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5.0 étoiles sur 5 Ce disque contient deux choses très différentes
Du concerto de Sibelius, il existe selon moi des versions plus habitées: notamment celles de David Oistrakh (avec Ormandy ou avec Rozhdestvensky) ou bien, dans un tout autre genre, celle d'Anne-Sophie Mutter avec Previn (d'un expressionnisme que certains jugent excessif, mais qui est passionnant). On ne peut nier néanmoins le charme de la version...
Publié le 12 mai 2008 par jacqueslefataliste

versus
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1.0 étoiles sur 5 ancienne technique
C'est très bien, mais en shm-cd c'est beaucoup mieux; malheureusement, il n'est pas disponible en sacd. Maintenant, j'espère beaucoup d'autres enregitrements de cette immense artiste(Mozart par exemple).
Publié le 14 décembre 2011 par Emilien


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24 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ce disque contient deux choses très différentes, 12 mai 2008
Par 
jacqueslefataliste (Albi, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Du concerto de Sibelius, il existe selon moi des versions plus habitées: notamment celles de David Oistrakh (avec Ormandy ou avec Rozhdestvensky) ou bien, dans un tout autre genre, celle d'Anne-Sophie Mutter avec Previn (d'un expressionnisme que certains jugent excessif, mais qui est passionnant). On ne peut nier néanmoins le charme de la version proposée ici: Hahn et Salonen proposent une interprétation très raffinée et pacifiée qui vise l'équilibre et la pudeur plutôt que l'inquiétude et la violence. On peut regretter un léger manque d'engagement, mais on apprécie la finesse de l'ensemble.

Pour ce qui est du concerto de Schoenberg, les choses sont différentes: ce concerto d'une grande beauté (même s'il n'égale pas selon moi celui de Berg, qui est un chef d'oeuvre) est peu enregistré et difficile à jouer. Or Hahn et Salonen en donnent une interprétation absolument idéale: leur finesse et leur raffinement poétique sont ici merveilleusement à leur place et ils facilitent l'accès à cette pièce a priori difficile. On tient donc là une référence majeure.

Ce disque juxtapose donc deux choses bien différentes: un concerto connu de tous, enregistré de très nombreuses fois et proposé ici dans une version attachante mais perfectible (Sibelius); un concerto très rarement joué dans une interprétation idéale (Schoenberg).
On est donc à la fois émerveillé (par le Schoenberg) et un peu réservé (au sujet du Sibelius). Et cette réserve est augmentée par le fait que ce n'est pas seulement l'interprétation du Sibelius qui frustre un peu, mais aussi le choix de ce concerto qui n'a pas grand chose à voir avec le Schoenberg: j'aurais pour ma part largement préféré que Hahn et Salonen enregistrent le concerto de Berg à la place du Sibelius: on aurait eu là un disque entièrement exceptionnel. Néanmoins, pour l'émerveillement du Schoenberg (qui, d'une certaine façon, se suffit à lui seul), je mets tout de même 5 étoiles à ce disque.
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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Arnold par Hilary, 11 avril 2008
Par 
Denis Urval (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Heifetz avait refusé de jouer le Concerto op. 36 de Schoenberg (mais se vantait en privé, dit-on, d''être celui à qui Schoenberg avait pensé pour le créer). Cette anecdote résume les malheurs de l''œuvre, que les violonistes hésitent à programmer alors qu''elle requiert un virtuose accompli. C'est en soi une excellente nouvelle qu'Hilary Hahn ait tenu à l''enregistrer, et qu''elle mette ses qualités et sa notoriété au service de ce qui reste une des grandes œuvres du genre, le successeur sériel, monumental et pourtant mélodique des Concertos de Beethoven et de Brahms. Le résultat est à la hauteur des attentes ainsi suscitées. Le plus important dans Schoenberg, à part la grande ligne, est de rendre justice à l''expressivité contenue dans une musique qui n''a rien d''abstrait. Même si par tempérament, elle reste ennemie du pathos, Hilary joue cette musique avec sensibilité. Elle est aidée par Salonen qui va lui aussi dans le bon sens. C''est toujours dans le finale qu''elle se libère le plus complètement, combinant beauté du geste et paroxysme musical.
Rappelons qu''on peut toujours entendre le talentueux créateur de l''œuvre, Louis Krasner, dans un concert survolté avec Dimitri Mitropoulos (Orfeo). On ne trouve plus en revanche, la version fervente de Christiane Edinger et Bruno Maderna (Arkadia).

