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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Deux Bergman sombres, 29 mai 2011
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'heure du loup ; la honte (DVD)
L'Heure du Loup (Vargtimmen) et la Honte (Skammen) sont deux films d'Ingmar Bergman, étrennés en 1968 en France (décembre 1967 en Suède pour Vargtimmen). Ils ont pour points communs d'être en noir et blanc, d'être centrés sur un couple, joué dans les deux cas par Liv Ullmann et Max von Sydow. Pour des raisons différentes, ce sont des oeuvres sombres et pessimistes. Chaque film est sur un côté du même disque. Les bonus sont forcément limités : pour chaque film, 3 mn de souvenirs de Liv Ullmann et le rappel écrit de la filmographie de Bergman.

Film d'horreur et film fantastique, L'Heure du Loup est à la fois le plus impressionnant et celui dont l'intérêt, la première fois qu'on le voit, est le plus inégal. Certains passages de monologues, particulièrement au début, demandent un effort d'attention, alors que les passages oniriques et fantastiques frappent et laisseront longtemps leur impression maléfique dans la mémoire. Mais les premiers aident à la compréhension des seconds, même si l'interprétation reste ouverte. On se demande souvent si le personnage rêve, s'il se souvient ou s'il est dans la réalité. Personnellement, même si le film est éprouvant, j'ai eu l'envie de le revoir aussitôt pour mieux le comprendre. Je n'en dirai pas plus sur cette question, si ce n'est que la culpabilité et l'angoisse... mais en voilà assez.
Beaucoup de passages sont techniquement très réussis, très beaux plastiquement, comme l'arrivée en bateau sur l'île, la scène du repas, avec la caméra qui tournoie autour de la table, l'emploi signifiant de la surexposition et de la sous-exposition. On apprécie de voir Naima Wifstrand (c'est la dernière fois dans un film de Bergman), Gertrud Fridh, avec sa féminité si profonde, et tous les participants des scènes au château, excellents et excellemment employés.
Jusqu'au début des années 60, Bergman a été un maître de la narration et la plupart de ses films antérieurs à cette époque ne sont pas pour grand chose dans sa réputation de cinéaste ennuyeux et élitiste auprès d'un certain public, qui d'ailleurs les connaît rarement. Ensuite, il a choisi une manière plus austère, plus déroutante, plus exigeante pour le public, plus austère, renonçant à la fluidité narrative. Dans Vargtimmen, la rupture assez formelle avec l'histoire racontée est marquée par le rappel de l'oeuvre comme objet fabriqué : avant que commence le film, on entend l'équipe de tournage, puis le réalisateur annonce qu'on tourne; de même le titre réapparaît sur l'écran au beau milieu du film. On rappelle tout de même que Bergman rejoint de manière plus hardie certains procédés de Sacha Guitry.

