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5.0 étoiles sur 5 Les "Grands Motets" : petite discographie comparée, 8 octobre 2014
Par 
Luis Cajaroy - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rameau - Pigmalion & Les Grands Motets / Fouchécourt, Le Concert Sprituel, Niquet (CD)
Au CD, on compte trois très bonnes versions des "Grands Motets" de Rameau : celles de Philippe Herreweghe (La Chapelle royale), Hervé Niquet (Le Concert spirituel) et William Christie (Les Arts Florissants)

Précisons d'emblée que seuls trois des "Grands Motets" de Rameau nous sont parvenus : "Deus noster refugium", "Quam dilecta" et "In convertendo". Ce sont ceux qu' Hervé Niquet et William Christie donnent dans leurs versions respectives. En revanche, Philippe Herreweghe ne donne pas "Deus noster refugium" et choisit de terminer son programme par le "Laboravi", qui n'est pas un grand motet.

En effet, on distingue en France au XVIIème et au XVIIIème siècle le grand motet, écrit la plupart du temps pour un double choeur et une formation orchestrale relativement ample, du petit motet, qui peut faire penser pour la forme aux "Kleine Geistliche Konzerte" ("Petits concerts sacrés") d'Heinrich Schütz,qui proposent une écriture plus spontanée pour une formation plus réduite (cette tradition luthérienne a par exemple été poursuivie par Buxtehude avec ses "Geistliche Konzerte", qui prolongent en partie la tentative esthétique de Schütz).

Ces trois versions qui font l'objet de ce commentaire sont excellentes, mais elles proposent des approches très différentes :

Philippe Herreweghe tout d'abord, qui enregistra son disque en 1985 pour Harmonia Mundi, propose un geste très intérieur et religieux ; pour lui les "Grands Motets" de Rameau comportent un véritable engagement spirituel.

Cette approche pourra etre jugée austère voire froide, on a même dit pas tout à fait à tort que cette interprétation conviendrait mieux au sévère contrepoint de Dumont.

Ainsi, le "Et enim pacer" ("Quam dilecta"), qui doit etre joué "gracieusement" (selon le terme même de la partition) manque justement un peu de grâce et peut sembler un peu raide.

Reste que le grand professionnalisme de Philippe Herreweghe et de ses troupes parvient sans peine à nous enchanter. Nous enchanter, c'est bien le propre de la musique de Rameau.

En sus, on a le plaisir d'entendre le très émouvant haute-contre Henri Ledroit, qui fait du "Et enim pacer" et du "Euntes ibant et flebant" ("In convertendo") deux moments uniques dans le sens le plus fort du mot.

Un disque qui emporte donc mon adhésion : 5/5 malgré l'absence du "Deus noster refugium".

Chez William Christie, l'approche est exactement inverse : le chef des Arts Florissants considère que les "Grands Motets" ne manifestent pas de véritable sentiment religieux.

Christie s'applique donc à restituer les élégantes couleurs de cette musique et propose une interprétation fine quoi qu'un peu trop toilettée.

Les chanteurs sont tous excellents, mais Paul Agnew est à mon sens un peu trop extérieur (surtout si on le compare à Henri Ledroit en fait).

5/5 donc pour cette approche radicalement opposée à celle de Philippe Herreweghe.

On peut enfin considérer qu'Hervé Niquet tient la ligne médiane et s'évertue à tenir simultanément l'engagement religieux et l'élégance racée un peu extérieure de cette musique. Au risque de sombrer occasionnellement dans le "plan-plan".

Niquet a l'avantage non négligeable de posséder sans ses rangs Peter Harvey, merveilleux chanteur. 5/5.

On voit donc que trois alternatives, toutes très bonnes, s'offrent à l'auditeur :

- Un Rameau spirituel et intérieur (Herreweghe)

- Un Rameau élégant et courtisan (Christie)

- Un Rameau de l'entre-deux (Niquet).

J'accentue un peu les contrastes, mais voici à peu près les forces en présence. Je pense quant à moi que les "Grands Motets" sont assez riches pour supporter ces trois lectures, et que Rameau en ressort grandi, mais il est également indéniable que l'on peut préférer l'une, l'autre, ou la troisième proposition esthétique.

Si l'on désire simplement un enregistrement intégral des "Grands Motets", il est évident que l'on se tournera vers Niquet (qui propose également "Pigmalion", merveilleux acte de ballet) ou Christie, puisque P. Herreweghe ne donne pas "Deus noster refugium".
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5.0 étoiles sur 5 très bel enregistrement, 26 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rameau - Pigmalion & Les Grands Motets / Fouchécourt, Le Concert Sprituel, Niquet (CD)
Les grands motets sont des oeuvres de "jeunesse" de Rameau, avant qu'il ne s'essaye aux opéras. Magnifique interprétation... Quant à Pigmalion, la prestation des interprètes est remarquable.
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