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5
4,0 sur 5 étoiles
John Wesley Harding
Format: CDModifier
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9 sur 11 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 4 juin 2002
Avec John Wesley Harding, Bob Dylan replonge dans l'univers musical folk & country après les plus électriques "Blonde on blonde" et "Highway 61 revisited", univers qui l'avait amené à devenir poète rock plutôt que poète tout court...Dylan poursuit sa quête nourrie de textes introspectifs et de poèmes aux teintes plus mystiques, voire morales que les litanies surréalistes de "Blonde on Blonde". Un grand disque, ou le grand Bob allège la formation qui l'accompagne et revient vers des tonalités acoutisques. A écouter avec Nashville Skyline (très country, accompagné par Johnny Cash) et Self Portrait, qui forment avec ce disque la trilogie de Nashville. Et a ranger aux côtés des meilleurs crus dylaniens des années 1965-1970 !
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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 27 février 2015
Chacun a son album préféré du Maître de Duluth, celui que l'on garderait si l'on devait virer les autres, et qui n'est pas forcément dans la liste convenue de ses chefs-d'oeuvres incontestés.

Eh bien pour moi c'est cet album de 67. Pourtant ce n'est pas stylistiquement son plus représentatif. Les raisons ? D'abord la voix qui n'a plus rien à voir avec la célèbre tessiture enfumée des années 65/66: parmi toutes les métamorphoses vocales de sa caméléonesque carrière la tessiture vocale de Dylan, une de ses plus belles avec celle de 74, hésite en 67 entre lyrisme et retenue, semble vraiment venir du fond de l'âme américaine, entre le sec et le plein, juste avant que l'équilibre soit rompu et que viennent les roucoulades croonantes du sympathique "Nashville Skyline" et de l'insupportable "Self portrait".

Ensuite les chansons : paroles géniales et à l'économie, rien à voir avec les flots surréalistes parfois indigestes des années précédentes. Ici, pas un mot de trop et chacun à sa place (Dear Landlord, I dreamed I saw Saint Augustine, l'extraordinaire All Along the Watchtower -dans celle-ci le texte est anacyclique, conçu pour pouvoir être lu dans les 2 sens) Sans oublier l'un de ses plus beaux morceaux, I Pity the Poor Immigrant, à la mélodie inspirée du traditionnel écossais Come All Ye Tramps and Hawkers. Une mélodie à pleurer et un texte d'une perfection insensée. Autre grand morceau : "Dear Landlord" subtil réglement de comptes dédié au vorace manager Albert Grossman.

L'accompagnement assuré par des cadors (Kenny Butrey et Charlie Mc Coy) est sobre à souhait, quasi puritain, fait non pour épater mais pour mettre en valeur voix et chansons qui sonnent souvent comme des traditionnels exhumés. En pleine folie psychédélique Dylan prend l'époque à contre-courant : juste une basse méthodiste, une batterie baptiste, une guitare sèche lutherienne et un harmonica adventiste du septième jour. C'est en partie ce qui fait aussi que cette musique résiste au temps: elle est si concise que l'auditeur peut y remplir les espaces mystères entre les notes.

Et Blonde on Blonde ? dira-t-on . Et Highway 61 ? C'est pas plus créatif, novateur que celui-ci ?

Sans doute, et si Dylan n'avait fait précédemment que le type de country-folk inspiré qu'on entend sur ce disque il n'aurait pas bouleversé la musique pop, mais J.W Harding a une vertu que n'ont pas les autres :il est intemporel et aurait pu être enregistré hier,il y a un siècle ou dans mille ans, alors que les autres sont parfois très marqués par leur époque sixties, et on peut l'écouter en boucle des heures durant sans jamais se lasser. Un peu comme on peut se passer du Johnny Cash à la file sans s'ennuyer. Les thèmes des chansons sont d'ailleurs très proches des siens: l'album est saturé de références bibliques et met en scène la figure du paria, l'aliénation et la rédemption figurée peut-être par les deux derniers morceaux dont l'ambiance contraste avec l'atmosphère sombre des autres: le blues léger "Down Along the Cove" et le country "I'll be Your Baby Tonight"
J.W Harding c'est d'ailleurs un peu ça : l'album que Cash aurait pu faire s'il avait été, quelques temps, dans l'esprit de Bob Dylan.

