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Le Cercle rouge
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Le film débute par une citation attribuée à Krishna : "Quand les hommes, même s'ils s'ignorent, doivent se rencontrer un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge."
Cette phrase citée en exergue du film, place le Cercle rouge sous le signe de la fatalité qui le situe aux frontières d'une tragédie antique dans le sens où les hommes sont confrontés à leur destin.
Si Jean Pierre MELVILLE est influencé par le réalisme poétique français et le film noir américain, l'affiliation à ces deux écoles dont on le dit "héritier" l'irrite prodigieusement...il s'affranchit de ces encombrantes muses en réalisant "LE CERCLE ROUGE"..!
Et lorsque Melville prend la direction d'un film de gangsters, il faut se garder d'une lecture au premier degré. Le film policier n'est pour lui qu'un prétexte permettant de glisser vers la tragédie...à ce sujet, il déclare dans "Le monde" en 1970 : "Aujourd'hui en France, pour dire ce que je veux dire, le véhicule le plus commode me parait être l'intrigue policière. Dans ces batailles entre gendarmes et voleurs, il est facile de faire entrer la tragédie. Et cela seul m'intéresse.
Contrairement à son habitude d'adapter des romans, Jean Pierre Melville écrit lui même le scénario du "Cercle rouge", envisageant même un temps d'en faire un roman. Il projette initialement une toute autre distribution : Lino Ventura dans le rôle de Mattei, Paul Meurisse dans celui de Jansen, et Jean Paul Belmondo pour incarner Vogel. Finalement, ce sont les tout aussi prestigieux Bourvil, Montand et Gian Maria Volonte qu'il engage.
J.P.Melville introduit tous les codes du film noir : solitude, amitié viril, trahison et vengeance. Mais surtout ce qui le passionne plus encore et qui semble pourtant contradictoire : La passion et l'acte gratuit, celui que fait Montand dans le film...construisant un univers où la frontière entre le bien et le mal est ténue : les flics utilisent des méthodes de truands comme Mattei qui force Santi à parler en exerçant un chantage à son fils. A l'inverse, les gangsters peuvent être fidèles et loyaux comme Vogel qui tente de sauver Corey ou Jansen qui couvre ses deux complices...
De son propre aveu, ce film fut pour Melville le plus difficile de sa carrière...deux séquences s'avèrent particulièrement délicates à tourner. Celle du casse : long ballet élégant, fluide, entièrement silencieux et celle du delirium tremens de Jansen : tournée en partie avec de vrais reptiles...
Pour revenir sur l'influence américaine, Melville déclare : "Un jour, on m'a mis une étiquette dans le dos : "cinéaste américain". Or, plus je vieillis, plus je me sens proche de Kurosawa ou Mizoguchi.Je le sais si bien qu'un jour, j'ai réalisé un film intitulé "Le samourai".(lettres françaises 1970)

Atteint de la maladie de Kahler qui s'est attaquée à sa moelle osseuse, Bourvil vient difficilement à bout du Cercle rouge...son dernier tournage. Le générique du film rendra son prénom à Bourvil dont le pseudonyme sera précédé d'André pour la première fois de sa carrière.

Servi par un réalisateur en état de grâce, LE CERCLE ROUGE a donné ses lettres de noblesse au film de gangsters français
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32 sur 37 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 2 août 2003
23h40 ... sur le boulevard presque désert, le commissaire Matteï roule à vive allure vers la gare de Marseille-Blancarde. Là, il doit prendre le Train Bleu en direction de Paris accompagné de son prisonnier, Vogel.
Au même moment, à Marseille, un gardien de prison propose à Corey "une affaire" au moment de sa libération ......
Héritier des grands polars américain de l'après-guerre, "Le Cercle Rouge" est un film exceptionnel.
Le scénario est solide et les acteurs superbes. On soulignera notamment un rôle secondaire mais essentiel magnifiquement interprété par Yves Montand, celui de Jansen, un ancien policier victime de "la perversité de l'ambiance dans laquelle il a vecu" et atteint de delirium tremens, sans oublier André Bourvil, étonnant de sobriété dans le rôle du commissaire.
L'atmosphère est froide, humide, les dialogues brefs, épurés, les hommes solitaires, pas de doute c'est un Melville.
Un film que l'on peut visionner de nombreuses fois sans jamais se lasser, à l'image d'un tableau de Maître, chaque fois c'est le même plaisir.