On avait reproché à Bergman de faire un cinéma apolitique, comme si la dimension critique de son discours ne se suffisait pas à elle-même. En faisant de La Honte un film sur la guerre, il semble répondre à ses critiques, mais il n'est pas certain qu'il les ait désarmés. La guerre traitée ici apparaît vite comme une guerre civile, mais les protagonistes sont décrits de façon rigoureusement semblables et leurs motivations restent ignorées. "La libération" apparaît particulièrement dérisoire. Les militants n'auront pas leur compte. C'est l'absurdité de la guerre qui est le sujet, ainsi que la manière dont elle transforme les individus. Le féminisme de Bergman lui fait choisir une attitude différente pour la femme et l'homme du couple qu'on suit du début à la fin. Les soldats, dont la rapidité d'exécution est celle de troupes d'élite, n'en sont que plus terribles.
J'ai retrouvé avec plaisir Gunnar Björnstrand, si présent dans la première partie de l'oeuvre de Bergman. Vieillissant, il a un rôle qui n'a rien à voir avec ceux qu'on connaît. Il ne lui est pas donné de briller, mais à un certain moment, son regard noir continue d'impressionner. Von Sydow et Ullmann excellent, mais ce n'est pas une nouvelle. Dans ses diverses périodes, Bergman est resté un grand directeur d'acteurs. Le film a une plus grande continuité narrative que le précédent, mais il est largement aussi sombre.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "La honte", un chef-d'œuvre méconnu de Bergman..., 13 juin 2013
Par 
EB (Bretagne) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'heure du loup ; la honte (DVD)
Mon commentaire ne porte que sur ce film, et pas sur "l'heure du loup", film difficile, et à mon sens pas très réussi, qui ne fait pas partie de mes Bergman préférés... C'est un immense cinéaste de l'intime, qui a filmé les rapports humains comme personne, et qui a toujours su s'entourer d'acteurs hors-normes, d'une puissance expressive exceptionnelle...
C'est en connaissant bon nombre (une grosse trentaine) des films de Bergman que je veux vous inciter à découvrir "La honte", bien moins connu que "Cris et chuchotements", "sonate d'automne", "Le septième sceau", "Persona", "Scènes de la vie conjugale" etc, mais qui mérite de figurer parmi ces chefs-d'œuvre, car c'est un film unique et très fort. Situé sur l'île de Farö (où Bergman avait une maison), et sorti en 1968, c'est, comme souvent, un huis-clos, centré principalement sur deux personnages, un couple formé par Liv Ullman et Max von Sidow, menant une vie retirée et heureuse d'êtres qui s'aiment et ont choisi de vivre dans cet endroit isolé. Intervient la guerre, dont nous ne saurons rien ou presque, l’essentiel portant non sur cette guerre mais sur les effets délétères qu'elle fait subir au couple. En effet, comme on peut s'y attendre avec ce cinéaste, il ne faut pas compter sur de gros effectifs de soldats, des batailles et toute la quincaillerie habituelle des films de guerre. Il y a bien quelques explosions, quelques tirs, quelques militaires qui passent, mais on ne sort guère du territoire habité par le couple, et les différents revirements guerriers ne sont évoqués que par la bande, notamment à travers les relations du couple avec une vieille connaissance qui apparaît à plusieurs reprises, en la personne de Gunnar Björnstrand, acteur bergmanien par excellence. Ce qui est filmé, à travers l'évocation allusive des diverses péripéties politiques, ça n'est pas tant l'absurdité de la guerre que la déréliction du couple, le mari et la femme révélant peu à peu ce que la peur fait d'eux, détruits moralement par les affres de la guerre, et s'enfonçant dans la honte de leurs comportements décevants, ne pouvant échapper au sordide de la guerre... C'est la mort de leur amour, et la condition pitoyable de l'homme touché dans ce qui le construit, qui voit disparaître ses repères, sa vie réglée, sa sécurité, ses valeurs, et sombre dans la panique. Le film est magistral, pessimiste, particulièrement noir. Je ne parlerai donc pas de la fin, mais la démonstration est implacable, sans pitié, et le noir et blanc si bien maîtrisé par Bergman rend justice à la noirceur du film. Un grand Bergman...
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5.0 étoiles sur 5 Face aux démons de la nuit et aux horreurs de la guerre, 7 janvier 2014
Par 
Philomèle (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'heure du loup ; la honte (DVD)
1) L'HEURE DU LOUP (1968) : Face aux démons de la nuit

L’heure du loup, c’est le cœur de la nuit, l’heure silencieuse de l’angoisse et de l’agonie, celle « où surviennent le plus de morts et de naissances », et où le peintre Johan Borg, nuit après nuit, en compagnie de sa femme Alma, résiste au sommeil de peur d’affronter les démons mortifères de ses cauchemars. Ce premier volet d’une trilogie fondée sur le couple incarné par Liv Ullmann et Max von Sydow, qui sera complétée par "La Honte" et "Une passion", marque pour Bergman un nouveau départ après les expériences arides du "Silence" et de "Persona" (qui confrontaient deux personnages féminins) : au lieu des inserts énigmatiques ou des lourds procédés formels des deux films précédents (même si les bruits de studio et le « Silence, on tourne ! » pendant le générique maintiennent une volonté de distanciation), le retour à une narration moins esthétisante est signifié d’emblée par un chapeau de présentation annonçant clairement qu’Alma lit le journal intime des fantasmes de Johan.

Tourné dans l’île de Farö, idéale pour les huis clos, le film fait alterner séquences réalistes et fantastiques, ces dernières prenant de plus en plus d’importance au fil de l’évolution psychique de Johan et créant ainsi jusqu’à la fin une progression dramatique. Le ton est donné par le noir et blanc très contrasté, dès le flash-back du débarquement silencieux sur l’île, dans la fausse nuit blafarde de l’été nordique, avec le mauvais augure de ses sinistres rochers noirs, mais aussi par la musique concrète utilisée avec économie et efficacité (par exemple la sorte d’appel de cor qui donnera le signal, comme d’un hallali, de la mise à mort finale).

