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5.0 étoiles sur 5 Une balle dans la tête
Un film qui commence très fort, dès le générique. On y suit le processus de fabrication d'une balle de mitraillette, son acheminement jusque dans un pays d'Afrique et la fin de sa course.... dans la tête d'un enfant. Plus que le trafic d'armes, ce film montre à quel point le cynisme et l'hypocrisie sont rois au sein de ce type de...
Publié le 19 août 2006 par Blue Boy

versus
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 A tout seigneur tout honneur.
Satire explicite du business des armes dans une géographie bien contemporaine,ce film retrace le parcours d'un marchand parti de rien et devenu le rouage obligatoire de tout conflit armé de par notre monde bafoué par la vertu!

Pour le coup la critique de cette mondialisation perverse et brutale est bien imagée et sans concession.On y...
Publié le 8 décembre 2006 par Bernelas


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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une balle dans la tête, 19 août 2006
Par 
Blue Boy (Noisy-le-Grand) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord of War [Édition Collector] (DVD)
Un film qui commence très fort, dès le générique. On y suit le processus de fabrication d'une balle de mitraillette, son acheminement jusque dans un pays d'Afrique et la fin de sa course.... dans la tête d'un enfant. Plus que le trafic d'armes, ce film montre à quel point le cynisme et l'hypocrisie sont rois au sein de ce type de commerce. Tout au long du film, Yuri (Nicolas Cage) précise que ça n'est pas lui qui tue des gens, mais qu'il fait juste du business. Cette oeuvre est bien foutue et bien plus facile à comprendre par les néophytes qu'un "Syriana" par exemple. Le genre de film après lequel on se dit "Mais quel monde de merde !".

Film militant donc mais qui, s'il ne modifie pas la face du monde, a au moins le mérite de nous informer sur l'hyprocrisie et les enjeux du trafic d'armes dans le monde. De plus ce film nous montre qu'un marchand d'arme, responsable (mais pas coupable) de la mort de milliers d'individus n'est pas seulement avide d'argent ou de pouvoir mais peut être aussi d'un autre coté une personne comme tout le monde, avec des émotions, des sentiments... C'est ce qui effraie peut-être le plus.

C'était un thème difficile à aborder mais Andrew Niccol (GATTACA, TRUMAN SHOW -scénario-) a réussi à faire un film lucide et sans violence exagérée. Nicolas Cage est parfait pour ce rôle. Un film à voir absolument...
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5.0 étoiles sur 5 Un individu sur douze est armé et la question est : comment armer les onze autres ?, 19 mai 2008
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord Of War [Import belge] (DVD)
Né en Ukraine avant l'effondrement du Bloc de l'Est, Youri Orlov s'installe aux Etats-Unis et travaille dans le restaurant familial avant de découvrir sa vraie vocation au début des années 80, en assistant à un règlement de comptes sanglant.
Audacieux et fin négociateur, il se lance dans le juteux marché du trafic d'armes et profite de ses contacts familiaux en ex-URSS pour rafler à bas prix tout le matériel militaire possible, qu'il revend aux quatre coins du monde.
Devenu intime des pires dictateurs, il devient vite un trafiquant international de haute volée. Les énormes sommes qu'il gagne lui permettent de conquérir la top-model qui l'a toujours fasciné, la belle Ava et mène ainsi, parallèlement à ses activités illicites, une vie de mari et de père idéal.
Multipliant les combines les plus risquées, Youri parvient cependant à échapper à Jack Valentine, le limier d'Interpol lancé sur sa trace.
Des luxueux immeubles new-yorkais aux palais des dictateurs africains, Youri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie sulfureuse, jusqu'à ce que le destin et sa conscience le rattrapent...