Le complément est moins important, à mon avis. Dans l''inusable Sibelius, il y a tant de réussites mémorables ' (chacun a sa liste) et je pense -malgré un style toujours pur et l''animation du finale, qu''Hilary Hahn peut le jouer mieux encore (comme le Beethoven chez Sony, qui n'est pas son dernier mot). C''est le Schoenberg qui fait la valeur de ce disque, et qui nous rappelle sur quelle exigence, sur quelles qualités la réputation de la violoniste est fondée.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un sibelius de plus, mais un Schoenberg d'anthologie !, 10 mars 2012
Par 
claude toon "Juge ou avocat ??" (paris) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Cet enregistrement paru en 2008 a été déjà bien commenté. J'avais écrit en son temps un article dans le blog Deblocnot sur mes sentiments par rapport à ce disque, donc voici ma contribution à propos d'un album qui a partagé les mélomanes...

Commençons par Sibelius. Dès l'introduction, le violon s'impose avec grâce en opposition avec les trémolos des cordes. Le trait est franc. Le tempo n'est pas rapide pour le premier mouvement, comme on peut le lire parfois sous certaines plumes. La virtuosité est présente, mais il est vrai, presque trop. Je veux dire par là que l'univers habituel de Sibelius se nourrit de Legato, d'une certaine élégie, de ce climat clair-obscur évoqué dans la présentation de l'œuvre du compositeur. Hilary Han joue avec gracilité et féminité mais avec un petit soupçon (très petit) de sécheresse qui nous éloigne de la lumière crépusculaire ressentie chez les grands aînés dans ce concerto. Le jeu est d'une souplesse parfaite, mais la violoniste nous entraîne, par instant, dans sa moite Virginie natale, nous détournant ainsi des froides brumes du nord. Ce choix d'interprétation, peu nostalgique est tout à fait licite dans le sens où il se poursuit dans l'adagio voulu incisif. L'Orchestre, sous la baguette d'Esa-Pekka Salonen, est fouillé et tient tête au fougueux violon de l'artiste.

Le final, très rapide, devient sarcastique et perd de ce fait une grande partie de son climat mélancolique voire sépulcral. C'est somptueux quoique un peu brutal.
En conclusion, une belle interprétation, jeune et ardente, qui a sa place sur ce disque. Certes, il ne faut pas embrayer directement sur le légendaire enregistrement symbiotique de Ferras-Karajan qui, à mon sens, ont signé en 1965 une quintessence aux couleurs étranges de ce chef d'œuvre.

Le concerto de Schoenberg a connu des débuts difficiles. Écrit en en 1934-36 en Californie, le compositeur envoie sa partition au célébrissime Jascha Heifetz(*), virtuose coqueluche des américains. Le violoniste talentueux mais narcissique, craignant pour sa réputation, lui retourne en ironisant « on jouera cela quand les violonistes auront un sixième doigt ». Dégonflé ! Il sera créé en 1940 par Louis Krasner, jeune spécialiste du sérialisme, créateur du concerto de Berg et pourtant non atteint de polydactylie. L'ouvrage réputé difficile est peu enregistré, Hilary Hahn n'en a fait qu'une bouchée et a signé une version de référence, si ce n'est plus.

