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le 21 août 2009
Petite, bien avant de rencontrer ce blues qui transforma son existence, Koko Taylor fut amoureuse du chocolat. De cette passion naquit un surnom : Cocoa. Le genre de sobriquet qui vous suit toute une vie, jusqu'à alimenter la légende. Et question légende, on peut dire que la miss en connaît un rayon. Débarquée de sa campagne dans les années 50 avec pour tout bagage une boite de biscuits, Koko n'aura de cesse de provoquer le destin jusqu'à le faire sien. En effet, après nombre de petits boulots lui ayant permis de survivre, d'incalculables scènes d'un soir, c'est sa rencontre avec un certain Willie Dixon qui va décider de son avenir. En un titre, Wang Dang Doodle, généreux blues écrit par l'ancien boxeur, la voilà déjà propulsée au rang d'espoir féminin de l'année. Nous sommes en 1966, et si la mode est au rock'n'roll, les lendemains de la jeune femme seront blues, blues et encore blues. Cependant, à l'époque, faire sa place dans un milieu où le machisme est de rigueur n'est pas une mince affaire. Qu'à cela ne tienne, épaulée par son mari, en vraie battante, la chanteuse va s'accrocher, s'affirmer et grandir. Tout d'abord au contact du label Chess, auprès duquel elle fera ses plus belles gammes. Ensuite, en entrant chez Alligator qui la fera devenir l'égale des plus grands.

Reconnue et appréciée par l'ensemble de la profession, tout en en ayant influencé plus d'une (une certaine Pearl lui doit sans aucun doute une grande part de sa rage de vivre), Koko se faisait rare depuis plusieurs années. Il faut dire que la vie - la perte de son mari dans un terrible accident de la route - comme des ennuis de santé récurrents ne l`ont guère épargné. Par conséquent, auréolée d'une carrière plus que respectable, rien d'étonnant à ce que la sortie de ce nouvel album excite notre curiosité, voire même s'impose derechef comme un évènement. Aussi, dès la première impression : couleur chaude, bien campée sur ces jambes avec le regard malicieux de ceux à qui on ne la raconte plus, si la reine semble afficher un moral d'acier sur l`emballage, c'est également emballé que l'on s'extraie de ce disque mené de bout en bout par un tempérament unique. Femme avant tout, mais d'un caractère bien trempé, une nouvelle fois Koko hausse le ton et montre aux hommes qui a réellement le pouvoir. En deux titres (Piece Of Man et Gonna Buy Me A Mule) si la chose semble entendue, ce sera plus subtilement au travers de reprises, telle All Your Love de Magic Sam, que notre Chicago Blues Queen va rafraîchir la chronique d'une époque.

Old School ? Vous avez dit Old School ? Peut-être, mais chanté avec la manière. Un peu comme s'il fallait encore rendre la monnaie à certains de ces messieurs. Ces grands hommes si contents d'eux-mêmes. Tellement convaincus de leur supériorité que seul un brin d'espièglerie, de second degré féminin suffisait parfois à dégonfler les egos. Dans ce genre d'exercice, Koko et sa voix si caractéristique n'en sont jamais laissés conter. De nouveau, secondée par une équipée de musiciens totalement à son service, comme l'aurait fait une certaine Piaf en d'autres circonstances, c'est la voix de toutes les femmes noires que l'on a humilié qui s'élève au dessus de la mêlée.
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