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le 16 juin 2013
Je ne m'étendrai pas sur le film en lui-même: un très grand, que dis-je ! un Immense Melville ! Les couleurs froides sont très bien restituées grâce au blu-ray, le format est respecté, l'image est nette... Le film, que ce soit sa 1ere ou énième vision est toujours aussi fort.
Ce Blu-ray nous offre en plus un petit livret instructif sur la genèse du film, et surtout en vidéo, les boni suivants:
Présentation du film par Ginette Vincendeau
Documentaire : "Sous le nom de Melville" (76')
Interview de José Giovanni (15')
Interview de Rui Nogueira (auteur de "Melville sur Melville") (26')
Interview de Bernard Stora (30')
Bande-annonce.
...bref, de quoi prolonger le plaisir tout en ayant la certitude de ne pas nous être fait avoir avec une édition 'cheap'. Bravo pour cette édition, vraiment.
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10 sur 12 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 17 février 2011
C'est un polar noir comme on n'en fait plus en France depuis si longtemps' et qui permet de constater ce qu'était le film noir il y a déjà 40 ans. Le film est un sommet du genre, dans le plus pur style "Melvillien", les acteurs sont assez nonchalants, prennent le temps de répondre, un « non » est dit avec respect, honneur, et de manière virile. Les acteurs sont sombres, désabusés, ce qui renforce le côté sinistre et même ténébreux, de cette œuvre culte. Les scènes d'actions, rares, surgissent de manière brutale, avec un cynisme de la part de certains personnages rarement affiché à l'écran, tel le personnage d'Alain Delon, qui, à peine sorti de prison, s'aligne un gars pour se défendre certes, mais avec une désillusion déconcertante. On peut dire de Delon qu'il colle parfaitement au « genre » glacial du film de gangster à la Melville puisque ce dernier n'utilisait le film policier qu'en tant que support voire même en tant que prétexte pour mieux montrer les relations entre les hommes (très peu de femmes dans ses films), l'intériorité, la retenue, la solitude, le calme, ce que Delon exprime magnifiquement.
Jean-Pierre Grumbach, de son vrai nom (il décida de s'appeler Melville d'après Herman Melville, puisqu'il considérait l'écrivain, notamment, comme étant le plus grand de tous les temps), connu le Pigalle d'avant-guerre, avec son lot de prostituées, de maquereaux et de gangsters, et côtoya ces derniers de très près. Il a su transposer des personnages typiquement américains sur le support de la vie à Pigalle et à Montmartre. Son expérience de la seconde guerre mondiale, et la profondeur des relations entre les soldats, inhérente au conflit, qu'il admirait tant, lui permis encore de creuser ses sujets de prédilection qui allaient par la suite devenir grâce à la caméra ce que le cinéma français a offert de plus pur en matière de polar noir.
Mais la véritable découverte de ce film, la perle même, c'est Bourvil, génial en flic désabusé, « à qui on ne la fait pas », débrouillard, ayant son réseau d'indics, bon tireur, ayant les meilleurs états de service, etc. De la définition d'un excellent acteur : est excellent acteur celui qui, après avoir joué voire même s'être confirmé dans un rôle ou un registre en particulier, par exemple la comédie, s'est brusquement découvert dans un autre registre que celui qui lui était peut-être « trop affilié », un registre diamétralement opposé, en l'occurrence dans cet exemple le drame.
C'est à voir et à revoir, et malgré certains plans qui ont mal vieilli (le traditionnel plan de voiture, avec le projecteur à l'arrière, difficilement assumé, quintessence de la faiblesse technique cinématographique de l'époque, un incontournable.)
Parrain de la nouvelle vague française, Jean-Pierre Melville fut très satisfait à la sortie de ce film (1970), puisque ce fut son plus grand succès.
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le 11 août 2010
Le commissaire Mattei et son équipe d'enquêteurs viennent d'appréhender Vogel à Marseille et c'est les menottes aux poignets, sous la garde et l'extrême vigilance du commissaire, que ce dernier prend le train à destination de Paris pour y être incarcéré. Mais au cours du trajet, le prisonnier parvient à échapper à la surveillance de son gardien et s'enfuit dans un sous-bois à proximité de la voie ferrée au moment où le train semble ralentir sa marche. Malgré le plan d'urgence mis en place par la gendarmerie à l'initiative de Mattei dans la zone d'évasion, Vogel demeure introuvable. De fait, il a pu se réfugier dans le coffre d'une conduite intérieure américaine garée sur le parking d'une cafétéria située non loin de la voie ferrée et de la route nationale sur laquelle sont établis plusieurs barrages de police. Le propriétaire du véhicule, qui vient de s'accorder une pause déjeuner, n'est autre que Corey, un ex-détenu sorti de prison depuis à peine quelques heures et ayant purgé une peine de cinq ans en centrale...

