Commentaires en ligne


2 évaluations
5 étoiles:
 (2)
4 étoiles:    (0)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nos Dieux sont morts !, 12 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Grande bataille dans les airs : 1914-1918, par Marcel Jullian
La grande bataille des airs 1914-1918.

Au début du conflit, de l'atroce guerre qui allait en découler, l'aviation de guerre est pour ainsi dire inexistante. Il n'existe que des avions d'observation chargés de repérer les positions ou mouvements ennemi au profit de l'artillerie et de renseigner l'état major, le conflit se stabilisant en guerre de position.
Il devint de plus en plus évident, de part et d'autre, que pour contrecarrer l'intrusion d'observateurs aériens le meilleur moyen était de les chasser par les airs. On commença donc à armer progressivement (pistolet puis carabine puis mitrailleuse) les avions dits d'observation. Et ainsi va naitre la première aviation militaire de chasse.
Ce livre va nous conter cette étonnante épopée. Étonnante surtout par la forte personnalité des hommes qui en furent les protagonistes.

L'auteur : Marcel Jullian, écrivain, scénariste, historien, éditeur... en résumé homme de culture mais aussi a été dans sa jeunesse grand résistant (et également pilote d'avion). Nous a donné quelques écrits sur la conquête de l'air :Nungesser, l'as des as. " Le chevalier du ciel ". "Les gens de l'air - ". "Marcel Jullian. Devenir aviateur . "....

Le 2 juillet 1914, le très select " Groupe des Aviateurs " envoie au ministre de la guerre une missive, " Les pilotes qui font partie du Groupe des Aviateurs, ont l'honneur de vous informer qu'ils se mettent à votre disposition avec leurs appareils en cas de guerre... " Les signataires en sont : R. Garros (" Ravissante tête d'oiseau grave et profonde " disait de lui son ami Cocteau), M. Pourpre, M. Chevillard, doct. Espanet, E. Gilbert, L. Gaubert... L'aviation sportive naissante avait ses stars.

Pour l'aviation, au début ce fut une variante de la guerre en dentelle. Les pilotes sont des seigneurs. On a le respect de l'adversaire, la noblesse des aristocrates. On se salue en l'air aux commandes de ces drôles de machines, en bas c'est la boue, la fureur et l'enfer.
Dans le ciel le combat s'apparente à la tauromachie, provoquer, esquiver, porter l'estocade. Picador châtiant le taureau. Paradoxe, dans ce ballet meurtrier l'esprit chevaleresque prédomine. Il arrivait, que dans ces duels, l'avion abattu obligé de se scratcher, le pilote vainqueur allât poser son avion près du vaincu, rendant hommage à sa combativité et s'excuser de l'avoir blessé. Tel Navarre se posant à coté de l'avion qu'il venait d'abattre, s'apercevant que le pilote Allemand était blessé : " Je visais votre moteur. Je suis un maladroit !" reçu en réponse " c'est un honneur d'être descendu par vous ".
-1916 - l'escadrille N3 (Nieuport) prend le nom d'escadrille des Cigognes. Elle remplacera ses démodés Nieuport 17 par des Spad VII.
Quelques noms marquant l'histoire de cette escadrille aux 175 victoires homologuées et 160 N.H. : Heurteaux, Fonck, Guynemer, Dorme, Echard, Guiguet, Garros, Deulin, Tarascon, Brocard...
-1917 - On entre dans une ère absurde " La notion de classement, de rentabilité personnelle s'inscrit de plus en plus profondément dans l'esprit des pilotes chevronnés... ". La compétition est ouverte pour obtenir et se prévaloir du titre d'as. Suprême reconnaissance !
Parmi ces AS :
- FONCK l'as des as, se prévalant de 120 victoires, " Le premier spécimen d'une nouvelle race : le chasseur technicien qui ne laisse rien au hasard ".
- NUNGESSER, alterne victoires et hôpitaux. Sa fiche de santé et étonnante : " Fracture du crane, mâchoire 7 fois brisée, les deux jambes cassées, les deux genoux, la clavicule, le poignet gauche et le pied droit déboités, le bras droit fracassé par éclat d'obus, le palais défoncé, la bouche traversée d'une balle... ". Survivra à cette guerre.
- PEGOUD, l'insatiable, l'acrobate, le premier à sauter avec un parachute, le premier à voler tête en bas, le premier à faire un looping. Abattu le 31 aout 1915.
- VEDRINES, forte tête, formateur de Guynemer, en 1919 posera son Gaudron sur le toit des Galeries Lafayette... Se tuera en avril 1919.
- R. GARROS, le Dandy, l'étudiant de Stanislas, jeunesse arrogante, ami de Cocteau, fier de lui, sera fait prisonnier 3 ans s'évadera, reprendra le combat. Abattu le 5 octobre 1918, il avait 29 ans.
- C. GUYNEMER, 53 victoires H., 29 N.H., avec son " Vieux Charles ", fait entrer la chasse dans les moeurs, trop jeune mais, note Henri Bordeaux : " Le ruban rouge, le ruban jaune et la croix de guerre, cela vous met en valeur une vareuse noire ", frêle adolescent a murit trop vite, s'enferme dans un monde qui l'éloigne des réalités. Disparait le 11 septembre 1917. Il avait 23 ans !
Citons également : De ROSE " le gaulois " Cdt de l'aviation militaire, se tue le 2 mai 1916 à bord de son Nieuport.
- DORME, le calme, le bienveillant, " le père Dorme ", 23 victoires H. 29 N.H. Abattu le 25 mai 1917. - 24 ans.
- HEURTEAUX, commandera l'Escadrille des Cigogne, 21 victoires.
- H. GUIGUET, DEULIN, NAVARRE, BROCARD, POURPRE, MADON, PINSARD, CHAPUT...
- BOYAU, " l'as des saucisses ", 35 victoires dont 20 drachen (saucisse). Abattu en septembre 1918 ...
En face ce n'est pas triste également, la course au vedettariat fait fureur, hum ! Du sérieux, des teigneux, des Teutons purs et durs.
- Max IMMELMANN, 17 victoires H., Valeureux combattant, technicien diabolique. Le Schumacher du manche à balai. Abattu en juin 1916. 26 ans.
- Oswald BOELKE, " le père de la chasse ", malgré son jeune âge sera le réformateur de la chasse Allemande. 21 victoires H. Sera abattu le 28 octobre 1916, il avait 25 ans. Ramènera dans ses valises Richthofen.
- Erwin BÖHME, " le Vétéran ", le doyen de la chasse Allemande, 23 victoires H. Abattu le 29 novembre 1917. vétéran de 38 ans !
- Manfred von RICHTHOFEN, baron, prussien guindé et ambitieux, surnommé par les troupiers au sol " le petit rouge " mais deviendra vite le célèbre " Baron rouge " dû à la couleur écarlate de son Fokker. Il drainera derrière lui son formidable cirque, sa meute de fauves, le Jagdgeschwader I (jager = chasseur) dont fait partie un jeune lieutenant : Hermann Goering que l'Histoire... Abattu une première fois par le captain Cunnel, Von Richthofen souffrira énormément de maux de tête mais malgré les avis contraire continuera à chasser jusqu'à sa 81 ième victoires et sera abattu le même jour par le captain Brown le 20 avril 1918. Son enterrement fut l'objet de la reconnaissance de tous les aviateurs combattants. En reconnaissance de son esprit chevaleresque. Il sera écrit : " On ne peut être triste. On n'ose pas être heureux. C'est une grande journée. Ce n'est pas un beau jour ".

