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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La musique sacrée de Nicolas Lebègue enfin honorée à sa juste mesure, 22 décembre 2007
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : pièces d'orgue & motets (CD)
Dans le sillage du formidable récital paru en 1996 chez le label "Pierre Verany", il semblerait que la musique de Nicolas Lebègue ait enfin trouvé la faveur due à cet emblématique représentant du classicisme français.
Là où Thierry Maeder vivifiait l'esprit "Grand Siècle" par la tonicité d'un phrasé libéré de toute pesanteur, le présent CD interprété par un autre ancien élève du Conservatoire de Strasbourg nous livre un visage plus intimiste et piétiste du compositeur laonnois, articulant autour d'un programme liturgique (Noël, Passion, Pâques, Saint Sacrement) les pièces issues des trois Livres d'orgue avec des "Motets pour les principales festes de l'année" (1687) et se concluant par un majestueux et archaïsant "Magnificat" avec plain-chant alterné.

La sonorité massive et rustique de l'instrument de Saint-Michel-en-Thiérache, mise en relief par une prise de son réverbérée et réaliste laissant aussi entendre les bruits mécaniques de la console, apporte couleurs et saveurs au toucher de Martin Gester, attentif à marquer les valeurs pointées des Offertoires, et à soutenir les envolées lyriques de Salomé Haller (superbe complicité rythmique dans le "Regina Coeli").
Dans les pièces élégiaques, peut-être pourrait-on seulement souhaiter que les doigts s'abandonnent davantage à la contemplation, comme dans cette "Tierce en taille" du 5° ton un rien empesée.

Accompagné d'un abondant et instructif livret (commentaires de Gille Cantagrel, détail des registrations utilisées pour chaque pièce, notice biographique des interprètes...), voilà en tout cas un passionnant album dont nous gratifie l'indispensable collection "Tempéraments".

Ce programme plus proche de la circonstance conventuelle que du théâtre de Lully complète le portrait musical de ce vertueux compositeur Louis Quatorzien qui se voit rendu des honneurs discographiques depuis longtemps attendus.
C'est chose faite.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'orgue et le chant chez Nicolas Lebègue, 9 janvier 2015
Par 
Nicolas - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : pièces d'orgue & motets (CD)
Même si on connait l’importance de Nicolas Lebègue dans la génèse de la génération dorée des Couperin et Grigny, on était en droit de se demander, avant cet album de Martin Gester, si Nicolas Lebègue n’avait pas été, sur le long terme, le fossoyeur de la grandeur de l’orgue francais en le simplifiant, l’instrumentalisant à la fois au sens de “rendre instrumental”, imitant le clavecin, jouant sur la couleur et la richesse de l’orgue francais dans un registre orchestral et et aussi au sens d’“utiliser au service d’une autre cause”, galvanisant les masses au service de la gloire du roi soleil et de l’esthétique Lullienne.

Sans infirmer complètement cette perception, qui a sa vraie part de vérité, cet album de Martin Gester, nous rappelle la dimension grâcieuse, subtile et vocale de la musique de Nicolas Lebègue. En effet, plus que comme un simple dévelopement profane et tapageur, l’avènement de l’orgue classique francais Louis Quatorzien peut se concevoir plutôt comme l’avènement de la voix sur le contrepoint savant de la même manière que la “seconda pratica” formalisée par Claudio Monterverdi libéra le rôle de la voix soliste et des affects. En fait, une incompréhension similaire affecte la musique de Lully que l’on associe trop souvent uniquement à la rutilance et l’exactitude rythmique des violins du Roi alors que le genie Lullien est peut-être encore plus dans le développement de l’art du récitatif et l’arioso à la francaise, plongeant ses raciness dans les airs de cours de Lambert et la métrique du vers Racinien.

Vous me direz que cela est revenu finalement sur le long terme, au même, c’est à dire à une simplification et une profanisation de l’orgue francais et à son “abaissement” au rang de musique de variété plus on allait dans le XVIIIe siècle et vous n’aurez pas tort, sauf que si on ne comprend pas les relations entre l’orgue et la voix chez Nivers et Lebègue, peut-être passe-t-on à côté d’un pan essential de l’orgue francais du XVIIe mais aussi du XVIIIe siècle.

Pour illustrer cette relation entre orgue et voix, rien de tel que d’alterner motets accompagnés à l’orgue d’église et pièces instrumentals, sur le même modèle éprouvé par Emmanuel Mandrin dans son album Motets & Hymnes consacré à Guillaume Gabriel Nivers et au programme et parti pris très similaires,.

L’orgue englobant et très doux de Saint Michel en Thiérache s’avère extrêmement convaincant pour accompagner la voix sublime de Salomé Haller (déjà très convaincante dans les lecons de ténèbres de Francois Couperin avec le même Martin Gester) avec dès le départ, un sublime Salve Regina.

Même les pièces instrumentales sont jouées avec des registrations très douces et claires dans une approche très délicate et chantante, exaltant les qualités de mélodiste de Nicolas Lebègue comme aucun autre disque ne l’avait fait auparavant (cette approche rappelle celle de l’intégrale de l’oeuvre de clavecin de Karen Flint parue chez Plectra en 2014 et pas encore reference sur amazon)

Les amateurs d’orgue flamboyant voire pétaradant sur le mode de l’anthologie de Thierry Maeder voire de l’opulence sonore plus précise et mais pas moins éclatante de Jean-Patrice Brosse dans son enregistrement du premier livre d'orgue seront peut-être décus par cette anthologie qui leur apparaitra trop douce, fluide et consonante, d’autant que Lebègue a une écriture lyrique plus simple que celle de Francois Couperin dans ses lecons de ténèbres, harmoniquement moins ambitieuse que celle de son illustre élève Nicolas de Grigny et rythmiquement plus prévisible que celle de son collègue Guillaume Gabriel Nivers.

Et pourtant cet album, unique en son genre dans la discographie de l’orgue de Lebègue, est irréprochable au sein de ce parti pris de montrer les relations intimes entre l’orgue de Lebègue avec la voix et le chant ainsi que les qualités uniques de mélodiste de ce compositeur, ce qui a apparemment provoqué l’admiration de Buxtehude.

La notice de Gilles Cantagrel, concise, précise et informative, est peut-être le meilleur texte réhabilitant ce compositeur pas si simpliste ou caricatural qu’on veut bien le dire et qui fut le plus grand professeur de son époque, un des plus grands experts de facture d’orgue de France mais aussi l’organiste francais dont les oeuvres ont été le plus publiées et diffusées en France et ailleurs.
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