undrgrnd Cliquez ici Baby ValentinB nav-sa-clothing-shoes nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici Cliquez ici Acheter Fire Acheter Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo Montres soldes Bijoux Soldes

Commentaires client

5,0 sur 5 étoiles2
5,0 sur 5 étoiles
5 étoiles
2
4 étoiles
0
3 étoiles
0
2 étoiles
0
1 étoile
0
Prix:27,24 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium

Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article
Partagez votre opinion avec les autres clients

Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

Wozzeck est à l'évidence un chef-d'oeuvre, dont le propos accomplit et dépasse celui de l'opéra (comme Madame Bovary est un roman et bien plus que ça). On peut le reconnaître même si comme moi on conserve une affection particulière pour Lulu. Une chose qui frappe en l'écoutant dans la continuité est sa densité extrême, qui redonne ses avantages à une écoute fragmentée comme on peut la pratiquer chez soi, en suivant comme ici l'action et le texte. L'opéra filmé est un genre difficile, et je me demandais ce que nous allions voir en la circonstance. Mais, comme l'a écrit récemment le critique Robert Levine en rendant compte de cette production, le « montage » de Wozzeck, son découpage en scènes, a lui-même quelque chose de cinématographique. Il y a deux manières, stylisée ou réaliste, de (se) représenter Wozzeck ; on peut tendre vers 'épure et le symbole pour s'accorder avec la beauté de la musique, ou faire écho aux aspects triviaux du livret (ce qui peut s'avérer réducteur et décevant). Le texte de Büchner suggère une troisième voie qui est celle qu'a décidé de suivre le réalisateur de ce film de 1970, Joachim Hess (son film appartient à une série voulue et conçue par l'intelligent directeur d'alors de l'opéra de Hambourg, Rolf Liebermann -il y eut aussi, par exemple, un Freischütz). Le choix du château et de ses environs, la palette restreinte de couleurs (gris, vert, brun) créent, ansi filmés, un monde de solitude, clos sur lui-même. Toni Blankenheim a la stature d'un grand interprète du rôle-titre: Wozzeck pourrait avoir exactement cette tête-là (excellente idée du bonnet militaire, qu'il ne quitte guère et qui le rend plus anonyme encore), cette attitude-là, cette voix-là, et les moments où la folie transparaît sous l'apparente banalité résignée du personnage sont très impressionants. Marie (Sena Jurinac) chante avec aisance. Hans Sotin est proprement fantastique en docteur, vrai concentré d'imbécillité pédante et de sadisme, plus dément encore que celui dont il entend étudier le corps et l'esprit égaré. Le capitaine de Gerhardt Hunger est glapissant à souhait, le tambour major de Richard Cassilly, avec sa corpulence et ses moustaches, surréel. Bruno Maderna, dont il faut redire la valeur comme interprète et comme compositeur, dirige l'orchestre sans gommer l'agressivité extrême de la musique, comme par endroit son lyrisme mahlérien.
0Commentaire21 sur 22 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 24 septembre 2010
Filmer un opéra jette toujours un défi, art stylisé par excellence, l'opéra se prête mal à une représentation réaliste.
C'est pourtant ce défi que relève l'équipe réunit par Rolf Lieberman et ils vont jusqu'au bout de leurs idées en proposant une approche hyperréaliste qui suit avec un soin presque fanatique les moindres indications du livret.
Cette approche fonctionne parfaitement bien avec Wozzeck ; opéra de protestation sociale, son sujet, son livret et l'emploi du « sprechgesang » autorisent une représentation réaliste et son découpage, son rythme cinématographique collent parfaitement au projet monté par Lieberman.
Car rien n'a été laissé au hasard dans cette production, les lieux tout d'abord, tournée dans un château au sud de l'Allemagne, le décor renvoie l'image d'une ville de garnison sinistre et glauque ; la photo ensuite, tournée en plein hiver par un temps brouillardeux, les couleurs ne sortent pas d'une gamme de brun, vert, gris qui renforcent le sentiment d'oppression.
Seules les scènes de cabarets déçoivent, un peu poussives et artificielles à mon goût.
La réalisation musicale est absolument exemplaire, la distribution est idéale et les quatre rôles principaux sont superlativement tenus.
Toni Blankenheim est un Wozzeck parfait, il restitue exactement le caractère tourmenté, torturé du personnage : « er sieht immer so verhetzt aus » lui dit le Capitaine, et bien c'est tout à fait ce que le jeu de Blankenheim noux renvoit.
Enregistrée peut-être un peu tard dans sa carrière, Sena Jurinac n'en campe pas moins une Marie très impressionnante et proche de l'idéal que je me fais du rôle.
Le Capitaine est très bon, on en a connu plus hystériques (Clark), plus glaçants (Zednik), Gerhard Unger prend au pied de la lettre les qualificatifs dont le gratifie le docteur : gras, bouffi, apoplectique, c'est un gros plein de soupe bête et méchant.
Mais le must de la distribution est à mon sens le Docteur idéalement campé par Hans Sotin, aussi bien vocalement que scéniquement, Sotin habite totalement son rôle, il ne chante pas le Docteur, il est le Docteur, sans se départir de son sérieux et de sa suffisance et il suinte de sadisme et de folie, particulièrement glaçant !
Enfin Bruno Maderna, l'immense Maderna dirige son orchestre avec une précision et une acuité assez fascinante, il ne cultive en rien le beau son mais nous jette en plein visage l'âpreté de cette musique, sa noirceur, sa violence.
Ce film est un véritable coup de poing dans l'estomac et laisse le spectateur muet.
Rolf Lieberman a dit qu'il s'agissait là de la production dont il était le plus fier, on le comprend.
0Commentaire10 sur 11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

Les client ont également visualisé ces articles

25,08 €