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18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Blue Note indispensable, 18 février 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Soothsayer (CD)
Pour Wayne Shorter, la seconde moitié des années 60 est l'époque de l'épanouissement et de la dualité : dès 1965 et sur l'insistance du jeune batteur Tony Williams, il est débauché des Jazz Messengers par Miles Davis pour donner au second quintet de ce dernier le plus extraordinaire répertoire original de l'époque (il est le principal compositeur de "Miles Smiles", "Sorcerer" et "Nefertiti") mais également pour y apporter la touche free qui manquait à ses prédécesseurs, George Coleman notamment.
Sur Blue Note, Wayne Shorter est plus mesuré, plus hard bop. La part belle est faite aux arrangements et bien sûr aux compositions originales, mélant efficacité rythmique et recherche harmonique.
Sur cet album, on relèvera un arrangement de la Valse Triste de Jean Sibelius et un bijou : Lost.
Un Blue Note indispensable !
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ce «Devin»? Imaginaire, créatif, légendaire!, 13 avril 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Soothsayer (CD)
WAYNE SHORTER
Wayne Shorter, 80 ans aux prunes, est un des grands jazzmen issus des années 60 qui est encore en activités et dans une forme éblouissante.
Son album «Without a Net» qui vient de sortir (février 2013) en est un magnifique exemple.
Ce saxophoniste qui alterne avec virtuosité les tessitures soprano et ténor est aussi un très grand compositeur dont une trentaine de partitions sont devenues des standards de jazz.
Ses qualités d’écriture vont de pair avec une carrière exemplaire.
Pas de trous d’air dans sa somptueuse discographie.
Juste une longue pose entre 1986 et 2001, période durant laquelle il ne publie que trois albums même s’il participe à une petite dizaine comme sideman.
Les raisons de cet arrêt pour un musicien aussi actif? Après le décès de sa fille Iska en 1986 à l’âge de 14 ans, pour cause d’épilepsie aggravée, c’est sa deuxième femme qui disparaît en 1996 dans un accident d’avion (le Vol 800 de la TWA).
La reconstruction fût longue et ce n’est qu’en 2002 qu’il revient comme leader avec «Footprints Live!» et les membres de son nouveau quartet (Danilo Perez, John Patitucci et Brian Blade). Sa production n’est pas aussi intense que dans les années 60 (il publie par exemple cinq disques sous son seul nom rien que pour l’année 1965).
Mais ce début de XXIe siècle est marqué par quatre grands albums.

LES DÉBUTS DE SHORTER

1. Wayne Shorter débute sa carrière discographique en 1959 sur «Africaine».
C’est sa première collaboration avec le quintet des «Jazz Messengers» de Art Blakey.
Il frappe fort car sur cet opus figurent deux de ses compositions Hard bop.
Il participera à l’aventure des «Jazz Messengers» sur près de vingt titres en à peine cinq ans.
Vertigineux.
Et quasiment sur chacun d’entre eux, il composera entre une et trois partitions.
Le summum étant atteint sur l’album «Roots & Herbs» sur lequel il réalise toutes les compositions.

2. La période des années 60 est aussi faste pour le Wayne Shorter leader.
Le saxophoniste publie 18 albums de 1959 à 1970, pour la grande majorité sur le label «Blue Note».
Le co-fondateur du label, Alfred Lion, a repéré le potentiel et le talent de Shorter.
Fin 1961, Lion produit «Night Dreamer», première œuvre du musicien sous son seul nom chez «Blue Note».

3. En parallèle de son activité de Leader, il intègre le second quintet de Miles Davis.
17 albums sortiront, pour la plupart d’entre eux, des studios «Columbia Records» ou «Legacy Recordings».
Avec ce nouveau quintet, Shorter remplaçant John Coltrane, excusez du peu, Miles Davis prend une claque.
Les jeunes membres sont non seulement des musiciens virtuoses mais sont aussi très créatifs.
Rapidement, Miles renouvelle son style et va s’engager dans de nouvelles expériences, vers une révolution musicale radicale du jazz.
Wayne Shorter n’est pas étranger à ses transformations essentielles puisqu’il est l’un des compositeurs majeurs du quintet.

LE CONTEXTE DE L’ALBUM «THE SOOTHSAYER»
Ce disque s'inscrit comme une suite musicale aux débuts de Wayne Shorter au sein du quintet de Miles.
C'est son 4e album en tant que leader sur les 11 produits par «Blue Note».
Une seule journée, au début du mois de mars 1965, sera nécessaire pour enregistrer les six titres dont cinq sont des compositions de Wayne Shorter.
Cette œuvre est l’une des moins connues de la période «Blue Note», les deux opus «Speak No Evil» et «Juju» ayant éclipsé les autres.
Il faut dire que la sortie commerciale de la galette a été bien tardive, en 1979, soit quatorze ans après la session en studio.

