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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un opéra unique et méconnu, dans sa version idéale, 5 mai 2012
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Georges Enesco : Oedipe (CD)
Considéré comme le plus grand compositeur roumain, Enescu (françisé en Enesco) est issu d'une famille marquée par la tragédie; alors qu'ils ont déjà perdus leurs septs premiers enfants, ses parents, très religieux, considèrent sa naissance comme un don divin. Il découvre très tôt la musique, à travers les orchestres tziganes dont on retrouvera l'influence dans toute sa musique. Georges fait preuve de dons naturels exceptionnels; il part à Vienne étudier le violon, le piano, et la composition (il y rencontrera Brahms en 1894, à 13 ans). Il part ensuite à Paris poursuivre ses études avec des professeurs comme Ambroise Thomas, Jules Massenet ou Gabriel Fauré, et avec des partenaires comme Fritz Kreisler ou Jacques Thibaud.

Excellent chef d'orchestre, pianiste, violoniste virtuose, ses succès d'interprête ont souvent éclipsés ses talents de compositeur (à son grand dam, d'ailleurs). Il est aussi connu comme pédagogue hors pairs; parmi ses disciples citons Grumiaux, Ferras ou encore Dinu Lipatti (dont il était le parrain), et bien sûr l'ami Yehudi Menuhin (une association qui a laissé quelques traces enregistrées remarquables). S'il est surtout connu pour sa célébrissime Rhapsodie Roumaine ou pour sa 3ème Sonate pour violon, on lui doit tout de même une bonne trentaine d'opus, et notamment un unique opéra : Oedipe, tragédie lyrique en 4 actes qui repose sur un livret versifié inspiré des textes antiques grecs de Sophocle, dont on retrouve ici les deux épisodes, encadrés d'un prologue et d'un épilogue, permettant de tracer la vie d'Oedipe depuis le berceau jusqu'à sa mort.

La composition initiée en 1910 aboutira seulement en 1931, la création ayant lieu à l'Opéra de Paris en 1936 (neuf ans après l'Oedipus Rex de Stravinsky). Il ne sera ensuite que rarement joué, si ce n'est quelques représentations entre 1955 et 1958 (à Paris, Bruxelles et Bucarest). Heureusement, ces dernières années, cet opéra semble peu à peu sortir de l'ombre, avec notamment une version (quelque peu réduite) donnée à Vienne en 1997 (et dont la Première a été captée par Naxos), ou encore des productions scéniques à Toulouse (2008) et à Bruxelles (2011).

L'orchestre est l'élément fondamental de l'opéra, l'action étant plus descriptive que scénique; on y retrouve l'influence de Massenet et Debussy mais aussi celle de Wagner. Une orchestration riche et complexe, dans un langage musical raffiné, tout en subtilités et en couleurs, fait d'art mélodique consommé sur l'autel du romantisme crépusculaire, avec un usage aussi intensif que discret du leitmotiv. L'ensemble de la composition gravite autour de l'éprouvant rôle titre, symbolisant le genre humain soumis à l'implacable volonté de dieux; les nombreux autres intervenants secondaires servant en somme à le mettre davantage encore en évidence. Un Oedipe ouvertement humaniste, d'une grande puissance et d'une grande richesse, avec un final en forme de nitescence christique.

Même si l'on citera pour mémoire un premier enregistrement mondial en 1966, dans la version roumaine, cet enregistrement studio réalisé à Monte-Carlo en juin 1989 est le premier et le seul enregistrement complet de la version originale en français. Une exécution magnifiquement captée, dominée de la tête et des épaules par un José van Dam impérial, qui livre probablement ici l'un de ses meilleures enregistrements. Le plus grand baryton-basse belge donne ainsi à son personnage une intensité dramatique et une grandeur véritablement tragique, tout en sachant rester d'une noble sobriété, avec en prime un timbre splendide et une diction irréprochable. Les rôles secondaires sont tous remarquables, avec Nicolaï Gedda, Brigitte Fassbaender, Barbra Hendricks, Gabriel Bacquier, mais aussi Marcel Vanaud (un autre baryton belge ;), Gino Quilico, ou Jean-Philippe Courtis, sans oublier la sphinge hallucinante de Marjana Lipovšek. Il serait injuste de ne pas citer le choeur Orfeon Donostiarra, qui se sort remarquablement d'une importante partie chorale très exigeante. L'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo est placé sous la direction magistrale de Lawrence Foster, le chef américain d'origine roumaine qui s'est internationalement imposé comme le spécialiste de la musique d'Enescu (dont il a aussi enregistré l'oeuvre symphonique).

