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le 18 février 2012
Avant d'aller voir Boulez lui-même joué cette oeuvre à Pleyel en début de la saison 2011-2012 de l'Orchestre de Paris, il me fallait une version afin de ne pas arriver en novice. Celle-ci est un premier choix, qui utilise la version originale de l'oeuvre, remaniée à plusieurs reprises par l'auteur pour donner une version définitive enregistrée chez DG : Boulez - Pli selon Pli.

L'enregistrement présenté sur ce CD est celui anciennement distribué par Erato, rentré (puis détrui) par Warner Music. Ici, le compositeur-chef est à l'apogée de sa "gloire" avec un respect de tout le monde musical, la mise en place de l'Ircam, et les plus grands orchestres qui l'invitent, même s'il est encore directeur de celui de la BBC. L'oeuvre est très maitrisée et très découpée, surement beaucoup trop pour certains auditeurs qui attendent plus de sentimentalité directe dans la musique. Il n'en reste pas moins que ces une oeuvre incontournable pour moi du XXème siècle, et que cette version a plus de charme que celle trop parfaite publiée chez DG, que j'ai acquise suite aux concerts.

Les compléments sont également intéressant, bien qu'ils semblent nettement moins aboutis. Un grand disque de musique...classique, n'en déplaise à ceux qui s'arrête en 1920 ;-)
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Le grand Paul Griffiths commence le livret de ce double CD d'oeuvres de Pierre Boulez dirigées par le Maître lui-même : « Pli selon pli : « La plus grande oeuvre de Boulez à ce jour ». Nous étions alors en 1983, dans une édition sur vinyle de cette pièce. Il avait raison !
« Pli selon pli, portrait de Mallarmé » est une composition de Pierre Boulez en cinq tableaux, pour voix de soprano et orchestre, d'après des poèmes de Stéphane Mallarmé. Son titre est extrait de « Remémorations d'amis belges » du poète. Sa composition a commencé en 1957 ; elle a connu diverses versions et divers remaniements jusqu'en 1990, qui marque la fin de sa réécriture actuelle.

Le compositeur-chef d'orchestre grava une première fois sur vinyle CBS sa pièce en 1969, avec la soprano Halina Lukomska. Avec son développement et déploiement additionnels, il en proposa une nouvelle version en 1981 avec la soliste Phyllis Bryn-Julson, sortie 2 années plus tard. C'est bien cette version qui est reprise ici, agrémentée de 2 oeuvres marquantes avec solistes et choeurs de ses premiers pas de compositeurs : « Le Visage Nuptial » et « Le soleil des eaux » des années 50, complétées d'une pièce entièrement orchestrale « Figures, Doubles, Prismes ». Un panorama proposé afin de se faire une idée des geste et langage du Maître.

Au sein de son cycle parfait « Pli selon pli », la première et la dernière parties (Don et Tombeau) sont écrites pour de grands ensembles orchestraux, dans un effet de symétrie. La deuxième et la troisième partie (Improvisation I et Improvisation II) sont destinées à des formations plus restreintes, et sont du reste parfois exécutées isolément et indépendamment en concert.
Paul Griffiths continue : « Chaque morceau est basé sur un poème de Mallarmé », suivant les parutions chronologiques du poète. Ici le compositeur utilisa des oeuvres de 1865 pour la 1ère partie de cette « adaptation musicale » (« Don du poème ») jusqu'à d'autres de 1897 pour « Tombeau », la dernière partie.

P. Griffiths : « Tombeau est une réaction au décès d'une personne, celle de Verlaine. Placés comme ils le sont dans « Pli selon pli », ces deux poèmes représentent la naissance et la mort de l'oeuvre musicale qui les enferme ».
La 1ère partie commence avec l'incursion de la soprano dès le début ; mais de quelques notes seulement. Elle revient s'exprimer en quelques accords et souffles au deux-tiers de cette ouverture. En fait elle ne prononce que le 1er vers du poème, toute la teneur du poème étant remplacée par la musique. Vient-elle dans ce cadre « illustrer » le sens des vers ? Plutôt laisser s'exprimer les sensations que P. Boulez a ressenties à la lecture du poème, mais aussi à toute l'oeuvre en général de Mallarmé. Ici toute cette pensée s'y cristallise.

Un climat attentiste, réfléchi, presque de suspense. Beaucoup plus fluide, mesuré, moins « guerrier » et « colérique » qu'il put l'exprimer dans ces oeuvres précédentes des années 50 et 60.
On y perçoit l'instrumentation chère à Boulez : percussion, tambours, mandoline à l'instrumentation sèche ; s'opposant à ceux au son pouvant être entretenu et exprimant des résonnances et interférences entre eux tous : vibraphone, flûtes, cloches intermittentes, piano, cuivres, harpe, célesta, qui s'expriment à un moment en solo ou plus fort que les autres instruments et en grappes sonores.
Une limpidité d'orfèvre se révèle, avec des scansions marquées mais le tout progressant vers la fin plus agitée et mouvante, offrant les accords percussifs d'instruments résonnants sur un tapis devenant plus agité.
Ensuite, dans la 2ème partie, la soprane devient plus présente dans ce bain sonore très boulézien avec ces brusques accords sonores, résonnances et climat parfois attentiste. De riches harmoniques avec un somptueux rendu de l'orchestre.
L'oeuvre évolue ensuite avec beaucoup plus d'instruments résonnants : Glockenspiel, vibraphone, piano dans de longs déploiements orchestraux.
A noter que la prise de son est admirable, avec l'orchestre de la BBC aux couleurs chatoyantes et à l'opulence scintillante.
Le poème est déstructuré, tout en étant présent dans l'idée, mais absent dans le rendu. « Le style vocal est richement embelli » [livret] dans les parties centrales. « En correspondance avec le sujet, on trouve dans la partition les sonorités cisaillantes et immobiles » de percussions vibrantes.