LE SEXTET
Wayne Shorter (saxophone ténor), James Spaulding (saxophone alto), Freddie Hubbard (trompette), McCoy Tyner (piano), Ron Carter (contrebasse), Tony Williams (batterie)
Seul James Spaulding est assez méconnu mais il a déjà joué en tant que sideman pour Freddie Hubbard.
Les autres sont déjà des interprètes confirmés.
Freddie Hubbard s’est déjà produit avec Art Blakey, Ornette Coleman, John Coltrane ou Herbie Hancock et est déjà un grand leader malgré son jeune âge.
McCoy Tyner est, depuis quatre ans, LE pianiste de John Coltrane au sein de son quartet majeur.
C’est sa troisième participation en tant que sideman de Shorter.
Ron Carter, bassiste à la discographie phénoménale (2500 albums!), est un pilier de la bande à Miles Davis. C’est sa deuxième collaboration avec le saxophoniste.
Le batteur Tony Williams est, comme Shorter et Carter, un membre incontournable du fameux second quintet de Miles.
C’est dire si chacun d’entre eux se connaissent parfaitement musicalement.
«The Soothsayer» est une réussite grâce à l’homogénéité du sextet.
Mais pas seulement…

LES SIX MORCEAUX DE L’ALBUM (50 minutes 26)
1. «Lost»
Peut-être le plus beau morceau de cet album.
En tout cas, certainement le plus accompli, tant dans les arrangements très subtils que dans le jeu très équilibré entre les musiciens.
Le titre résume à lui seul l’atmosphère du morceau.
C’est parti pour 7 minutes 20 de sonorités d’un Hard bop inquiet.
Le piano démarre seul. L’introduction de McCoy Tyner produit des notes angoissantes qui créent immédiatement une ambiance mystérieuse.
Le récit musical est parti sur des bases insolites.
À ce préambule succèdent des notes lancinantes, fruits amers de trois cuivres à l’unisson.
Le premier solo intervient au bout de 50 secondes.
La musique se fait moins tourmentée, le saxophone de Shorter apaise le climat durant une minute 25.
Mais c’était sans compter sur Freddie Hubbard.
Les premières notes qui sortent de sa trompette renouent avec le début.
La longueur de certaines d’entre elles, puis les arabesques qui se terminent sur des sonorités suraiguës entraînent McCoy Tyner et sa section rythmique vers un univers plus sombre voire tragique.
C’est le moment que choisit James Spaulding pour effectuer un solo à fleur de peau.
Et quel étonnement de percevoir autour de la 4e minute des sons étranges qui semblent provenir de la basse comme si on entendait les pulsations cardiaques de Ron Carter.
James Spalding a mis une telle énergie dans son interprétation qu’il incite McCoy Tyner à se lancer dans un solo d’une extrême virtuosité. Deux pianistes semblent se faire face, les notes s’affrontent, se contredisent.
Le final reprend la mélodie angoissante pour se clore dans les limbes d’un mauvais rêve.
Sublissime.

2. «Angola»
Ce thème de Wayne Shorter est dans la lignée des compositions qu’il avait écrite quatre ans auparavant pour l’album «Roots & Herbs» des «Blakey and Jazz Messengers».
Le rythme endiablé permet aussi aux solistes d’enchaîner des notes improvisées qui s’entrelacent.
Et Tony Williams réalise un solo court mais intense qui rappelle les tempêtes rythmiques de ses aînés batteurs Art Blakey et Elvin Jones.

3. «The Big Push»
Un morceau au tempo retenu, parfois proche de la rupture et qui voit se succéder des soli exacerbés.
Démarrage à l’unisson des six musiciens.
Le solo de Wayne Shorter commence doucement puis, sous l’influence de quelques notes de piano, s’enflamme littéralement.
Celui de Freddie Hubbard, comme à son habitude, est tout en vélocité et en improvisation.
On a l’impression qu’il essaye de déboucher son instrument, la dissonance est bien là et le solo de James Spaulding suit ses traces avec son saxophone dont les notes suraiguës fracassent sans retenue la mélodie d’origine.
Le solo de McCoy Tyner est plus blues, comme en décalage avec les cuivres.
Une lutte (fratricide) étonnante s’engage entre les musiciens.

4. «The Soothsayer»
Une composition étrange dans la palette de Wayne Shorter.
La très belle interprétation réalisée par chaque musicien rappelle le Charlie Mingus de «Pithecantropus Erectus» qui fut dix ans auparavant un disque charnière dans l’évolution du jazz vers l’improvisation et le Free.
Les moments humoristiques très lents alternent ainsi avec d’autres, plus tourmentés, plus rapides.
C’est le titre le plus long avec près de dix minutes de déluge de notes fragmentées comme pour symboliser la vie trépidante des jazzmen des années 60.
Ces expérimentations de déconstruction pourraient ainsi faire penser au Nouveau Roman français qui remet en cause, à peu près à la même période, le classicisme du roman traditionnel.
La section rythmique y fait des prodiges. Et les différents soli sont dans le même état d’esprit.
Survoltés ces «devins».

5. «Lady Day»
Une belle ballade qui rend hommage à «Lady Day» Billie Holiday.
L’interprétation du sextet est très mélancolique, langoureuse.
La déclaration d’amour produit des sonorités qui frisent le spleen lyrique.
McCoy Tyner est comme habité, et son solo est d’une telle sensibilité que les cuivres finissent par pleurer de concert triste.

6. «Valse Triste»
C’est le seul morceau emprunté à un autre compositeur.
C’est un musicien finlandais classique, Jean Sibelius (1865-1957), qui a écrit en 1903 cette courte pièce d’orchestre.
La mélodie est très lyrique et se rapproche de l’univers du précédent album «Speak No Evil».
Les soli sont ici moins dominés par l’improvisation même si Freddie Hubbard ne peut s’empêcher d'y mettre son grain de sel déjanté.
Le solo de la basse de Ron Carter est superbe de rythmes poétiques.

7. «Angola» [Alternate Take]
Une variation plus longue d’«Angola» sur laquelle Tony Williams effectue un solo important et très imaginatif.

UN ALBUM À (ET POUR) MÉDITER
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The Soothsayer
The Soothsayer de Wayne Shorter (CD - 2014)
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