Après avoir traité des manipulations génétiques dans ''Bienvenue à Gattaca'' et de la réalité virtuelle dans ''Simone'', Andrew Niccol passe ici à la tragi-comédie réaliste en abordant l'univers du trafic d'armes. Le film annonce la couleur dès le début, on y suit une balle depuis sa fabrication jusque son arrivée dans un pays d'Afrique et la fin de sa course dans la tête d'un jeune Africain.
Ce film dénonce autant le trafic lui-même que le cynisme de ce type de commerce (''Vendre des armes, c'est comme vendre des aspirateurs : on passe des coups de fil, on prend des commandes. Je fournissais toutes les armées, sauf celle du salut. Je vendais des Uzi israéliens à des musulmans. Des balles communistes à des fascistes. Je n'ai jamais fait d'affaires avec Ben Laden : pas pour des raisons morales, mais parce qu'à l'époque il faisait des chèques en bois...''). Youri précise que lui ne tue personne, mais fait juste son métier, et qu'à part d'être un trafiquant d'armes il est exactement comme tout un chacun. C'est peut-être là ce qui dérange le plus, et on en vient à se poser des questions sur la nature humaine. Comment un homme ordinaire peut-il se lancer dans cette activité et rester impassible face à ses conséquences ? Bref le film est particulièrement noir et cynique.
Bien sûr tous les évènements du film ne sont pas arrivés à une seule et même personne, mais ce cheminement rend le film accessible. L'historique est bien expliqué sans être didactique, et on y comprend mieux comment certains Russes sont devenus milliardaires du jour au lendemain, et comment la fin de la Guerre Froide a produit le plus grand marché d'armes de tous les temps.

''Lord of war'' est mis en scène de façon magistrale, l'intrigue tient la route, les dialogues font mouche. Le casting est très réussi : malgré le fait que Nicolas Cage ait hésité avant d'accepter ce rôle d'antihéros aussi détestable qu'attirant, on ne pouvait imaginer mieux que lui pour incarner ce self-made man à contre-courant des stéréotypes hollywoodiens.
Jared Leto, qui retrouve ses habitudes de ''Requiem for a dream'', incarne avec brio Vitali, son jeune frère camé et psychologiquement fragile.
Ethan Hawke qui joue Jack Valentine, l'agent d'Interpol, avait déjà travaillé sous la direction d'Andrew Niccol dans ''Bienvenue à Gattaca'' et s'en tire toujours aussi bien. Enfin, mis à part le fait qu'elle ignore tout des activités de son mari, Bridget Moynahan est assez crédible dans le rôle d'Ava.

Andrew Niccol s'est inspiré de trafiquants d'armes réels pour créer le personnage de Youri Orlov, et tous les événements du film sont avérés. Aussi gros que cela puisse paraître, des hélicoptères militaires ont bien été déclarés en douane comme destinés à des interventions humanitaires, les paramètres d'enregistrement de certains navires ont bien été modifiés une fois en pleine mer, un trafiquant a bien été libéré des prisons américaines suite à de mystérieuses pressions, et les stocks d'armes soviétiques pillés après la chute de l'URSS... à titre d'exemple ce n'est pas moins de 32 millions de dollars d'armes qui ont ''disparu'' en dix ans rien qu'en Ukraine. Le film n'est donc pas complètement une fiction et, bien qu'aucun nom ne soit cité, on pourra également reconnaître le dictateur libérien Charles Taylor dans le personnage d'André Baptiste, mais celui-ci aurait très bien pu représenter n'importe quel tyran mégalomane du continent.

Le film a été difficile à monter du fait de son sujet brûlant d'actualité, et le financement d'autant plus difficile à trouver que le scénario a été soumis une semaine avant le début de l'invasion de l'Irak... Ce sont finalement des investisseurs étrangers qui ont osé parier sur le projet.
Le tournage a commencé à New York, puis s'est poursuivi dans les quartiers mal famés du Cap en Afrique du Sud, réplique idéale des scènes de rues de Monrovia, pour s'achever en République Tchèque par plusieurs scènes de paysages d'Europe de l'Est et dans une ancienne base militaire soviétique. Pour le tournage, Andrew Niccol a acheté 3000 kalachnikovs, pris contact avec des trafiquants réels, dont un particulier tchèque qui lui a loué à titre privé 100 tanks T-72 russes. Niccol a néanmoins dû avertir l'OTAN du tournage pour éviter que les images satellites fassent croire à la préparation d'une guerre.