Et cette pochette, intrigante à souhait : Dylan en compagnie non d'amérindiens mais d'indiens bengalis et d'un binoclard charpentier à Woodstock. Dylan y porte la même veste de daim que sur la pochette de Blonde On Blonde. On prétendit à l'époque que les visages des...Beatles étaient planqués dans les branchages. J'ai eu beau retourner la photo dans tous les sens...
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3 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Durant l'été 1966, quelques mois après la sortie du double Blonde On Blonde, Dylan est victime d'un très grave accident de moto (c'est la version officielle) qui va le tenir à l'écart de la scène pendant un an et demi. Le Zim va mettre à profit sa retraite forcée en faisant venir chez lui, à Woodstock, le Band, son groupe habituel de scène (enregistrement de titres qui figureront en 1975 sur le mythique Basement Tapes) et en préparant son retour avec un nouvel album John Wesley Harding (avec à la basse Charlie Mc Coy, Kenny Buttrey à la batterie et Pete Drake à la pédale steel), son huitième, paru en décembre de l'année 1967. Dylan sort radicalement de sa trilogie électrique (Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde) pour revenir à un album plus acoustique, aux parfums mystiques, d'inspiration biblique (Dylan a eu le temps de réfléchir sur sa vie et ses expériences). John Wesley Harding (en hommage à une gâchette hors-la-loi de la légende du Far West) va encore prendre tout le monde à contre-pied en revenant à des racines folk (pour l'anecdote, au même moment, son idole de toujours, son père spirituel, Woodie Guthrie vient de mourir). Il va en résulter un album anachronique, en dehors de son temps (nous sommes en pleine période hippie et acid-rock, ne l'oublions pas). Sobre et à l'instrumentation réduite à sa plus simple expression, au son épuré, cet album au folk minimaliste de ses débuts (plus la basse et la batterie) est l'un des meilleurs de Dylan, qui nous livre des chansons aux multiples images religieuses. La critique ne s'y trompera pas, qui lui accordera un accueil plus que favorable à sa sortie. Dans les détails, on retrouve sur ce disque le sublimissime hymne All Along The Watchtower, magnifié par Hendrix dans sa version d'Electric Ladyland, et qui est devenu une des chansons les plus populaires du Zim, deux superbes ballades, la laconique The Ballad Of Frankie Lee And Judas Priest (presque 6 minutes) et I Pity The Poor Immigrant. As I Went Out One Morning, Down Along The Cove, le titre éponyme et l'intimiste I'll Be Your Baby Tonight sont autant de merveilleuses compositions. A ne pas occulter les titres mystiques que sont I Dreamed I Saw St Augustine et Dear Landlord. Au moment de la sortie de cet album, l'histoire dit qu'on a retrouvé un Dylan en pleine forme, cool, relax...notre héros aurait-il souscrit à une cure de désintox ? Ce disque est un des piliers de la discographie de Dylan. Vous savez ce qu'il vous reste à faire ?
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1 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
1000 PREMIERS RÉVISEURSle 25 février 2014
1967. En quatre ans de carrière, Bob Dylan était déjà allé très loin, trop loin. S’il est des accidents profitables, le sien à moto en 1966 en est un : un arrêt forcé était nécessaire, il ne pouvait plus continuer sur les chapeaux de roue plus longtemps. Convalescent, il se marie et s’extrait du monde de la scène quelques mois. Nul ne le sait et ne s’en doute (surtout pas les fans atterrés), mais nous ne retrouverons plus jamais le Dylan de 65-66.
Reclus dans sa ferme familiale, désireux de se rapprocher des racines musicales américaines sous l’influence de son ex backing-band (devenu The Band), il revient l’année suivante avec cet album à la sobriété pastorale. Un passage de la pop music à la country-folk qui heurta beaucoup de monde. Accompagné exclusivement d’un batteur et d’un bassiste, Dylan égrène ses nouvelles chansons comme autant de paroles d’évangiles, imageant la réalité sous l’angle biblique (BALLAD OF FRANKIE LEE AND JUDAS PRIEST), mythifiant sa vision de l’Ouest (JOHN WESLEY HARDING) et endosse le costume de messie des campagnes (DEAR LANDLORD). Malgré un harmonica trop souvent envahissant, les chansons sont superbes (AS I WENT OUT ONE MORNING) et une, en particulier, rejoint le podium des immortelles (ALL ALONG THE WATCHTOWER). Intime et puissant.
Tops : ALL ALONG THE WATCHTOWER, AS I WENT OUT ONE MORNING, I’LL BE YOUR BABY TONIGHT, DEAR LANDLORD
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1 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 9 novembre 2010
Cet album de Dylan fait partie des indispensables. Un album incontournable à posséder parmi les 10 meilleurs albums de Dylan.
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