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5.0 étoiles sur 5 Mécaniques burlesques pour poésie surréaliste (explosive!), 23 avril 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret intégrale buster keaton (DVD)
LE COFFRET BUSTER KEATON
Ce coffret est splendide à tous points de vue:
1. L’objet est à la fois très beau et très pratique.
2. Le design est soigné.
3. Les onze DVD ont le même graphisme mais une couleur différente.
Ils sont rangés chronologiquement dans un compartiment indépendant.
Les compartiments sont reliés comme un livre que l’on peut ouvrir facilement.
4. La cerise dans le coffret: un livret de 82 pages qui n’est pas signalé dans les détails/produit d’Amazon (l'info est visible en cliquant sur l'image du coffret).
Ce livret est riche en informations sur le parcours cinématographique de Buster Keaton, sur le synopsis de chacun des films, sur le contexte de chacun des tournages. Une analyse synthétique très pertinente accompagne également les dix films.

POURQUOI SEULEMENT DIX LONGS-MÉTRAGES?
Buster Keaton a tourné treize longues comédies burlesques muettes entre 1920 et 1929.
Le coffret ne retient que dix films, sûrement parce que le comédien-réalisateur était indépendant des grands studios et qu’il possédait à l’époque sa propre société de production «Buster Keaton Comedies».
Le premier non retenu, «The Saphead», est une production «Metro Pictures» (plus tard MGM) et n'est pas mis en scène par Keaton.
Pour les deux derniers, «L’Opérateur» («The Cameraman») et «Le Figurant» («Spite Marriage»), Buster Keaton accepte le financement de la MGM car son film précédent, «Steamboat Bill, Jr.», est un véritable naufrage commercial. Cet échec correspond bizarrement à l’état d’esprit des gags de ce film-catastrophe qui sera par la suite reconnu à sa juste valeur et considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre.
La fin de son indépendance puis la fin progressive du muet signent l’arrêt de mort artistique de Keaton.
Surnommé «L’homme qui ne rit jamais» à cause de son visage impassible malgré le déchaînement des catastrophes, le cinéaste ne tournera plus, à la différence de son «ennemi comique» Charlie Chaplin.

LES ONZE DVD
L’ensemble est de grande qualité pour des films aussi anciens (1923-1928).
Les dix longs-métrages ont été restaurés soit par David Shepard et sa compagnie «Film Preservation Associates» ou par «Lobster Films», société créée par Serge Bromberg, un passionné de vieux films. Ces deux entreprises fédèrent des cinémathèques du monde entier et entreprennent de redonner une seconde jeunesse à des copies de films mal en point.
En ce qui concerne ce coffret, c’était le cas pour la majorité des films de Keaton et celui qui a souffert le plus est le plus ancien.
La version restaurée des «Trois âges» est très estimable même si des rayures verticales accompagnent certaines séquences.
Les autres restaurations sont d’une bon niveau voire d’un très bon niveau (trois films sur les quatre derniers).
L’image est globalement stable. La définition est correcte.
Les contrastes de noir et blanc sont d’une finesse appréciable.
«MK2» et les «Laboratoires Éclair» ont participé à l’aventure de ces restaurations.
Bref, un excellent travail rehaussé par de nouvelles musiques bien adaptées à l’univers de chacun des films (sauf pour un, voir plus loin).