Jean-Pierre Melville, somme toute, réalise avec « Le Cercle rouge » un chef-d'oeuvre d'intrigue policière réunissant des acteurs d'exception tels que Alain Delon, André Bourvil, Yves Montand, Gian Maria Volonté et François Périer dont les virtuosités en matière d'interprétation donnent à voir des personnages de délinquants et de policiers, selon le cas, confrontés aux enjeux de leur propre choix, celui par exemple de commettre un « vol sensationnel de bijoux » chez Mauboussin, place Vendôme, pour les uns, ou bien celui de mettre un terme à la fuite en avant, pour les autres, et ce dans le cadre d'une procédure dont la résolution est le fait de l'ingéniosité du commissaire Mattei, magistralement campé par Bourvil qui se découvre là dans un rôle inhabituel au regard de l'ensemble de sa filmographie, qui le révéla surtout au public comme acteur comique. Le dénouement se clôt par une phrase de l'Inspecteur Général, de l'I.G.S., adressée à Mattei : « Tous les hommes, Monsieur Mattei... », sous-entendant que « Tous les hommes sont coupables », une devise dans la bouche du haut fonctionnaire qui apparaît comme l'un des leitmotiv de l'intrigue, mettant ainsi en exergue la dimension à la fois fatale et absurde de la condition humaine. À cet égard, Cécile Mury, critique au magazine « Télérama », précise que « le film navigue sur les eaux sombres de la fatalité et prend des allures d'authentique tragédie. Sur une trame policière ultraconventionnelle, le cinéaste resserre l'intensité dramatique, élève son austère univers à une perfection épurée. Les protagonistes portent d'impassibles masques, jouant dans leur solitude une lutte archétypale entre l'ordre et le désordre. »
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le 18 septembre 2010
1970 : Dernier film du maître Melville , dernier film de Bourvil ! Un chef d'oeuvre du polar noir . Une ambiance type comme Melville savait les créer : froide , silencieuse , trouble , dramatique à la limite de la déprime .... La qualité de la restauration HD est vraiment à la hauteur d'un blu ray alors que le film date de 40 ans déjà. Projeté sur écran géant le spectacle est sans faille ! Un must du polar classique .
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le 24 septembre 2014
MALHEUREUSEMENT CE SERA LE DERNIER FILM DE L'IMMENSE ANDRE BOURVIL
ENTOURE DE ALAIN DELON SORTI DE PRISON ET YVES MONTAND EN ANCIEN ALCOOLIQUE AYANT
QUITTE LA POLICE MAIS EN TIREUR CHEVRONNE
LE MEILLEUR FILM DE MONSIEUR MELVILLE LE MAITRE DU POLAR FRANCAIS
BON VISIONNAGE
JE CONSEILLE
LA GRANDE EPOQUE DES POLARS FRANCAIS
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le 24 août 2015
Rien à ajouter sur ce qu'on a déjà écrit en bien sur ce film. On y retrouve un BOURVIL excellent ......même si on décèle sur son visage , la maladie qui va l' emporter . Après le dernier tour de manivelle , MELVILLE avait laissé tourner la caméra ( sans prononcer le traditionnel "coupez" ) et BOURVIL (sans savoir que la caméra tournait encore) s' était mis à chanter "la tactique du gendarme"............Dernier enregistrement , que je possède .....sur une cassette VHS. {un dernier hommage au grand acteur , qu' on aurait pu ajouter dans les BONUS du DVD.......mais , je mets 5 étoiles quand même )
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le 2 novembre 2012
contente d'avoir dans ma collection de DVD ce grand classique, un de mes fils préférés. Une pléiade d'acteurs au top et Bourvil absolument bouleversant
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Un bon polar avec de bons acteurs (Montant est méconnaissable lors de la scène de delirium), une ambiance particulière comme dans beaucoup de films des années 70, avec des silences qui rythment l'ensemble (notamment dans la scène du cambriolage).
Bon film
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