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le 3 mai 2007
Qigang Chen naquit à Shangaï en 1951. Issu d'une famille d'artistes, il commença ses études musicales dès son enfance. Lorsque la fameuse "Révolution culturelle" éclata en Chine, Qigang Chen n'avait que quatorze ans et il étudiait encore à l'école secondaire du Conservatoire Central de Pékin. Durant cette période, son père, un grand peintre et calligraphe (qui était responsable de l'Académie des Beaux-Arts et d'Arts décoratifs de Pékin), fut jugé "bourgeois", "anti-révolutionnaire", et fut envoyé dans un "laogai" (un camp de concentration). Qigang Chen fut donc séparé de sa famille ; il fut enfermé durant trois ans dans une caserne pour y recevoir une "rééducation idéologique". Cependant, il persévera - dans des conditions extrêmes, souvent compromettantes - à étudier l'orchestration et la composition (par correspondance). En 1977, la Chine restaura le système de concours d'entrée pour les écoles supérieures. Qigang Chen fut l'un des vingt-six élus sur près de deux mille candidats cette année-là pour étudier la composition au Conservatoire de Pékin. Après cinq années d'études, il participa au concours national où, à l'issu de treize examens, il fut classé premier et obtint l'opportunité de continuer ses études de troisième cycle en composition à l'étranger. C'est donc ainsi qu'à l'âge de trente-trois ans, en 1984, que Qigang Chen connut la France (nation qu'il considère comme son second pays) ; il y résida dès la même année. Boursier du gouvernement français pendant quatre années (jusqu'en 1988), il fut l'unique élève d'Olivier Messiaen. Il étudia également au Conservatoire de Paris avec Jacques Castérède, Claude Ballif, Betsy Jolas et Ivo Malec. En 1987, il suivit la formation pour compositeur de l'I.R.C.A.M ainsi qu'une formation à la composition musicale à l'"Academia Chigiana" à Sienne (en Italie) avec Franco Donatoni. Un an plus tard, il obtint le diplôme supérieur de composition de l'Ecole Normale de Musique, à l'unanimité et avec les plus vives félicitations du jury. En 1989, il obtint le diplôme de musicologie à l'université de Paris-IV Sorbonne avec la mention "très bien". En 1992, Qigang Chen obtint la nationalité française.

L'art de Qigang Chen est assimilable au "va-et-vient" d'une culture à une autre, à un acte de créateur entre l'Occident et l'Orient. Sa musique révèle les diverses facettes d'une écriture originale et métissée, rencontre "amoureuse" entre deux cultures opposées. Mais le compositeur ne renie pas son passé douloureux vécu en Chine dans la violence de la "Révolution culturelle". L'oeuvre de Qigang Chen comporte à l'heure d'aujourd'hui plus d'une quarantaine d'oeuvres.

Les quatre oeuvres enregistrées sur ce compact-disc sont emblématiques de la production de Qigang Chen. L'auditeur pourra aisément constater que la technique n'est jamais qu'au service d'une pensée musicale d'une sensibilité frissonnante. L'oeuvre la plus ancienne, "Yuan" ("Origines") date de 1987/1988. Après ses trois années d'études avec Olivier Messiaen, Qigang Chen avait absorbé les esthétiques emblématiques de la modernité de l'époque. L'oeuvre apparaît comme un instantané. Elle fige un savoir. Dans cette oeuvre, de multiples influences sont superposées et croisées : la musique spectrale, l'écriture de György Ligeti, le fameux "processus des accords" d'Olivier Messiaen, des souvenirs d'harmonies de Claude Debussy ou de Pierre Boulez... Mais "Yuan" ne rompt en rien la culture chinoise de son auteur. Le son du grand orchestre comporte autant de couleurs occidentales que de parfums asiatiques. Trois groupes instrumentaux se répartissent l'espace sonore. Un violon, un alto et un violoncelle revendiquent des allures concertantes. Mais les trois solistes sont intégrés dans la masse étalée de l'orchestre. Des groupes et des sous-groupes instrumentaux se forment et dialoguent entre-eux. Ils se fondent dans la texture divisée des pupitres de la partition. "Yuan" est une pièce qui fut commandée par Radio-France. "Extase", pièce pour hautbois et orchestre (la plus longue des quatre oeuvres gravées sur ce compact-disc, avec un peu plus de dix-sept minutes), date quant à elle de 1995. Les différences entre cette pièce et la précédente sont assez marquantes, bien que les mêmes techniques d'écritures restent tout aussi présentes. Mais, l'expressivité est plus directe, plus profonde et violente. "Extase" est une oeuvre dédiée à la mémoire de Mo Wuping, un jeune compositeur chinois mort à l'âge de trente-deux ans, à Paris, en 1993. Qigang Chen emploie dans sa partition un mélodie folklorique chinoise, "San shi li pu" (un chant paysan des montagnes). Le jeu du hautbois occidental fait appel à une technique instrumentale empruntée à un instrument traditionnel chinois, le "suona". A l'expressivité qu'on lui connaît, Qigang Chen offre au hautbois concertant un caractère presque insolite et, sauvage. L'émotion est violente et les influences des couleurs asiatiques y sont manifestes. Pour le hautboïste, sa partie est un exercice technique très éprouvant. L'oeuvre se compose en un mouvement continu ; elle caparaçonne une dimension volontairement spectaculaire. "Extase" est une pièce qui fut commandée par la "Deutsche Kammerphilharmonie". "San Xiao" ("Rire trois fois") est la plus courte pièce du programme proposé, avec un peu plus de dix minutes. Dans les années 1990, Qigang Chen entreprit plusieurs voyages dans son pays natal. A cette époque, plusieurs instrumentistes traditionnels étaient à la recherche de nouveaux répertoires. Les membres de l'Ensemble Hua Xia sollicitèrent Qigang Chen, qui composa à leur intention "San Xiao", une pièce pour quatre instruments traditionnels : la flûte en bambou, le pipa (un luth à quatre cordes), le sanxian (un luth à trois cordes) et le zheng (une cithare à vingt-trois cordes). Bien que cette partition réponde à la demande d'un ensemble traditionnel, l'écriture en demeure pleinement "contemporaine". Qigang Chen lui-même a créé le thème musical de l'oeuvre. "San Xiao" signifie donc en français "Rire trois fois" ; le titre montre un nouveau visage de la personnalité du compositeur. Il s'agit de l'unique partition de son catalogue qui aspire à une dimension humoristique et légère. Les quatre instruments imitent les éclats de rire qui se communiquent parfois au public. Malgré l'apparente insouciance de cette sublime page, l'écriture dissimule une véritable virtuosité. "L'éloignement", pièce pour orchestre à cordes de 2004, s'inscrit dans un nouveau processus d'écriture. Qigang Chen compose maintenant grâce à l'aide d'un ordinateur, ce qui permet un gain de temps important. Qigang Chen a opté pour le titre "L'éloignement" car il possède un sens philosophique et littéraire. Il exprime la sensation de départ, à la fois physique et spirituel. "L'éloignement" est écrit pour un ensemble de trente-quatre instruments à cordes. Ainsi, en petit comité, le groupe instrumental peut être exploité au maximum de son potentiel, alors que les pupitres d'instruments à cordes d'un orchestre symphonique traditionnel le sont moins bien. L'homogénéité de l'ensemble est quasi-instantanée. Dans un premie temps, Qigang Chen avait distribué un rôle à chacun des musiciens, devenant ainsi un soliste à part entière. Une seconde version de l'oeuvre a équilibré les mélodies principales vers les premiers pupitres. Le premier élément de la partition est très rythmique (comme zebré) ; le second élément est linéaire. Une mélodie folklorique chinoise, "Zou Xi Kou", sert de fil conducteur à "L'éloignement". Cette belle partition pour orchestre à cordes et une commande de l'Orchestre de Chambre de Stuttgart.