Lascifs, les premiers motifs émergent d'une pâte sonore obscure. Rapidement s'entremêlent gaiement l'orchestre, surtout les bois, et des notes furtives et agrestes du violon. Hilary Hahn habite son violon, pourchasse les diverses masses orchestrales hiératiques, une danse frénétique mais incroyablement légère. La violoniste revisite l'œuvre comme on ne l'espérait plus. La prouesse technique exigée de la violoniste ne semble qu'un jeu d'enfant sous ses mains, les pizzicati et les micros arpèges enchaînés dans le développement virevoltent. Ce monde de sons enchanteurs est tellement inventif et tourbillonnant que mes mots trouvent rapidement leur limite sémantique pour l'évoquer. La cadence donne l'impression que plusieurs violonistes jouent entre copines, ou que la déesse Shiva a appris le violon.

L'andante retrouve cette veine concertante et, une tentative menaçante d'obscurcissement de quelques cordes graves est vite chassée par la hardiesse du violon. Le chassé-croisé instrumental devient enfin, dans l'histoire de ce concerto, une musique accessible par l'absolue clarté obtenue de tous les musiciens, et surtout le choix d'Hilary Hahn de refuser un quelconque égocentrisme instrumental.

Le final très riche dans ses sonorités confirme définitivement que la musique sérielle n'est absolument pas du tapage d'intellectuel, mais exige un talent confirmé. Un feu d'artifice violon - cordes - vents - percussions achève cet enregistrement qui n'est pas près d'être remis en cause.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un Schoenberg époustouflant, 1 avril 2012
Par 
M. Girardin (Thionville) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Le concerto pour violon de Schoenberg fait partie de ces œuvres légendaires, que peu de violonistes osent aborder : il ne requiert pas seulement une technique transcendantale, il demande à l'interprète de renouveler sa technique, façonnée par les gammes et octaves de la sainte tonalité, toutes deux bannies du royaume de Schoenberg.
Hilary Hahn fait plus que relever le défi. Elle habite entièrement ce concerto plus grand que nature, et parvient, chose rare, à réunir les exigences techniques démoniaques et une expressivité de chaque instant. Car tout le prix du concerto de Schoenberg est là : alors qu'un grand nombre des pièces de sa période américaine sont d'un abord si abrupt qu'elles perdent beaucoup du pouvoir expressif que le compositeur voulait sans doute transmettre (le Trio à Cordes par exemple), le concerto pour violon est empreint d'un post-romantisme expansif qui fait aller cette musique "de tableau noir" directement au cœur.
Le concerto de Sibelius est, hélas, un ton en dessous. Hilary Hahn est une violoniste d'exception, mais souvent un rien appliquée, ou du moins contenue. Si cela fait merveille dans Schoenberg, Sibelius aurait appelé à plus d'épanchement, plus de gros son. Là, en dépit d'une technique irréprochable et d'une musicalité sans faille, il manque la chaleur qui eût conféré à la pièce son statut de grand concerto romantique. Et, surtout, le finale aurait mérité une virtuosité exubérante dans cette danse infernale qui est ici bien sage.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Schoenberg: magnifique / Sibelius: décevant, 19 juin 2010
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Ce CD nous présente une magnifique interprétation du concerto pour violon de Schoenberg. Malgré les difficultés techniques amplement reconnues de ce concerto, Hilary Hahn arrive à nous les faire oublier et à nous montrer l'essentiel de l'œuvre dans un langage mûr mais sans prétentions.

Si bien l'interprétation du concerto de Schoenberg est magnifique, et que ça justifie largement l'achat de ce CD, celle du concerto de Sibelius me semble ne pas être à la hauteur pour plusieurs raison que j'exposerai par la suite.