LES SUPPLÉMENTS
De nombreux suppléments accompagnent les DVD.
Sur chacun d’entre eux, David Robinson, spécialiste du film muet et biographe ultime de Charlie Chaplin, intervient dans une courte préface de cinq à six minutes. Il présente l’œuvre, la replace dans son contexte et extrait les scènes les plus emblématiques de l’univers keatonien.
Trois «Image par image» (de David Robinson) décortiquent des scènes acrobatiques où Keaton manque de se rompre le cou (certaine cascades ont d’ailleurs failli lui coûter la vie).
Cinq courts-métrages de la période 1920-1923 avec Buster Keaton sont aussi de la partie et mettent souvent le long-métrage correspondant en perspective.
Des dessins animés de l’époque et traitant des mêmes thématiques sont proposés.
Ainsi une animation de Tony Sarg qui prend la forme de silhouettes en ombre chinoise évoque les «amours préhistoriques» et anticipe de deux ans «les Trois âges». Étonnant!
D’autres dessins animés renvoient à des films de Keaton.
«Alice’s Tin Pony» de Walt Disney s’inspire du «Mécano de la General» mais aussi du «Cheval de fer» de John Ford.
«Ball Park» de Paul Terry est dans la lignée sportive de «College».
«Toby Voyage» («Down South») est complètement imprégné de l’univers de «Steamboat Willie» (dessin animé de Walt Disney et précurseur de l’animation parlant) et fait aussi référence «Steamboat Bill Jr.», dernier film vraiment indépendant de Keaton.
Le must! Trois documents datant de 1949, 1959 et 1964.
Après une longue traversée du désert, les quinze dernières années de Buster Keaton sont plus prolifiques et le comédien est enfin reconnu à sa juste valeur.
1. «The Buster Keaton Show» (27 minutes 32)
Passé les premières minutes où on a peur de voir un acteur sur le retour parodiant son personnage légendaire, on est d’abord interloqué, puis charmé par la présence scénique de Keaton.
Il finit même par emporter l’adhésion malgré la médiocrité de la réalisation de cette émission télévisée. On le voit s’échauffer pour un match de boxe. Ça démarre tout doucement et le final devient hilarant quand a lieu le combat. (Des gags s’inspirent directement de «Battling Butler», film du coffret.)
2. «Candid Camera» (5 minutes 36)
Deux longues scènes en plan presque fixe qui filme un Buster Keaton déjeunant dans un café et d’une maladresse incroyable. À coté de lui, un couple, parfois indisposé, parfois hilare, assiste à la scène. Un comique de caméra cachée vraiment sidérant.
3. «The Railrodder» (24 minutes 50)
Un film de Gerald Potterson qui demanda à Keaton en 1964 de participer à une aventure qui amènerait l’homme au canotier à traverser tout le Canada sur un wagonnet motorisé.
Cette œuvre quasi muette rappelle de nombreux longs-métrages des années 20 où le cinéaste-comédien utilisait les chemins de fer comme moteur de ses histoires et de ses gags.
En parallèle, une seconde équipe tournait un documentaire (55 minutes 30) sur «The Railrodder» et Keaton.
Quel étonnement, quel éblouissement que d’assister à la création de gags du comédien de près de 70 ans qui finit par prendre le dessus sur le réalisateur Gerald Potterson qui, il est vrai, avait une piètre connaissance du burlesque. Buster Keaton utilise son corps et sa dextérité gestuelle comme à ses plus beaux jours.

L’UNIVERS DE BUSTER KEATON
Buster Keaton a rapidement connu son apogée artistique avec ses longs-métrages.
Dès son deuxième film («Les Lois de l’hospitalité») en tant que metteur en scène, il parvient à créer un univers à la fois cohérent et absurde.
Cohérent car ses histoires s’inscrivent dans le réalisme. Tout est plausible.
Absurde car l’enchaînement des gags burlesques et les courses-poursuite épiques font dérailler le récit et le réel.
Sa science du montage permet de lier ces deux aspects, a priori contradictoires.
C’est ce qui en fait un grand poète du 7e Art.
C’est un génie inventif qui est capable de s’approprier n’importe quel thème, n’importe quelle époque, n’importe quelle intrigue, et qui réussit à se renouveler, même si tous les films ont bien sûr des points communs.
Une fois que l’on a regardé l’ensemble des dix films, le spectateur arrive à la conclusion que son œuvre est d’une homogénéité impressionnante mais sans redondance.
Cette impression est due à la qualité de sa mise en scène qui magnifie des moyens de locomotion, des décors et des paysages très différents.
Dès la première moitié des années 20, c’est un artiste complet (acteur, cinéaste, scénariste, décorateur, accessoiriste, jongleur, acrobate, cascadeur…).
Mais, hélas, il sera broyé par le système hollywoodien, de plus en plus avide de rentabilité immédiate.
En tout cas, le cinéma comique français (Jacques Tati et Pierre Etaix en tête) est très largement redevable de son univers poétique et absurde.

