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13 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Deux aspects du génie d'Imamura, 1 juin 2010
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret Shohei Imamura : la vengeance est a moi ; eijanaika (DVD)
Deux films à la fois très représentatifs d'Imamura et très distincts composent ce coffret.

La vengeance est à moi (1979), qui vient après une décennie de silence d'Imamura, peut être considéré comme son film le plus achevé. Il retrace l'odyssée d'un serial killer, issu d'une minorité catholique d'une petite île de pêcheurs. En parallèle, nous suivons le parcours de sa première femme, qui nourrit à l'égard de son beau-père un amour auquel celui-ci ne peut répondre, et de sa compagne du moment, tenancière de bordel dont la mère est elle-même meurtrière. Notre homme est totalement dépourvu de morale : seul compte son intérêt individuel immédiat. Il tue gratuitement, pour quelques billets ; vole de pauvres femmes rencontrées aux assises et auxquelles il fait croire qu'il est avocat ; humilie et rabaisse ses parents dont il ridiculise la foi. Comme toujours, chez Imamura, les sentiments sont crus et rudes, et le sont encore plus au sein de la structure familiale. Entre le tueur et son père, entre la maquerelle et sa mère, même haine et même impossibilité de dialoguer sans recours à la violence. Seul espoir dans ce film asphyxiant, l'amour que se portent la première femme du tueur et son beau-père. Peur de l'inceste et poids du catholicisme conduisent pourtant le second à rejetter les avances de la première au terme de l'une des plus belles scènes érotiques que le Maître ait réalisée. Le film a visiblement fortement influencé le Roberto Succo de Cédric Kahn. Ogata Ken y rend une interprétation de premier ordre.

Eijanaika (1981) est un film historique consacré à l'époque Meiji. L'intrigue mêle en permanence un premier plan intime (l'itinéraire d'un homme du peuple qui rentre au pays après un séjour aux Etats-Unis pour y chercher sa femme) et un arrière-plan politique (les machinations autour du shogun, dont la disparition est programmée). Comme souvent chez Imamura, la narration apparaît confuse et heurtée : des personnages apparaissent puis reviennent, à des séquences regorgeant d'informations succèdent des pauses contemplatives et apparemment sans enjeu, on peine à se familiariser avec les protagonistes. Tout cela importe peu car l'essentiel est cette capacité unique qu'a Imamura de nous dépeindre une ambiance (ici, révolutionnaire) et un milieu (ici, populaire). C'est en effet le peuple des marginaux et des gens simples, qui lui sont chers, qui est le vrai héros d'Eijanaika. Paysans fraîchement arrachés à leur terre natale, prostituées, petits artisans et boutiquiers, artistes de rue semblent former une masse indistinguable ; ils sont le peuple, ils sont le Japon. A rebours de la culture raffinée des samuraïs d'Edo, qui va s'effondrer sous nos yeux, ce peuple est mû par les instincts les plus primaires et les plus terriens (boire, bouffer, baiser) et ce peuple est joyeux, paillard et brutal - et la sexualité des femmes est la force de vie qui meut la société. Imamura a toujours souhaité exploré les marges, y rechercher l'essence de l'homme japonais derrière le vernis de la culture officielle. Il a rarement aussi bien réussi que dans cet Eijanaika. Le film compte aussi, ce qui est plus rare chez Imamura, d'admirables scènes de foule, de grands tableaux collectifs ; on a rarement aussi bien montré au cinéma ce que notre âge classique appelait "les émotions populaires". Les forces primitives et telluriques se dressent contre un ordre établi qui n'est que superficiel et, si elles échouent ici, leur succès est garanti pour l'avenir.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Epopées !, 10 septembre 2012
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret Shohei Imamura : la vengeance est a moi ; eijanaika (DVD)
Ce superbe coffret MK2 -qui se déplie sur 5 faces- regroupe les 2 DVD des films ‘La vengeance est à moi’ et ‘Eijanaika’ de Shohei Imamura (avec à chaque fois une courte présentation de 6mn et 5mn du critique Charles Tesson), chacun des 2 DVD étant accompagné par 1 DVD de bonus sur lesquels figurent un entretien (avec le cinéaste Cédric Kahn pour ‘La vengeance est à moi’ -11mn- et l’historien Hubert Niogret pour ‘Eijanaika’ -22mn-) et une suite de scènes commentées par Charles Tesson (46mn et 31mn), sans making of, ni documentaire.

