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29 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le chef d'oeuvre inconnu, 12 avril 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Holst : Les Planètes - Matthews : Pluton (CD)
Suite à l'écoute d'un certain nombre de versions, d'intérêt très variable, je peux affirmer que cette version est vraiment très aboutie. J'ai pu entendre auparavant Simon Rattle, dans une version assez surfaite et tournant à vide (avec le Philharmonia), Colin Davis, guère plus enthousiasmant dans un live avec l'Orchestre National de France (pas d'enregistrement de ce live à ma connaissance), James Levine, hollywoodien jusqu'à saturation, et parfois même de très mauvais goût (Vénus évoque un coucher de soleil sur une plage de Malibu !), André Prévin, oscillant entre tonitruance (Mars, Saturne) et alanguissement excessif (Vénus), Zubin Mehta, pesant et atone, William Steinberg, assez inexpressif et très peu nuancé (entre mezzo forte et forte) et enfin Sir Adrian Boult, dans sa vénérable version de 1978, jetant sur l'oeuvre un regard interrogatif que les autres ne font qu'effleurer, mais finalement manquant un peu de souffle dans certains passages (Mars). Finalement, beaucoup de versions mais peu de gains en sont ressortis.
Ainsi, cette version, qui n'avait à priori rien pour capter l'attention (une n-ième version d'un chef quasi-inconnu sortant chez un label peu connu avec une jaquette très banale, absolument pas tape-à-l'oeil) s'impose dans mon Panthéon personnel de cette oeuvre. Owain Arwel Hughes choisit la voix de l'évidence : une distanciation face à tout effet pouvant éloigner l'oeuvre de son message, bien plus profond que certains veulent l'entendre, ce qui se caractérise par une mise en évidence de chaque pupitre de l'orchestre et pas seulemnt des cuivres et des percussions. De cette clarification, renaît la partition. Sous la baguette de ce chef, elle fourmille d'idées, de trouvailles. Du choix de tempos plutôt modérés, jamais bousculés comme ils peuvent l'être parfois, naît l'expression même de chaque planète, les nuances dynamiques, les crescendos et decrescendos (supérieurement contrôlés) mettant en relief les changements les plus imperceptibles de climats. Ce travail très fouillé et maîtrisé sur l'orchestre (Royal Philharmonic, superbe de sonorité, raffiné et très flatteur tout pupitre confondu - mention spéciale aux cordes, d'une homogénéité et d'une fluidité inouïes) porte ses fruits au-delà même de toute espérence. Mars n'est plus ni lourd, ni hollywoodien : il est cinglant, menaçant et en même discrètement grinçant et mécanique, dénonçant l'absurdité de la guerre. Vénus n'est plus un coucher de Soleil mais bel et bien un calme plat après les tourmentes de Mars. Mercure tournoie sans savoir où il va ; Jupiter jubile sans effet de masse et respire large, noblement et puissamment dans sa partie médiane (point très fort de cette version, ce passage étant généralement sacrifié au profit d'envahissantes timbales qui occultent l'aspect hymnique du passage). Arrive Saturne, le point le plus fort de la version : par des tempos judicieusement calculés, des transitions d'une subtilité sans commune mesure et par la qualité des crescendos/decescendos, le mouvement voit chacune de ses trois parties admirablement caractérisées sans qu'on ait l'impression d'une rupture dans son énoncé. A un tel degré de perfection, cela relève du tour de force ! (la seconde transition est même profondément émouvante par sa pureté !) Uranus nous refait descendre sur Terre : les cuivres grincent, les percussions cinglent, les bois délirent et tout ce beau monde se réunit dans un fortissimo tétanisant suivi d'un pianissimo suffocant qui glace le sang comme jamais jusqu'à ce que le mouvement reprenne de plus belle, avec un cri effrayant des trompettes à l'unisson, et s'évanouisse dans un silence de plomb. Beaucoup d'émotions fortes en peu de minutes ! Neptune est quelque sorte la consécration de cette version : sur un tempo idéal, le chef propose une dématérialisation progressive et continue de l'orchestre et en clarifie la texture avec une telle précision qu'on a l'impression de baigner dans le vide de l'univers et que celui-ci nous happe au fur et à mesure qu'on avance dans le mouvement. Il en résulte une profonde impression de malaise, lequel s'accroît quand arrive les voix (d'une pureté diaphane, créant une angoisse supplémentaire), réminiscence des Sirènes debussystes et celle d'un passé qui semble révolu et auquel on ne peut plus revenir. Cette apparente extase met le doigt sur un fait troublant : ce que représente l'Humanité à l'échelle de l'Univers. Ce point de vue est bien entendu très subjectif, mais la qualité de la réalisation me porte à croire qu'il y a du vrai ce que je dis. Une version aux réflexions fascinantes et impeccablement réalisée. Les compléments ne sont pas de moindre intérêt. Le chef nous propose la planète Pluton, composée par Colin Matthews, où il cherche à poursuivre le travail d'Holst. L'interprétation qu'en donne Hughes et fascinante et dépeint un univers froid, oppressant et terrifiant : on pourrait y voir une espèce d'univers parrallèle, où le chaos semble régner de toute part. A nouveau, le mouvement s'achève dans un silence. Après tant de pessimisme, la Somerset Rapsody, plus apaisante, clot un disque exceptionnel, qui ne révèle ses secrets qu'après de nombreuses écoutes.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Je ne connaissais pas ce chef mais j'étais bien prêt à lui faire confiance, 7 juillet 2011
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Holst : Les Planètes - Matthews : Pluton (CD)
On apprend dans le livret qu'il a été associé à l'orchestre de la BBC Welsh et au Philharmonia dans les années 1980, qu'il a dirigé les Proms du Pays de Galles dès leur création à Cardiff en 1986, qu'il s'investit dans le répertoire scandinave, et qu'il a conforté sa notoriété par des émissions télévisées.
Capté en avril 2004 au Watford Colosseum, que vaut-il dans cette scie du répertoire britannique que sont les "Planètes" ? qu'on connaît bien au travers les enregistrements d'Adrian Boult, Malcolm Sargent, Bernard Haitink, Seiji Ozawa, William Steinberg... pour n'en citer que quelques uns.

D'abord, poussez le volume de l'amplificateur : la prise de son est bonne mais le niveau de gravure plutôt faible.

La tendre "Venus" ne m'apparaît pas la plus réussie. Rien de raté mais lecture ordinaire. Les violons même un peu raides dans le premier Andante (2'20-). Ca s'assouplit dans le second (5'50) grâce aux sourdines.
Avec une noire =217, ce "Mercure" ne retrouve pas la prestesse d'un Boult (noire=242) qui le faisait en outre vibrer d'un tout autre scintillement. Harpes, célesta, glockenspiel trop discrètement captés par les micros ?
Ambiance feutrée, presque blafarde. Cordes pas spécialement célères dans leurs bourdonnants staccato en ré majeur (2'38-2'47, 3'02-3'08) censés accroître la tension.
Les fins élytres du messager ailé ne tracent pas une trajectoire distinctement marquée.

A 1'47 au début du Poco animato, les pizzicati de contrebasses trop peu audibles : voilà le seul reproche que m'inspire ce "Saturne". Le chef en traduit le contraste expressif : violoncelles plaintifs (1'47), gémissant sous le faix des ans. A 1'47, le crescendo des cuivres clame sa révolte contre l'âge, les cloches résonnent tel un glas métallique. Puis l'Andante se soumet à la fatalité de la vieillesse, consolée dans la contemplation de l'immensité cosmique. A 8'10, on notera la profondeur du sol extrême grave susurré aux tuyaux 32 pieds de l'orgue : un test pour vos enceintes.

En fait, ce maestro a attiré toute mon attention dans trois astres qui produisent le meilleur effet :
Malgré un Andante maestoso (3'09-5'15) émouvant mais engourdi par cette baguette (noire =57), les danses de "Jupiter" trouvent l'élan et la jovialité qui conviennent. Les cornistes sont très en forme, rutilent. A 7'21, le trompettiste prend son souffle pour rendre strident son sol aigu.
Au début de "Mars", le col legno des archets réussit à créer l'impatience qu'on espère. Légère baisse de tension à 2'14 (mesure 65) quand les violons raclent leurs mi et si bémol à l'octave. A 2'22, la fanfare des trompettes sonne un peu labile.
Le passage médian à 5/2 (3'21-4'47) joué dans un legato peut-être un brin lancinant.
Pour le reste, tout doit être salué dans cette exécution de l'astre belliqueux : notamment des cuivres éclatants, crédiblement valorisés par les micros. Tenue et brio pour cette marche guerrière.

