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21 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une des premières intégrales de l'histoire du disque, 5 décembre 2009
Par 
DUNCANIDAHO "DUNCANIDAHO" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : les 32 Sonates pour piano (CD)
Wilhelm Backhauss fut avec Arthur Schnabell (qui fut le premier à enregistrer les 32 sonates de Beethoven) et Edwin Fisher, un de ces pianistes qui décida de revenir à une rigueur plus académique dans l'interprétation des classiques de l'oeuvre pour piano (comme Maria Callas le fit plus tard pour l'opéra).
En effet dans les années 30 certains pianistes virtuoses prirent certaines libertés avec les partitions et quelques fois les interprétations (de Chopin notamment) n'avaient qu'un lointain rapport avec les oeuvres telles que les compositeurs les avaient concues.
Tout cela pour dire qu'il ne faut pas s'attendre à la moindre fantaisie dans ces interprétations d'un pianiste qui fut souvent critiqué pour ses vues dogmatiques mais à qui il faut reconnaitre un touché et une vision de l'oeuvre hors du commun.
Cette intégrale risque de paraitre un peu austère pour ceux qui sont habitués à celles de Nat et Kempff.
De plus Backhauss a pris l'option de ne jouer que rarement les reprises ce qui fait que certaines sonates nous paraissent un peu "courtes".
Ses restrictions misent à part, on sent ici un respect quasi religieux pour Beethoven de la part du grand pianiste et certaines sonates en sont transfigurées.
On pourra regretter un certain manque de poésie mais cela n'était pas dans les vues de Backhauss.
Cela reste tout de même un des grandes intégrales encore disponibles avec Nat, Kempff, Brendel III et Arrau.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Beethoven par lui-même ?, 5 février 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : les 32 Sonates pour piano (CD)
Backhaus dans son élément, Beethoven, auquel il s'est identifié au point de lui ressembler. Très bon travail de report des 33 tours. Vivement recommandé.
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26 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'intégrale la plus fouillée des sonates pour piano de Ludwig van Beethoven, 11 août 2007
Par 
Julien Mosa "MosaJulien" (Saint-Jean Pied de Port, 64.) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : les 32 Sonates pour piano (CD)
Ludwig van Beethoven composa trente-deux sonates pour piano (plus trois petites sonates de jeunesse Wo0 47, qu'il composa en 1782, alors qu'il n'avait qu'une douzaine d'années). Il s'agit de la somme la plus importante de sa production (exceptés évidemment ses "lieder", au nombre de quatre-vingt six, et ses abondants arrangements de "chants populaires", d'Irlande, d'Ecosse et du Pays de Galles en particulier). De 1784 à 1822 (cinq années avant son décès) s'étalèrent la rédaction de ses sonates ; hormis les dernières années de sa vie, Ludwig van Beethoven ne cessa d'écrire pour le piano, cherchant à traduire ses pensées les plus profondes par le biais de son instrument fétiche.
