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...de ses articulations et son jusqu'auboutisme dans les phrasés. Tant de volonté suffit à produire une version exceptionnelle, même si la tension paraît parfois excessive » lit-on dans le Guide de la musique Baroque (collection Bouquins).
Ici rééditée, cette interprétation captée en décembre 1966 fut l'une des toutes premières sur instruments d'époque, pionnière d'une volteface envers le type des massives approches symphoniques, tels Karajan et son Berliner Philharmoniker deux ans auparavant.
Suivirent les vinyles du Collegium Aureum chez DHM (juin 1969, des lectures robustes et fières, injustement décriées à mon sens), avant l'essor des « Baroqueux » d'Outre-Manche dans les années 1970-1980 (Trevor Pinnock, John Eliot Gardiner, Christopher Hogwood...)
Harnoncourt lui-même réenregistra les quatre Suites pour Teldec (1983), vision qui reste superbe « pour la vie, pour la puissance de ses rythmes, pour l'extraordinaire densité de ses phrasés » lit-on dans le Guide Fayard des Indispensables du CD.

Comme le montrait le dossier comparatif dans le magazine Classica de décembre 2009, la discographie a désormais fouillé le potentiel de ces Suites. S'y distinguent leur décapante impétuosité (Reinhardt Goebel), leur élan chorégraphique (Andrew Parrott, William Malloch, tous deux à Boston), leur harmonieuse palette de coloris (Frans Brüggen), leur faste d'Ancien Régime (Jordi Savall)...
Au sein de ce catalogue où chaque mélomane pourra aisément trouver son bonheur, le retour en CD de cette vaillante aventure de 1966 propose mieux qu'un jalon historique.

Rétrospectivement, on prend conscience de l'absolue justesse des intuitions d'Harnoncourt, auteur d'un perspicace texte de présentation écrit à la parution des microsillons d'origine et reproduit dans le livret. Avec lui, on entend clairement ces quatre oeuvres comme le carrefour stylistique du « vermischte Geschmack », entre forme lulliste, galanterie de salon et Concerto à l'italienne. Cela sous un indéfectible ton de germanité si typique de Bach.

Le tramage polyphonique sans ornementation superflue, le soin du détail travaillé dans le mouvement, sans mollesse, l'équilibre des plans (même dans les pièces avec timbales et trompettes), l'aplomb qui assure le discours sans l'alourdir, la nette découpe prosodique sans sécheresse, des effectifs idoines qui allient l'opulence et la clarté : les troupes viennoises réussissent tout cela. Une prestation saine, mûre et parfaitement tracée dont les vertus synthétiques savent toujours s'apprécier.

Mon seul regret vient d'une sonorité un peu épaisse dans les deux premières Suites, même dans la gracieuse seconde avec une flûte qui semble surdimensionnée par les micros. Toutefois, les Bourrées et la célèbre Badinerie ne faillissent pas à s'emporter avec la vivacité requise.
Signalons aussi que manquent les pages 3 et 4 dans le livret, nous privant de lire le programme du CD2.
J'ai acheté cet album voilà deux ans ; peut-être l'éditeur se sera-t-il entretemps aperçu de ce défaut et l'aura-t-il corrigé.
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le 15 janvier 2013
Cet enregistrement déjà ancient annonçait une révolution dans la façon d' apposer sa " griffe " sur une interprétation déjà classique.
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le 11 mai 2013
Trop rapide, trop d'approximations, aucune émotion....comment peut on écouter autant de coquilles sans que nos oreilles souffrent le martyr ?
Quand il existe sur le marché des versions J F Paillard avec l'exceptionnel Maurice André...
11 commentaire1 sur 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

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