LES FILMS
1. «Les Trois âges» (1 heure 04) - Note personnelle 8,5/10
Buster Keaton est l’amoureux transi d’une jeune femme à travers trois époques différentes qui s’entrelacent: l’âge de pierre, l’Antiquité romaine et les années folles américaines. Pour garder sa belle, il doit affronter son ennemi juré Wallace Beery.
Le montage de ce film est un bijou d’orfèvre et rappelle «Intolerance», le chef-d’œuvre maudit de David W. Griffith.
Une scène culte à la 59e minute + 33 secondes: pour échapper aux policiers qui le poursuivent, Buster Keaton fait un saut vertigineux entre deux buildings; il ne réussit pas à s’accrocher au rebord du second building et tombe. Ce n’était pas prévu par le scénario. La chute hasardeuse vaut à Keaton quelques jours d’arrêt.
Mais comme il demande toujours à ses opérateurs de continuer à filmer malgré les aléas et les imprévus, il se servira de ce plan pour enchaîner avec cinq autres plans montrant une chute acrobatique qui le fait atterrir sur un camion de pompier. 36 secondes de montage ingénieux!

2. «Les Lois de l’hospitalité» (1 heure 13) - Note personnelle 10/10
1810, Sud des États-Unis.
La mort règne en maîtresse absolue dans la bourgade de Rockville. Les familles Canfield et McKay passent leur temps à s’entretuer. Le seul a échappé à ces violences vengeresses et meurtrières est Willy, le dernier fils des McKay, sauvé par sa mère et exilé à New York. Il reçoit une lettre qui lui annonce être l’héritier d’une maison qu’il imagine ressembler aux belles demeures des plantations du Vieux Sud. L’histoire va se transformer en pièce shakespearienne puisqu’à la manière de «Roméo et Juliette», Willy rencontre Virginia dans le train qui l’emmène vers la propriété paternelle: la jeune femme appartient en effet au clan Canfield.
Mais à la différence de la tragédie anglaise, tout se transforme en comédie burlesque même quand les frères Canfield essaient de tuer Willy McKay.
Ici encore, la force du film réside dans l’impression de réalité tragique mais qui s’altère au contact de «l’homme qui ne rit jamais» pour se transformer en parodie absurde.
Le premier chef-d’œuvre de Keaton où il manque encore de peu d’y laisser sa peau d’acrobate-cascadeur.

3. «Sherlock Junior» (44 minutes) - Note personnelle 10/10
Buster Keaton est projectionniste dans une salle de cinéma. Harcelé par son patron, il n’a qu’une envie: devenir détective privé comme son modèle Sherlock Holmes. Après avoir été accusé à tort d’un vol chez sa petite amie, il s’endort pendant une projection. Le rêve qu’il fait pendant son sommeil le transporte à l’intérieur du film projeté dans la salle. Il devient «Sherlock Junior» et vit une histoire incroyable faite de dangers plus mortels les uns que les autres.
Le film est d’une très grande originalité pour l’époque puisque le cinéaste utilise les artifices du cinéma pour raconter une histoire rocambolesque. Woody Allen utilisera (copiera?) les mêmes procédés pour son film «La Rose pourpre du Caire». Les qualités cinématographiques de «Sherlock Junior» préfigurent aussi le Surréalisme et Luis Buñuel n’y sera pas insensible 5-6 ans plus tard en réalisant successivement «Un chien Andalou» et «L’Âge d’or».

