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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Quête de la perfection esthétique, 12 octobre 2008
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Bannissement (DVD)
Aujourd'hui, alors que le cinéma se porte plutôt bien, et qu'il existe de nombreuses résistances au rouleau compresseur du divertissement de masse le plus décérébré (y compris au sein même du système hollywoodien), il ne semble plus y avoir beaucoup de place pour les cinéastes perfectionnistes, en particulier ceux pour qui la perfection plastique prime. Certes, il y a de nombreux cinéastes qui font de la belle image, mais un cinéaste qui croit à la fois à la primauté du plan, qui dépasse la simple image léchée pour faire porter à son image du sens, et recherche pour ce plan la plus grande élaboration et la plus grande beauté, est immédiatement assimilé aux autres et taxé d'esthétisant. C'est ce qui est arrivé à Andrei Zviaguintsev, pour certains dès son formidable premier film, Le Retour (voir mon commentaire sur ce film), pour beaucoup d'autres au moment de la sortie du deuxième, Le Bannissement. Son troisième film, Elena, sort en salles en France en mars 2012.

Il est vrai que l'extrême composition de ses plans, sa façon de guinder parfois ses acteurs dans un plan des plus élaborés, souvent un plan-séquence avec mouvement de caméra majestueux, le rythme parfois un peu languide, tout cela permet de vite catégoriser ce cinéaste. Evidemment sous influence tarkovskienne, Zviaguintsev a donc été taxé de cinéaste esthétisant, de sous-Tarkovski. Peut-être bien, mais on peut aussi voir ses films comme de véritables expériences esthétiques, expériences somme toute assez rares aujourd'hui pour passer à côté. Si on le souhaite, on lira ci-dessus le synopsis, mais je ne compte pas quant à moi en dire plus sur la question, ce film gagnant à être vu et ressenti sans forcément avoir mis des mots au préalable sur la conduite de son récit.

Du début envoûtant à une rupture de récit étonnante aux trois quarts du film, des paysages urbains aux paysages bucoliques avec bâtiments isolés (tous aussi beaux qu'irréels), de l'arrière-plan mythique à la parabole biblique, tout est à la fois limpide et opaque, simple et complexe. Autrement dit, le film, comme Le Retour, invite à la lecture, qu'elle soit de type psychologique, mythique ou religieux. Et pourtant, cette lecture est rendue difficile car le cinéaste brouille les pistes, montre la complexité des événements et du monde, sans les expliquer. C'est sans doute pour cela que la fin a apparemment suscité des réserves; à Cannes, en 2007, des spectateurs auraient assuré que cette fin était une ode à la Russie éternelle, et que le film était anti-avortement. Cette lecture me semble bien trop rapide, et si il est évidemment question de cycle dans le film, la fin montrant que le cycle naturel continue quoi qu'il arrive, le sens m'apparaît comme bien plus complexe que ce que certains ont bien voulu dire.

Vous l'aurez compris, ce film, en quête de perfection esthétique et de complexité, n'est assurément pas pour spectateurs pressés. En revanche, pour qui est prêt à se plier à une vision de cinéaste forte qui ne pré-mâche rien, et pour qui ne refuse pas qu'un cinéaste fasse preuve d'une grande maîtrise formelle (ce qui ne va plus de soi aujourd'hui), ce film devrait être au mieux une expérience cinématographique de premier choix, au pire si vous restez extérieur au film, la découverte d'un regard de cinéaste évident.

Il existe bien une édition française sortie par le distributeur, Pyramide, mais celle-ci semble être par intermittences indisponible : Le Bannissement. Copie de qualité, même si la numérisation se fait parfois un peu trop sentir. VOSTF uniquement. Les bonus sont sans grand intérêt: making-of et entretien bien formatés pour la télévision russe. On retiendra seulement les propos du réalisateur sur la réception de son premier film, qui a bien failli le paralyser.

Tant que cette édition française est - momentanément? - épuisée, on peut se diriger vers l'édition anglaise Artificial Eye de The Banishment si l'on peut lire les sous-titres en anglais (et si l'on parle russe, évidemment). Comme le film est relativement avare de paroles, cette édition fera parfaitement l'affaire même si l'on n'a pas une compréhension parfaite de l'anglais. VOSTA, avec les sous-titres anglais amovibles. Là aussi, le master sent un peu trop la numérisation. En revanche, l'entretien avec Zviaguintsev, même s'il répugne comme toujours à éclairer le sens de ses films, est nettement plus intéressant que celui de l'édition française (18').

Il existe également un dvd néerlandais, avec des sous-titres français apparemment : Le Bannissement. Ne le connaissant pas, je ne suis pas à même de juger de la qualité du master. Mais en l'absence du dvd français, il peut être un recours.