Bon sang à 50 ans près je grimpe dans le cockpit de mon Spad, sanglé, coiffé de cuir, un signe de la main, index et pouce se refermant en signe d'assentiment au mécano, les 180 CV de l'Hispano-Suiza miaulant à tout rompre et là haut, dans le soleil, le baron attend à l'affut sa proie prochaine... j'arrive baron !...
.... Que c'est bon de rêver....

En conclusion, laissons s'exprimer Marcel Jullian :
" Comme ils sont loin, les camarades ! Guynemer, Immelmann, Dorme, Boelke, Mannock, Richthofen, Garros, Lufbery, Mac Cudden... Tant d'autres ! Comme elle était simple et dure, autrefois la mort, dans l'aboi furieux des mitrailleuses et les rugissements du moteur trop poussé ! Une balle. Un éblouissement. Une vrille. Et ce damier multicolore qui, soudain, montait vers vous à une vitesse vertigineuse ! On aurait dit qu'on allait se planter comme un arbre, s'enterrer tout seul, tout droit, avec son avion comme dernière armure !... En ce temps où on se battait seul et où on regardait son ennemi en face. "
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les pilotes de chasse, ces esthètes de la guerre, 26 juin 2010
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Grande bataille dans les airs : 1914-1918, par Marcel Jullian
papi-Mormes a écrit un magnifique résumé de ce livre.
Aussi serai-je bref.

Marcel Jullian, écrivain, scénariste (la Grande Vadrouille,...), historien, premier président de France 2, proche de feu le Comte de Paris, écrit en 1967 un magnifique ouvrage sur la guerre aérienne de 1914 à 1918.

Des premiers temps aristocratiques, à la recherche du score (as) dans une compétition de moins en moins noble, pour finalement être broyé par la guerre, les copains tombant les uns après les autres, les adversaires respectés d'en face aussi, l'aviation est devenue une arme de guerre soutien de l'artillerie et de l'infanterie.

Le lecteur suit avec passion l'avènement des as:

- chez les Français, Guynemer, Fonck, Nungesser, Navarre, Chaput, Dorme, Madon, Heurtaux, ...

- chez les Allemands, Immelmann, Boelke, von Richthofen, Goering,...

- chez nos alliés, Lufbery, Mannock, Coppens de Houlthulst,...

Magnifiques pages de combat où l'héroïsme coule à flot. Nungesser aux multiples fractures, deux fois réformé, et toujours au combat, Fonck, tireur d'élite, qui économise ses munitions, trois balles suffisent pour descendre un avion :

"le 9 mai (1918), Fonck réussit son premier sextuplé. Il abat son premier appareil à 16h5, le deuxième à 16h5'10'', le troisième à 16h5'50''. Puis entre le troisième et le quatrième, une pause : le temps d'aller refaire le plein d'essence et de munitions. Nouvelle série de trois : le quatrième à 18h40, le cinquième à 18h45, le sixième à 18h45'10''. Le tout en cinquante-deux balles de mitrailleuse." (p.289)

L'héroïsme est magnifiquement exposé, sans forfanterie, avec dureté, sobriété et non sans un véritable panache.

Je recommande de compléter cette lecture par celle de la très bonne BD Biggles/Airfiles, Tome 11 : Les as de l'aviation.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

La Grande bataille dans les airs : 1914-1918, par Marcel Jullian
La Grande bataille dans les airs : 1914-1918, par Marcel Jullian de Marcel Jullian (Reliure inconnue - 1967)
D'occasion et Neuf à partir de : EUR 12,00
Ajouter à votre liste d'envies Voir les options d'achat
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit