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38 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le sentimentaliste exaspéré
Céline est un sentimentaliste exaspéré, disait Drieu La Rochelle. Il avait entièrement raison. On trouve dans Bagatelles pour un massacre la longue plainte d'un homme sentimental, épris des plus grandes craintes à l'idée d'une nouvelle guerre, cette nouvelle boucherie qui va forcément arriver; il le sent, il le...
Publié le 5 décembre 2011 par Matavar

versus
2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pamphlet
Ce qui frappe dès le début c'est le style dense où la répétition de certaines affirmations revient comme une litanie dans laquelle l'antisémitisme est tout à fait assumé jusqu'à la caricature. Les nombreux développements sur les transformations d'une population modeste celle de son enfance qui...
Publié il y a 17 mois par masquelier guy


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38 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le sentimentaliste exaspéré, 5 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Céline est un sentimentaliste exaspéré, disait Drieu La Rochelle. Il avait entièrement raison. On trouve dans Bagatelles pour un massacre la longue plainte d'un homme sentimental, épris des plus grandes craintes à l'idée d'une nouvelle guerre, cette nouvelle boucherie qui va forcément arriver; il le sent, il le sait.
Céline est d'abord un monstre d'érudition. Il sait de quoi il parle. Il a réellement vécu tout ce qu'il raconte. Il a réellement lu tout ce qu'il cite. Il avait compris toute la trame de la révolution bolchevique avant tout le monde...40 ans avant Antony Sutton...
Il ne fait pas semblant. Il ne regarde pas la vie à travers la vitre d'une voiture, comme tant de ces écrivaillons bourgeois qu'il descend en flammes. Il a des raisons de raconter ce qu'il dit. Et qu'il dit avec une telle force...
Ceux qui s'évertuent à séparer l'homme de l'écrivain chez Céline ne l'ont jamais lu; s'ils l'ont lu, ils ne l'ont pas compris. Céline n'est pas un écrivain; c'est un homme ! Il écrit comme il pense, il pense comme il écrit. Il n'y a pas de tricherie. Il sent des choses que nous, petits cloportes imbéciles du XXIème siècle n'avons même pas idée. Céline est là, vivant. Il touche à la moëlle de l'être humain.
Il y a sans doute des petits reproches à lui faire : il est un peu trop virulent, il insiste parfois un peu trop sur les reproches qu'il a à adresser à la société, au détriment des messages qu'il entend faire passer. Parfois, il se met à vociférer tellement fort qu'on en viendrait à oublier que Céline, avant tout, aimerait avant tout qu'on lui fiche la paix. On ne peut non plus nier qu'il est racialiste.
Mais c'est tout. À part ça, Céline est un géant; il nous surpasse tous. Le critiquer reviendrait à confirmer ce qu'il écrit tout au long de ce pamphlet qui a tant fait couler d'encre...

Réapprenons à lire, sans a priori.
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21 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quel bouquin !, 18 mars 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Je suis de ceux qui aiment constater les choses sans intermédiaire.
Rien ne me gonflent plus que les pères la morale.
De quel droit ce pamphlet ne pourrait-il pas être réédité de nos jours, plus de 70 ans après sa première parution ?
De quoi ont peur ceux qui le censurent ? Les mêmes qui pondent des lois contre le révisionnisme et qui empêchent les historiens de faire correctement leur boulot.
Ce livre est certes, incisif, direct, mais pas plus que la torah ou que les conneries débitées par BHL, Danny le rouge ou Fernand Nathan !
Personne ne devrait se faire dicter sa façon de vivre. Que l'on bouffe du maïs transgénique ne dérange personne, que l'on soit actuellement sous la coupe de Bruxelle ne choque personne, que l'essence soit à 1,70 euros n'éveille plus de désir de manif, que Hollande veuille armer les mêmes blaireaux qu'en Lybie (ceux que nous combattons actuellement au Mali) satisfait tout le monde.
Très bien, mais laissez-nous déguster ces bouquins ( Céline, Rebatet, Rassinier, etc..) en paix !
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre visionnaire, 6 septembre 2013
Par 
crew.koos (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TESTEURS)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
" Comment se fabriquent, je vous
demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations d'aujourd'hui ?
Comment le plus infime crétin, le canard le plus rebutant, la plus désespérante
donzelle, peuvent-ils se muer en dieux ?... déesses ?... recueillir plus d'âmes en un jour
que Jésus-Christ en deux mille ans ?... Publicité ! Que demande toute la foule
moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l'or et devant la m*** !... Elle a
le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n'eut jamais dans
toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus
insignifiante est l'idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le
coeur des foules... mieux la publicité s'accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute
l'idolâtrie... ".