La vengeance est à moi :

En 2001, le cinéaste français Cédric Kahn sort sur les écrans ‘Roberto Zucco’, l’histoire véridique d’un tueur sanguinaire qui commet vols, viols, cambriolages et meurtres jusqu’à ce que la police réussisse à mettre un terme à ses exactions ; un portrait sans concession, à la limite du malaise, qui ne fournit aucune explication, n’encense, ni ne condamne. En 1979, le cinéaste japonais Shôhei Imamura (‘La ballade de Narayama’, ‘Pluie noire’, ‘L’anguille’ et ‘De l’eau tiède sous les ponts’) avait fait exactement de même en réalisant ‘La vengeance est à moi’ (141mn), l’illustration d’un fait divers réel qui avait secoué le Japon en 1963/64, un pays qui ne se remettait alors que lentement de l’humiliation subie au moment de la seconde guerre mondiale, qui faisait tout son possible pour améliorer son image internationale, qui allait accueillir dans ce but les jeux olympiques d’été 1964 et qui n’a pas vraiment été ravi que de voir un tel fait divers faire précisément à ce moment-là la Une des médias internationaux. Shôhei imamura (1926-2006) revenait au cinéma après 11 ans d’absence, puisque son long-métrage précédent, ‘Profonds désirs des Dieux’ -un échec cinglant, d’où...-, était sorti en 1968 ; ceci dit, le célèbre cinéaste -alors surtout connu en France pour ‘Filles et gangsters - Cochons et cuirassés’ (1961) et ‘La femme insecte’ (1963), avait quand continué de travailler, en l’occurrence pour le petit écran pour lequel il a produit entre ces deux dates plusieurs documentaires ambitieux tout en créant par ailleurs une école de cinéma. ‘La vengeance est à moi’ eut un énorme succès au Japon d’abord et dans le reste du monde ensuite et remit définitivement en selle cet auteur qui avait lui-même connu une jeunesse difficile pendant et après la guerre, à fait ensuite un peu de théâtre, avant que de devenir assistant-réalisateur (notamment pour Ozu -dont il n’a jamais apprécié le cinéma- et Kobayashi), puis metteur en scène à part entière dès 1958 avec des films dans lesquels il a toujours été beaucoup question du désir (‘Désir volé’, ‘Désir inassouvi’, ‘Désir meurtrier’ et donc ‘Profonds désirs des Dieux’), souvent sur fond d’occupation américaine d’après-guerre et dans le milieu des petits malfrats et des prostituées (il avait lui-même vécu dans ce milieu-là). ‘La ballade de Narayama’, sorti 4 ans après ‘La vengeance est à moi’ et qui obtint la Palme d’or à Cannes, l’imposa enfin sur le plan international.

En janvier 1964, la police japonaise arrête un cruel séducteur qui, se prenant pour le Tout-Puissant, n’a pas hésité à mentir, escroquer, voler, mais surtout tuer plusieurs personnes durant les 78 jours de sa cavale meurtrière. La police enquête et son père raconte et c’est ainsi que la vie de cet arrogant personnage se déroule devant nos yeux sous forme de flash-back qui vont de 1938 à son arrestation : enfant en 1938, il a vu son père céder à un officier de l’Empereur venu réquisitionner toute sa petite flotte de bateaux, ruinant ainsi un géniteur pour lequel l’enfant n’a plus eu ensuite que mépris ; l’enfant, rebelle, est ensuite passé par une maison de correction, est devenu un violeur aux côtés des GI’s américains à la Libération, s’est marié et a eu deux filles, avant que de tout plaquer et de partir à l’aventure à travers l’archipel, se faisant passer tantôt pour un professeur tantôt pour un avocat, extorquant à des victimes surtout féminines (sensibles à ses performances au lit autant qu’à son charme) leur peu d’argent, jusqu’à devenir un impitoyable massacreur...