Le premier mouvement de ce concerto est très profond et mystérieux. Je trouve qu'il a besoin d'un son plus profond que celui qui nous propose Hilary : je trouve que le son du violon d'Hilary est un peu mince, en particulier pour cette œuvre. Les trilles et les gammes en général manquent de dynamisme et du coup elles peuvent paraître assez aplaties. Il y a un manque assez marqué d'alternances de tempo, lesquelles sont essentielles dans l'œuvre. Les nuances n'ont pas non plus les contrastes qu'on attend, et donc malgré que l'œuvre soit un vrai monument, cette interprétation est assez plate. L'orchestre n'aide pas beaucoup non plus car elle manque aussi d'émotion. Mais ce qui dérange le plus pour moi c'est qu'Hilary Hahn donne l'impression d'essayer de montrer une profondeur de l'œuvre qu'elle n'a pas encore tout à fait comprise, en jouant trop lentement pendant tout ce mouvement. Cette lenteur est beaucoup trop exagérée juste avant la dernière partie, où il y a une très forte accélération du tempo : je pense que cette lenteur avant la fin était voulue, peut-être pour nous donner un bon contraste du tempo, mais par défaut. A mon avis, la toute dernière partie est la plus intéressante et impressionnante du point de vue technique, mais ces quelques minutes vers la fin ne suffisent pas à nous réveiller complètement.

Ensuite il y a le deuxième mouvement : celui-ci est très bien réussi, le meilleur parmi les trois, sans aucun doute, avec des lignes mélodiques très bien définies et d'une extrême beauté. Ici Hilary Hahn arrive à donner une expression vraiment touchante. Le son des doubles cordes est magnifique. Les gammes montrent le fil conducteur, en nous donnant l'impression que ca mène vraiment quelque part et on entend vraiment l'effort d'Hilary pour mettre en valeur chaque note.

Quant au troisième mouvement, à mon avis il manque de force de la part du violon. C'est une interprétation réussie du point de vue technique mais qui manque un peu du caractère essentiel du mouvement. Ni Hilary ni l'orchestre à la tête d'Esa-Pekka Salonen arrivent à mettre en valeur le caractère macabre, et pour moi c'est ce côté-là qui place ce concerto dans un lieu important dans l'histoire de la musique. Dommage, car toutes les conditions techniques sont présentes.

En conclusion, si vous cherchez le concerto de Schoenberg, je vous recommande vivement ce CD, mais si vous cherchez une version du concerto de Sibelius, je vous déconseille d'acheter ce CD : pour moi la version d'Anne-Sophie Mutter enregistrée 12 ans avant celle-là reste la version de référence de ce concerto.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 ICI, UNE SEULE DIVA : LA MUSIQUE ... ET QUELLE MUSIQUE !!!, 23 février 2011
Par 
Gérard BEGNI (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Le ton général des commentaires concernant ce disque est en gros : très belle réussite concernant Schoenberg, mais sentiment nettement plus réservé concernant Sibelius (que tant de `monstres sacrés' ont bordé avec leur personnalité souvent fascinante). Je ne partage pas vraiment cette opinion. Voici pourquoi.
La voix est à la défense : je commencerai donc par Sibelius.

SIBELIUS

Ce compositeur appelle des visions trop souvent réductrices. On exploite souvent l'amour de son pays et de son épopée, le Kalevala, pour en faire une sorte de sous-Richard Strauss boréal. L'âpreté et la construction de fer de ses symphonies, voir de ses poèmes symphoniques qui ne laissent pas dicter leur forme par un récit sous-jacent, est là pour balayer cette conception superficielle. L'homme était anxieux, dépressif : autre clé de lecture. Mais écoutons l'aeuvre écrite au pire moment psychologique, le quatuor à cordes `voces intimae' : certes ce n'est pas un quadrille d'Offenbach, mais ce n'est pas non plus la 4° symphonie de Tchaïkovski ! Originale dans sa forme et sa construction, l'aeuvre a de la retenue et une grande pudeur. Comme le compositeur était violoniste, voilà donc que d'aucuns voudront voir mystérieusement dans notre concerto une partition brillante, méditerranéenne et solaire : fondues les glaces boréales, dissipées les brumes nordiques : place à la chaleur et au soleil vibrant ... et bien entendu à la virtuosité exhibitionniste. Est-ce bien raisonnable, cette vision d'un Sibelius `tout beau, tout bronzé' ? Ne faut-il pas au contraire penser ce concerto dans la continuité d'inspiration du compositeur, qui n'écrivait jamais deux choses semblables (voir les Symphonies...) mais dont toute l'aeuvre est animée par une conception profonde - et jamais par le spectaculaire (sinon dans de rares ouvres de circonstance) ? Je le crois. Il ne faut pas faire de cette partition - extrêmement exigeante pour le soliste - un numéro de haute voltige. Une certaine distanciation s'impose pour assurer la cohérence globale de l'interprétation. Cet idéal est parfaitement incarné par Pekka-Salonen et Hillary Hahn. Pour illustrer mon propos, deux courts exemples (PS - La partition est disponible sur le site d'IMSLP).