Les trois premières sonates pour piano de Ludwig van Beethoven portent le numéro d'opus 2. Elles furent composées entre 1794 et 1795, et dédiées à Franz-Joseph Haydn, qui fut professeur du jeune Ludwig van Beethoven de novembre 1792 à janvier 1794. Dans le troisième mouvement de la sonate n°2 en la majeur op. n°2, Ludwig van Beethoven remplaça le "menuet" traditionnel par un "scherzo", ce qui fut une marque primordiale de la pensée moderne du jeune compositeur. La critique et le public accueillirent ces trois sonates chaleureusement, mais leur dédicataire un peu moins : Franz-Joseph Haydn aurait dit à Ludwig van Beethoven "Vous ne manquez pas de talent, mais il vous faut encore vous instruire" (les deux hommes entretenaient des rapports pas toujours aisés : le maître tolérait assez mal l'audace et l'indiscipline de son élève). La sonate pour piano n°3 en ut majeur op.2 n°3 est la plus virtuose de ces trois sonates. La sonate pour piano n°4 en mi bémol majeur op.7 fut composée entre 1796 et 1797, et dédiée à la comtesse Anna-Luisa de Keglevics. Ludwig van Beethoven baptisa son oeuvre de "Grande sonate" ; elle fut publiée seule, ce qui était inhabituel pour l'époque. Les trois sonates suivantes (n°5 à 7), font partie de l'opus 10. Elles furent composées en 1797 et dédiées à la comtesse Anne Margarete von Browne (la femme du mécène de Ludwig van Beethoven). La sonate pour piano n°5 en ut mineur op.10 n°1 fut accueillie tièdement par la critique : "Il n'y a pas beaucoup d'artistes auxquels on puisse dire : "Epargne tes trésors et uses-en avec ménagement"...". La sonate pour piano n°7 en ut majeur op.10 n°3 est plus longue que les deux précédentes de l'opus 10 et elle se situe à un niveau assez supérieur que celles-ci. La sonate pour piano n°8 en ut mineur dite "Pathétique" op.13 fut composée entre 1798 et 1799 ; elle fut publiée sous le titre français "Grande sonate pathétique", avec une dédicace au prince Carl von Lichnowsky, mécène de Ludwig van Beethoven depuis l'arrivée à Vienne en 1792 du tout jeune compositeur. Cette sonate appartient à la période où Ludwig van Beethoven commençait à affirmer son propre style et à se détacher à l'influence de Franz-Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart. Brillante et novatrice, certains musicologues considérèrent par le passé et considèrent actuellement cette sonate comme le premier chef-d'oeuvre pianistique de son auteur. Les sonates pour piano n°9 en mi majeur et n°10 en sol majeur de l'opus 14 furent composées en 1798 et dédiées à la baronne Josefa von Braun. La sonate pour piano n°9 en mi majeur op.14 n°1 est, malgré la numérotation, antérieure à la sonate pour piano n°8 en ut mineur dite "Pathétique" op.13 ; Ludwig van Beethoven en fit un arrangement pour quatuor à cordes en 1802. La sonate pour piano n°10 en sol majeur op.14 n°2 fut composée avant la sonate pour piano n°9 en mi majeur op.14 n°1, mais publiée après, ce qui lui vaut cette numérotation-là. La sonate pour piano n°11 en si bémol majeur op.22 fut composée entre 1799 et 1800, et dédiée à son mécène le comte von Browne. La sonate pour piano n°12 en la bémol majeur op.26 fut composée entre 1800 et 1801 et dédiée à son mécène le prince Carl von Lichnowsky. Ludwig van Beethoven donna le titre de "Marche funèbre sur la mort d'un héros" au troisième mouvement de cette sonate ; actuellement, personne ne sait à quel "héros" Ludwig van Beethoven fit référence. La structure de cette sonate est inhabituelle ; elle débute par un mouvement lent, "andante" sur un "thème et variations", avant de se poursuivre classiquement par le schéma "rapide-lent-rapide". La sonate pour piano n°13 en mi bémol majeur op.27 n°1 fut composée entre 1800 et 1801 et dédiée à la princesse Liechtenstein. Elle est intitulée "Sonata quasi una fantasia", ce qui traduit l'idée d'un style proche d'une improvisation. La sonate pour piano n°14 en ut dièse mineur dite "Claire de lune" op.21 n°2 fut composée en 1801 et dédiée à la