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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
le "Duke" tire sa révérence, 31 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier des géants (DVD)
De tous les films de John Wayne, celui-ci est sans doute le plus émouvant. Non seulement c'est le dernier qu'il tourna, mais en plus il y joue un homme rattrapé par la mort et qui s'efforce de lui faire face aussi dignement que possible. L'action se passe à Carson City, Nevada, en 1901. John Bernard Books, une légende de l'Ouest, apprend qu'il souffre d'un cancer et qu'il lui reste au mieux quelques semaines à vivre. Il décide alors de passer ces dernières semaines en pension chez la veuve Rogers, n'ayant plus qu'un seul désir: qu'on le laisse mourir en paix. Seulement voilà, sa présence attise les passions et de vieilles rancoeurs se réveillent... Plutôt que de se laisser grignoter par le crabe, Books décide alors de partir en beauté... Réalisé en 1976 par Don Siegel, ce western est finalement assez avare en action, mais il se rattrape largement du côté des sentiments. En fait, c'est ce qu'on pourrait appeler un western psychologique, car l'important dans ce film, ce ne sont pas les coups de feu qu'on y échange, non, c'est d'une part le rapport qu'entretient Books avec sa propre mort qui s'approche à grands pas, et d'autre part sa relation mi-orageuse mi-affectueuse avec Mrs Rogers, sa logeuse. Le casting est de toute beauté, James Stewart et Lauren Bacall en tête, mais c'est bien la prestation de John Wayne qui "vole le show", comme disent les Anglo-Saxons. Alors âgé de 69 ans, l'oeil chassieux, les mains tavelées, le "Duke" est poignant dans chacune de ses scènes. Loin du cowboy flamboyant de jadis, il nous la joue vieux lion fatigué, le souffle court, dérapant dans sa baignoire et s'imbibant de laudanum pour endormir sa douleur. Difficile, bien sûr, de ne pas voir dans cette chronique d'une agonie une métaphore. Que l'histoire se passe en 1901, à l'orée du 20ème siècle, n'est d'ailleurs pas innocent! Avec Books, ce n'est pas seulement le dernier des grands "gunfighters" légendaires de l'Ouest qui s'en va, c'est toute son époque qui meurt avec lui. En tournant ce film, Wayne savait-il que ce serait son chant du cygne? Je l'ignore, mais en tout cas ce "Dernier des Géants" clôt son exceptionnelle carrière par une belle réussite.
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Requiem, 3 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier des géants (DVD)
Don Siegel signe avec The Shootist ce que d'aucuns considèrent comme son meilleur film, hommage élégiaque à une légende à l'agonie, dans un monde qui désormais n'a plus besoin d'elle. A Carson City en 1900, puisqu'il faut bien finir quelque part, JB.Books prend pension, chez Lauren Bacall et Ron Howard. Histoire d'un apprivoisement. L'ami a diagnostiqué le mal, a décrit son inéluctable évolution par le menu, et a peut être alors suggéré le remède... Ransom Stoddart d'avocat est devenu médecin, oiseau de mauvais augure involontaire, à nouveau si dépassé. Quant à Tom Doniphon, il a lui aussi quinze ans de plus et devient John Bernard Books...Là où Tom n'en portait plus depuis longtemps (il faut dire quoi?), John Bernard les utilisera une dernière fois, pour finir par là où il a vécu. On a dit et redit que Wayne jouait ici son propre rôle, ce qui ne fut pas pour rien dans la délectation presque morbide que suscitait(et suscite encore) le film. Le miracle tient, il est vrai, presque totalement à l'acteur.A son jeu, poignant et sans fioritures, aux antipodes du Duke désubstantialisé des années soixante. Sans Ford, sans Hawks (qui rate d'ailleurs son dernier film avec lui...), sans Hathaway...Le Duke quitte l'ouest comme il quitte le cinéma, ou l'inverse, et beaucoup plus encore. Alors il joue..."Je ne savais pas que ce fils de -- pouvait jouer..." avait lâché Papa après avoir vu son protégé dans Red River.De La Piste des Géants au Dernier des Géants, la formule est inévitablement simpliste, voire un peu niaiseuse. En dehors du fait que personne sur le tournage ne se posait la question du titre français, constatons tout simplement que si l'idée est venue après avoir visionné le film, elle devenait une sacrée bonne idée. Alors respect.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
western testamentaire, 13 février 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier des géants (DVD)
Les derniers jours d'un célèbre tireur (John Wayne), légende de l'Ouest, qui vient d'apprendre qu'il va mourir d'un cancer... Siegel via ce métrage nous gratifie d'un subtil et sublime hommage à un certain cinéma américain et notamment à deux de ces étoiles les plus brillantes (dont ceci sera leur dernier film) à savoir John Wayne et James Stewart. Ce qui donne à cet opus une valeur testamentaire. C'est un western à la fois grave et puissant, qui provoque de belles émotions, grâce notamment à la qualité des interprètes autour des deux acteurs sus-nommés (Lauren Bacall, Richard Boone, John Carradine, Harry Morgan, etc). Mais, si "Le Dernier des géants" est indéniable un hommage ou une oeuvre testamentaire, néanmoins, il n'en reste pas moins un western classique répondant aux poncifs et codes en vigueur pour ce genre cinématographique.
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5.0 étoiles sur 5
Au goulot, 4 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dernier des géants (DVD)
Notre ami Wayne n'a pas la forme dans ce film. Son médecin lui affirme que pour le guérir, il faudrait le vider comme un poisson. Peu tenté par l'aventure Wayne préfère prendre un petit sirop à base d'opium. Ce mec est un douillet en fait. Et là scène magistrale. Dans sa chambre, il va prendre une cuillère pour prendre le breuvage. Vous avez déjà vu un vrai mec prendre une cuillère pour avaler un sirop ? Non. Eh bien, Wayne non plus ! Ses colts, eux, il va les prendre. Flinguer quelques mécréants et surtout comprendre, à la dernière seconde qu'il protège un tueur en puissance encore plus redoutable que lui. Wayne est souffrant. Dans la vie comme dans le film. Mais en tant qu'acteur, il pète la santé le vieux ! (Au passage, vous avez remarqué que c'est Don Siegel qui est derrière la caméra ?)
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