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5.0 étoiles sur 5 La découverte de belles oeuvres vocales faciles d'écoute, dans un climat détendu, plutôt serein, tranquille, sans «dissonances», 23 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hersant - Der Wanderer, Oeuvres chorales (CD)
Ce disque propose un panorama de 3 oeuvres chorales de Philippe Hersant, une autre ne rentrant pas dans ce cadre, étant écrite pour viole de gambe seule.

La première composition est un cycle de 8 poèmes chinois pour choeur mixte et piano, dont Joël Suhubiette est à l'origine et qui a été créée par le présent ensemble « Les Eléments » en 2003.
Ph. Hersant a découvert la poésie classique chinoise et les poèmes de 3 artistes en particulier « l'ont frappé par leur richesse, leur diversité et leur spiritualité, nourrie de trois courants de pensée : taoïsme, confucianisme et bouddhisme. » (...) « Alternent des pièces humoristiques, des chants de douleur, des déplorations tragiques et des pages contemplatives. » [cité au sein du livret]

1er poème : le français nous surprend. Un rythme lent, avec un début très pur, qui semble simple, dans la lignée des mélodies françaises depuis Poulenc
2 : Imitation de singes par onomatopées alors que des femmes chantent la courte mélodie de 1'. Cette dernière vient se clore subitement, nous paraissant trop courte, tellement elle est dense et soutenue, sans temps mort
3 : Retour d'une mélodie intérieure, lente, dans la lignée de Poulenc, dans un unisson
4 : Le cri d'un cormoran est nettement reproduit à fréquence continue, venant ponctuer la mélodie chantée par le choeur. Un côté humoristique naît de cette alternance, le choeur laissant « s'exprimer » le chanteur-oiseau
5 : A la coda, le piano égrène clairement le vol d'un papillon, avec ses battements d'ailes. L'allusion est alors très bien rendue ou plutôt imaginée, mais on la comprend
6, 8 : ces plages laissent place à de lentes mélodies, à caractère sacré pour la 1ère, et davantage de sérénité pour le 2ème
7 : Plus sévère, avec les accords graves du piano, créant un tout, puissant. Les arpèges sont répétés à la fin, comme une petite litanie.

A noter que les poèmes sont chantés dans une traduction française.
Ce cycle de mélodies est réussi, bien que n'apparaissant pas révolutionnaire, et garde une simplicité expressionniste dans son développement. Parfois on est surpris du propos (descriptif, grave, sacré, recueilli...), ne sachant guère trop ce qui se passe, mais elles sont attachantes, voire « agréables » et plaisantes, avec de nombreux unissons. Une densité et une palette sonore qui fonctionnent bien, la relative courte durée des chants gardant une fraicheur d'écoute.

La deuxième pièce, « Der Wanderer » date de 2002. Elle est interprétée pour choeur d'hommes et piano. Le compositeur a réalisé une version pour voix et piano, d'après une version pour 5 voix d'hommes et petit orchestre.
La mélodie est en allemand, s'inspirant d'un poème de Georg Trakl. Les graves accords du début laissent place au choeur dans une veine plutôt traditionnelle, romantique et une poésie mélancolique.
Le compositeur dit de sa pièce « qu'elle est une sorte de barcarolle funèbre et qu'elle s'achève sur une vision de fin du monde... »

« Le chemin de Jérusalem » pour viole gambe solo a aussi été composée en 2003. « Ce nom est celui qu'on donnait aux labyrinthes qui ornaient le pavement de certaines cathédrales. (...) Les fidèles devaient le parcourir à genoux, en souvenir du chemin de croix du Christ montant au Golgotha. Peut-être aussi en souvenir des croisades en Terre sainte. Ma pièce est un labyrinthe circulaire, dont on ne sort pas : elle finit comme elle a commencé. (...)
Elle est belle et le ravissement est augmenté par la rare occasion de laisser entendre une nouvelle mélodie et une autre manière de composer sur cet instrument très typé « baroque ».

Le choral de J. Sebastian BACH « Aus tiefer Not » de sa cantate BWV 38 est ici donné, car il a « en partie inspiré mon psaume CXXX pour choeur de chambre, viole de gambe et orgue positif », créé en 1995. Le redonner auparavant permettra de mieux le repérer dans la nouvelle composition.
Dans son psaume, l'orgue positif et la viole sont utilisés avec « modernité ».

Depuis qu'il avait découvert cette pièce, Henri Dutilleux en avait été marqué, et en avait dit : « Elle m'a poursuivi par son intense pouvoir d'enchantement. Voilà une oeuvre. »

Les compositions de ce disque prennent leur racine dans une certaine tradition (romantique allemande pour « Der Wanderer », baroque pour « Le chemin de Jérusalem »), mais tout en proposant une vision d'aujourd'hui par le voeu du compositeur.
Un climat « détendu », plutôt serein, tranquille, apaisé s'en dégage, avec peu de « dissonances apparentes ». Un disque attachant, de beauté contemplative, principalement choral et plutôt facile d'écoute.

Il a notamment obtenu à sa sortie en 2004, « 4f » de Télérama, un « Choc » du « Monde de la musique » ainsi qu'un « 10 de Répertoire ».
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 En particulier, pour les remarquables « Poèmes Chinois », très bien interprétés, 18 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hersant - Der Wanderer, Oeuvres chorales (CD)
Né à Rome (Italie) en 1948, Philippe Hersant a été l'élève d'André Jolivet au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Pensionnaire de la Villa Médicis de 1978 à 1980, on peut citer à ce jour parmi ses oeuvres majeures son Quatuor à cordes N° 1 (1986), une « Missa brevis » (1991), « Le Château des Carpathes » (1993), son Concerto pour violoncelle N° 1 (1994), « Landschaft mit Argonauten » (1995), le Concerto pour violon (2004) qui figure sur ce disque, et son Opéra « Le Moine noir » (2006) d'après Anton Tchekhov. Rompant avec le néo-avantgardisme académique, de plus en plus stérile et sclérosé, dans lequel s'était laissé enfermer une partie de la musique occidentale, française et allemande surtout, à partir des années 1960, il est l'un des principaux compositeurs européens qui a contribué à renouveler profondément la création musicale contemporaine durant le dernier quart du vingtième siècle.
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