010
Si vous avez du mal à choisir parmi les nombreux enregistrements de cet opéra, écoutez l'extrait de la piste 12, disque 2, intitulé "Lascia ch'io pianga". Soupiré par la sublime Cécilia Bartoli, ce célèbre lamento justifie à lui seul l'achat de ce coffret où domine l'excellence. David Daniels qui joue le rôle titre nous livre une prestation flamboyante autant dans les moments héroïques que lorsqu'il pleure la disparition de sa bien-aimée dans un "Cara Sposa" désespéré.
Frémissant de sensibilité, Christopher Hogwood parvient à maintenir intact du début à la fin, le climat de passion parfois un peu kitch, qui domine cette oeuvre grandiose, plus proche par sa structure "baroqueuse" d'un oratorio - sur le modèle des passions de J.S. Bach - que de l'opéra classico-romantique du 19e siècle.
The Academy of Ancient Music, fidèle à sa tradition, fait vibrer ses violons anciens sous la conduite du très intuitif Andrew Manze qui joue rien moins qu'un Amati de 1690.
Pour rester dans la note, l'enregistrement réalisé en 1999 dans l'enceinte du Henry Wood Hall à Londres frôle la perfection, aidé en cela par l'exceptionnelle acoustique de cette ancienne église transformée en haut lieu de la prise de son.
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C'est la premiere version de 1711 que Christopher Hogwood a choisi pour son Rinaldo.
Outre la direction tres theatrale, dynamique, mettant en valeur toute les beautés de la partition du chef d'oeuvre de Handel, c'est la distribution choisi par Hogwood qui represente l'atout majeure de cette version.
A commencer par la superbe interpretation de David Daniels. Beauté incomparable du timbre, engagement sans failles, autant dans l'heroisme que la douceur, son "cara Sposa" est un des grands moments de cet Opera, boulversant,intense, magnifique, le temps s'arrete....
Cecilia Bartoli est une Almirena de reve, de la force de son eblouissant air d'entrée "combatti da forte" à la supreme beauté de la detresse infini de son "lascia ch'io pianga", une leçon de chant, de classe absolue.
Bernada Fink, handelienne confirmée est un parfait goffredo, mais la bonne surprise vient de la grande Armida de Luba orgonasova, que je n'attendais pas dans ce repertoire, magnifique aussi bien dans la passion devorante de son "furie terribili" que dans l'emotion de sa grande complainte du deuxieme acte" Ah! crudel, il pianto mio".
15 ans aprés sa sortie, le Rinaldo de Hogwood reste la version de reference du plus bel opera de handel, indispensable , autant pour les amoureux de handel que ceux qui voudraient le découvrir et ne peuvent le faire dans de meilleures conditions qu'avec cet enregistrement.
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le 1 novembre 2003
La musique baroque passe souvent pour de la soupe destiné au troisième âge et les commentaires concernant son opéra vantent l'aspect soporifique... C'est vrai que de nombreux opéras de Haendel m'ont surtout ennuyé... Mais il suffit d'une pépite et la voici !
Rinaldo est LE meilleur opéra de Haendel : guerre, sorciers, amour et exotisme, autorisent des inventions et déchaînements musicaux. Peu importe que l'intrigue soit abracadabrante : de toute façon, à moins d'avoir une excellente chaîne, de bonne oreilles et de parler italien, on ne comprend rien ; seule demeure les mélodies, dont l'air célébrissime « Lascia ch'io pianga ».
J'ai attendu près de 20 ans que soit éditée une bonne version de cet opéra, aussi je ne vous cache pas mon enthousiasme : Bernarda Finck, bien que Haendelienne réputée internationalement, ne m'est jamais apparue comme une grande voix, mais elle incarne au mieux son rôle de général ; Cecilia Bartholdi, soprano talentueuse, francophone accomplie et très sympathique qui plus est, ne m'a jamais emballé (hélas ! ;) car je la trouve trop maniérée. Ceci dit, les critiques sont unanimes pour la considérer comme une des plus belles voix actuelles, à la technique irréprochable. Enfin, comment ne pas encenser David Daniels, le contre-ténor le plus enthousiasmant qui soit : ses prouesses vocales paraissent si naturelles qu'on croirait qu'il s'amuse là où d'aucuns ne verraient que passages pyrotechniques ! Un peu comme certains pianistes font oublier la technique époustouflante des études d'exécution transcendantes de Liszt pour laisser s'exprimer la poésie que, par ailleurs, beaucoup d'interprètes sont incapables de reproduire. Quant à Hogwood, il est fidèle à sa réputation de bon chef baroqueux et son orchestre attitré (l'Académie of Ancient Music) s'en donne à coeur joie.
Avec Rinaldo, Haendel a conquis le public londonien. Je ne doute pas qu'il puisse réitérer l'exploit trois siècles après ! Avec « Orpheo ed Euridyce » de Gluck et « Les Indes Galantes » de Rameau, c'est l'un des plus beaux opéras baroques. Pour le découvrir, écoutez l'arrivée fracassante de la sorcière Armida (la puissante soprano Luba Orgonasova) sur son dragon (CD 1 plage 15) : après cela, les trucages de La guerre de étoiles vous paraîtrons d'aimables pastiches ! non seulement c'est impressionnant, mais, en plus, c'est beau !
77 commentaires|38 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 5 mars 2016
la voix de C.Bartoli est surprenante et majestueuse .Par contre il faut pouvoir écouter cd CD avec un bonne force d'appareil ! dans la vie moderne ... ce n'est pas toujours facile . dommage!
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le 31 décembre 2015
L'air de Lascia aurait pu apporter plus d'émotions. C'est tout de même la meilleure version que nous avons trouvé jusqu'à présent
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