Voilà le genre d'envolée que l'on peut trouver dans ce "pamphlet" de Céline. Etonnement d'actualité en ces temps d'Anges de la Téléréalité et autres Nabilla. Est ce parceque le livre est caricaturellement antisémite qu'il est aujourd'hui interdit de ré-édition ou, beaucoup plus sournoisement, parcequ'il est porteur d'un message et d'un discours bien plus pernicieux envers le système dans lequel nous vivons aujourd'hui ? La question mérite d'être posée, tout comme il convient de s'interroger sur les raisons réelles pour lesquelles l'anniversaire de la mort de ce génie de la littérature française, pacifiste convaincu, a été passé sous silence par les élites auto-proclamées.

Ne nous voilons pas la face, la haine du juif transpire à chaque page de ce pamphlet, l'argumentaire est parfois simpliste et Céline vocifére comme jamais, mais le message, lui, n'a pas pris une ride, bien au contraire et il est d'autant plus retentissant que, n'en déplaise aux gradiens du temple bien pensant, la plume de l'auteur est peut être bien à son apogée dans ce texte (il n'en sera pas forcément de même dans les pamphlets suivants).

Avant de juger et de clouer au pilori sans s'être donné la peine de creuser un peu son sujet, nombre de prétendus experts littéraires feraient peut être bien de (re) lire ce texte, ne serait ce que pour s'imprégner de l'idée que se faisait l'auteur du travail des "critiques".

CREW.KOOS
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45 internautes sur 67 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comme on ne peut plus en faire..., 10 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Des vérités, des évidences, des descriptions, des noms, des faits, des démonstrations aussi précises et détaillées qu'implacables - tout cela dans la forme d'une torrentielle et irrésistible et vengeresse prouesse d'écrivain. Interdit de publication - garantie à peine paradoxale de vérité et d'objectivité par les temps qui courent - ce texte, avec son pendant, "L'école des cadavres", est d'une brûlante actualité en ce début de troisième millénaire - ce que Céline avait d'ailleurs lui-même prévu. Profitons qu'il se puisse encore trouver. Ne laissez pas échapper ce livre essentiel à l'heure d'une mondialisation qui se nommait à l'époque de Céline le cosmopolitisme.
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5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un génie que l'on voudrait bien nous faire oublier, 30 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Oui ! Un génie comme la France n'en produit plus.

Il serait d'ailleurs bon de s'interroger sur les raisons profondes de cet état de fait (ma foi merveilleusement
expliquées dans cet ouvrage).

On ne peut dire qu'il est un génie pour certaines de ses oeuvres et non pour d'autres trop sujettes à la critique.
Il est un génie tout court et cela vaut pour toute son oeuvre, n'en déplaise à certains.

Ce qui lui vaut cette mise au ban, c'est d'avoir rendu si lisibles à la Plèbe les entrailles de la Bête (pour avoir travaillé quelques années à la Société Des Nations).
Et surtout que son génie, pas seulement littéraire, puisse donner de la crédibilité à ses dires.

"Mein Kampf" pose beaucoup moins de problèmes de ce point de vue là, d'où sa plus grande accessibilité à qui voudrait se le procurer.
Je soupçonne d'ailleurs l'écrivain d'avoir voulu protéger sa veuve en lui demandant de ne plus publier certains pamphlets, dont ce dernier.

Enfin, cet ouvrage est d'une actualité troublante. Par certains moments, on a peine à croire qu'il fut écrit avant la seconde guerre mondiale.
Un ouvrage sans doute prémonitoire pour la troisième qui se dessine avec de nouveaux ennemis qu'on nous propose (l'Islam) à défaut des cadavres bien secs de nos nations européenes.

Ce sera, au final, une belle hécatombe organisée de longue date par notre oligarchie malthusienne.
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Du très grand Céline, 25 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Ce livre est une pépite. On comprend vite qu'il soit interdit en France car il a du valoir beaucoup de problèmes à Céline, surtout après la guerre.

Je déconseille ce livre aux gens trouvant Dieudonné fasciste, vous risqueriez un choc !
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 céline...bonne affaire !, 10 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
comment se fait-il qu'on ne trouve pas cette ouvrage à un prix décent ? Spéculerait-on sur Céline ? Il est honteux de priver le public de ce livre et d'empêcher les éventuels lecteurs de se faire une opinion par eux-mêmes.
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2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pamphlet, 24 mars 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Ce qui frappe dès le début c'est le style dense où la répétition de certaines affirmations revient comme une litanie dans laquelle l'antisémitisme est tout à fait assumé jusqu'à la caricature. Les nombreux développements sur les transformations d'une population modeste celle de son enfance qui évolue en cette fin de 19éme siècle sont soigneusement décrits. La banlieue si proche de Paris fait l'objet d'une analyse de ce monde où se mêlent ouvriers, artisans, artistes dans une mosaïque bigarrée unis dans un même destin. Il est dommage que par la décision d'un ministre de la culture contestable, les 50 ans de la disparition de celui qui est et sera reconnu comme un de nos grands écrivains, n'est pas donné lieu à des débats et des réunions d'information sur son œuvre et la sortie d'un purgatoire où le maintient une certaine caste politicolittéraire.
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25 internautes sur 49 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 La haine à mort, 13 février 2011
Par 
Valnoise (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Commencé à Saint-Malo au mois de juillet 1937 et paru à la fin de la même année, Bagatelles pour un massacre est dédié par Céline à son ami Eugène Dabit. Peintre et romancier, l'auteur de L'Hôtel du Nord (membre de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires) est mort en août 1936 en URSS où il accompagnait André Gide, pendant que de son côté Céline visitait Léningrad.

Trois dates permettent de mieux comprendre le contexte de l'été 1937 :

- le 25 mai, ouverture à Paris de l'Exposition internationale Arts et techniques dans la vie moderne, grande manifestation qui se proposait de promouvoir la paix. Inaugurée dans les gravats et la discorde avec un mois de retard, l'Exposition de 1937 attirera trente millions de visiteurs (grosse affluence aux pavillons du IIIème Reich et de l'URSS, qui se faisaient face) ;

- le 9 juin, sortie de La Grande illusion. Véritable playdoyer contre le nationalisme et l'antisémitisme, ce film humaniste et pacifiste va connaître un énorme succès populaire (il sera interdit dès 1940) ;

- le 21 juin, démission de Léon Blum, dont la présence à la Présidence du conseil a contribué à susciter une vague d'antisémitisme de grande ampleur.

C'est alors que Céline crache ce long « pamphlet », aux allures de faux roman sur les bords. Truffé de citations faisandées et de statistiques bidon (un appareil critique serait indispensable), Bagatelles pour un massacre s'avère tout aussi diluvien que diarrhéique, casant deux projets de ballet (qui venaient de lui être refusés), un compte rendu du voyage de 36 en URSS, des considérations sur la SDN, l'urbanisme, l'enseignement secondaire, la « vinasserie française », les 40 heures, l'Expo de 37, La Grande illusion...

Avec cette question centrale : « Pourquoi n'aurais-je pas le droit, dans mon pays, de hurler que je n'aime pas les Juifs ? »

Et précisément de hurler : « S'il faut des veaux dans l'Aventure, qu'on saigne les Juifs ! »

Et de préciser : « Portant les choses à tout extrême, pas l'habitude de biaiser, je le dis tout franc, comme je le pense, je préférerais douze Hitler plutôt qu'un Blum omnipotent. Hitler encore je pourrais le comprendre, tandis que Blum c'est inutile, ça sera toujours la haine à mort, absolue. »

Parfaitement déchaîné, le fameux « plus grand écrivain français du vingtième siècle, avec Proust » (dernière vulgate, sans grande signification) donne libre cours à un délire d'une méchanceté inouïe. Persécution, analité, crainte de se faire mettre. Tous les stéréotypes y passent : « J'aime pas leur odeur c'est tout... j'ai le droit...Je suis chez moi. »

Avec des menaces : « Toi, ton puant, pourri pognon, tu peux te le filer dans la fente, et puis maintenant trisse ! Infect ! Ou je te bute ! »

Ce qui laisse présager la suite :

« Moi je voudrais bien faire une alliance avec Hitler. Pourquoi pas ? »

« Il aime pas les Juifs Hitler, moi non plus !... ».

