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5.0 étoiles sur 5
Magistral, 15 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fly Away Little Bird (CD)
Fly Away Little Bird marquait en 1992 la troisième grande rencontre discographique de Jimmy Giuffre, Paul Bley et Steve Swallow (après Fusion, Thesis et Free Fall au début des années 1960, et les deux volumes The Life of a Trio en 1989).
Ce nouvel album s'ouvre sur un thème en apesanteur, d'une immense délicatesse, source d'improvisations mêlées absolument délectables. Dans ce titre magique (composition de Giuffre), le lyrisme intense du clarinettiste est souligné par le jeu extrêmement subtil et poétique de Bley et Swallow.
Après un début aussi extraordinaire, on pourrait craindre d'inévitables déceptions dans la suite de l'album. Il n'en est rien.
Le répertoire, très varié, propose des compositions des trois complices, parfois jouées en solo, très spontanément : « Fits » et « Starts » de Steve Swallow (belle fibre de guitariste-basse une fois de plus), « Qualude » et « Postlude » de Paul Bley, ou « Trumbleweed », dans lequel Giuffre alterne voix et saxophone soprano pour un auto-dialogue stupéfiant.
Autant d'interludes qui permettent de mieux encore savourer la matière jouée en trio.
Comme cette composition de Juanita Odjenar Giuffre, « Possibilities », qui résonne comme une énigme...
Ou un nombre de standards plus important que dans tous leurs précédents albums. Des grands classiques ici transformés, auscultés, magnifiés : « I Can't get started » de Vernon Duke, « All the Things you are » (cristallin), « Lover man », ou le « Goodbye » de Gordon Jenkins (seul et unique standard figurant sur le couple Fusion/Thesis de 1961), réduit ici à un cri déchirant, et un accompagnement minimaliste.
Lorsque l'album se referme, ce n'est pas sans réaffirmer une dernière fois les goûts pluriels des trois musiciens. Le très traditionnel « Sweet and Lovely », désarmant de simplicité et d'évidence, voisine avec des éclats de free dans une longue plage protéiforme (« Bats in the Belfry », une composition collective)...
On est constamment abasourdi par cette musique légère et grave simultanément, dense mais jamais indigeste, stimulante et inventive, magnifiquement poétique.
Les trois complices se retrouveront en studio une dernière fois, en 1993, pour Conversations With A Goose.
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