Le livret précise aussi que « dans chaque composition certains éléments sont laissés au choix ou au hasard : des choix de durée ou d'ordonnancement des fragments fournis, ou des choix entre différentes versions. Ces éléments sont très généreusement présents dans la troisième « Improvisation », le morceau le plus oriental et le plus intemporel du système, qui offre une plage de durée uniforme à colorer par les longs alléluias profanes de la soprano ou par des contributions similairement immuables des harpes, des marimbas et du reste. »

En 1981, Dominique Jameux, dans sa belle biographie de Boulez, écrivait : « Il ne serait pas surprenant que, avec le recul de l'histoire, « Pli selon pli » apparaisse comme le point d'aboutissement et de clôture du « premier Boulez », celui qui de 1945 à 1960 aura bouleversé les données de la pensée, de l'écriture et de l'écoute musicales plus qu'aucun compositeur de sa génération. L'oeuvre imposante, d'une totale perfection logique et sensible, à la fois authentifie cette démarche qui à travers le sérialisme définit « l'oeuvre ouverte », et amorce le classicisme des années à venir. »
Alain Duault précisait aussi que « Pli selon pli déploie avec une sorte de souplesse cette musique ardente qui n'exclut pas une certaine forme de lyrisme. (...) L'exigence absolue de cette oeuvre, un des sommets de la musique de notre temps, trouve là [dans cet enregistrement de 1981] sa réalisation la plus achevée, la plus tendue. »

Le programme se poursuit avec l'incursion du compositeur envers la poésie de René Char, dans deux oeuvres qui avec « Le Marteau sans maître » forme une trilogie.
« René Char, par la violence concentrée de ses poèmes, par la « sérénité crispée » de sa phrase, a longtemps exercé son influence sur l'esthétique du musicien. » [livret]

« Le Visage Nuptial » : témoigne de l'importance du choeur et du texte chanté.
Au chant, les 2 chanteuses (soprano et contralto) offrent des juxtapositions contrastées, souvent avec des emportements, dans des « forte » fréquents de la mélodie. L'on entend l'expression étonnante de clochettes dans la 2ème partie.
« Les deux poèmes retenus opposent le caractère rêveur, individuel de la première partie, à celui extériorisé, collectif de la seconde. » [livret]
L'acmé intense de l'oeuvre s'exprime au sein de la 3ème partie, par le choeur et beaucoup de texte chanté (trop ?), toujours avec un élan et de forts contrastes musicaux. Une sévérité constante et heurtée. Comme une courte trêve/respiration en 4, qui se produit par un apaisement en 5.

J'y perçois un effet daté de sa composition (définitivement arrêtée en 1965, ici enregistrée en 1989), avec moins de plaisir aujourd'hui à la savourer.

« Soleil des eaux » : « renouant avec la tradition de la poésie amoureuse » [livret]
La première version pour ensemble de chambre en 1946 évoluera jusqu'à cette version actuelle (1988-89), enregistrée en 1989.
On comprend bien le texte malgré le léger accent de la chanteuse.
Une oeuvre plus intime au sein de la courte 1ère partie, avec de petites incursions de l'orchestre seulement, qui viennent comme illustrer la teneur des vers musicaux.
L'effectif se gonfle et éclate dans la 2ème partie, complétée par un imposant choeur masculin. L'esthétique semble un peu forcée, moins lisible que la 1ère partie.

« Figures, Doubles, Prismes » : apparaît moyenne aujourd'hui. Conçue en 1957, le compositeur y apportera de nombreux déploiements et extensions ultérieurs.
Un titre énigmatique « à la Henri Dutilleux ». Mais d'un usage trop marqué de la percussion à mon goût. Quel est le sens et le message de l'oeuvre ? Où va-t-elle ?
Intéressant contraste à partir de la 14ème minute, avec l'unisson des cordes, lyrique, doux et apaisé, contrastant fortement avec ce qui précède. L'agitation orchestrale complète reprend à la 19ème minute qui se termine une minute et demie plus tard.
« Le caractère brusquement contrasté des premières mesures cède progressivement la place à des développements plus étendus. » [livret]

A noter que l'on ne ressent pas au disque l'éclatement de la disposition orchestrale voulue par la partition. Comme « Répons », elle joue sur des miroitements et des réflexions du son au sein de salle de la prise du son ou du concert.

Un double disque essentiel bien sûr au sein de toute discothèque, mais surtout marquante pour cette version de « Pli selon Pli », à la direction exigeante, rigoureuse, inspirée, maîtrisée, du Maître sans baguette.
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le 18 juillet 2013
Je ne peux que souscrire au commentaire précédent de M : Cette version de Pli selon pli et l'ensemble de ce disque présente l'œuvre de Boulez dans sa meilleure forme.
Un disque pour découvrir un pan incontournable de la musique contemporaine, qui peut aujourd'hui être qualifié de musique classique.
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