comtesse Giulietta Guicciardi, une jeune femme de dix-sept ans dont Ludwig van Beethoven était amoureux. Comme sa "jumelle" (la sonate pour piano n°13 en mi bémol majeur op.27 n°1), Ludwig van Beethoven l'intitula "Sonata quasi una fantasia". Cette sonate fut écrite dans une période de crise morale que traversait son auteur, qui prenait conscience de sa surdité croissante. Son succès fut considérable, tant auprès de la critique (qui parla d'une fantaisie d'une unité parfaite, inspirée par un sentiment nu, profond et intime, taillé d'un seul bloc de marbre) que du public. Des années plus tard alors qu'il composait des oeuvres plus audacieuses encore, Ludwig van Beethoven s'irrita du succès de cette sonate qu'il estimait moins bonne que les autres. Le surnom de "Clair de lune" lui fut attribué par le poète allemand Ludwig Rellstab en 1832 ; il voyait dans le premier mouvement "adagio sostenuto" l'évocation d'une "barque au clair de lune sur le Lac des Quatre Cantons". Ludwig van Beethoven ne sut jamais rien de cette appellation subjective, dont il est fort possible qu'elle ne traduise nullement les intentions du compositeur. La sonate pour piano n°15 en ré majeur dite "Pastorale" op.28 fut composée en 1801, publiée sous le titre de "Grande sonate pour le piano-forte" et dédiée au comte Joseph von Sonnenfels. Crantz, l'éditeur de Ludwig van Beethoven, lui attribua le titre de "Pastorale". Cette sonate fut composée quelques semaine après la sonate pour piano n°14 en ut dièse mineur op.27 n°2, durant la période morale difficile que traversait Ludwig van Beethoven ; mais rien n'y paraît dans cette oeuvre somme toute sereine. Les trois sonates suivantes, n°16 à 18, portent le numéro d'opus 31. Elles furent composées en 1802 et dédiées à la comtesse Anna Margarete von Browne. La sonate pour piano n°16 en sol majeur op.31 n°1, malgré sa numérotation, fut écrite après la sonate pour piano n°17 en ré mineur dite "La tempête" op.31 n°2. Cette dernière doit son surnom "La tempête" non pas à son auteur, mais c'est pourtant bien lui qui aurait conseillé à ses auditeurs de lire la comédie "La tempête" de William Shakespeare pour en comprendre le sens de sa sonate. L'atmosphère plus sombre que recèle cette sonate par rapport à celles composées à cette période s'explique au désemparement du compositeur devant sa surdité qui s'affirmait de plus en plus. La sonate pour piano n°18 en mi bémol majeur op.31 n°3 est la dernière des sonates de Ludwig van Beethoven à comporter plus de trois mouvements, hormis les sonates pour piano n°28 en la majeur op.101 et n°29 en si bémol majeur dite "Hammerklavier" op.106. C'est également la dernière sonate de son auteur à inclure un authentique "menuet" de facture classique. Les sonates pour piano n°19 en sol mineur op.49 n°1 et n°20 en sol majeur op.49 n°2 furent respectivement composées en 1798 et 1796 ; elle ne parurent qu'en 1805, ce qui explique leur numéro d'opus avancé. Elles sont toutes deux nommées "Sonates faciles". La sonate pour piano n°23 en ut majeur dite "Waldstein" op.53 fut composée entre 1803 et 1804 et dédiée au comte Ferdinand von Waldstein, ami et protecteur de Ludwig van Beethoven depuis 1784. Son surnom de "Sonate Waldstein" lui est resté attaché. La sonate pour piano n°22 en fa majeur op.54 fut composée en 1804. Elle ne comporte aucune dédicace, ce qui est assez rare dans le catalogue des oeuvres de Ludwig van Beethoven. La sonate pour piano n°23 en fa mineur dite "Appassionata" op.57 fut composée entre 1804 et 1805 et dédiée au comte Franz von Brunswick, ami et admirateur de Ludwig van Beethoven. C'est une sonate sombra et très mouvementée. Le titre fut ajouté ultérieurement par l'éditeur du compositeur. Par la suite, l'écrivain français Romain Rolland qualifia cette oeuvre de "torrent de feu dans un lit de granit". La sonate pour piano n°24 en fa dièse majeur dite "A Thérèse" op.78 fut composée en 1809 et dédiée à son ami la comtesse Thérèse von Brunswick. Malgré sa brièveté (deux courts mouvements), cette sonate virtuose était appréciée de son auteur. La sonate pour piano n°25 en sol majeur op.79 fut composée en 1809. Elle est surnommée "Sonate facile" ou "Sonatine". La sonate pour piano n°26 en mi bémol majeur dite "Les adieux" op.81a fut composée entre 1809 et 1810. Ludwig van Beethoven la dédia à son élève et ami l'archiduc Rodolphe d'Autriche, le frère le plus jeune de l'empereur d'Autriche. Le sous-titre "Les adieux" de cette sonate reflète le départ de l'archiduc Rodolph en 1809, contraint avec sa famille de quitter Vienne occupée suite à la guerre de Weimar. Le premier mouvement "Les adieux" symbolise l'exil et les regrets. Les second et troisième mouvements intitulés "L'absence" et "Le retour" furent écrits peu après le retour de l'archiduc Rodolphe dans la capitale autrichienne. Le troisième mouvement "Le retour" est joyeux et expressif. La sonate pour piano n°27 en mi mineur op.90 fut composée en 1814 et dédiée au prince Moritz Lichnowsky, en l'honneur de son mariage. Le premier mouvement, intitulé pour la première fois en allemand ("Mit Lebhaftigkeit und durchaus mit Empfidung und Ausdruck") se doit d'illustrer le débat entre "la tête de la coeur" et le second mouvement "Nicht zu geschwind und sehr singhar vorzutragen" une "conversation avec sa bien-aimée". La sonate pour piano n°28 en la majeur op.101 fut composée en 1816 et dédiée à la baronne Dorothea Cecilia Ertmann, que Ludwig van Beethoven surnommait affectueusement sa "Sainte-Cécile". Comme la sonate pour piano n°29 en si bémol majeur op.106 ; elle est destinée au "Hammerklavier" (piano-forte). La sonate pour piano n°29 en si bémol majeur op.106 fut composée sur deux années, entre 1817 et 1819 ; la dédicace alla à l'archiduc Rodolphe. Intitulée "Grande sonate pour la piano-forte", elle est destinée au "Hammerklavier", invention allemande (le terme signifie littéralement "clavier à marteaux") qui marque une claire distinction entre les cordes frappées du piano moderne et les cordes pincées du clavecin, ainsi que la caractère très percussif de l'instrument. Ludwig van Beethoven confia à son éditeur après la publication de cette sonate : "Voilà une sonate qui donnera de la besogne au pianistes, lorsqu'on la jouera dans cinquante ans". Le troisième mouvement "adagio sostenuto" possède une ampleur remarquable (près de vingt minutes), ce qui en fait le plus long mouvement lent qu'ait écrit Ludwig van Beethoven. La sonate pour piano n°30 en mi majeur op.109 fut composée en 1820 et dédiée à Maximiliana Brentano. La sonate pour piano n°31 en la bémol majeur op.110 fut composée en 1821 ; il s'agit de la seconde et dernière sonate sans dédicace. L'ultime sonate pour piano de Ludwig van Beethoven, la n°32 en ut mineur op.111, fut composée sur deux années, entre 1820 et 1822. Son second et dernier mouvement, une "arietta" à variations, est souvent surnommé "l'adieu à la sonate". La composition de cette ultime sonate a représenté un travail long et complexe de la part de son auteur, puisant son inspiration bien plus loin que nombre de personnes pourraient le croire. Au départ, la sonate devait être dédiée à Antonia Brentano. Mais il se ravisa, et dédia cette dernière ses Trente-trois "Variations sur un thème d'Anton Diabelli" pour piano en ut majeur opp.120. Ce fut l'archevêque Rodolphe qui fut le dédicataire de la dernière sonate pour piano de Ludwig van Beethoven. La difficulté tant pianistique que musicale de cette oeuvre valut à son auteur une incompréhension totale d'une partie du monde musical de l'époque. Avant même sa parution en 1823, le travail d'édition s'était avéré particulièrement difficile : les copistes, graveurs et correcteurs s'étaient trouvé confrontés à une partition d'une complexité inédite. Cette sonate mit beaucoup de temps à s'imposer ; ce n'est qu'à partir de la fin du dix-neuvième siècle, grâce à des pianistes comme Theodore Ritter ou Hans von Bülow qu'elle se familiarisa auprès du grand public.
Lorsque l'auditeur se trouve en présence d'une intégrale quelle qu'elle soit, il y a toujours du bon, du très bon et du moins bon. C'est évidemment le cas ici, dans cette fabuleuse somme gravée pour la plupart des sonates dans les années 1960 par le grand pianiste allemand Wilhelm Backhaus, alors en toute fin de carrière. Ses gravures de l'intégrale des sonates pour piano de Ludwig van Beethoven sont d'une clarté analytique très troublante, et l'ivresse sonore qu'il propose à quasiment chaque mesure est pour ainsi dire étourdissante. Je vais essayer, sonate par sonate, de commenter ce que j'ai ressenti. Wilhelm Backhaus place dans la droite lignée des compositeurs de l'époque dite "classique" (juste avant celle de Ludwig van Beethoven) les trois premières sonates de l'opus 2 ; l'homme à Franz-Joseph Haydn est donc bien exposé ; le pianiste allemand propose plusieurs mouvements dans un style totalement "mozartien" (notamment l'"adagio" de la sonate pour piano n°1 en fa mineur op.2 n°1, le "rondo : grazioso" de la sonate pour piano n°2 en la majeur op.2 n°2 et le "scherzo & trio : allegro" de la sonate pour piano n°3 en ut majeur op.2 n°3. L'interprétation proposée par Wilhelm Backhaus dans la sonate pour piano n°3 en ut majeur op.2 n°3 est tournée vers les oeuvres de maturité du maître de Bonn, ce qui annonce les "grandes sonates" de Ludwig van Beethoven. Wilhelm Backhaus avait 84 ans et 85 ans lorsqu'il grava les deux dernières sonates de l'opus 2 ; sa virtuosité qui n'avait rien perdu, sa vélocité et son entrain n'appellent que des éloges (comme dans la plupart des gravures de toutes les sonates). La prise de son est, pour cet opus 2, assez terne et voilée, bien que très analytique. La sonate pour piano n°5 en ut mineur op.10 n°1 souffre d'un "finale : prestissimo" joué assez rapidement mais pas assez "prestissimo", ce qui alourdit ce mouvement ; dommage, car il s'agissait là d'une référence quasi-absolue de cette sonate ; de plus, la prise de son était là meilleure que pour les trois sonates de l'opus 2. Dommage, mais chapeau quand même à monsieur Backhaus. La sonate pour piano n°4 en mi bémol majeur op.7 bénéficie d'une implication physique et d'une remarquable vélocité (surtout dans le dernier mouvement "rondo : poco allegretto e grazioso") du pianiste ; Wilhelm Backhaus cerne là avec grande intelligence l'esprit du "grand Beethoven", et en exhale toute la puissance. La sonate pour piano n°6 en fa majeur op.10 n°2 est interprétée dans une juste optique, il faut là encore saluer la vélocité du pianiste dans le dernier mouvement "presto" qui est pour le coup bien respecté. L'interprétation de la sonate pour piano n°7 en ré majeur op.10 n°1 est un peu plus décevante. Pourtant, Wilhelm Backhaus offre dès le premier mouvement "presto" une bonne introduction à la suite de la sonate ; malheureusement, il passe à côté du "largo e mesto" ("lent et triste") : son jeu est plutôt "andante" ("allant") et exprime plus des regrets que de la tristesse. Le "menuetto e trio : allegro" suivant est lui par contre joué trop lentement. Mais Wilhelm Backhaus conclut la sonate en faisant à clin d'oeil à l'humour beethovénien dans les syncopes du "rondo : allegro". La sonate pour piano n°8 en ut mineur dite "Pathétique" op.13 est, avec d'autres "sonates à titre", une des grandes réussites de cette intégrale. Dans le "grave - allegro di molto e con brio", Wilhelm Backhaus offre une plénitude sonore presque enivrante ; il use (et abuse) de "rubatos", mais qui mettent bien en valeur les différentes structures du mouvement. L'"adagio cantabile" central est très "chantant", très lyrique, mais il est pour le coup desservit par une prise de son qui a mal vieilli (stéréo de 1958) : le piano sonne métallique. Dommage. Le "rondo : allegro" final démarre un rien lentement, mais Wilhelm Backhaus rectifie le tir au bout de quelques mesures pour garder un véritable tempo "allegro" tout le reste du mouvement. La mélodie principale s'en trouve très bien distillée. Les interprétations des sonates pour piano n°9 en mi majeur op.14 n°1 et n°10 en sol majeur op.14 n°2 démontrent que Wilhelm Backhaus, à 84 ans, maîtrisait encore à la perfection les touches de son piano, ainsi que la psychologie contenue dans les partitions (le dernier accord de l'"andante" de la sonate pour piano n°10 en sol majeur op.14 n°2 réserve une petite surprise). La sonate pour piano n°11 en si bémol majeur op.22 est elle aussi interprétée d'une manière magistrale ; l'"allegro con brio" introductif possède par exemple sous les doigts du pianiste allemand une ampleur qui l'assimile à une "ouverture d'opéra". Dans la sonate pour piano n°12 en la bémol majeur op.26, Wilhelm Backhaus restitue une vision très, voire trop personnelle de chaque mouvement. L'"andante con variazion" bénéficie d'un jeu très analytique et donc d'une différenciation très claire de chaque variations. Le "scherzo e trio : allegro molto" central jouit d'une interprétation très "beethovenienne" (enjoué, sarcastique, virtuose) au meilleur sens du terme. La "marcia funebre sulla morte d'un eroe" est plus problématique. Le pianiste fait plus ressortir le côté "héroïque" que funèbre de cette pièce, malgré que, lors des notes répétées au milieu du mouvement, l'auditeur aura l'impression d'un véritable glas qui sonne). L'"allegro" final permet au pianiste de déchaîner ses doigts ; il s'en donne à coeur joie dans cette pièce brève, peut-être en survolant en y survolant simplement le fond. La sonate pour piano n°13 en mi bémol majeur dite "Quasi una fantasia" op.27 n°1 bénéficie d'une interprétation de haut vol, et l'auditeur sera encore une fois stupéfait de la vélocité imprimée par le pianiste. La sonate pour piano n°14 en ut dièse mineur dite "Clair de lune" op.27 n°2 possède un "adagio sostenuto" rêveur à souhait, malgré quelques rubatos intempestifs (qui sont la signature de Wilhelm Backhaus). Curieusement, le court "allegretto e trio" est joué trop lentement et traînaille inutilement. Le "presto" est un des grands moments de ce coffret. Wilhelm Backhaus maîtrise son piano à la perfection ; de plus, son jeu très analytique permet de bien mettre en évidence les différents plans sonores du mouvement. Ainsi, le contraste avec le mouvement initial est assez fort. Wilhelm Backhaus offre une interprétation très extravertie et très virtuose de la sonate pour piano n°15 en ré majeur dite "Pastorale" op.28 ; ses engagements physique et spirituel n'appellent que des éloges. Une autre grande réussite de ce coffret. C'est dans le "rondo : allegretto - presto" final de la sonate pour piano n°16 en sol majeur op.31 n°1 que l'auditeur se "saoulera" d'un magma sonore bouillonnant, où Wilhelm Backhaus presque en transe, se surpasse. La sonate pour piano n°17 en ré mineur dite "La tempête" op.31 n°2 est certainement une des trois meilleures interprétations de cette intégrale. La premier mouvement "largo - allegro" est tourmenté, très angoissé (largo), puis très véloce et bénéficiant encore et encore d'une orgie sonore incroyable (allegro). L'"adagio" central est rythmé, mais paradoxalement pas très rapide ; le mouvement n'est certes pas amorphe. Il est très agréable à écouter. Le dernier mouvement "allegretto", avec son célèbre thème, est tempétueux à souhait, "dyonisiaquement" sonore, exceptionnel tout simplement. Du très très grand art. La sonate pour piano n°18 en mi bémol majeur op.18 n°1 vaut surtout par la filiation mozartienne que lui impose Wilhelm Backhaus. Wilhelm Backhaus ne néglige pas et prend au sérieux les deux "sonates faciles" (n°19 en sol mineur op.49 n°1 et en sol majeur op.49 n°2) ; le résultant et très probant et magnifique. La sonate pour piano n°21 en ut majeur dite "Waldstein" op.53 est elle aussi une référence de ce coffret. Le premier mouvement "allegro con brio" possède une noblesse de ton et un caractère bien affirmé. La maîtrise du pianiste est là encore parfaite. L'"introduzione : adagio molto" est un très bon mouvement de transition, doux et soyeux, possédant un bel écrin sonore. Le "rondo : allegretto moderato - prestissimo" est génial et enivrant : Wilhelm Backhaus héroïse ce mouvement et donc cette sonate toute entière. La prise de son stéréo de 1958 est étonnante de présence et n'accuse que très peu son temps. La sonate pour piano n°22 en fa majeur op.54 souffre d'une interprétation décevante de Wilhelm, qui manque de naturel et de profondeur. A oublier. La sonate pour piano n°23 en fa mineur dite "Appassionata" op.57, qui fait partie à mon sens des trois meilleures interprétations de cette intégrale, jouit sous les doigts du pianiste allemand de "basses grondantes", preuve de grand tourment, dans son "allegro assai" initial. L'interprétation est très "volcanique". L'"andante con moto" central est joué avec douceur, expression, avec un fond de nostalgie e de regrets. L'"allegro ma non troppo - presto" final est très tourmenté, véloce, et l'ivresse sonore est encore et toujours à son comble. Wilhelm Backhaus est magistral. L'interprétation de la brève sonate n°24 en fa dièse majeur dite "A Thérèse" op.78 est plaisante, sans plus ; la sonate pour piano n°25 en sol majeur op.79 bénéficie d'un "andante" poétique et rêveur à souhait. La sonate pour piano n°26 en mi bémol majeur dite "Les adieux" op.81a possède un "adagio" initial poignant qui mène bien à l'"allegro" suivant. Cet "allegro" est très héroïque (voici un bel hommage de la part de Wilhelm Backhaus au dédicataire de l'oeuvre, l'archiduc Rodolphe). L'"andante espressivo" central est triste au début, et légèrement plus neutre jusqu'à la fin. Le "vivacissimamente - poco andante - tempo I" est extrêmement rapide au début, quel bonheur ! C'est joyeux, enjoué, l'auditeur se représentera aisément un grand feu d'artifice viennois. Wilhelm Backhaus, âgé de 77 ans lors de l'enregistrement de cette sonate réussit là un grand exploit. (Il faut signaler qu'à une minute de la fin du mouvement, il y a un léger déraillement audible de la prise de son sur une mesure). La encore, cette sonate à titre est une des grandes réussites de ce coffret. Les deux mouvements de la sonate pour piano n°27 en mi mineur op.90 sont très bien cernés par Wilhelm Backhaus, qui propose sa vision (et quelle vision !) des joies de l'amour. La sonate pour piano n°28 en la majeur op.101 jouit d'une interprétation de ses trois mouvements toujours bien pensés et bien maîtrisés par le pianiste allemand. La plus longue des sonates pour piano de Ludwig van Beethoven, la n°29 en si bémol majeur op.106 est desservie d'entrée d'une prise de son mono de 1952 (la seule gravure mono de ce coffret). Mais les oreilles de l'auditeur s'habitueront au fil des mesures à cette prise de son bien mauvaise. Wilhelm Backhaus, dans l'"allegro" introductif, est magistral : la grande ampleur symphonique et théâtrale