4. «La Croisière du Navigator» (1 heure) - Note personnelle 10/10
Le Pacifique.
Deux petits pays se font la guerre à travers les flots.
Des hommes réunis en secret décident ainsi de saborder «The Navigator», énorme paquebot à vapeur que possède le pays ennemi. Pendant ce temps-là, Rollo Treadway (Buster Keaton), jeune héritier de la fortune familiale et parfait désœuvré, décide soudainement de se marier. Il demande la main de sa riche voisine qui l’éconduit. Le soir même, il décide quand même de partir en voyage de noces sur le «Navigator» même si ce dernier ne prend la mer que le lendemain. Un concours de circonstances fait que la jeune femme qu’il désirait épouser est aussi sur le bateau; son père, ancien propriétaire, vient juste de le vendre. Les hommes de main des agents secrets larguent les amarres en pleine nuit et le couple se retrouve seul au milieu de l’océan, dérivant au gré des courants.
Le périple naval sera éprouvant.
Ce film utilise le même principe narratif que «Les Lois de l’hospitalité». Le début dramatique se transforme ainsi progressivement en comédie burlesque. Ainsi l'énorme paquebot est au départ synonyme de dangers qui pourraient rappeler le drame du "Titanic". Puis "Le Navigator" se transforme en accessoire comique, le plus imposant de la carrière de Keaton. Celui-ci en explore toutes les ressources pour imaginer un nombre impressionnant de gags délirants. Mais le plus réussi n'est pas cette accumulation de situations comiques, c'est la qualité de leurs enchaînements rendant le récit très fluide. Le montage brillant (Keaton est orfèvre en la matière) accentue Les qualités narratives. L'heure est passée à vitesse burlesque.
Le dénouement du film est comme souvent chez Keaton une démonstration spectaculaire d’acrobaties, cette fois-ci sur et sous l’eau.
Le cinéaste-comédien atteint encore une fois la perfection visuelle et burlesque et on peut utiliser à propos de ce film le terme de "chef-d’œuvre", son troisième en deux ans.

5. «Les Fiancées en folie» (56 minutes) - Note personnelle 8,5/10 pour l’ensemble
10/10 pour le premier quart d’heure et pour la scène finale
Par une belle journée d’été, James Shannon (Buster Keaton) rencontre Mary Jones. Il tombe éperdument amoureux de la jeune femme mais est trop emprunté et maladroit pour lui déclarer sa flamme. L’hiver a remplacé l’automne qui a lui-même succédé à l’été, et James ne parvient toujours pas à lui dire qu’il l’aime. Au printemps venu, alors qu’il croule sous les dettes, victime d’une arnaque, un avocat apprend à l’amoureux transi qu’il va hériter. Mais pour que cet héritage de sept millions de dollars lui soit légué, il doit remplir une seule condition: être marié au plus tard le soir de son vingt-septième anniversaire avant sept heures. Et comme le hasard fait bien les choses, c’est aujourd’hui même qu’il doit fêter ses 27 ans. Il décide de se déclarer à Mary en lui demandant sa main. Vexée par ce soudain engouement, elle décline sa requête. Dépité autant par ce refus que par sa propre maladresse, James Shannon et Billy Meekin, son associé de courtage, cherchent alors à partir d’une liste la perle rare. Tandis que James erre dans les rues de la ville, Billy et l’avocat passent une petite annonce dans «The Daily News», le journal de l’après-midi. James finit par se retrouver face à des centaines de fiancées.
Dès lors, une course-poursuite s’engage et le compte à rebours dramatise cette situation.
Ce film de Keaton est un peu à part dans sa filmographie puisqu’il s’agit d’une commande à partir de l’adaptation d’une pièce qui se situe entre le vaudeville de situations et la farce extravagante.
Ce n’est pas vraiment l’univers de Keaton qui préfère s’ancrer dans le réalisme pour mieux le pervertir par la suite.
L’ensemble est d’un bon niveau malgré quelques gags sur la communauté noire. Aujourd’hui, ils peuvent paraître racistes mais ils s’inscrivent dans la perception que la société de l’époque, pleine de préjugés et au passif lourd, avait des Afro-Américains.
On peut plus sûrement se délecter des gags avec l’avocat ou l’horloger.
Une scène d’anthologie: Keaton poursuivi par une avalanche de rochers de toute taille (certains dépassent largement en taille notre acrobate).