Mon premier exemple provient du début de l'aeuvre. Sibelius a clairement voulu un début impalpable. L'accord parfait de tonique s'entend en trémolos aux premiers violons divisés avec sourdine et en trémolos opposés aux seconds : ces micromouvements s'annihilent dans l'immobilité de ré mineur. Le violon solo entre (dolce ed espressivo) sur la sous-dominante, légère dissonance immédiatement résolue sur la dominante qui descend aussitôt à la tonique. Ce statisme tonal absolu dans l'aigu des cordes appelle un élargissement très progressif : troisième degré au violon solo (donc toujours l'accord parfait), puis retombée sur la tonique brodée d'un triolet typiquement sibelien, et la mélodie s'ouvre enfin (en mode de ré avec souvent altération mélodique du 4° degré qui donnent une impulsion ascendante à la mélodie) jusqu'à un premier point d'appui marqué sous la forme d'un accent marqué d'un quart de soupir puis de trois doubles croches chromatiques descendantes aboutissant sur une note hors mode ( fa - mi - mib : mesure 23 - Sibelius indique clairement un diminuendo à cet endroit -voir partition). De là, le violon plonge soudain dans le grave (corde à vide de sol) et le chant prend toute son ampleur, jusqu'à la chanterelle. Or, si l'on donne trop de présence, d' « ampleur solaire » à ce début (ce que font tant d'interprètes) on est conduit à traiter cet accent et ces trois doubles croches dans un style quasi `vériste italien', type Leoncavallo, Mascagni ou Puccini de mauvais goût (parenthèse : Puccini est très rarement de mauvais goût, ses interprètes le sont très souvent...). Le drame est que ce passage sert de transition à la grande extension du thème à partir du sol grave ; il ne peut donc que colorer l'écoute que nous en avons (d'autant que son rythme, lui aussi très sibelien, articule complètement cette extension). Dans cette interprétation, le chef et la soliste ont parfaitement compris que ce début devait être aux limites du silence et de l'impalpable, comme une ombre lointaine dans un paysage blanc infini. Il se crée une sorte de distance mystérieuse entre la musique et l'auditeur. Ceci permet de conduire l'agogique décrite ci-dessus en respectant les indications du compositeur de façon à ce que l'accent et les trois doubles croches restent dans le ton donné à l'ouvrage sans apparaître comme un involontaire emprunt à ce que l'époque a pu créer de plus vulgaire. J'avoue avoir entendu de nombreuses interprétations de ce concerto (disque et concert) et avoir souvent souffert à cette mesure 23. Celle-ci est une des rares où ce passage m'ait pleinement satisfait.