Enfin, les chiffres de ''Lord of war'', déjà alarmants, sont désormais en dessous de la réalité car périmés : il n'y a plus une arme pour douze personnes sur la planète mais désormais une pour dix. Sachant que chaque minute dans le monde une personne meurt du fait d'une arme à feu et que dans la même minute 15 armes sont produites ce chiffre devrait encore prochainement se réduire...
Le pire est que les Youri Orlov restent des petits joueurs dans ce business, 90 % des ventes d'armes à feu étant contrôlés par les gouvernements. Le film s'achève par ce constat accablant : les plus grands marchands d'armes au monde (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne)... sont aussi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU...
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5.0 étoiles sur 5 Un petit chef d'oeuvre, 25 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord of War [Édition Collector] (DVD)
Niccol nous a habitué à des films décalés, qu'il les réalise (Simone, Bienvenue à Gattaca), ou qu'il les scénarise (Truman Show), décalés, mais toujours de qualité et particulièrement documentés.

Ici, il s'attaque à un défi difficile: nous faire comprendre, sur un ton particulièrement ironique et parfois cynique, quels sont les dangers du trafic d'armes et qui en profite réellement.

Cage joue admirablement le rôle d'un traficant (Yuri Orloff) qui ne voit là qu'un moyen comme un autre de se faire de l'argent et qui pousse sa logique jusqu'à prétendre qu'après tout, les cigarettiers tuent encore plus de gens que lui avec ses produits...

En nous racontant l'histoire de "Yuri Orloff" de ses débuts dans la vente d'arme aux gangs de quartier jusqu'à son lucratif trafic entre les pays de l'Est et l'Afrique, mine de rien, Niccol nous montre l'inmontrable, le côté obscur de la force, la tragédie de toutes ces vies massacrées par simple appât du gain ou plans stratégiques foireux des "superpuissances". Il ne se gène d'ailleurs pas pour accuser, en message final, les représentants de l'ONU d'être les plus gros traficants qui soient... Avec en tête, les USA.

Certaines scènes sont très dures, non pas par ce qu'elles montrent, mais par ce qu'elles suggèrent de l'horreur des "guerres à bas prix" qui se déroulent dans les parties les plus défavorisées du monde.

Pour le reste, le ton résolument ironique accentue encore l'horreur du trafic et l'esthétique, par moment très froide, du film ne fait qu'en rajouter une couche.

Au final, c'est un film percutant et surtout efficace, parce qu'il nous oblige à réfléchir... Ce qui se fait de plus en plus rare au cinéma. Merci Monsieur Niccol!

Le DVD bonus nous offre un documentaire sur le trafic d'armes qui met en lumière toute la véracité du film, ainsi qu'un "making of" surprenant où l'on apprend que Niccol a fini par devoir acheter de vraies armes car cela revenait moins cher que de se procurer des fausses (!!!)

On trouvera aussi quelques courtes scènes coupées, des interviews et autre bonus désormais habituels sur des éditions double-DVD.
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25 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 CYNIQUEMENT VOTRE, 16 novembre 2007
Par 
Luc B. - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord Of War [Import belge] (DVD)
Très subtil commentaire de Aston Martin (sic !). Je suis assez d'accord avec cette analyse, sur cet aspect contrition du cinéma américain. C'est d'ailleurs tout le cinéma de Martin Scorcese : "Seigneur pardonne-moi de tuer des gens, et remets-moi six balles dans mon chargeur au passage" ! Mais au moins, des cinéastes s'interrogent, s'engagent. Le thriller politique a tendance à revenir en force à Hollywood, on ne peut que s'en réjouir, même si on n'est pas dupe du réel impact que ces films peuvent avoir sur l'Administration Américaine, ou l'opinion.

