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Danzig, Vol 4
Format: CDModifier
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Depuis le début, Danzig est un groupe charismatique, surtout de par son leader Glenn Danzig, le "black Jim Morisson" du metal. Mais cet album, 4, est un monument dans son genre, apothéose d'un groupe parvenu à son apogée après 3 essais très bons, dont un cultissime Danzig /Vol.3: How The Gods Kill, que beaucoup qualifient de meilleur opus de la bande. Mais pas moi. A l'instar de Paradise Lost, passant d'un énorme Draconian Times (l'un des claques majeures de la décennie) à un non-moins bon mais beaucoup plus subtil One Second, ou encore d'un moonspell passant d'un puissant et décapant Wolfheart à un plus altier Irreligious, Danzig évolue d'un grandiose (mais encore un poil brut) III à un monstrueusement bien équilibré IV, dans lequel il ne perd non seulement rien de sa puissance ni de son inspiration, mais où surtout il insuffle une touche moderne, au travers d'une palettes légère de samples et autres dérivés technologiques sonores, mettant par la même le pied dans cet univers indus qu'il embrassera totalement par la suite (Blackacidevil), perdant par la même une bonne partie de ses fans.

Mais nous sommes déjà projetés trop loin, car l'objet de la convoitise est ici le IV. 63mn, 12 titres + 1 ghost track en plage 66 (ça ne s'invente pas...). Incroyablement homogène, le CD renferme ainsi 12 facettes complémentaires, toutes basées sur un riff excellent d'une part, mais surtout sur un paradoxe : les parties épurées chantées par Danzig d'une voix sensible (derrière lesquelles la guitare de John Christ ou le piano (le père Glenn) tissent une trame légère mais essentielle) contrastées par les explosions sonores, soit en refrains, soit en seconde partie de titre. Et dans ces moments-là, John Christ brille intensément par ses parties de 6 cordes, d'abord par leur puissance, puis par leur son si typique, et enfin par les soli savamment distillés qui percutent l'auditeur juste quand il faut. Cette ambivalence permanente confère à l'ensemble une dimension hypnotique renforcée par le chant unique de Danzig, mais également le reste de la bande : Erie Von à la basse, qui envoie de la ténèbre au kilomètre, mais surtout, surtout, Chuck Biscuits derrière ses fûts, qui dresse une toile rythmique on ne peut plus appropriée, avec un son de batterie très organique, séminal. Un vrai bonheur.

Le tout donne l'impression d'avoir enregistré live, et si Rick Rubin a chapeauté l'ensemble, les petits défauts du skeud ne l'en rendent que plus attachant (certains finish un tantinet maladroit, par exemple) et rappellent qu'à l'époque, Danzig faisait partie des précurseurs dans ce style.

J'ai hésité à faire une chronique track-by-track, mais vous seriez partis pour 15mn de lecture tant il y a à dire sur les 12 (13) titres aussi bluffant les uns que les autres... leur richesse, leur inspiration hallucinante (les mélodies mortelles), leur densité, leur complexité sous-jacente pour un résultat hyper abordable (contrairement à beaucoup), leur variété (du "misfitisant" Brand New God en entrée au rampant, sombre et bouleversant let it be Captured, dont les pistes de guitares ont été utilisées à l'envers sur le sublime Cantspeak). Globalement, l'oeuvre évolue en mid-tempo (70%), slow-tempo (20%) et bastonne juste quand il faut en up-tempo effréné (10%). C'est aussi un grand écart entre les sonorités indus (saupoudrées) et les influences d'un Led Zep pour le son brut - mais excellent (notamment la batterie) - au coté live.

L'ambiance qui se dégage de cet album est palpable... notamment avec les textes, dont une partie tourne autour du cuir, latex et punitions (le dérangeant et malsain Sadistikal et ses bruits de fouet), l'autre autour des démons et autres joyeusetés. Un chef d'oeuvre. Le IV est à mon sens le meilleur album de Danzig, juste devant le III, qui en est le hors d'oeuvre parfait. Il est plus riche en textures, expérimentations (au bon sens du terme, non dans le pot-pourri inaudible), et de l'aveu-même de Glenn Danzig, a constitué pour lui un grand challenge musical, vocal et philosophique. Le IV sonnera également le glas du line-up myhtique Danzig / Von / Christ / Biscuits, et fait partie de ces étoiles noires qui parsèment la galaxie métal en astres incontournables.

2 petits détails que j'aime beaucoup : un digipack (si c'est la version que vous achetez) très joli (rare à l'époque) avec un livret artistique contenant un excellent montage photographique (souvenons-nous que Glenn Danzig possède aussi un label de comics, Verotik), et surtout une ghost-track qui colle bien au concept global, Invocation, morceau bien inquiétant, genre de messe noire possédée.

Donc plutôt que des kilomètres de mots inutiles, je dirai : au prix auquel on trouve ce disque monumental, complétez votre CDthèque avec cet indispensable Danzig IV, UNIQUE, venu d'une autre dimension.
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