Il n'est évidemment pas question d'analyser ainsi tout le concerto !!! Il y a selon moi de nombreux pièges esthétiques liés au caractère `méditerranéen' que l'on veut lui donner et qui conduisent à ce type de difficultés. Ici, la complicité du chef et de la soliste y fait face avec intelligence et sensibilité.
Mon deuxième exemple est cette curieuse tradition qui veut que l'on alourdisse la rythmique du début du finale, la transformant en sorte de `danse de l'ours' (je ne sais plus quel critique a inventé cette comparaison aussi saugrenue qu'à contre-sens). Inutile de trop en faire ; ce n'est pas Petrouchka, ni Parade, ni l'Alpensymphonie !!! Cette inutile gaucherie que l'on tant de mal à évacuer ensuite est esquivée de manière totalement convaincante tant par le Chef que la soliste. La suite immédiate du mouvement en prend un caractère ailé bien inaccessible aux susdits plantigrades ! Ici également, cela permet de construire une agogique à long terme parfaitement convaincante pour ce mouvement final.

IL y a donc, dans l'interprétation de ce Concerto, une vérité de ton et d'expression qui est, selon moi, dictée d'abord par la vision du chef d'orchestre, Pekka-Salonen (bien qu'il s'agisse ici typiquement `un `concerto de soliste'). Sans le traitement ad hoc de la matière orchestrale, les nuances soulignées ne seraient pas possibles. Pour autant, il ne faut pas diminuer le rôle d'Hillary Hahn, mais au contraire la féliciter : ce n'est pas une diva qui vient imposer `sa' conception exhibitionniste de l'ouvrage, mais une musicienne qui s'accorde sur le moindre détail avec le chef d'orchestre pour interpréter UN chef d'aeuvre. Leur travail en commun, certainement long et minutieux, nous livre une vision parfaitement cohérente d'UNE aeuvre extraordinaire et non « un-numéro-de-cirque-où-on-attend-le-soliste-en-se-moquant-des-intentions-du-compositeur », comme dans trop d'opéras italiens .....

SCHOENBERG

Schoenberg a toujours été reconnu comme un extraordinaire connaisseur de la musique classique et un enseignant hors de pair. Sa théorie de la tonalité est la plus complète et la plus synthétique qui ait jamais été conçue (voir son ouvrage `Structural Functions of Harmony', disponible sur Amazon et que j'ai commenté- Structural Functions of Harmony). C'est dire qu'il connaissait parfaitement tout ce qui pouvait être exprimé par une aeuvre pour piano, de musique de chambre, pour orchestre ou par un concerto. Son concerto pour violon a été écrit à une époque où humainement, ce juif chassé d'Allemagne laissait entre les griffes des nazis de millions de coreligionnaires, ainsi que beaucoup de ses élèves, dont le préféré (avec Webern) Alban Berg venait de mourir, laissant un désormais célèbre concerto posthume `à la mémoire d'un ange' en deux volets eux mêmes binaires, créé la même année (1936) où Schoenberg écrivait son concerto (qui sera créé en 1940 par le même interprète, Krasner - Jasha Heifetz s'était défilé, n'écoutant que son courage). Un Schoenberg déraciné et sans ressources s'installait en Californie, dans des USA certes accueillants mais profondément conservateurs esthétiquement. Il y retrouvera quelques collègues et un poste d'enseignant universitaire qui lui permettra de vivre modestement mais lui volera un temps considérable pour la composition, l'empêchant notamment d'écrire le 3° acte de son opéra `Moses und Aaron, certainement le plus haut témoignage musical qui soit de la spiritualité juive. Le richissime Stravinski qui habitait à quelques kilomètres ne lui a jamais rendu une seule visite (ce qui n'est pas à son honneur). C'est un miracle de volonté et d'énergie vitale que cet homme blessé au plus profond de son être ait pu écrire ce merveilleux concerto qui ne doit rien à celui de Berg et n'a rien du cri de désespoir postromantique que nous pourrions attendre. On dirait au contraire qu'un certain académisme de surface est le masque derrière lequel l'auteur cache ses blessures. L'aeuvre suit apparemment la forme tripartite du concerto classique et ses mouvements `ressemblent' aux trois mouvements traditionnels : forme sonate - lied - rondo. Mais là n'est pas l'essentiel.