On s'en réjouit d'autant plus lorsque ce sont des bons films. Car c'est tout de même cela le plus important ! Et LORD OF WAR est un sacré bon film. Le réalisateur a trouvé la forme juste. Son film est cynique, ses personnages grotesques, et l'ensemble baigne dans une noirceur, traversée d'éclair au vitriol. Je citerais la scène à Beyrout, avec l'exécution sommaire d'un gamin, qui est un sommet d'humour noir, extrêmement dérangeant. Ca fait mal, et c'est jouissif ! C'est un point vue très original pour raconter ce type d'histoire. Les américains adorent ces histoires de self-made man, ces héros populaires, qui se sont faits tout seul, car en Amérique, même si vous n'avez rien, vous pouvez devenir quelqu'un, bla bla bla... Et bien le metteur en scène nous le démontre encore, mais avec un héros pas ordinaire, le contre-pied idéal du stéréotype hollywoodien. Et dans le registre de la surenchère, Nicolas Cage, grimaçant à souhait, s'en donne à coeur joie !

Pour vous dire le fond de ma pensée, après avoir vu LORD OF WAR, j'ai pensé à Stanley Kubrick, à DOCTEUR FOLAMOUR, dans cette manière très noire et cynique, voire caricaturale, d'empoigner un sujet grave pour en faire une pantalonnade jubilatoire. C'est très sain.

A défaut de sauver des vies, ou de changer le monde, LORD OF WAR aura intelligemment ravi les spectateurs. Ce qui est tout de même la fonction première d'un film !
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 A tout seigneur tout honneur., 8 décembre 2006
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord Of War (DVD)
Satire explicite du business des armes dans une géographie bien contemporaine,ce film retrace le parcours d'un marchand parti de rien et devenu le rouage obligatoire de tout conflit armé de par notre monde bafoué par la vertu!

Pour le coup la critique de cette mondialisation perverse et brutale est bien imagée et sans concession.On y découvre après avoir bien profité des bénéfices sans foi ni loi,et ce ad nauséam,de notre héros Yuri Orlov(Nicolas Cage)que le Président actuel du "pays étoilé" vend plus d'armes qu'il n'achète de pétrole,et que la France est le quatrième marchand d'armes au monde.

Biensûr une bonne partie du film se passe en Afrique(Libéria).Quitte à entretenir la corruption par la mort mieux vaut se trouver en terre condamnée.Et puis pourquoi se priver quand il reste des hommes à anéantir et quand la misère ne s'en est pas encore chargée.

L'historique est bien expliqué,on y comprend de manière très concrète comment certains russes sont devenus milliardaires et comment la guerre froide a générer le plus grand magasin d'armes du monde.Certaines images confirment même des accusations à demi voilées du film-docu "Le cauchemar de Darwin.

Le film vous prend aux tripes plus qu'il ne vous prend la tête.Il faut avoir regardé longtemps la télévision pour croire que le monde des marchands a une éthique.

Un petit bémol quant à la dramaturgie familiale qui accompagne notre trafiquant import-export:une femme qui ignore tout de ses activités professionnelles,un frère cocaïné hyper fragile psychologiquement à qui il demande un partenariat pour distribuer des armes à un dictateur africain,histoire d'accélérer un génocide!On aurait pu éviter ces maladresses scénaristiques.

