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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Homogénéité, 13 juin 2010
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Triple Concerto pour violon, violoncelle et piano - Brahms : Double Concerto pour violon et violoncelle (CD)
Enfin un couplage homogène. Il est assez fréquent de trouver un CD qui regroupe le Triple Concerto de Beethoven et le Double Concerto de Brahms, encore qu'on puisse trouver d'autres couplages. Mais ça n'arrange guère le client quand l'une des interprétations est excellente et que l'autre n'est là que pour profiter du sillage (suivez mon regard).

Or ces concertos dirigés par Fricsay en 1960 et 1961 sont tous les deux aux premiers rangs de la discographie. Pour le Triple Concerto, on peut citer aussi, chez EMI, Oistrakh, Knuchevitsky, Oborin dirigés par Malcom Sargent un peu avant, version peut-être plus amène mais pas forcément meilleure. Pour le Double Concerto, le disque flamboyant de Szell avec Oistrakh et Rostropovitch mène la course en tête, mais celui de Fricsay est presque aussi passionnant, avec des qualités différentes.

Les mot qui définissent le mieux ce disque sont plénitude, rebondissement et sobriété. L'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin ainsi dirigé ferait presque oublier qu'il n'est pas le meilleur orchestre de la ville; il est cependant un peu lointain, du moins dans le Brahms (voir le commentaire de Mélomaniac qui signale que les solistes sont placés un peu trop en avant). Quant à ces derniers, ils ont dû répéter suffisamment avec l'orchestre pour atteindre une aussi belle entente (suivez encore mon regard).

Schneiderhan est présent dans les deux oeuvres, il y avait mieux à l'époque mais il était dans une bonne période pour sa sonorité, qui a pu être quelque peu ingrate à d'autres moments. Fournier (dans le Triple Concerto) est parfait, mais sans chercher à briller. Quant à Géza Anda, pianiste plus rationnel qu'instinctif, il se détend et joue avec beaucoup de souplesse et de liberté une partition qui n'est pas des plus exigeantes. Dans le Brahms, le violoncelliste est Starker et avec lui, il n'y a aucun doute, on sait tout de suite qu'on est bien chez Brahms; il le prouva un peu plus tard par sa participation aux trios, chez Decca. Et quelle présence ! Fricsay dirige avec calme, moins d'exaltation que Szell dans le Double Concerto, mais intéresse à peu près autant que Haitink (avec Szeryng et encore Starker), Ancerl (avec Suk et Navarra) ou Sawallisch (avec Zimmermann et Schiff), pour citer quelques versions célèbres du Brahms, qui bénéficient bien entendu de prises de son plus récentes.
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15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mariage heureux sous les tulipes, 5 novembre 2007
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Triple Concerto pour violon, violoncelle et piano - Brahms : Double Concerto pour violon et violoncelle (CD)
Le genre du concerto à plusieurs solistes, rémanence des époques baroque et galante, fut peu usité par les compositeurs romantiques, qui préféraient l'affrontement d'un instrument solitaire avec le reste de l'orchestre, symbole de l'homme face à l'univers, à l'adversité, à sa destinée...

Les deux principales contributions du XIX° Siècle furent le Tripelkonzert pour violon, violoncelle et piano de Beethoven, et le Doppelkonzert pour violon et violoncelle de Brahms.
Le disque s'en empara en proposant d'abondantes versions où brillèrent les plus grands virtuoses.

Le présent CD regroupe deux albums gravés en mai 1960 et juin 1961 à la Jesus Christus Kirche de Berlin, qui furent des classiques instantanés au temps du microsillon.
On y retrouve quelques interprètes emblématiques de la firme au cartouche jaune orné de tulipes.

Au podium, Ferenc Fricsay, dont la trop courte carrière ne nous en a pas moins légué quantité de témoignages miraculeux, y compris dans Beethoven (les symphonies 3, 5, 7, 8 et 9 avec les Berliner Philharmoniker !)

Au violon, Wolfgang Scheiderhan, qui fut premier pupitre au Symphonique de Vienne puis à la prestigieuse Philharmonie entre 1937 et 1950, avant de devenir un concertiste et pédagogue recherché.

Dans l'opus 56 de Beethoven, il forme ici équipe avec Géza Anda au clavier et avec Pierre Fournier, qui fut parfois désigné comme « aristocrate du violoncelle » en hommage à la noblesse de ses phrasés.
Les trois artistes sont trop fins musiciens pour tenter d'imposer à l'autre une vision personnelle, et ne cherchent jamais à dominer le plateau. Cette réunion est ici une des plus heureuses de la discographie.

L'approche est tout aussi sobre et respectueuse dans Brahms : le sage János Starker livre une lecture probe et mesurée malgré les sollicitations dramatiques de cet opus en la mineur.

On goûtera donc ici des dialogues équanimes, nourris d'esprit chambriste, d'autant que les prises de son placent les solistes très au-devant de la scène.
L'on aurait pu préférer que les micros les spatialisent davantage dans l'acoustique de l'église, et qu'ils les distinguent plus nettement de l'orchestre par un étagement en profondeur.

En tout cas, la présence sonore est admirable et redonne vie à ces cinq musiciens dont le moindre signe du talent n'était pas le refus de l'ostentation.
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