6. «Go West» (1 heure 09) - Note personnelle 8,5/10
Dans une petite ville de l’Indiana, Friendless (Buster Keaton) est un pauvre hère à la recherche d’un emploi. Seul et sans amis, il s’installe dans un wagon de marchandises. Le train part vers l’Ouest. C’est là-bas qu’il devient cow-boy. La seule amie que Friendless réussit à se faire est Brunette, une vache qui lui sauve la vie. Après le dur apprentissage de la vie de garçon vacher, son patron lui annonce un jour qu’un troupeau doit partir à l’abattoir. Brunette est du voyage. Dans l’impossibilité de s’opposer à cette décision, Friendless décide d’accompagner sa seule amie dans l’espoir de lui sauver la vie. Le train qui fait rail vers Los Angeles est attaqué par une bande de fermiers rivaux. Friendless se retrouve seul maître à bord du convoi qui redémarre. Arrivé à Los Angeles, il décide de s’échapper avec sa dulcinée bovine mais tout le troupeau les suit, semant la zizanie dans la ville apeurée.
Un film un peu bancal au milieu mais grandiose dans ses dix premières minutes et surtout dans l’épisode final dans les rues de Los Angeles.
La mise en scène et le montage sont une réussite totale dans le dernier quart d’heure couronné par un quiproquo étonnant dans l’ultime minute.
Dommage que cette fois-ci, la musique soit si démonstrative, à la limite de l’emphase.

7. «Battling Butler» (1 heure 11) - Note personnelle 9,5/10
Le début du film se rapproche de «La Croisière du Navigator».
Alfred Butler (Buster Keaton) est un jeune homme de la ville, riche et désœuvré. Ses parents, inquiets de son oisiveté, l’envoient à la montagne pour chasser et pêcher. Mais Alfred est incorrigible puisque, toujours accompagné par son servile valet, il ne peut vivre à la dure. Un jour, les deux hommes rencontrent une jeune fille des montagnes. La femme ainsi que sa famille modeste sont un peu étonnées par leurs attitudes précieuses et ampoulées. Alfred tombe amoureux de la montagnarde et fait dire à son valet qu’il veut l’épouser. Pour impressionner favorablement la famille, le valet leur divulgue le métier d’Alfred: son maître est un boxeur professionnel; dans le journal, un homonyme, le vrai boxeur, doit combattre le lendemain pour parvenir en finale des poids légers. Englué dans le mensonge car le boxeur Alfred Battling Butler accède à la finale, l’oisif Alfred ne veut pas décevoir la belle qu’il vient d’épouser. Il fait semblant de se préparer à affronter le champion du monde. Mais une suite de quiproquos l’amène à devenir le véritable challenger du «Tueur de l’Alabama».
On trouve moins de gags burlesques dans ce film mais le scénario d’une richesse incroyable compense très largement ce manque. Le spectateur pense ainsi pouvoir deviner la suite de l’histoire mais c’est sans compter sur l’imagination de Buster Keaton.
La mise en scène est époustouflante d’inventions visuelles.
Le montage est, comme depuis le premier film du cinéaste Keaton, d’une perfection qui rend le récit fluide, coulant de source.
Le casting est impressionnant. Une mention particulière est à accorder à Snitz Edwards, comédien qui joue le valet et qui a déjà joué l’avocat dans «Les Fiancées en folie». La subtilité de son jeu permet à l’histoire d’avancer de manière claire.
J’hésite à mettre 10 sur 10. Ce d'autant plus que Chaplin a emprunté et détourné à sa manière quelques gags pour son film «Les Lumières de la ville».

8. «Le Mécano de la General» (1 heure 18) - Note personnelle 10/10
Je vous laisse lire les excellents commentaires d’amazoniens sur ce nouveau chef-d’œuvre ici.
Juste deux éléments à signaler:
1. Les trains ont toujours eu une place de choix dans les films de Keaton; dans «Le Mécano de la General», c’est l’apothéose des chemins de fer.
2. Une nouvelle musique a été écrite spécialement par Joe Hisaishi en 2004 pour la restauration du film.
Le compositeur de Kitano ou de Miyasaki a réalisé une œuvre musicale parfaite.

