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5.0 étoiles sur 5 Mizoguchi : les films de l'immédiat après-guerre, 2 janvier 2008
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret mizoguchi : l'epee de bijomaru / 5 femmes autour d'utamaro / l'amour de l'actrice sumako / les femmes de la nuit (DVD)
Les francophones sont les amateurs de Mizoguchi les plus gâtés. Après les deux très beaux coffrets des chefs d'aeuvre définitifs des années 1950 et en attendant un autre coffret, annoncé pour 2008 et consacré aux années 1930 avec La Cigogne de Papier, Les Coquelicots et Oyuki la Vierge, les années 1940 sont désormais couvertes d'une part par le coffret consacré aux 47 Ronins, l'Elégie de Naniwa et les Contes des chrysanthèmes tardifs et d'autre part par ce coffret qui présente les cinq premiers films d'après guerre de Mizoguchi. Si vous ne connaissez pas encore l'immense metteur en scène, commencez évidemment par les 2 coffrets des années 1950 ; sinon, ruez vous sur le présent article, aux bonus intéressants de surcroît : des analyses de Charles Tesson et Jean Douchet et une interview passionnante du vétéran Kaneto Shindo, futur auteur de l'Ile nue et de Onibaba, et qui était l'assistant de Mizoguchi à cette époque.
Passons rapidement sur les deux premiers films. L'épée Bijomaru (1945) est un court film en costumes (jidai-geki) qui n'évite pas les poncifs sur l'honneur et le dévouement mais se laisse voir sans ennui. Il souffre évidemment de n'être qu'une oeuvre de commande et de circonstances où ne se sent guère la patte du maître. Cinq femmes autour d'Utamaro (1946), le premier vrai film d'après-guerre, est plus proche des thèmes favoris du Maître (le rôle de l'artiste, ici un peintre bâillonné par le pouvoir, la place des femmes et les chassés-croisés amoureux) sans atteindre encore à l'excellence à laquelle parviennent les trois aeuvres suivantes.
L'amour de l'actrice Sumako (1947) est consacré à la liaison entre un metteur en scène de théâtre, qui veut imposer Ibsen et les grands dramaturges européens sur les scènes japonaises dominées par le kabuki, et son actrice. Plaquant belle-mère, épouse et fille, il part en tournée avec sa muse avant de décéder. A l'issue d'une représentation sublime de Carmen, Sumako rejoindra son amant dans la mort. Le film est touchant à plusieurs niveaux. C'est d'abord une magnifique histoire d'amour entre le raide intellectuel et l'émancipée fille des tréteaux et des projecteurs, histoire improbable qui conduit à la fusion des corps, des esprits et des sensibilités. C'est aussi un manifeste esthétique, celui de l'artiste qui coupe les ponts avec une société dont les tabous et hypocrisies empêchent son épanouissement et sur laquelle il est en avance (voir comment il souhaite un mariage d'amour pour sa fille, dont celle-ci n'a cure). C'est enfin un admirable discours de la méthode sur l'art dramatique (les scènes de répétition sont plus fortes les unes que les autres) avec tout un jeu de miroirs subtil (les pièces jouées trouvent une résonance dans la vie des protagonistes ; les rapports entre Mizoguchi et son actrice fétiche, Tanaka, ne devaient pas être très différents de ceux de Shimamura et Sumako).
Après ces excursions à l'époque Edo puis aux débuts du XXè siècle, Les Femmes de la nuit (1948) revient à l'époque contemporaine. Le film est un témoignage poignant sur le Japon de l'après-guerre, détruit physiquement et moralement par la guerre et l'occupation ; c'est surtout le film le plus noir de Mizoguchi, une odyssée mélodramatique d'une violence sans précédent, à la fois très inspirée du néo-réalisme et complètement personnelle tant dans ses thèmes (les violences faites aux femmes et leur désir d'émancipation toujours bafoué) que son style (apparaissent ici les fameux plans séquences et les plans en plongée qui feront sa gloire).
Après ce sommet, Flamme de mon amour (1949) offre comme un espoir. Consacré à une militante féministe du début du siècle, condamnée par sa famille, désespérée de ne pouvoir empêcher la vente de sa servante, victime des tromperies masculines en la personne d'un agent double puis d'un démocrate apparemment bien sous tous rapports mais qui s'empressera de prendre pour concubine l'ancienne servante de notre militante, ce film marque aussi une nouvelle étape dans la progression du style de Mizoguchi : plans généraux systématiques avec prohibition des gros plans et des coupes, admirable concision qui interdit tout plan ou scène inutile, plans séquence prodigieux ici particulièrement réussis dans les scènes de foule ou l'incendie de la filature, géométrie de l'espace innée. Tout est en place pour les miraculeux chefs d'oeuvre de la décennie suivante.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 PRECIEUX COFFRET, 12 avril 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret mizoguchi : l'epee de bijomaru / 5 femmes autour d'utamaro / l'amour de l'actrice sumako / les femmes de la nuit (DVD)
Films magnifiques, Analyses intéressantes par des spécialistes de Mizoguchi.
Pour les cinéphiles avertis. Sachant que si "Cinq Femmes autour d'Outamaro" est l'un des plus beaux de l'auteur, il n'en est pas de même des quatre autres. Beaux, à découvrir, mais quelquefois inégaux en qualité.
Pour apprécier ce coffret, ce qui est mon cas, il faut aimer et bien connaitre Mizoguchi. Vouloir le connaitre encore mieux. Jusque dans des oeuvres de deuxième plan.
A éviter pour ceux qui cherchent à découvrir l'auteur. Dans ce cas, mieux vaut commencer par ses oeuvres célèbres comme "Les Amants crucifiés" ou "Le conte des Chrysanthèmes tardifs".
Sinon, parfait!
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une forme de perfection..., 31 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret mizoguchi : l'epee de bijomaru / 5 femmes autour d'utamaro / l'amour de l'actrice sumako / les femmes de la nuit (DVD)
Kenji Mizoguchi réalise ces 5 films alors que le Japon est occupé par l'armée américaine. Qui contrôle et censure évidemment le cinéma japonais. Mizoguchi se plie au cahier des charges sans jamais renier ses intentions : donner à voir la condition de la femme, la beauté de l'art, la dévotion des hommes aux traditions...Poésie, kabuki, peinture du quotidien...Mizoguchi brasse diverses formes et les transcende. A VOIR ET REVOIR.
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