Enfin le policier de service(Ethan Hawke) joue le Don Quichotte adéquat et ce film révèle remarquablement bien l'insolence avec laquelle un marchand de mort bénéficie d'une plus grande immunité qu'un diplomate.
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5.0 étoiles sur 5 Un individu sur douze est armé et la question est : comment armer les onze autres ?, 19 mai 2008
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord of War [Édition Collector] (DVD)
Né en Ukraine avant l'effondrement du Bloc de l'Est, Youri Orlov s'installe aux Etats-Unis et travaille dans le restaurant familial avant de découvrir sa vraie vocation au début des années 80, en assistant à un règlement de comptes sanglant.
Audacieux et fin négociateur, il se lance dans le juteux marché du trafic d'armes et profite de ses contacts familiaux en ex-URSS pour rafler à bas prix tout le matériel militaire possible, qu'il revend aux quatre coins du monde.
Devenu intime des pires dictateurs, il devient vite un trafiquant international de haute volée. Les énormes sommes qu'il gagne lui permettent de conquérir la top-model qui l'a toujours fasciné, la belle Ava et mène ainsi, parallèlement à ses activités illicites, une vie de mari et de père idéal.
Multipliant les combines les plus risquées, Youri parvient cependant à échapper à Jack Valentine, le limier d'Interpol lancé sur sa trace.
Des luxueux immeubles new-yorkais aux palais des dictateurs africains, Youri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie sulfureuse, jusqu'à ce que le destin et sa conscience le rattrapent...

Après avoir traité des manipulations génétiques dans ''Bienvenue à Gattaca'' et de la réalité virtuelle dans ''Simone'', Andrew Niccol passe ici à la tragi-comédie réaliste en abordant l'univers du trafic d'armes. Le film annonce la couleur dès le début, on y suit une balle depuis sa fabrication jusque son arrivée dans un pays d'Afrique et la fin de sa course dans la tête d'un jeune Africain.
Ce film dénonce autant le trafic lui-même que le cynisme de ce type de commerce (''Vendre des armes, c'est comme vendre des aspirateurs : on passe des coups de fil, on prend des commandes. Je fournissais toutes les armées, sauf celle du salut. Je vendais des Uzi israéliens à des musulmans. Des balles communistes à des fascistes. Je n'ai jamais fait d'affaires avec Ben Laden : pas pour des raisons morales, mais parce qu'à l'époque il faisait des chèques en bois...''). Youri précise que lui ne tue personne, mais fait juste son métier, et qu'à part d'être un trafiquant d'armes il est exactement comme tout un chacun. C'est peut-être là ce qui dérange le plus, et on en vient à se poser des questions sur la nature humaine. Comment un homme ordinaire peut-il se lancer dans cette activité et rester impassible face à ses conséquences ? Bref le film est particulièrement noir et cynique.
Bien sûr tous les évènements du film ne sont pas arrivés à une seule et même personne, mais ce cheminement rend le film accessible. L'historique est bien expliqué sans être didactique, et on y comprend mieux comment certains Russes sont devenus milliardaires du jour au lendemain, et comment la fin de la Guerre Froide a produit le plus grand marché d'armes de tous les temps.

''Lord of war'' est mis en scène de façon magistrale, l'intrigue tient la route, les dialogues font mouche. Le casting est très réussi : malgré le fait que Nicolas Cage ait hésité avant d'accepter ce rôle d'antihéros aussi détestable qu'attirant, on ne pouvait imaginer mieux que lui pour incarner ce self-made man à contre-courant des stéréotypes hollywoodiens.
Jared Leto, qui retrouve ses habitudes de ''Requiem for a dream'', incarne avec brio Vitali, son jeune frère camé et psychologiquement fragile.
Ethan Hawke qui joue Jack Valentine, l'agent d'Interpol, avait déjà travaillé sous la direction d'Andrew Niccol dans ''Bienvenue à Gattaca'' et s'en tire toujours aussi bien. Enfin, mis à part le fait qu'elle ignore tout des activités de son mari, Bridget Moynahan est assez crédible dans le rôle d'Ava.

Andrew Niccol s'est inspiré de trafiquants d'armes réels pour créer le personnage de Youri Orlov, et tous les événements du film sont avérés. Aussi gros que cela puisse paraître, des hélicoptères militaires ont bien été déclarés en douane comme destinés à des interventions humanitaires, les paramètres d'enregistrement de certains navires ont bien été modifiés une fois en pleine mer, un trafiquant a bien été libéré des prisons américaines suite à de mystérieuses pressions, et les stocks d'armes soviétiques pillés après la chute de l'URSS... à titre d'exemple ce n'est pas moins de 32 millions de dollars d'armes qui ont ''disparu'' en dix ans rien qu'en Ukraine. Le film n'est donc pas complètement une fiction et, bien qu'aucun nom ne soit cité, on pourra également reconnaître le dictateur libérien Charles Taylor dans le personnage d'André Baptiste, mais celui-ci aurait très bien pu représenter n'importe quel tyran mégalomane du continent.

