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20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sous le choc !!!, 29 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart - Don Giovanni / Jacobs (CD)
J'ai une très profonde admiration pour René Jacobs et pour le travail de défrichage qu'il fait sur des oeuvres où on pensait avoir tout entendu. Le résultat avait été formidable pour son Cosi fan tutte mais beaucoup moins probant pour Les Noces de Figaro, trop brutales, et surtout La Clémence de Titus, très maniérée, sans le naturel de son Cosi. Ici, on retrouve le chef gantois à son meilleur, nous livrant un Don Giovanni équilibré, enflammé et très proche du libretto. Il nous fait quitter les abîmes métaphysiques dans lesquelles les Romantiques ont plongé l'oeuvre (curieusement, ils n'ont jamais fait la même chose pour les deux autres opéras de la trilogie Da Ponte - ou ne sont pas allés aussi loin) et revient à ce qu'était l'oeuvre à l'origine : Un dramma giocoso. Donc, finie la grandiloquence et re-bonjour le théâtre. Pour autant, l'oeuvre ne perd rien de son impact : le message est maintenant à la portée de tous ; son message est plus universel et nous touche beaucoup plus. Les voix choisies par Jacobs ne sont plus des grandes voix d'opéra telles celles qui étaient sollicitées dans les années 50-60 mais des voix volontairement jeunes. Sans aucun doute une volonté supplémentaire du chef de s'émanciper de la tradition romantique. L'équipe n'en est moins très homogène. Johannes Weisser est un Don Giovanni de très bonne tenue : très bonne diction, timbre très séducteur, belle autorité. Lui manque une once de personnalité pour être vraiment excellent. En revanche, Lorenzo Regazzo est un Leporello d'anthologie, un vrai personnage "buffo"(tel qu'il était conçu à l'origine), à la diction exceptionnelle. Olga Pasichnyk est une Donna Anna très impliquée mais manquant d'assurance dans les vocalises. Néanmoins, son incarnation reste vibrante d'émotion. Kenneth Tarver (Don Ottavio) apparaît moins effacé face à sa bouillante fiancée que dans bien d'autres versions, mais son timbre léger lui ôte de l'autorité. Mais la voix est plutôt belle et le charme opère. Alexandrina Pendatschanska est une Donna Elvira émouvante mais vocalement incertaine (pas de défaut d'intonation mais une voix qui peine à chercher ses extrêmes) Reste la Zerlina (un peu trop) piquante de Sunhae Im, qui manque de grandeur dans son solo d'amour avec Masetto (Très bon Nikolaï Borchev, très bonne diction et belle prestance) et Un Commendatore, au piètre legato mais aux graves saisissants. Mais, le Théâtre (avec un grand T), c'est dans la fosse qu'il passe, avec l'orchestre Baroque de Fribourg, qui n'a jamais sonné avec une telle densité sonore. Tous les pupitres rivalisent d'éloquence (bois superlatifs ; cordes tour à tour vigoureuses et soyeuses, toujours éloquentes ; cuivres très denses mais jamais écrasants ; timbales sur-vitaminées, ajoutant du volume à la sonorité d'ensemble). René Jacobs insuffle une vie théâtrale extraordinaire à cet accompagnement cinq étoiles, valorise à merveille chacun de ses pupitres et restitue avec force le climat de chaque scène (première scène, quand le Commandeurest assasiné : quelle intensité ; ou alors, quand Donna Anna reconnaît en la personne de Don Giovanni le meurtrier de son père, ou encore, la scène où la même dévoile son amour pour Don Ottavio : quelle émotion ; ou le finale du premier acte, dansant au début et explosif ensuite, finissant par un geste inquisiteur de tous les protagonistes sur Don Giovanni et tant d'autres exemples) et donne à l'oeuvre une grande unité dramatique (le deuxième acte est le prolongement exact du second) Le structure de sa vision apparaît alors évidente et l'ouverture plus vive que de coutume prend toute se valeur. Le drame croît en intensité plus on se rapproche de la scène finale, qui explose littéralement. La scène du Commandeur ne m'aura jamais autant tétanisée qu'ici : son tempo, de plus en plus rapide, les cris du choeur de plus en plus puissants (excellent RIAS-Kammerchor), les cris de souffrance de Don Giovanni et Leporello et l'orchestre qui rugit sans modération, telle la foudre qui s'abat sur l'impie (au point qu'on ne l'entend presque plus) donnent à la scène une telle charge d'intensité et d'électricité qu'elle nous hante encore quelques minutes après qu'elle soit finie (surtout qu'elle s'achève sur un cri de Don Giovanni qui glace le sang comme jamais) Le finale est accueilli comme une réjouissance. Il s'achève d'ailleurs dans un torrent de liesse qui bouillonne de toute part. Il n'y a pas à dire : René Jacobs est vraiment un très grand chef de théâtre. Cette nouvelle version, c'est la sienne. A découvrir pour le travail en profondeur que ce chef génial a fait sur cette partition.
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23 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un enregistrement qui vaut le détour, 7 octobre 2007
Par 
jacqueslefataliste (Albi, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart - Don Giovanni / Jacobs (CD)
Ce nouvel enregistrement de Don Giovanni, sans pouvoir s'imposer sur tous les plans (mais quel enregistrement le peut, quand il y a tant de références passées ?) emporte néanmoins globalement l'adhésion et retient l'attention par ses qualités spécifiques : des voix jeunes et belles, sans charisme exceptionnel (de ce point de vue, toujours sur instruments anciens, je préfère un peu la version de Gardiner avec Rodney Gilfry en Don Giovanni), mais très homogènes, presque sans aucun défaut et qui portent l'émotion ; un orchestre vif, présent et précis ; un continuo et des récitatifs pleins de vie et d'invention (sur ce plan Jacobs est vraiment génial et imbattable) ; une direction, enfin, qui sait merveilleusement mêler le « dramma » et le « giocoso », la comédie et le drame.

Bref, ce qui frappe à l'écoute de cet enregistrement, c'est le naturel et la vie : rien n'est forcé ou exagéré, mais rien non plus n'est vraiment négligé ou rétréci : le sens de l'opéra n'est ni sous-estimé (par exemple la voix de Don Giovanni - Johannes Weisser - peut évidemment sembler sous dimensionnée par rapport à nos habitudes et manque effectivement un peu de présence et d'intensité, mais le grondement orchestral qui accompagne sa mort ouvre vraiment un abîme), ni surchargé artificiellement d'arrière-plans métaphysiques.

On peut bien sûr préférer des lectures plus typées ou engagées (et il faut sans aucun doute les connaître), mais l'équilibre et le naturel sont aussi une forme d'engagement, surtout lorsqu'il s'agit de Mozart : l'art de marier la profondeur et la joie, les abîmes et le rire, n'est-il pas en effet le propre de ce compositeur immense ? Cette version a donc ses limites propres, qui découlent de sa recherche de l'équilibre, mais elle a aussi de réelles qualités (beauté des voix, grande homogénéité, grand raffinement orchestral, parfait équilibre entre le tragique et le comique) et mérite vraiment le détour : elle intéressera tous les amoureux de cet opéra.
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Mozart - Don Giovanni / Jacobs
Mozart - Don Giovanni / Jacobs de Wolfgang Amadeus Mozart (CD - 2007)
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