Musicalement, en effet, Schoenberg maîtrise parfaitement le dodécaphonisme sériel qui lui permet de structurer son écriture. Il est donc en mesure de comprendre comment utiliser ce langage dans le cadre d'un concerto, sans simplifier ni complexifier tant la forme que le langage. Son choix est transparent : fragments sériels thématisés et exploités en tant que tels dans les trois mouvements (forme cyclique, en quelque sorte).

Le début du premier mouvement est éclairant : le soliste élabore un thème issu de fragments de la série `thématisée' et de son inversion, accompagné par l'orchestre qui utilise le matériau résiduel - procédé qui paraît ici aussi naturel que dans une invention à deux voix de J.S.Bach ou un début de sonate de Mozart (sans insister, le processus technique est très simple : la mélodie du violon est composée de quatre notes ascendantes issues de la série, formant une seconde mineure, puis majeure, puis mineure, donc symétrique; les autres notes forment à l'orchestre quatre enchaînements d'accords de deux notes quasi tonaux: septième ou sixte/tierce; l'utilisation de l'inversion de la série permet de compléter le thème du violon par quatre notes descendantes symétriques des quatre précédentes accompagnées de la même manière par l'orchestre. Nous avons donc une mélodie très belle et expressive de huit notes composés de deux segments inversés, chacun à symétrie interne, très caractéristique, comme en en trouve souvent par exemple chez Bach, qui servira de thème cyclique dans l'ouvrage). Je ne pense pas qu'une personne honnête et hostile en général au sérialisme puisse nier l'élégance et le charme de ce début. Développement tout aussi élégant (l'orchestre, très souple, sait utiliser les `grands cuivres' sans lourdeur ... et le chef d'orchestre l'a bien compris), exposition d'un 'second thème cyclique', nettement moins important que le précédent,premier climax relativement modeste, ... puis arrive un moment extraordinaire : lancé pesamment par les grands cuivres graves, le motif que nous avons connu si léger et aérien entraîne un formidable maelström sonore, tutti qui doit beaucoup à Mahler et dans lequel nous reconnaissons les fragments sériels déjà connus (c'est l'équivalent du climax du développement dans la forme sonate). Ce climax me fait penser à une phrase de Stockhausen qui disait `être de la nourriture dans l'estomac de Dieu'. Nous sortons de cette mase orchestrale par la voix aigue du violon solo qui ramène immédiatement la transparence que nous connaissions et des figures hautement virtuoses du soliste, y compris une longue cadence que la clarinette semble interrompre par un rappel du thème cyclique dans le grave, mais ici Schoenberg nous ménage une surprise : la cadence continue et il se produit un véritable `tuilage' entre la fin de la cadence et la conclusion orchestrale.

Le second mouvement est un grand lied qui ne renoncera pas aux grands cuivres traités ici dans un esprit de musique de chambre. Les références aux `thèmes' cycliques y sont claires.

Le troisième mouvement commence avec cette allure de finale haydnien léger en rondo qui était déjà celle du finale du troisième quatuor op. 30 (voir mon commentaire de l'interprétation du quatuor LaSalle). Haydnien, il le sera jusqu'à `la surprise' : après un tutti d'orchestre relativement développé, c'est un roulement de tambour à découvert qui ramène l'intervention du soliste. Ce qui suit récapitule magistralement l'aeuvre dans l'esprit du rondo sonate du début.

