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Claudio Arrau plays Debussy (Coffret 3 CD)
Format: CDModifier
Prix:26,00 €+Livraison gratuite avec Amazon Premium
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43 sur 46 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Il y a plusieurs façons de jouer la musique de Debussy : on peut, à la façon d’un Gieseking ou d’un Michelangeli, en privilégier la dimension " impressionniste ", flottante, nuageuse, statique, harmonique ; ou bien, à la façon d’un François ou d’un Zimerman, en faire ressortir les arêtes, la dimension peut-être plus dynamique et parfois tranchante. L’interprétation d’Arrau appartient plutôt à la première catégorie. Mais, avec son jeu sombre et concentré, avec sa sonorité d’une épaisseur hors du commun, il révèle une profondeur, un mystère, des lumières d’une densité qu’on ne trouve chez aucun autre. Pour se convaincre de cette poésie, il suffit d’écouter le " Clair de lune " de la Suite bergamasque, enregistré en 1991 : expérience prodigieuse d’un hommage à l’univers, qui a quelque chose de cosmique, et qui produit une émotion qu’il est difficile d’oublier.
Les Préludes, les Images et les Estampes ont été enregistrés en 1979 et 1980. Le reste date de 1991. Pour moi, aucune interprétation de toutes ces pages ne va aussi loin que celles-ci.
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16 sur 17 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 1 janvier 2012
...c'est sans contestation possible la version de Claudio Arrau que par dessus tout je choisirai! Certes il existe au moins 2 autres versions qui méritent le détour. Celle de Samson François chez EMI, très libre d'expression, souvent fantasque, au parfum très français. Et puis celle de Krystian Zimerman chez DG, limitée aux seuls Préludes, d'une précision pianistique quasi chirurgicale, une épure tracée à la pointe sèche, en quelque sorte Debussy revisité par Stravinsky... On pourra également ajouter Arturo Benedetti Michelangeli (DG) qui mérite également le détour.
Mais avec Claudio Arrau, nous touchons au sublimissime, cela ne s'écoute pas, ça se rève!... La sonorité d'airain du pianiste chilien transfigure toutes ces oeuvres, et puis il faut oser ces tempi lentissimes, qu'il faut savoir animer de l'intérieur, qui ne s'enlisent jamais dans l'ennui, apanage des plus grands...
Il convient, une fois de plus, de souligner l'extrême qualité des prises de son Philips, réalisées à la Salle de Musique de la Chaux-de-Fonds dont l'acoustique est proprement exceptionnelle. J'ai toujours considéré les prises de son de piano Philips comme la référence absolue, et ceci nous fait vraiment regretter la disparition de ce label, absorbé par Decca, et la disparition de nombre d'enregistrements qui ont marqué l'histoire du disque, et notamment toute la série "Arrau Héritage", ce qui est proprement scandaleux!!! (à l'exception du fabuleux coffret Liszt que Decca Allemagne vient juste de rééditer dans la série "Eloquence")
En conclusion 5 étoiles, et vraiment ce n'est pas cher payé, pour rendre justice à ce merveilleux coffret, il faudrait en inventer une 6ème!... Que celui qui a des oreilles... écoute...
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13 sur 15 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
La lecture de Debussy par le dernier Arrau nous entraine dans un voyage profond et intime. Ce coffret inclue le disque de la collection "Last sessions" qui comprend des pièces du premier Debussy. Ceux-ci paraissent sous d'autres doigts charmants mais un peu faciles, atteignent une dimension cosmique. On est loin de l'interprétation d'une certaine école francaise (élégance, clarté), proche d'un Richter et au fond fidèle à Debussy dont il nous reste des enregistrement sur Piano Roll.
Les preludes, images et estampes irisent de toutes les couleurs. Un Debussy à méditer et finalement définitif.
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3 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Quelques poncifs courent encore sur ces célèbres interprétations debussystes qu'enregistra Claudio Arrau voilà une bonne trentaine d'années.
Osons une modeste et subjective analyse de ces opinions répandues.

Lent et froid ?
Comparé aux jaillissantes fluctuations d'un Walter Gieseking (EMI), le tempo se montre certes ici prudent et bien attaché à la barre de mesure. Mais plutôt que la durée chronométrique de chaque pièce, c'est plutôt la temporalité qui se voit reconsidérée : fixe, refusant tout mouvement inconsidéré, parfois jusqu'à un fascinant immobilisme. Les "Voiles" sont ainsi figé(e)s dans l'éternité de l'instant par un contrôle inouï de la nuance pianissimo.
Même s'ils ne se hâtent guère, les "Pas sur la neige" résistent à l'engourdissement.
Qu'advient-il des pages qui réclament davantage de mobilité ?
Le "Vent dans la plaine" ne se heurte pas au relief, il s'essouffle plutôt dans sa propre course.
"Ce qu'a vu le vent d'ouest" précipite son récit, non au sens cinétique mais chimique, comme voulant s'extraire d'une masse coagulée.

