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5.0 étoiles sur 5
Magnifique, 28 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Life of a Trio Sunday (CD)
The life of a trio: Sunday est l'un des nombreux albums enregistrés par le trio Jimmy Giuffre (clarinette et saxophone soprano)/Paul Bley (piano)/Steve Swallow (basse électrique).
Après des sessions emblématiques au début des années 60 (Fusion, Thesis, Free Fall), les trois musiciens se sont retrouvés de manière suivie à la charnière des années 80/90, pour une série d'albums fascinants et extrêmement riches musicalement (The life of a trio: Saturday, Conversations with a Goose, Fly away little bird).
Celui-ci, enregistré à New-York en décembre 1989, cultive toujours l'esthétique pratiquée par le trio dans les années soixante (goût simultané de l'écriture et des expérimentations les plus improvisées), tout en renouvelant la sonorité de l'ensemble (emploi du saxophone soprano pour Giuffre, plus rare autrefois, et passage de la contrebasse à la basse électrique cinq cordes pour Swallow) ainsi qu'un choix d'effectif variable déterminant pour l'aspect global de l'album.
Ainsi, seulement six morceaux (sur seize) sont joués en trio, et placés à des points stratégiques (ouverture, milieu et fermeture du disque notamment). Des compositions collectives (« Industrial suite », magma sonore bouillonnant, « Tango del mar », « The life of a trio »), un thème de Giuffre (le « Sensing » introductif, un chant doucement acide et minimal, posé sur un motif obsédant joué à la basse et au piano), un autre de Steve Swallow (« Play ball », malicieuse composition typique de l'écriture du bassiste, dans laquelle son jeu, souple mais très solide, suffit à insuffler une énergie extraordinaire) et un titre de Carla Bley (« Where were we ? ») dont la musique a toujours occupé une place de caeur dans le répertoire du trio.
Outre ces morceaux en trio, on déguste des pièces piano solo (« Monique », une plage hypnotique, ou « Mephisto », charnel et poétique), des duos saxophone/piano (une « Sweet song » tourmentée, la vignette expérimentale « Fallen Statue »), un solo de clarinette (« Hidden voice », méditation limpide), de superbes dialogues piano/basse (« Sanctuary much », « Things ») des tête-à-tête clarinette/basse (« The Giant guitar and the black stick », conversation cristalline à la beauté fragile, ou « Two singers », dans lequel Steve Swallow donne tout son sens à l'appellation guitare-basse...).
The life of a trio: Sunday, opus copieux (soixante-sept minutes), propose une musique extrêmement dense et aboutie, qui enjôle l'esprit lentement mais sûrement. A chaque fois qu'on y revient, on perd ses plus sûrs repères, comme pour mieux en déceler les subtiles composantes et la farouche inspiration.
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