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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La version de référence moderne, 6 novembre 2011
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Difficile de se lancer dans l'enregistrement de deux des pièces majeures de Dutilleux quand elles ont été crées et gravées par ceux à qui elles étaient destinées. On dispose en effet, de respectivement l'enregistrement mythique de Rostropovitch/Baudo pour "Tout un monde lointain" et de celui de "Stern/Maazel" pour "L'Arbre des songes". C'est dire le niveau de référence !

Pourtant, autant le dire tout de suite, la très belle version proposée ici sous la baguette aérienne et lyrique de Myung-Whun Chung à la tête du Philar de Radio France nous a enchantée. Sublimée par une prise de son très claire et ample, proche d'un son de salle de concert, la direction du Maître coréen apporte une couleur, une mysticisme qui pourraient parfois manquer dans les version de légende faisant jusqu'ici autorité.

"Tout un monde lointain" est donc un concerto pour violoncelle et orchestre qui fut créé en 1970 au festival d'Aix-en-Provence par Rostropovitch. Le titre en est tiré du poème "La chevelure" issu des Fleurs du Mal de Baudelaire et chacun des cinq mouvements de l'oeuvre contient une épitaphe en référence au grand poète. Dans une atmosphère générale assez douce et éthérée, Dutilleux fait surgir de façon inopinée des moments paroxystiques qui donnent une certaine urgence à la pièce. La couleur si particulière de l'orchestre est typique de l'écriture du compositeur qui laisse par ailleurs une très grande place à un violoncelle virtuose, multipliant les techniques de jeu et les pyrotechnies techniques sans jamais oublier la beauté du matériau. Le violoncelle chantant, extrêmement rond et chaud de Truls Mork fait ici merveille et contribue à faire de ce moment musical un pur enchantement.

"Trois strophes sur le nom de Sacher" est une commande de Rostropovitch passée à quinze grands compositeurs pour le soixante dixième anniversaire du mécène et chef-d'orchestre suisse. Dutilleux réalisa au départ simplement la première strophe, qui fut créée, et compléta son oeuvre en 1982. L'oeuvre est relativement austère, fascinante de virtuosité et fait appel au procédé de la scordatura cad que les deux cordes graves de l'instrument sont désaccordées (le sol devenant fa dièse, le do, si bémol). Là encore, Truls Mork en donne une interprétation fort convaincante.

"L'arbre au songe" est le concerto pour violon et orchestre du Maître. Il s'agit d'une longue rêverie poétique dans laquelle, comme les branches d'un arbre et ses rameaux qui ne cessent de se renouveler, le matériau poétique et musical évoluent sans cesse. Ainsi se créent des songes, certains rémanents, d'autres évoluant, le tout produisant un matériau musical extraordinairement riche et coloré. Violon et orchestre s'y affrontent, se fondent ou dialoguent plus ou moins pacifiquement. La musique est une pure merveille d'invention et invite inéluctablement à se laisser aller à toutes formes de rêveries. Renaud Capuçon en donne une version très impliquée, assez dynamique et au final fort convaincante.

Bref, voici un CD indispensable à tout amateur de Dutilleux et qui viendra utilement compléter, en tant que référence moderne, les deux versions historiques de référence.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le poète Dutilleux, magnifiquement servi, 6 avril 2012
Par 
M. Girardin (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
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Henri Dutilleux est un compositeur en marge : ni pseudo-conservateur néoclassique, ni avant-gardiste, il s'est toujours placé dans sa voie propre. Cela lui a valu d'être souvent relégué au second plan. Mais son chemin de poète lui vaut aujourd'hui - et, grâce à son exceptionnelle longévité, de son vivant - d'être reconnu à la hauteur de son talent.

Les deux concertos enregistrés ici comptent au nombre de ses œuvres les plus connues. Les plus réussies aussi : rarement Dutilleux aura à ce point allié l'expression musicale et l'onirisme poétique.
Dans le concerto pour violoncelle, intitulé "Tout un monde lointain...", le soliste semble observer l'orchestre, se comparer à lui. Le monde lointain est cet orchestre aux cordes divisées, aux violons suraigus, aux percussions intrigantes. Le violoncelliste, lui, semble être avec le public ; il observe l'orchestre, s'interroge, l'interroge aussi, et obtient parfois des réponses. Mais rien n'est jamais univoque, et l'interrogation demeure.
Le concerto pour violon, "L'arbre des songes", est plus classique dans les rapports soliste - orchestre. Cependant, la même expression poétique, les mêmes couleurs inouïes se font entendre. Et, surtout, Dutilleux se fait espiègle, le temps d'un mouvement (Interlude 3), et singe le sempiternel accord de l'orchestre : les arabesques de clarinette, le "la" du hautbois (agrémenté, Dieu sait pourquoi, d'un mi de passage), les cordes de violon se tendant et détendant. Puis, peu à peu, de manière extrêmement statique, le concerto revient, pour s'achever - à l'opposé de son homonyme pour violoncelle - de manière franche, presque abrupte, en tout cas terre à terre : la place n'est plus aux songes mais aux racines de l'arbre.
Entre les deux concertos, les Trois Strophes sur le nom de Sacher sont de très beaux essais pour violoncelle seul, utilisant toute l'essence poétique de modes de jeu trop souvent utilisés de manière bruitiste.

La force de cet enregistrement est de disposer d'interprètes de premier ordre : Myung-Whun Chung et son Orchestre Philharmonique de Radio France rappellent avec la manière qu'ils sont les plus éminents spécialistes de la musique française du XXème siècle. Truls Mork est parfait dans des pièces écrites sur mesure pour Rostropovich (excusez du peu). Renaud Capuçon est, en revanche, un ton en dessous : excellent technicien, mais, comme souvent, on regrettera une certaine froideur, un jeu hautain qui nous empêche de pénétrer entièrement l'œuvre.
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5.0 étoiles sur 5 Un classique très moderne, 17 mai 2013
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Très grand compositeur. Interprète remarquable et très fidèle à la pensée du compositeur que ma femme et moi connaissons bien.
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Dutilleux - Cello & Violin Concertos etc de Truls Mørk/Renaud Capuçon/Orchestre Philharmonique De Radio France/Myung-Whun Chung
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