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5.0 étoiles sur 5 Gardiner dans les Cantates de Bach (volume 3) : intérêt du programme et réussite globale de la réalisation, 10 juillet 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cantatas Vol. 3: Tewkesbury/Mühlhausen (CD)
Les enregistrements de cantates de Bach par John Eliot Gardiner se montant pour son seul label Soli Deo Gloria à 27 volumes - il y en avait eu quelques autres chez Archiv juste avant (ex. Trinity Cantatas II avec Magdalena Kozena dans la BWV 199) - pourquoi choisir ce volume-ci plutôt qu'un autre pour commentaire?

Tout simplement parce que d'une part je ne connais pour l'instant qu'un tiers des enregistrements environ, et parce qu'avec le volume 21 c'est un de mes préférés pour le programme proposé. Si l'on ajoute à cela que le plateau vocal est parmi les plus homogènes que Gardiner ait proposés pendant son "Pèlerinage Bach" de l'année 2000, on comprendra pourquoi je choisis de distinguer ce disque plutôt qu'un autre.

Les cantates incluses ici étaient destinées à être jouées le 4ème (BWV 24, 185, 177) et le 5ème dimanche (BWV 71, 131, 93, 88) après la Trinité. Gardiner explique qu'il a souhaité adjoindre les deux cantates (131 et 71) composées très tôt, lorsque Bach était en poste à Mühlhausen, aux deux cantates composées pour la même occasion liturgique à Leipzig (88 et 93). Pour ceux qui ne les connaîtraient pas, il faut assurer que ce sont des merveilles, d'une invention et d'une beauté époustouflantes.

La BWV 131 "Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu Dir" est, pour ce qu'on en sait, la 1ère par lui composée, parmi celles qui nous sont parvenues en tout cas. Créée en 1708, elle aurait été destinée à un office de pénitence suivant la destruction par le feu d'une bonne partie de la ville de Mühlhausen. Avec pour texte le Psaume 130 et un choral de Ringwaldt, encore proche du concert spirituel ou du motet, sans récitatifs, cette cantate sollicite énormément les choeurs, qui dialoguent avec la basse et le ténor dans leurs airs, ainsi qu'avec l'ensemble des solistes dans les choeurs introductif et conclusif, avec un hautbois très présent. Le mouvement central, le choeur "Ich harre des Herrn", ressemble aux plus beaux motets du compositeur.

La BWV 71 "Gott ist mein König", également parmi ses premières cantates et sans doute fortement influencée par les oratorios de Buxtehude, a la particularité de faire dialoguer 4 choeurs d'instruments séparés avec les 4 solistes, seuls ou ensemble, et les choeurs. Avec orgue obligé, le choral de la soprano vient répondre à l'aria de ténor (2). Un 'Quartetto' suit, où les voix des quatre solistes s'entrelacent à merveille (3). Les choeurs conclusifs (6 & 7), moins impressionnants que ceux de la 131, n'en sont pas moins enchanteurs.

Dans un cas comme dans l'autre, le Monteverdi Choir est idéal et s'enchevêtre parfaitement avec les voix solistes. Le contre-ténor William Towers n'a pas une voix bien intéressante, mais il ne dépare pas, d'autant que sa voix se mêle souvent aux autres et que son aria est brève. Les autres solistes (la soprano Joanne Lunn, sans doute une des solistes les plus intéressantes issues du Monteverdi Choir, le ténor Kobie van Rensburg, la basse Peter Harvey) s'en tirent avec les honneurs. Il en va de même dans les 88 et 93, où ils officient également. Kobie van Rensburg est loin d'être un ténor passionnant, mais il arrive néanmoins à animer ses airs et ne gâte rien. Pour la 131, on conseillera néanmoins de connaître également la très belle version de Philippe Herreweghe, elle aussi fort réussie vocalement : Bach : Cantates 39, 73, 105, 107, 131.

Voilà pour la fin du 1er CD et le 2ème CD. Au début du programme, les solistes sont Magdalena Kozená et Nathalie Stutzmann, Paul Agnew et Nicolas Testé. Quelques petites faiblesses occasionnelles, mais là aussi rien n'est mis à bas du fait d'un soliste peu inspiré. Problèmes de ligne pour Agnew et Testé, au beau timbre mais à la prononciation hasardeuse et un peu à la peine dans son aria de la 177. Quant à Kozena et Stutzmann, si elles ont toutes deux déjà été meilleures ailleurs et si la prise de son ne les sert pas toujours, on mesure à quel point elles sont un atout à côté de poids légers comme on peut en entendre ailleurs chez Gardiner. Dans la BWV 177 "Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ", les choeurs sont comme souvent magnifiques, et l'aria de la soprano, avec laquelle dialogue un hautbois de chasse, est une réussite.

J'en arrive donc naturellement aux problèmes affectant parfois ces versions des cantates par Gardiner. En dehors de quelques moindres réussites qui s'expliquent sans doute par la lourde organisation de cette affaire et les impondérables, c'est souvent le choix de solistes qui ne s'imposaient pas qui finit par diminuer la portée de réalisations par ailleurs plus qu'estimables. Les enregistrements proposent en terme de solistes le médiocre comme le meilleur, ce qui est le cas dans les quelques volumes que j'ai pu écouter jusqu'à présent. Pour quelqu'un de formidablement adéquat, quelqu'un de seulement passable ou à la peine. Avec un projet aussi complexe à mettre en place, c'était très certainement inévitable, mais on ne peut s'empêcher de penser que c'est bien dommage.

Plus généralement, la vulgate veut qu'outre la qualité inégale des solistes, le Monteverdi Choir assure quant à lui toujours. C'est vrai, même si, moins confronté ces derniers temps à de nouvelles partitions qu'en 2000 où il en avait de nombreuses et où il pouvait montrer quelques faiblesses mineures, il est parfois plus stratosphérique (cf. le récent disque des Motets). Quant à la direction de Gardiner et au niveau instrumental de ses English Baroque Soloists, il se dit souvent qu'ils gagnent en spontanéité et en énergie ce qu'ils perdent en justesse et en galbe sonore. Là aussi, ce n'est pas fondamentalement faux, même si cette assertion peut se discuter en fonction des réalisations. Dans ces deux disques du volume 3, globalement celle-ci me semble très bonne, de la conception d'ensemble à la direction en passant par les choeurs et la plupart des solistes. Si l'on aimerait que les cordes sonnent de façon un peu moins acide, que certains instruments sonnent de façon un peu plus ronde, il suffit d'écouter les deux cantates détaillées plus haut, ou le choeur introductif de la BWV 177, pour être conquis par tant d'allant.

Ne connaissant que quelques-uns des volumes de ce "Pèlerinage Bach" de Gardiner, je ne me hasarderai pas à assurer qu'il s'agit d'un des meilleurs de la série. Cela étant, je peux au moins dire qu'il me semble bien représenter les forces et les faiblesses de l'entreprise, en sachant que pour moi, en particulier dans un volume tel que celui-là, les forces l'emportent nettement. Je ne mettrais que 4 étoiles maximum à d'autres volumes que je connais, mais celui-ci gagne pour moi ses 4,5.

Comme pour les autres 26 volumes de la série, le livret est très copieux - outre les textes chantés, un essai bien développé de Gardiner, décrivant entre autres chacune des cantates et revenant sur certains aspects contextuels. Le tout en allemand et en anglais uniquement.
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Cantatas Vol. 3: Tewkesbury/Mühlhausen
Cantatas Vol. 3: Tewkesbury/Mühlhausen de The Monteverdi Choir (CD - 2008)
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