Il importe de souligner ici quelques caractéristiques de cette `thématisation' de la série qui disparaîtra dans la suite de l'évolution de cette technique. Elle permet tout d'abord à Schoenberg de forger deux `thèmes cycliques' (le premier étant de loin le plus important), mais qui ne fonctionnent pas comme les deux thèmes de la forme sonate classico-romantique (comme par exemple dans les concertos de Beethoven, Mendelssohn, Brahms). Mais en dehors de ces deux thèmes, toute l'aeuvre apparaît comme une mosaïque de cellules mélodiques qui ne donnent pas du tout un sentiment de rhapsodie ou de `patchwork' : ils semblent tous se déduire les uns des autres et se rattacher plus au moins explicitement aux thèmes cycliques. C'est l'écriture sérielle qui le veut, quasiment par construction., et c'est bien pour assurer cette unité supérieure que Schoenberg a inventé ce langage - auquel il n'hésite pas à déroger chaque fois que la MUSIQUE l'exige.
Une remarque pour finir. Autant dans le Concerto de Berg les potentialités tonales étaient présentes dès la constitution de la série (deux successions accords parfait mineur - accord de dominante suivi d'un fragment de gamme par tons) - et largement exploitées - autant la série du présent concerto ne présente aucune particularité de cet ordre. Mais à certains endroits, Schoenberg se livre à des allusions tonales contredites par le contexte - le charme des impossibilités, ou le spectre du Roi défunt sur la terrasse du château d'Elseneur !!! Ainsi, au tout début comme indiqué, les enchaînements d'accords accompagnant le `premier thème' peuvent être rigoureusement classés le plus académiquement qui soit en Si majeur et ut mineur (ce thème peut être lui-même entendu comme polarisé sur si bémol et - coïncidence évidemment- il procède comme le tout début de la `musique pour cordes ... `de Bartók) ; peu après le début, des tierces ré - fa et fa# - la volent allègrement à divers registres du violon, créant un fantôme de tonalité de ré par-dessus des fragments du `premier thème' ; et la fin est assise sur une solide quinte grave Do - Sol, la tonalité de Do étant contredite par les notes plus aigues. Naturellement, ces allusions tonales n'ont pas un rôle fonctionnel mais participent à la couleur de l'ouvrage.

Ce disque rassemble donc deux concertos pour violon exigeants, les plus opposés qui soient par l'expression, par la technique, par la célébrité ...... mais louer l'interprétation du moins célèbre pour bouder celle de l'autre me paraît injuste : c'est la même rigueur, la même vision d'ensemble commandant l'agogique des détails, le même synergie profonde entre orchestre et soliste qui inspire l'interprétation des deux aeuvres. Deux grands moments d'intelligence musicale.....
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4.0 étoiles sur 5 Grand classicisme, 23 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Schoenberg épatant et contrairement à quelques commentaires que j'ai lu, Sibelius est joué à la perfection et sans trop de "patos " ce qui fait ressortir le subtilité de l'écriture. A conseiller à ceux qui aiment le grand classicisme.
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5.0 étoiles sur 5 Parfait, 1 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Hilary Hahn est le meilleur example de perfection sur le violon. J'ai beaucoup profité son Sibelius, avec technique parfaite et aussi des détails musicales très subtiles mais présents.
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1.0 étoiles sur 5 ancienne technique, 14 décembre 2011
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Emilien (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
C'est très bien, mais en shm-cd c'est beaucoup mieux; malheureusement, il n'est pas disponible en sacd. Maintenant, j'espère beaucoup d'autres enregitrements de cette immense artiste(Mozart par exemple).
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1 internaute sur 9 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 tout ce change, tout reste de méme !, 7 mars 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Concerto pour violon Op. 47 - Schoenberg : Concerto pour violon Op. 36 (CD)
Comme je suis fana, géneralmente, de Sibelius, c'est pas bizarre que je aime ce ouvre: en revanche, méanmoins comme (presque)je seré octogenaire, j'ai la idée que dans le vingtiéme-et-un siecle il faut avour aussi musique pour accompagne notre technologie, comme electricité generé par force atomique, l'informatique generé par l'electron et specifiquement c'est pour cette raison j'aime quelcun's de ouvres de le calé composer Schoenberg.

Quant pour Hilary Hahn c'est clair elle à une sentiment de grande sympatie pour certain dimensions du cerveau de Schoenberg.

Mais, au fins du temps, comme on dit, "chacun a son gout".
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