Le film a été difficile à monter du fait de son sujet brûlant d'actualité, et le financement d'autant plus difficile à trouver que le scénario a été soumis une semaine avant le début de l'invasion de l'Irak... Ce sont finalement des investisseurs étrangers qui ont osé parier sur le projet.
Le tournage a commencé à New York, puis s'est poursuivi dans les quartiers mal famés du Cap en Afrique du Sud, réplique idéale des scènes de rues de Monrovia, pour s'achever en République Tchèque par plusieurs scènes de paysages d'Europe de l'Est et dans une ancienne base militaire soviétique. Pour le tournage, Andrew Niccol a acheté 3000 kalachnikovs, pris contact avec des trafiquants réels, dont un particulier tchèque qui lui a loué à titre privé 100 tanks T-72 russes. Niccol a néanmoins dû avertir l'OTAN du tournage pour éviter que les images satellites fassent croire à la préparation d'une guerre.

Enfin, les chiffres de ''Lord of war'', déjà alarmants, sont désormais en dessous de la réalité car périmés : il n'y a plus une arme pour douze personnes sur la planète mais désormais une pour dix. Sachant que chaque minute dans le monde une personne meurt du fait d'une arme à feu et que dans la même minute 15 armes sont produites ce chiffre devrait encore prochainement se réduire...
Le pire est que les Youri Orlov restent des petits joueurs dans ce business, 90 % des ventes d'armes à feu étant contrôlés par les gouvernements. Le film s'achève par ce constat accablant : les plus grands marchands d'armes au monde (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne)... sont aussi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU...
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5.0 étoiles sur 5 La schyzophrénie comme mode de vie, 2 novembre 2007
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord Of War (DVD)
Ce film parle-t-il de trafic d'arme ou de la schyzophrénie comme mode de vie ? Ce second point me paraît le plus important car le point nodal du film porte sur la moralité des actes que l'on commet. Dans ce film traité comme une fable moderne, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, le héros principal n'obeit qu'à un seul principe de conscience : ignorer ce à quoi peuvent servir les produits qu'il vend. Il semble considérer que des armes sont tout aussi inoffensives que des carpettes ou des balles de tennis.

C'est le propre du récit filmé que de mettre en exergue le fait qu'il y a des actes sur lesquels nous sommes obligés de porter un regard moral. Cela vaut pour l'armement mais également pour d'autres activités humaines au nombre desquelles on peut citer les trafics d'organes, les trafics de médicaments, la traite des femmes, le travail des enfants, la manipulation des embryons, ... sans compter d'autres joyeusetés comme le travail des lobbys parlementaires où se mêlent affairistes et hommes de mains, pollueurs de tous poils ou fanatiques écologistes. Bref, la liste serait longue d'énumérer les horreurs dont l'Homme se sent capable. La schyzophrénie est le mode de vie occidental, société dans laquelle on demande de séparer très nettement la vie privée de la vie publique. C'est d'ailleurs l'argument qui est cité pour les affaires de bioéthique où l'on demande aux citoyens de ne pas se mêler de morale à partir du moment où une majorité parlementaire se charge de la définir.

Le résultat est un trouble certain qui, dans le film se traduit par l'autodestruction progressive du frère de Yuri Orlov, et sa fin tragique. Est-ce une fable pour dire ce qui attend le corps social ?