qu'il donne à ce mouvement est prodigieuse. Le pianiste domine et maîtrise la partition avec une facilité déconcertante ! Par contre, la prise de son est si mauvaise qu'il y a saturation dans les plupart des aigus. Le second mouvement "scherzo : assai vivace - presto - tempo I" est rapide et "taquin" comme un jeu, avec plusieurs clins d'oeil humoristiques. L'"adagio sostenuto" central est mélancolique et méditatif à souhait ; Wilhelm Backaus fait bien ressortir cette tristesse, il trace un bilan de la vie de Ludwig van Beethoven, des sensations que le compositeur éprouvait à cette époque (des regrets par rapport à sa surdité). Wilhelm Backhaus ne relâche jamais la tension et tient son auditeur en haleine. Le "largo" qui suit est assez mystérieux et annonciateur des deux mouvements rapides "allegro" et "allegro risoluto" suivants, dans lesquels le pianiste se déchaîne. La complexité de ces trois derniers mouvements finaux l'encourage à se surpasser et cette fugue (dont les voix sont en permanence distinctes) est tout simplement "démoniaquement belle" ! L'interprétation de la sonate pour piano n°30 en mi majeur op.109 n'a pas grand' chose à se reprocher, bien que le "prestissimo" central, si bien maîtrisé soit-il, n'en paraît que survolé. La sonate pour piano n°31 en la bémol majeur op.110 n'appelle elle que des éloges, Wilhelm Backhaus opte une énième fois pour un jeu empli de plénitude sonore, véloce dans les mouvements rapides, et tendre et émouvant dans les mouvements lents. La dernière sonate pour piano, la n°32 en ut mineur op.111 fait elle aussi partie des trois meilleures interprétations de cette intégrale (toujours selon mon avis). Le premier mouvement "maestoso - allegro con brio ed appassionato" est très majestueux, grandiose et tourmenté dans les graves ("maestoso"). L'"allegro con brio ed appassionato" est très héroïque, très sévère (voire grave) ; Wilhelm Backhaus rend là par le biais de son piano un vibrant homme à la vie et à l'oeuvre toute entière de Ludwig van Beethoven. L'ultime mouvement "arietta : adagio molto semplice e cantabile" bénéficie d'une très bonne différenciation des variations par le pianiste. Les premières variations jouissent d'un tempo langoureux, d'"adagio" quasi "molto", puis les variations suivantes "swinguent" littéralement (à cinq minutes du début, une variation sonne très "jazzy", c'est incroyable pour l'époque !) ; dans les dernières variations, Wilhelm Backhaus est très virtuose et son jeu très profondément sonore, à défaut d'être impressionnant. Les nouvelles harmonies et recherches sonores exploitées par Ludwig van Beethoven dans ce mouvement sont étonnantes, mais Wilhelm Backhaus les valorise avec précaution (mis à part les variations "swingantes"), cherchant plutôt à regarder ce mouvement comme la synthèse de toute l'oeuvre pianistique du compositeur et de son apport à l'histoire de la musique.
A signaler pour conclure que le livret contenu dans ce coffret ne raconte absolument rien sur la genèse de chaque sonate, mais décrit les diverses facettes interprétatives du pianiste Wilhelm Backhaus. Bien que les interprétations de Wilhelm Backhaus possèdent plusieurs petits défauts, ce coffret se situe au sommet de la discographie des intégrales des sonates pour piano de Ludwig van Beethoven, avec celles gravées par Wilhelm Kempff en 1965 pour le label Deutsche Grammophon et Claudio Arrau en 1980 pour le label Philips.
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Beethoven: The Piano Sonatas
Beethoven: The Piano Sonatas de Wilhelm Backhaus
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