9. «College» (1 heure 02) - Note personnelle 7,5/10
1908 en Californie.
Jour de la remise des diplômes à la fin du collège.
Ronald (Buster Keaton), élève le plus brillant de son collège, brocarde dans son discours de fin d’étude les activités sportives: son titre «le fléau de l’athlétisme». Il subit les railleries des autres élèves et tout le monde, choqué, finit par quitter la salle. Même Mary Haynes, jeune femme radieuse et populaire, lui dit que son discours était ridicule. Pour la séduire, il décide de se mettre au sport quand il rentrera à l’université. Hélas pour lui, Mary a déjà un soupirant, Jeff Brown, un véritable athlète. L’apprentissage, qu’il soit amoureux ou sportif, sera douloureux.
Le plus conventionnel des films de Keaton dans sa trame. Celle-ci s’inscrit dans la veine sportive chère à Hollywood au milieu des années 20.
Le cinéaste-comédien-athlète y réalise quand même quelques morceaux de bravoure (gags et montage réunis).
Seule la fin, que je me dois de ne pas dévoiler, est étonnante pour une comédie burlesque.
Et l’on retrouve Snitz Edwards dans le très beau rôle du doyen de l’université.

10. «Steamboat Bill, Jr.» (1 heure 17) - Note personnelle 10/10
Le principe du film se rapproche des «Lois de l’hospitalité», en moins dramatique.
Deux familles rivales s’opposent sur les eaux du Mississippi. Chacune d’entre elles possède un bateau à vapeur. Mais les bateaux ne jouent pas dans la même catégorie. «The King» est un steamer flambant neuf qui appartient à J. J. King, richissime homme d’affaires tandis que le vieux steamer fatigué «Stonewall Jackson» appartient à William Canfield. Ce dernier bateau est surtout connu sous le nom de «Steamboat Bill». Dans quatre jours, William va recevoir la visite de son fils William Jr. qu’il n’a pas vu depuis sa naissance. Il a le secret espoir que Bill Jr. reprendra son vieux steamer. Déçu par la personnalité pitoyable de son fils, William Sr. décide quand même d’affronter J. J. King. Mais les choses ne s’arrangent pas quand Bill Jr. tombe amoureux de Marion Kitty, la fille de King. Les «Roméo et Juliette» du Mississippi parviendront-ils à s’aimer dans la paix?
Il est intéressant de remarquer que le nom de la famille de Keaton dans ce film, Canfield, est le même que celui des "méchants" des «Lois de l’hospitalité».
On peut d’ailleurs relever de nombreux autres points communs entre ces deux films.
Ce nouveau chef-d’œuvre de Buster Keaton est d’une écriture filmique irréprochable.
En plus d’être le premier film-catastrophe de fiction de l’histoire du cinéma, il est d’une beauté visuelle à tous points de vue (cadrages, montage, mouvements de caméra, décors, paysages, distribution…).
La perfection est atteinte à la 53e minute quand un ouragan se lève.
Buster Keaton y réalise des acrobaties extraordinaires.
Sa mise ne scène est d’une telle précision que le spectateur ressent la force de la tempête quand Keaton avance dans les rues de la ville, et on a le souffle coupé lorsqu’une façade de maison lui tombe dessus.
Une mécanique burlesque millimétrée pour une poésie surréaliste.

Les deux derniers films muets de Keaton qui ne sont pas dans ce coffret:
«L'Opérateur» - Note personnelle 10/10
«Le Figurant» - Note personnelle 8/10
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4.0 étoiles sur 5 BUSTER KEATON LES MEILLEURES ANNES, 1 novembre 2010
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Travail rapide et sérieux. ATTENTION : Ce n'est pas l'intégrale, mais les meilleures années. NE PAS CONFONDRE
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 ah! Buster!, 13 février 2013
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depuis quarante ans je ne me lasse pas. Pouvoir le voir et le revoir chez soi quel bonheur. La qualité de cette édition toute àfait correcte.
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