Si l'on est sensible à l'atmosphère de ce film, on pourra se porter sur Le dernier voyage de Tanya d'Alexei Fedorchenko.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un grand chef-d'oeuvre de notre temps !, 12 juillet 2013
Par 
cinefil50 - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Bannissement (DVD)
Après Le Retour dont la radicalité et la violence m'avaient saisi , voici donc " Le bannissement " , dont l'ampleur et le niveau artistique placent définitivement ZVYAGYNTSEV au rang d'un Tarkovsky et plus encore d'un Bergman ( l'incroyable saturation de sens et de suggestions du plan d'un visage enigmatique de femme , d'un ruisseau qui s'ecoule ) mais aussi d'un Malick ( cette nature infinie et sereine , qui respire , indifférente aux drames des hommes , ce paradis menacé de l'enfance ...), sans compter la proximité d'esprit avec le cheminement torturé des personnages de Dostoïevski .

Le point de départ reste delibérément assez vague et il importe peu , comme dans Le Retour ...un homme et sa famille " se mettent au vert " , pour des raisons de sûreté ; puis l'annonce d'une faute intervient et mènera à la catastrophe .

Le film montre comment les adultes s'enferment dans leur nuit et ne peuvent trouver d'issue , alors qu'une piste salvatrice et lumineuse est suggérée à un moment : c'est l'un des sommets du film : la lecture poignante , par la petite fille , d'un texte biblique , Epitre de Paul fulgurante qui ouvre la voie d'un possible salut pour cet homme .

Mais cette voie est tellement escarpée , difficile , improbable , celle du pardon , immense et violent , comme l'amour qui lie encore ce couple , on le sent ...alors , bannissement de Dieu , personnages exilés d'eux-mêmes et s'éloignant de leur vérité humaine intime qui les sauverait ? tout cela peut-être et bien d'autres choses encore ...

Cependant , in extremis , le film refuse le désespoir et , après tant d'erreurs et de malheurs , offre cette somptueuse séquence des paysannes aux travaux des champs , se mettant à chanter et l'enfant qui passe au cou de sa mère , triomphe de la vie , malgré tout ...

Le film brouille les pistes , egare le spectateur ( je n'approuve pas entièrement cette sorte de manipulation par l'artiste ) et certaines scènes de la fin , à la ville , avant le départ vers la campagne ( l'attitude de l'autre homme , la lettre , l' état d'esprit de Vera ) donnent un éclairage bien différent à la fausse simplicité des mots du commencement , à leur incroyable charge provocatrice et destructrice , quand on y repense : " J'attends un enfant et il n'est pas de toi! "

Il faut accepter cette complexité , cette ambiguité et cette opacité des personnages d'adultes , comme dans Le Retour , qui n'apparaissent bien que quand on reflechit au film le soir , le lendemain , qu'on se confronte aux interprétations des autres , et pas forcément au premier visionnage ...pourquoi Vera va " mentir " , d'une certaine façon , tout en disant aussi une certaine " vérité " , en profondeur ? est-ce qu'elle met à l'epreuve délibérément l'amour de son mari , en lui offrant la tentation de la violence masculine traditionnelle ( la vengeance de l'" honneur bafoué " ) ? est-ce une forme de mise en danger , de suicide assumé ?

Mais les commentaires décrivant des situations théoriquement assez proches du " mélodrame russe " le plus tortueux ne peuvent absolument pas restituer :

la stupéfiante violence émotionnelle du film
la beauté filmique harassante de ses plans , de ses images
l'hymne apollinien à une nature qui ne sera pourtant d'aucune aide et d'aucun reconfort pour les humains
la rigueur de la course au désastre
la puissance nue d'un récit implacable
l'engagement d'acteurs possédés par leur rôle
la souplesse et la fluidité du regard de la caméra
la tenue de ce cinéma qui fait que ce film de 2h30 ne semble comporter aucune minute superflue !

Ce cinéma-là fait sentir aussi à quel point notre cinéma actuel d' Europe de l' Ouest et d' Amerique du Nord , aussi talentueux soit-il , s'est , dans la plupart des cas , dramatiquement appauvri , en se coupant de l'interrogation existentielle , de l'inquiétude spirituelle , portées ici par l'image et non pas verbeuses ou discoureuses !

Je déconseille les bonus , car si les propos du réalisateur sont empreints de distance et de bon sens , l'atmosphère bling bling de Cannes et l'atroce musique de superette en fond de son interview sont une cruelle douche froide quand on sort du film et des envoutantes pièces d'A.PART !

Copie correcte sans plus pour un film récent ; bande son puissante et solide , donnant une belle assise au film .
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Film russe, 4 février 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Bannissement (DVD)
Dommage qu'il n'y a pas plus de films russes, l'art russe est sublime, je n'ai pas dit le régime, mais tous les arts et le cinéma russe en fait partie, super film, long, lent mais sans une minute d'ennui, admirablement joué, ambiance assurée, j'ai adoré à voir absolument
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6 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent film russe, 6 avril 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Bannissement (DVD)
Comme pour son précédent film "le retour" (à voir absolument) une esthetique parfaite pour ce film intimiste sur la famille. On ne voit pas le temps passer pour ce film qui dure plus de 2 heures . Les acteurs sont tous excellents.
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