Un opéra unique et méconnu, mais un chef-d'oeuvre, considéré comme l'un des sommets les plus fascinants de l'art lyrique du XXème siècle, qui trouve d'emblée sa version idéale.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 profondeur des âges, 30 janvier 2013
Par 
Becquart Eric - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Georges Enesco : Oedipe (CD)
Enesco est un sorcier, bon sang ne saurait mentir ! Ce qu'il fait de son orchestre est toujours aussi fascinant de vie souterraine et de ductilité, de vigueur rythmique et de couleurs. Et son écriture ne ressemble à aucune autre, si profondément roumaine et sans doute ancrée dans la profondeur des âges. Cela donne une couleur captivante au mythe d'Oedipe, dans lequel Enesco s'est identifié : mû par le souci de bien faire, Oedipe est manipulé par un destin qui lui fera tuer le Père et coucher avec la Mère. Devant tant d'horreurs il se crève les yeux, rentrant en lui-même pour retrouver la Paix dans l'élévation spirituelle et vaincre ainsi son destin.
Le personnage principal, inspiré de bout en bout, est entouré d'une foule de personnages secondaires qui, avec la profusion de l'orchestre, rend l'oeuvre difficile à monter. Elle souffre quand même de quelques inégalités, 1er acte assez banal et prosodie manquant parfois de naturel mais la scène du Sphynx, le 3ème acte, emporté par le grand souffle dramatique, et le 4ème acte, appaisée et se souvenant de Fauré, font de cet opéra une oeuvre unique et mémorable.
Les interprètes sont dominés par la stature grandiose de José Van Dam et par la direction si idiomatique et colorée de Foster, malgré un choeur perfectible. Une oeuvre marquante et inclassable, à l'image de la musique d'Enesco.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pas de livret, 2 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Georges Enesco : Oedipe (CD)
J'admets que la démarche n'est pas courante, mais j'ai seulement acheté cet opéra pour le livret d'Edmond Fleg. Il n'est pas inclus et mon audition étant médiocre, je suis pour le moins dépité car je n'aime pas spécialement la partition d'Enesco.
Par honnêteté, je dois dire que j'apprécie modérément l'opéra (j'en possède toutefois une vingtaine), je n'ai encore écouté celui-ci qu'une seule et unique fois, ce qui me laisse le temps de changer d'avis, et il faut saluer l'initiative d'EMI qui, prenant le risque de détromper les pirates voyant dans les majors le grand satan capitaliste, ne va pas renflouer ses caisses avec cette œuvre méconnue vendue à prix d'ami, malgré la présence de José Van Dam, et un enregistrement sans défaut de 2 h 36.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Oedipe », l'un des chef-d'oeuvres de Georges Enesco, remarquablement interprété, 4 mai 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Georges Enesco : Oedipe (CD)
Georges (George) Enesco (Enescu) est né en 1881 à Liveni, Moldavie (Roumanie). Son père le présenta au compositeur Édouard Caudella (1841-1924), qui le fit entrer au Conservatoire de Iaçi, puis l'envoya de 1888 à 1894 à Vienne étudier avec des professeurs de renom, en particulier avec Robert Fuchs (1847-1927). Il s'établit à Paris en 1895, pour poursuivre ses études musicales au Conservatoire avec Jules Massenet (1842-1912), Gabriel Fauré (1845-1924) et André Gedalge (1856-1926). Il s'y lia notamment d'amitié avec Paul Dukas (1865-1935), Florent Schmitt (1870-1958), Jean Roger-Ducasse (1873-1954), Maurice Ravel (1875-1937), Pablo Casals (1876-1973), ainsi qu'avec Jacques Thibaud et Alfred Cortot. La Première Guerre mondiale le vit s'installer en Roumanie, mais, à partir de la fin du conflit, il partagea sa vie entre la France, où il acquit une villa à Meudon, la Roumanie où il avait rencontré la princesse Marie Cantacuzène qu'il finira par épouser, et bientôt le Nouveau Monde. La Seconde Guerre mondiale vit le retour d'Enesco dans son pays natal, où il s'immergea dans la vie musicale de la capitale roumaine, ardent défenseur de la musique contemporaine du pays. La paix revenue, Enesco se produisit comme chef ou violoniste à Moscou avec David Oïstrakh et Emil Guilels, à Bucarest avec Yehudi Menuhin, ou au piano au côté de Ernst Wallfisch. L'instauration du régime communiste en Roumanie le conduisit à s'exiler définitivement. Réfugié à Paris et bien qu'en butte à des difficulté de santé, il resta toujours très actif sans se départir ni d'humour, ni d'éloquence, ni d'humilité. Enesco s'étint au coeur de Paris en 1955 ; il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Le langage musical d'Enesco, foncièrement original, est inspiré avant tout par un folklore réinventé, tantôt nostalgique, tantôt dansant, de son pays natal, ce qui le rapproche de Béla Bartók (1881-1945), de Zoltan Kodály (1882-1967), de Leos Janácek (1854-1928) ou de Karol Szymanowski (1882-1937), mais les traditions françaises - Claude Debussy (1862-1918) ou Gabriel Fauré - et germaniques - Johannes Brahms (1833-1897) ou Richard Strauss (1864-1949) - y affleurent parfois aussi. Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter son « Poème Roumain » (1898), deux « Rhapsodies roumaines » (1901-1902), deux Suites pour orchestre (1903-1915), cinq Symphonie (1905-1941), un cycle de « Sept chansons de Clément Marot » (1908), deux Quatuors à cordes (1915-1951), deux Quatuors avec piano (1918-1944), la Sonate pour violon et piano « dans le caractère populaire roumain » (1926), l'Opéra « Oedipe » (1923-1930), trois Sonates pour piano (1924-1934), la « Suite Villageoise » (1938), les « Impressions d'enfance » pour violon et piano (1940), le Quintette pour piano et cordes (1940), le poème symphonique « Vox Maris », ou bien encore sa Symphonie de chambre (1954) pour douze instruments solistes
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Georges Enesco : Oedipe
Georges Enesco : Oedipe de Georges Enesco (CD - 2008)
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