Hitler peut bien s'emparer de toute l'Europe, « pourvu qu'il écroule pas ma crèche. »

« Les boches au moins, c'est des blancs. »

« Deux millions de boches campés sur nos territoires pourront jamais être pires, plus ravageurs, plus infamants que tous ces Juifs dont nous crevons. »

Comme il fait les demandes et les réponses, et avant de repartir de plus belle, Céline fait ponctuellement mine de se reprendre :

« Mais tu délires, Ferdinand !... Nom de Dieu t'es saoul !... »

Ou plus loin :

« T'es un haineux, et puis c'est marre...C'est ta sale nature.. »

Se présentant lui-même comme « un genre de fou qui raisonne » ou encore comme « un sale raté », et ne se ménageant guère (« retors, médisant », « radoteux tordu petit scribouillant »), Céline fait cet aveu : « Plus on est haï, je trouve, plus on est tranquille. »

Dans Bagatelles pour un massacre, ce livre injustifiable dont lui-même et ses ayants droit ont toujours refusé la réédition, l'auteur du Voyage au bout de la nuit ne gueule pas seulement sa haine des Juifs. Il fait à longueur de page du Céline (ici ou là du meilleur Céline, décrivant merveilleusement Léningrad, par exemple), délivre sa poétique (« un style c'est une émotion »), récuse académisme, gidisme, objectivisme, et moque la littérature camomille comme « la très minusculisante analyse d'enculage à la Prout-Proust ».

Ne semble-t-il pas difficile de continuer à ignorer ce texte, qui présente un intérêt manifeste pour l'histoire du vingtième siècle en France comme pour l'histoire littéraire ? Mais à la Pléiade ? En livre de poche ? Vraiment ?
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13 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 La nausée et les mains sales, 31 mai 2011
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bagatelles pour un massacre (Broché)
Les récentes controverses sur l'hommage national à rendre à Céline à l'occasion du cinquantenaire de sa mort ont remis en lumière la double nature de Louis-Ferdinand, qui, selon le cliché (qui comme tous les clichés a sa part de vérité) était à la fois « un écrivain génial et un parfait salaud ». Et quelle aeuvre résume mieux cette dualité que ce célèbre pamphlet, dont il faut rappeler qu'il n'est pas interdit à la publication mais que la veuve et ayant-droit de Céline, Lucette (née en 1912, toujours vivante) n'autorise pas sa réédition - mas un simple clic sur internet permet d'y avoir accès.
Mea culpa (1936), le premier pamphlet, était un texte court et centré sur l'expérience soviétique. Les `Bagatelles', parues chez Denoël l'année suivante, relèvent d'une toute autre dimension. Au départ, dialogue fictif entre Céline et un ami, le texte est en fait un long monologue, et, pour 80% environ de celui-ci, une diarrhée ou un vomissement antisémite (pour reprendre les métaphores physiologiques qu'affectionne le docteur Céline).
Céline est en guerre et il ne prévoit pas de prendre de prisonniers. Reprenant tous les clichés de l'antisémitisme moderne, ce texte abject met en lumière la haine et la paranoïa pathologique de Céline à l'égard du peuple juif - et a pu, à l'époque, accoutumer les esprits au génocide de masse qui devait suivre du fait des multiples appels au meurtre que comprend le texte. Aujourd'hui encore, et même en replaçant dans le contexte de l'époque, on reste confondu devant tant de haine - et je n'ai guère trouvé d'explication à l'origine de cette folie dans les différentes biographies ou essais sur l'écrivain.
Restent les 20 derniers pourcents - et la vérité oblige à dire qu'ils sont passionnants et brillants : étonnant compte rendu de son voyage en URSS (quelles prémonitions !), brillant dégagement sur la plaie de l'alcoolisme, saisissante critique de la civilisation des loisirs (télévision, cinéma, bistrots) comme facteur d'abrutissement du peuple. On croirait lire Muray, Renaud Camus et autres néo-réactionnaires... sauf que le style célinien n'a évidemment rien à voir. Car tel est bien le problème insoluble posé par ces `Bagatelles' (qui explique qu'elles passionnent les aficionados de Céline quand même) : c'est un des textes où se donne le mieux à voir le génie de la logorrhée célinienne et c'est aussi un manifeste esthétique. Voir les quelques pages où il pulvérise les héritiers de France et Proust, les Gide, Giraudoux, Duhamel, Romains... et autres adeptes d'un beau style qu'il juge factice et plus près de la composition française de lycée que le sève et des racines de la langue vraie.
Mais, comme la Révolution française, Céline est un bloc et on n'imagine guère un éditeur faire une extraction des 50 pages intéressantes du pamphlet...
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Bagatelles pour un massacre
Bagatelles pour un massacre de Louis-Ferdinand Céline (Broché - 1937)
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