Ce qui rend le film intéressant, c’est évidemment la démarche journalistique d’Imamura, qui ne fait montre (heureusement) d’aucune compassion pour cet infect personnage, auquel l’acteur japonais Ken Ogata (1937-2008, qu’Imamura a également dirigé dans ‘La ballade de Narayama’ et ‘Zegen’, qui a été ‘Mishima’ sous la direction de Paul Schrader en 1985 et que l’on a pu voir également dans ‘The pillow book’ de Peter Greenaway, notamment) prête son impeccable froideur. A coups de marteau et de couteau, cet inquiétant malfaisant frappe aveuglément, pour un oui ou pour un non, un peu d’argent, un sourcil froncé, une mine dégoûtée ; il tue, sans se poser aucune question, sans jamais éprouver le moindre remords, comme si c’était naturel, comme si les évènements qui ponctuèrent sa vie lui en avaient donné le droit, fort d’une sorte d’impunité divine. Si l’idée de suivre aveuglément cet horrible tueur en série pendant 2h20mn ne vous effraie pas trop, vous aurez droit à une sorte de documentaire sur le Japon de l’après-guerre, l’ambiance qui a régné dans ce pays vaincu, mais pas résigné, pendant ces années-là et la violence qui va de pair avec la pauvreté et le système D qui sévissent inévitablement dans les pays en reconstruction et qui, quelque part, ont la haine en eux, une haine à laquelle cet homme-là parmi les autres hommes décida de donner libre cours...

Eijanaika :

Tourné immédiatement après ‘La vengeance est à moi’, ‘Eijanaika - Pourquoi pas ?’ (1981, 151mn) est un film historique dont l’action se situe en 1866 et, tout comme ‘La vengeance est à moi’ est avant tout un long-métrage sur le Japon de l’après seconde guerre mondiale, ‘Eijanaika’ est une fresque sur la fin du Japon médiéval et l’entrée du pays dans le monde ‘moderne’, au travers de l’histoire de Genji et d’Iné, un paysan et une prostituée, mêlés aux troubles qui agitèrent l’Empire du Soleil levant à ce moment-là.

Genji, qui a vécu pendant 6 ans aux Etats-Unis, dont il est désormais un citoyen officiel, revient chez lui pour y retrouver sa femme et l’emmener avec lui au Pays de la liberté. Mais la famille de celle-ci, prise dans les rets de la pauvreté, a vendu Iné à la ville ; où celle-ci se produit dans une baraque foraine avec un numéro pornographique. Iné, bien qu’elle en veuille à Genji que de n’avoir pas donné signe de vie pendant toutes ces années, l’aime encore ; mais refuse de partir avec lui pour les USA. Il reste donc sur place et rejoint une bande de malfaiteurs afin de pouvoir gagner ainsi l’argent qui lui permettra d’acheter la liberté de son épouse. Mais comme ces évènements se produisent au moment d’une révolte paysanne contre le Shogun, tous deux vont se trouver emportés par le vent de cette révolte...

C’est un film dont l’action se déroule essentiellement dans le quartier chaud d’Edo (l’ancien nom de Tokyo) parmi les plus démunis, manipulés et bien sûr surtout victimes -comme toujours- de ceux qui tirent les ficelles sans jamais vraiment se mouiller eux-mêmes. Très long-métrage sur le passage de l’ère Edo à l’ère Meiji, qui vit la restauration du pouvoir impérial en 1868, après l’abdication du 15° et dernier Shogun (ceux-ci régnaient sur le Japon depuis 1600), ‘Eijanaika’ chante des lendemains qui seront peut-être meilleurs (pourquoi pas ?) et rend hommage à ceux qui, au travers de leurs petites histoires, font la grande !

Le coffret est bien sûr passionnant, mais seulement à condition de s’intéresser au cinéma japonais comme aux films de Shôhei Imamura et de ne pas reculer devant des films très longs, dans lesquels les obsessions concernant le sexe et le sang de ce cinéaste sont très présentes !
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5.0 étoiles sur 5 du grand cinéma, 24 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret Shohei Imamura : la vengeance est a moi ; eijanaika (DVD)
oui du tres grand cinéma un peu différent des autres réalisateurs japonais.A mettre dans une VRAIE vidéothèque,en oubliant tous les procédés modernes 4D et autres ,pour voir deux bons films de ce réalisateur.
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1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 la vengeance est a moi, 2 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Coffret Shohei Imamura : la vengeance est a moi ; eijanaika (DVD)
Tres bon film, une atmosphere lourde et eprouvante du debut jusqu'a la conclusion, ou les arrets image brusques reprennent l'intemporalite des actions.
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