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5.0 étoiles sur 5 Une "Truite" qui lézarde au pied du rempart beethovénien, 15 juillet 2007
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Quatuor Smetana joue Schubert : Quintette "La Truite" & Quartettsatz / Beethoven : Quatuor n° 1 (CD)
A la différence de Mendelssohn, Schubert voyagea peu et n'eut guère l'occasion de quitter sa Vienne natale.

Le célèbre "Quintette avec piano en la majeur" fut composé en 1819 lors d'un séjour dans la ville préalpine de Steyr, à la frontière de la Haute et Basse Autriche.
C'est en quelque sorte une oeuvre de vacances, rayonnante de joie de vivre et d'insouciance.
Son titre "La Truite" provient de la quatrième partie, "tema con variazioni", qui brode une délicieuse série de variations autour de la mélodie de son célèbre Lied "Die Forelle".

Ebauche d'un Quatuor jamais achevé, le "Quartettsatz" fut écrit l'année suivante et manifeste une humeur tendue, nerveuse.

Au sein d'une discographie pléthorique, l'on avait un peu oublié l'interprétation du Quatuor Smetana, gravée à l'aube de la stéréophonie.

L'ensemble tchèque était alors constitué depuis une quinzaine d'années et avait forgé sa cohésion sonore : fermeté rythmique sans sécheresse, jeu moelleux et solide à la fois, franchise du geste sans violence, et surtout une respiration au souffle inépuisable qui convenait idéalement aux ultimes opus de Beethoven.

En compagnie de Jan Panenka, merveilleux poète du clavier, et de Frantisek Posta à la basse, ils nous offrent une saine bouffée d'air pur dans la Truite. La précision des archets n'est pas ici leur première vertu, mais le délié des phrases, la texture grasse et pulpeuse qu'émulsionnent les cordes, l'abandon à une douce nonchalance nous reposent dans la quiétude d'un coin de paradis.

Par contraste, la lecture inquiète du "Quartettsatz" révèle qu'ils étaient particulièrement sensibles à l'ambiance des oeuvres qu'ils visitaient, à l'instar des microcosmes musicaux de Leos Janacek ou Bedrich Smetana, qu'ils cernaient avec une inégalable finesse psychologique.

L'interprétation sans morgue de l'opus 18 nous rappelle aussi qu'ils s'illustrèrent avec assiduité, au concert comme au disque, dans l'exigeant répertoire beethovénien.

L'on ne peut que remercier Supraphon d'avoir sorti de ses archives ces passionnants témoignages, superbement enregistrés dans les studios praguois, que l'on hésitera à classer à Beethoven ou Schubert, mais que vous devez absolument découvrir si vous aimez la musique de chambre.
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