Les interprétations des quatre oeuvres sont de tout premier ordre. Yves Prin laisse somme toute assez libres les musiciens de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France dans "Yuan". Un climat de "mystère" est créé par le chef tout au long de l'oeuvre, ce qui est peut-être un clin d'oeil à Olivier Messiaen (et à son "Mystère de la Sainte-Trinité" (pièce extraite du cycle "Les corps glorieux" pour orgue)), le premier grand maître français de Qigang Chen. Yves Prin insiste plus sur le côté "occidental" qu'asiatique de l'oeuvre. Mention spéciale pour les instruments à cuivre (notamment les trompettes et les tubas) très en verve, et les percussions souvent sollicités et très en verve elles aussi. Le son d'ensemble de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France est très subtil et raffiné. "Extase" bénéficie avant tout d'un véritable tour de force de la part du hauboïste Jean-Louis Capezzali. Il se déjoue des extrêmes difficultés de la partition avec un talent qui laissera l'auditeur sans voix (pour chercher la toute petite bête, mais vraiment la toute petite, Jean-Louis Capezzali réalise un petit canard, lors d'un passage de l'extrême aigu à l'extrême suraigu). Le seul léger regret est l'infime manque d'implication de la part du chef d'orchestre américain Leonard Slatkin. Il préfère sans doute mettre en valeur le jeu mirobolant du hautboïste, et il a bien raison. La fameuse mélodie chinoise "San shi li pu" utilisée par le compositeur est là très bien audible. Jean-Louis Capezzali "nostalgise" cette mélodie, ce qui est là encore un vibrant hommage à Mo Wuping. Les membres de l'Ensemble Hua Xia tentent par tous les moyens de valoriser (peut-être un rien trop éxagérement ?) la modernité de l'écriture de "San Xiao". Le flûtiste Zhang Wei-liang n'oublie pas son origine, et les joueurs de pipa, zheng et sanxian rient plus de trois fois, surtout à la fin de l'oeuvre ; l'auditeur pourra également sourire de bonheur et apprécier l'intelligence de l'écriture du compositeur. Leonard Slatkin met de côté son introversion qu'il laissait percevoir dans "Extase" pour offrir une version très "réfléchie" et paradoxalement très "spontanée" de la pièce pour orchestre à cordes "L'éloignement". Leonard Slatkin propose une version mélancolique, nostalgique et langoureuse de cette pièce, le fameux "éloignement" du compositeur à sa patrie et la souffrance ainsi créée sont ici très concrets, presque palpables. Les instruments à cordes de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France sont savoureux. La prise de son des quatre gravures est aussi parfaite pour les unes que pour les autres et mets bien l'accent sur chaque timbre individuel, sauf éventuellement pour l'accompagnement instrumental d'"Extase", où la prise de son est un peu moins analytique et plus "globale".

Ce compact-disc est une des réalisations les plus importantes de ces dernières années. Il fera date et servira de base à chaque personne qui reliera désormais les musiques occidentales et asiatiques. A signaler pour conclure que Qigang Chen est un des compositeurs les plus joués d'aujourd'hui et que sa musique séduit aussi bien les musiciens professionnels qu'amateurs, que le public.
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