Que dire des acteurs du film si ce n'est qu'ils sont tous à la hauteur, y compris et surtout les seconds ou troisièmes rôles qui, dans leurs froides résolutions à tuer, laissent penser que ce juteux marché a encore de beaux jours devant lui, hélas.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un bon bluray, 11 septembre 2009
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord of War [Blu-ray] [Import belge] (Blu-ray)
Sans revenir sur l'intrigue, excellente, de ce film, je parlerai plutot du rendu visuel de ce bluray. L'image est de trés bonne qualité même si l'on peut regretter un manque d'effet 3D que l'on retrouve sur des films plus récents. Côté son la piste sonore Française DTS HD est de grande qualité.

Je parle bien de cette édition à prix réduit. Par contre il n'y a aucun bonus. Si vous souhaitez uniquement le film cet import est une trés bonne affaire !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 scorcesien, 12 décembre 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord Of War (DVD)
Le contraste entre l'humour noir le cynisme et la vision caricaturale du personnage principal et une réalité historico, geopolitique effroyable rend ce film tres surprenant . Bien sur tous les évenements racontés dans le film ne sont pas arrivés à une seule et meme personne, mais ce parti pris rend le film aussi accessible qu'une bande déssiné tant les avatars de Yury orlov sont hallucinants. De plus la narration scorcesienne (cf casino et les affranchis)du film est tres efficace et nous fait passer en un clin d'oeil sur tous les points chauds de la planete depuis 25 ans et nous amene sérieusement à nous demander dans quel monde nous vivons. On sent effectivement l'influence que scorcese , et que scarface ont eu sur Andrew Nicol, qui apres Gattaca et le scenario du truman show s'affirme comme un des leaders du nouveau cinema americain. Au final, on assiste à un film cynique, sombrement drole, magnifiquement mis en scene, porté par un exellent Nicolas Cage .
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un individu sur douze est armé et la question est : comment armer les onze autres ?, 10 juillet 2008
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lord of War [Blu-ray] (Blu-ray)
Né en Ukraine avant l'effondrement du Bloc de l'Est, Youri Orlov s'installe aux Etats-Unis et travaille dans le restaurant familial avant de découvrir sa vraie vocation au début des années 80, en assistant à un règlement de comptes sanglant.
Audacieux et fin négociateur, il se lance dans le juteux marché du trafic d'armes et profite de ses contacts familiaux en ex-URSS pour rafler à bas prix tout le matériel militaire possible, qu'il revend aux quatre coins du monde.
Devenu intime des pires dictateurs, il devient vite un trafiquant international de haute volée. Les énormes sommes qu'il gagne lui permettent de conquérir la top-model qui l'a toujours fasciné, la belle Ava et mène ainsi, parallèlement à ses activités illicites, une vie de mari et de père idéal.
Multipliant les combines les plus risquées, Youri parvient cependant à échapper à Jack Valentine, le limier d'Interpol lancé sur sa trace.
Des luxueux immeubles new-yorkais aux palais des dictateurs africains, Youri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie sulfureuse, jusqu'à ce que le destin et sa conscience le rattrapent...

Après avoir traité des manipulations génétiques dans ''Bienvenue à Gattaca'' et de la réalité virtuelle dans ''Simone'', Andrew Niccol passe ici à la tragi-comédie réaliste en abordant l'univers du trafic d'armes. Le film annonce la couleur dès le début, on y suit une balle depuis sa fabrication jusque son arrivée dans un pays d'Afrique et la fin de sa course dans la tête d'un jeune Africain.
Ce film dénonce autant le trafic lui-même que le cynisme de ce type de commerce (''Vendre des armes, c'est comme vendre des aspirateurs : on passe des coups de fil, on prend des commandes. Je fournissais toutes les armées, sauf celle du salut. Je vendais des Uzi israéliens à des musulmans. Des balles communistes à des fascistes. Je n'ai jamais fait d'affaires avec Ben Laden : pas pour des raisons morales, mais parce qu'à l'époque il faisait des chèques en bois...''). Youri précise que lui ne tue personne, mais fait juste son métier, et qu'à part d'être un trafiquant d'armes il est exactement comme tout un chacun. C'est peut-être là ce qui dérange le plus, et on en vient à se poser des questions sur la nature humaine. Comment un homme ordinaire peut-il se lancer dans cette activité et rester impassible face à ses conséquences ? Bref le film est particulièrement noir et cynique.
Bien sûr tous les évènements du film ne sont pas arrivés à une seule et même personne, mais ce cheminement rend le film accessible. L'historique est bien expliqué sans être didactique, et on y comprend mieux comment certains Russes sont devenus milliardaires du jour au lendemain, et comment la fin de la Guerre Froide a produit le plus grand marché d'armes de tous les temps.

