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le 8 mars 2011
Si les deux concertos de Bach, bien propres sur eux et interprétés avec une aisance confinant au détachement ne bouleversent en rien l'idée que l'on s'en fait, il en va bien autrement pour ce deuxième concerto pour violon de Gubaïdulina, composé en 2007 et interprété ici par sa dédicataire. En préparant des étudiants à un concert de l'orchestre philharmonique de Strasbourg qui doit donner cette pièce avec Gidon Kremer, dédicataire du premier concerto en 2000 (passionnante perspective!),j'ai pu, partition en main, suivre ce voyage de l'ombre à la lumière. Cette pièce, d'un seul tenant, est d'une incroyable richesse et déborde d'humanité et de mystère, tout en montrant une étonnante unité. Une construction très élaborée bâtie autour de motifs conducteurs récurrents la rend en effet rapidement accessible, et la somptueuse orchestration qui est partie intégrante de son essence n'est pas pour rien dans la séduction profonde qu'elle exerce d'emblée.
Lutte de l'individu contre les noirceurs de l'époque, ou ascension douloureuse d'une âme désireuse de s'affranchir de la matière, les montées sinueuses du violon solo contrecarrées par les sombres lourdeurs de l'orchestre, ou au contraire portées par des atmosphères d'une miraculeuse transparence sont les images forcément maladroites qui me viennent à l'esprit en évoquant ce concerto.
Les mots sont évidemment impuissants à cerner ce que vous procurera une écoute.
Interprétation électrisante, au niveau soliste, chef et orchestre.
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2 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 20 août 2009
Sofia Asgatovna (Gubaidulina) Goubaïdoulina est née en 1931 à Tchistopol, République du Tatarstan, URSS (Russie). Jusqu'en 1954, elle étudia la composition au Conservatoire de Kazan puis, après cette date, au Conservatoire de Moscou, où elle fut éléve de Nikolay Peyko (1916-1995) puis de Vissarion Shebalin (1902-1963). Explorant, dès l'origine, des systèmes d'accords inhabituels, elle fut en particulier soutenue dans sa démarche par Dmitri Shostakovich (1906-1975) qui, lors de son examen final, l'aurait incité à persévérer dans sa « voie erronée ». Dans le milieu des années 1970, elle fonda avec Vyacheslav Artyomov (né en 1940) et Viktor Suslin (né en 1942) le groupe d'improvisation musicale « Astreja » où elle improvisait sur des instruments rares d'Europe de l'Est, ainsi que sur des instruments rituels ; elle fut mise en 1979 sur une Liste Noire de l'Union des Compositeurs, pour avoir participé sans autorisation à des festivals de musique soviétique se déroulant en Occident. Profondément religieuse, influencée par toutes formes de musiques rituelles, par la mystique chrétienne et celle de Nikolai Berdyaev, par la philosophie orientale et la psychologie analytique de Carl Jung, par l'ésotérisme pythagoricien et l'utilisation des séries de Fibonacci et de la Section d'Or, Sofia Goubaïdoulina assigne au processus artistique la fonction de re-connexion entre le Soi et l'Absolu, considérant l'espace musical comme le média permettant de créer un lien direct avec Dieu, d'atteindre l'Unicité avec le Divin. Elle vit à Hambourg depuis 1992. Parmi les oeuvres majeures qu'elle a composé à ce jour, on peut noter un Quintette piano (1957), une Sonate pour piano (1965), la Cantate « Night in Memphis » (1968), « Concordanza » pour ensemble de chambre (1971), quatre Quatuors à cordes (1971-1993), dix « Préludes » pour violoncelle seul, « Hour of the Soul » sur un poème de Marina Tsvetaeva (1974), une Sonate pour Contrebasse et piano (1975), un Concerto pour basson et cordes (1975), le Concerto « Introitus » pour piano et orchestre de chambre, « In Croce » pour violoncelle et orgue (1979), pour bayan et violoncelle (1991), le premier Concerto « Ofertorium » pour violon (1980, rev. 1982,1986), la Sonate « Rejoice » pour violon et piano (1981), « Sieben Worte » pour violoncelle, bayan et cordes (1982), « Hommage à Marina Tsvetaeva » pour choeur a cappella (1984), « Hommage à T.S. Eliot » pour soprano et octuor (1987), un Trio à cordes (1988), « Alleluja » pour chaeur mixte, soprano, orgue et grand orchestre (1990), « Hörst Du uns, Luigi? Schau mal, welchen Tanz eine einfache Holzrassel für Dich vollführt » pour six percussionnistes, « Aus dem Studenbuch » sur un texte de Rainer Maria Rilke (1991), « Ein Engel » pour violon et contrebasse (1994), « Musique pour Flûte, cordes et Percussions » (1994), « Quaternion » pour Quatuor de violoncelle (1996), un Concerto pour alto et orchestre (1996), « The Canticle of the Sun of St Francis of Assisi » (1997), « Johannes-Passion » (2000), « Johannes-Ostern » (2001), « The Light of the End » pour orchestre (2003), « Under the Sign of Scorpio » pour bayan et orchestre (2003), « The Lyre of Orpheus » pour violon, percussions (2006), le second Concerto pour violon « In tempus praesens » (2007), ou bien encore le Concerto « Glorious Percussion » pour percussions et orchestre (2008).

(Pour le Concerto pour violon N° 1 « Ofertorium » : Oleg Kagan, violon ; USSR Ministry of Culture Symphony Orchestra, Gennady Rozhdestvensky ; Live Classics, 2004 - ASIN B0002JP4ZA)
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