Le personnage de Johan, en partie autobiographique (par exemple dans les souvenirs de châtiments corporels infligés au cinéaste dans son enfance par ses parents), est un artiste torturé par ses fantasmes névrotiques, ses obsessions érotiques, un passage à l’acte meurtrier, et sombrant finalement dans la psychose autodestructrice. Á l’inverse, Alma est « faite d’une seule pièce, pensées et sentiments », d’une simplicité terre-à-terre et d’une vitalité naturelle (elle est enceinte). Après sept ans de vie commune où elle a rêvé d’une fusion progressive avec Johan, qu’elle aime profondément, elle est à la fois apeurée et résolue jusqu’au bout à lui venir en aide, quitte à partager ses visions – sans qu'on sache trop jusqu’à quel point – pour finalement, culpabilisée par l’impuissance de son amour, rester perplexe à se demander si elle aimait trop ou pas assez Johan pour pouvoir le protéger (très beaux plans sur le visage de Liv Ullmann parlant face à la caméra).

Les personnages des « cannibales », des « démons », sont dans la tradition romantique de Hoffmann, avec souvent le côté presque humoristique des récits d’épouvante : ainsi la vieille femme (Naima Wifstrand) qui enlève son chapeau, puis son visage, puis son œil, ou le baron (Erland Josephson) que sa jalousie fait, littéralement, grimper aux murs…). Mais ils ont avant tout une perversité mortifère qui fait vraiment peur : depuis les "Fraises sauvages", Bergman sait filmer les cauchemars. Citons encore parmi eux Veronika Vogler (Ingrid Thulin), le fantôme de l’ancienne maîtresse de Johan, « objet de son désir » purement sexuel, la baronne nymphomane (Gertud Fridh), ou l’homme-corbeau, sosie de Bela Lugosi dans "Dracula"… Mais en fin de compte, plus encore que cette fantasmagorie très réussie, la part la plus attachante du film est le face à face du couple Johan-Alma, qui reste le thème toujours le plus fertile de la création bergmanienne.

2) LA HONTE (1968) : Face aux horreurs de la guerre

Dans ce deuxième volet de sa trilogie des années soixante, Bergman continue d'explorer le devenir du couple incarné par Liv Ullmann et Max von Sydow : après leur avoir fait affronter les « démons » de la psychose dans "L’Heure du loup", le cinéaste les confronte à ceux de la guerre. Durant la première demi-heure, on assiste à la vie quotidienne d’un ménage ordinaire, Jan et Eva, à peine perturbée par une « drôle de guerre » qui dure depuis longtemps sans se déclarer, et dont il ignore complètement, à l’écart dans sa ferme insulaire, l’évolution et les enjeux. Après sept ans de mariage (comme dans "L'Heure du loup"), le couple reste uni, même si on sent ses fragilités (elle aurait voulu des enfants), mais il est tout de suite évident que c’est Eva qui domine, par son énergie, le faible, égoïste et souffreteux Jan (il a été réformé).

Ce contraste dans le couple s'accentue dans la deuxième demi-heure, qui montre la brusque et très violente irruption de la vraie guerre dans la vie du couple, terrorisé, ballotté et malmené, manipulé par la propagande de l’ennemi avec lequel il est ensuite accusé de pactiser : Eva tient le coup, réagit, se débat, alors que Jan cède à la panique, pleurniche et s’enfonce dans la lâcheté et la servilité. Dès le début de la troisième partie, le calme revenu, cette fois c’est Jan qui va se révèler entreprenant, brutal, prêt aux actes les plus ignobles pour sauver sa peau, tandis qu’Eva s’effondre progressivement, vaincue par tant d'horreurs, et devient passive. La séquence finale, d’une noirceur inégalée, est une véritable traversée du Styx. Max von Sydow et Liv Ullmann expriment avec un égal talent l’évolution de leur personnage, l’un dans la déchéance, l’autre dans l’abattement. Gunnar Björnstrand est remarquable dans le rôle de l’effrayant Jacobi, déshumanisé et déjà « mort » avant l’heure. Tourné en noir et blanc dans l’île de Farö, au plus fort de la guerre du Vietnam, ce film, malgré son réalisme, témoigne avec force non pas tant de la violence de la guerre que de la perversité de ses effets inéluctablement délétères sur l’âme humaine.
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7 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Génie!, 11 juillet 2009
Par 
Kinda Khawam (France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'heure du loup ; la honte (DVD)
"La honte" et "L'heure du loup" sont un des rares films que j'ai vus et revus, c'est dire à quel point je les trouve à la fois troublants et sublimes. Leur grâce désenchantée opère sur moi à chaque fois avec une force décuplée.
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L'heure du loup ; la honte
L'heure du loup ; la honte de Ingmar Bergman (DVD - 2004)
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