''Lord of war'' est mis en scène de façon magistrale, l'intrigue tient la route, les dialogues font mouche. Le casting est très réussi : malgré le fait que Nicolas Cage ait hésité avant d'accepter ce rôle d'antihéros aussi détestable qu'attirant, on ne pouvait imaginer mieux que lui pour incarner ce self-made man à contre-courant des stéréotypes hollywoodiens.
Jared Leto, qui retrouve ses habitudes de ''Requiem for a dream'', incarne avec brio Vitali, son jeune frère camé et psychologiquement fragile.
Ethan Hawke qui joue Jack Valentine, l'agent d'Interpol, avait déjà travaillé sous la direction d'Andrew Niccol dans ''Bienvenue à Gattaca'' et s'en tire toujours aussi bien. Enfin, mis à part le fait qu'elle ignore tout des activités de son mari, Bridget Moynahan est assez crédible dans le rôle d'Ava.

Andrew Niccol s'est inspiré de trafiquants d'armes réels pour créer le personnage de Youri Orlov, et tous les événements du film sont avérés. Aussi gros que cela puisse paraître, des hélicoptères militaires ont bien été déclarés en douane comme destinés à des interventions humanitaires, les paramètres d'enregistrement de certains navires ont bien été modifiés une fois en pleine mer, un trafiquant a bien été libéré des prisons américaines suite à de mystérieuses pressions, et les stocks d'armes soviétiques pillés après la chute de l'URSS... à titre d'exemple ce n'est pas moins de 32 millions de dollars d'armes qui ont ''disparu'' en dix ans rien qu'en Ukraine. Le film n'est donc pas complètement une fiction et, bien qu'aucun nom ne soit cité, on pourra également reconnaître le dictateur libérien Charles Taylor dans le personnage d'André Baptiste, mais celui-ci aurait très bien pu représenter n'importe quel tyran mégalomane du continent.

Le film a été difficile à monter du fait de son sujet brûlant d'actualité, et le financement d'autant plus difficile à trouver que le scénario a été soumis une semaine avant le début de l'invasion de l'Irak... Ce sont finalement des investisseurs étrangers qui ont osé parier sur le projet.
Le tournage a commencé à New York, puis s'est poursuivi dans les quartiers mal famés du Cap en Afrique du Sud, réplique idéale des scènes de rues de Monrovia, pour s'achever en République Tchèque par plusieurs scènes de paysages d'Europe de l'Est et dans une ancienne base militaire soviétique. Pour le tournage, Andrew Niccol a acheté 3000 kalachnikovs, pris contact avec des trafiquants réels, dont un particulier tchèque qui lui a loué à titre privé 100 tanks T-72 russes. Niccol a néanmoins dû avertir l'OTAN du tournage pour éviter que les images satellites fassent croire à la préparation d'une guerre.

Enfin, les chiffres de ''Lord of war'', déjà alarmants, sont désormais en dessous de la réalité car périmés : il n'y a plus une arme pour douze personnes sur la planète mais désormais une pour dix. Sachant que chaque minute dans le monde une personne meurt du fait d'une arme à feu et que dans la même minute 15 armes sont produites ce chiffre devrait encore prochainement se réduire...
Le pire est que les Youri Orlov restent des petits joueurs dans ce business, 90 % des ventes d'armes à feu étant contrôlés par les gouvernements. Le film s'achève par ce constat accablant : les plus grands marchands d'armes au monde (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande-Bretagne)... sont aussi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU...
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