Ne manquez surtout pas cet "Uranus" qui à lui seul mérite qu'on brigue l'achat de ce disque ! Lecture très rapide (moins de six minutes), exaspérée, agressive, comme si notre sorcier conspirait de bien méchants desseins. Mal lui en prend : écoutez ce canardage des trompettes qui vrille les tympans à 4'04 : on dirait que notre brave magicien s'est brûlé les doigts à son chaudron !

L'écoute de "Neptune" m'a particulièrement subjugué par son extrême finesse, laminée jusqu'à l'imperceptible : les cristallins arpèges de septolets de triple-croches égrenés par le célesta à 4'27...
Et surtout : les dames des Cambridge Singers immiscent leurs voix hâves, vocalises d'une extatique pureté mais nettement articulées. Un spectre holographique qui confine au mysticisme le plus troublant.

Bien que Pluton fût découverte quatre ans avant la mort de Holst, celui-ci ne l'ajouta jamais aux sept parties qu'il avait initialement conçues pour son cycle symphonique.
En 1999, Kent Nagano sollicita Colin Matthews afin d'adjoindre cette nouvelle planète. Ce compositeur né en 1946 s'acquitta d'un « Pluto the renewer » ainsi baptisé selon la signification astrologique attribuée à ce lointain empire de notre système solaire. Difficile de faire suite aux vocalises éthérées qui closent "Neptune" : Matthews a donc pertinemment choisi un attacca qui prolonge les derniers accords orchestraux (si aigus des violons à l'octave) pour élaborer une musique désignée comme "prestissimo scorrevole", fouettée par les vents solaires, et qui s'amuït dans les bouches du choeur féminin.
Le Royal Philharmonic se montre encore un avocat zélé de ce codicille aux "Planètes".

En complément de programme, on trouve la "Somerset Rhapsody" écrite en 1906 d'après de mélodies populaires anglaises récoltées par Cecil Sharp. Je ne connais qu'Adrian Boult et son London Philharmonic, chez Lyrita en janvier 1971, pour encore mieux défendre cette oeuvre.

J'ai longtemps hésité avant d'évaluer cet album.
Au sein d'une abondante discographie des "Planètes", Owain Arwel Hughes réussit l'exploit de créer du nouveau sous le soleil par sa revigorante exécution de "Mars" et "Uranus", le mystère foisonnant de détails qu'il accorde à "Saturne" et "Neptune".
Cela mérite bien d'être encouragé par quatre étoiles, et je ne blâmerai quiconque en accorde une cinquième.
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5.0 étoiles sur 5 Cosmique, 6 mars 2010
Par 
Rico L (France, Bourgogne) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Holst : Les Planètes - Matthews : Pluton (CD)
On se laisse emporter par le souffle héroïque de Mars, bercer par le calme jovien ou surprendre par les facétie d'Uranus.
De ces musiques classiques abordables, qui permettent aux plus jeunes de découvrir ce domaine sans difficulté, d'autant plus que de nombreux extraits ont été pompés dans le présent répertoire pour illustrer des films très populaires.
Enregistrement soigné, direction équilibrée, très agréable.
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4.0 étoiles sur 5 Beaucoup aimé., 27 février 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Holst : Les Planètes - Matthews : Pluton (CD)
Une belle version, à mon goût, de cette oeuvre magnifique souvent pillée par divers auteurs contemporains comme, par exemple, John Williams, pour ne citer que lui (même si c'est bien fait.....) Vous retrouverez avec surprise, l'origine de la "marche impériale" dont c'est inspiré ce dernier pour la musique de "la guerre des étoiles".
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5.0 étoiles sur 5 Une musique qui vous fait voyager de planète en planète, 8 septembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Holst : Les Planètes - Matthews : Pluton (CD)
Comment exprimer cette musique si bien composée et interpréter ?
En effet, si vous aimez la musique alors vous ne pouvez passer à côté de ce CD, évoquant des contrées lointaines et vous fait découvrir par un jeu musical, les moindres recoins de notre système solaire.
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