Lourd et opaque ?
D'emblée, les poses hiératiques des "Danseuses de Delphes" s'esquissent en gestes graves.
Ces prises de son réalisées à La Chaux-de-Fonds en 1979-80 traduisirent la riche étoffe du bas de clavier façonné par le pianiste chilien, renonçant à éblouir les cimes aigues de la partition. La densité de la pâte pianistique est néanmoins agencée par un magistral contrôle polyphonique, donnant corps au "General Lavine eccentric" sans pourtant lui permettre l'entrain. Le duende de la "Soirée dans Grenade" s'épaissit de girondes langueurs à la main gauche.
Pour autant, ces tessitures inertielles tirent d'envoûtants sortilèges des basses de l'instrument : la "Cathédrale engloutie" surgit des hadales profondeurs sans peser.

Terne et monochrome ?
Les "Jardins sous la pluie" semblent vus à travers la vitre blafarde ; un demi quartier apâlit la "Terrasse des audiences au clair de lune".
Le chatoyant orchestre qu'éveillait le piano de Hans Henkemans (Philips) est ici réduit à une palette assombrie et utilisée avec parcimonie, délavant "Ondine" et tamisant l'éclat des "Poissons d'or" que les chamarrures d'un Zoltan Kocsis (Philips) striaient au vif.
Entrefermez les yeux : les contours s'estompent, la couleur s'affadit. On ressent la même chose en écoutant Arrau : si l'on perçoit peu la pigmentation du timbre sonore, demeure cependant une troublante présence d'impressions musicales. Pour en faire l'expérience, écoutons les "Brouillards". Avec Dino Ciani (DG), on y entend une lumière finement diffractée, avec Benedetti Michelangeli (DG) des teintes en évaporation. Ici, les brumes masquent dans la grisaille des contours à deviner.

Cette ensorcelante exploration de l'univers debussyste refuse l'éparpillement, elle concentre la substance musicale au détriment des images anecdotiques, elle se dissimule plus qu'elle ne se montre, elle substitue à l'impression visuelle d'autres formes de sensibilité. Ce faisant, elle laisse la porte ouverte à l'imagination de l'auditeur.

Remplaçons les clichés ci-dessus évoqués par un autre :
le Debussy d'Arrau, « symboliste » ?
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le 17 mai 2013
Le Maestro Arrau nous offre ici une des meilleures interprétations des pièces pour piano de Debussy.
J'ai déjà son coffret Chopin (valses + Nocturnes) qui est d'une valeur inestimable; pour l'oreille d'un mélomane comme moi.
A acheter sans hésitation.
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le 18 mars 2013
Grande sensibilité dans l'interprétation tout particulièrement dans la suite bergamasque: un pur moment de béatitude, ou le temps est suspendu...
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32 sur 47 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 3 octobre 2005
Arrau ne me semble pas, a mon avis, l'interprete incontournable de Debussy. Je possede 15 versions differentes des oeuvres pour piano, en achete regulierement d'autres. J'ecoute, note apres note, chaque resonnance, chaque moment ou tel pianiste n'utilise pas la pedale dans le sens ou le voulait le musicien, j'ecoute le toucher, son approche...bon, les mots ne me viennent pas ici car je suis peu habitue a tapoter sur un ecran. Il n'y a pas de mots pour definir la musique debussyste. Par exemple: le clair de lune, si rabaché: un morceau inoubliable, mais par qui? Pour moi, par Fleischer. "Les son et les parfums...", le reve absolu du monde debussyste: par Ader. "Les pas dans la neige": par Arturo. Et ainsi de suite. J'ai trouvé Casadesus hors du reve, il prend le train, Francois pas dans son jour avec des fausses notes, Planes tres bon sauf le bruit intempestif de la pedale, Pommier inconsistant, Haas Monique tres bonne, Haas Werner un peu trop sur de lui, comme Zimerman d'ailleurs...trop léché. Bon, chacun a son debussy. Ne pas oublier que le musicien était un individu tourmenté, inquiet, dont les soucis d'argent étaient permanents, dont le reve était immense. En filigrane, un bon auditeur peut saisir le caractere profondément complexe de Debussy. C'est mon sentiment. Parlons-en si vous voulez. Jean Claude, de Dublin
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0 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 21 janvier 2013
Que dire sur une telle maîtrise du piano.
C'est un régal de finesse et de fluidité dans ce monde si particulier qu'est celui de Debussy.
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