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31 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Entente exceptionnelle, 29 juin 2004
Par 
jacqueslefataliste (Albi, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Le Voyage d'hiver (Winterreise) (CD)
Les versions prestigieuses du Winterreise ne manquent pas : Hotter/Moore, Fischer-Dieskau/Moore, Fischer-Dieskau/Brendel, Goerne/Johnson, Hampson/Sawallisch, Haefliger/Dähler, Pregardien/Staier, Ludwig/Levine, pour ne parler que de celles que je connais bien.
Celle-ci réunit deux noms immenses et elle constitue une deuxième tentative pour le chanteur comme pour le pianiste. Mais que nous apporte-t-elle exactement de nouveau ?
D'abord il s'agit d'un enregistrement de concert et cela se sent : la concentration et l'unité, la continuité, sont extrêmes ; le recueillement est absolu. La prise de son, en revanche, est un peu étouffée : il a fallu réduire les bruits liés au concert.
Ensuite l'accord entre le pianiste et le chanteur est exceptionnel. Brendel, qui peut être parfois un peu démonstratif, joue ici avec une simplicité et une humilité absolues : il accompagne et sert le chant de Goerne dans ses moindres inflexions (c'est, en un sens, l'un de ses plus grands disques). Ecoutez " Auf dem Flusse " ou " Frühlingstraum " et vous saurez ce qu'accompagner veut dire : d'une totale discrétion, Brendel prépare pourtant, suscite et soutient chaque phrase du chanteur. Du coup, le génie de Goerne s'épanouit pleinement aussi bien dans l'exercice de sa puissance (quelle incroyable voix ! toujours pleine et ronde jusque dans la violence) que dans celui de sa sublime et caressante mezza-voce. Ecoutez encore " Frühlingstraum ", je vous assure qu'il y a de quoi être réellement saisi et ému : à la légèreté, à l'insouciance des strophes 1 et 4 succèdent la noirceur et la violence magnifique des strophes 2 et 5, puis la douceur bouleversante des strophes 3 et 6. Ecoutez le dernier vers, " Wann halt' ich mein Liebchen im Arm ? " : l'avez-vous déjà entendu chanté avec une telle douceur, un tel dépouillement ?
Cette version, qui est tout entière au service de l'œuvre et non des interprètes, est donc d'une qualité exceptionnelle et elle prend assurément sa place parmi les meilleures que je connaisse. A titre personnel, je serais même tenté de dire qu'avec celle de Haefliger/Dähler (qui est totalement différente puisque Haefliger est un ténor et que Dähler joue du pianoforte), c'est celle qui me touche le plus.
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5.0 étoiles sur 5 Tout en douce amertume, l'ambiance qui convient à ce voyage vers la schizophrénie, 10 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Schubert : Le Voyage d'hiver (Winterreise) (CD)
Un film réalisé en allemagne reprend le thème avec un éleveur de volaille qui les nourrit avec leurs propres carcasses concassées et l'on grince des dents à l'idée de son fils qui tente de le fuir et de l'éliminer.
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