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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une interprétation très personnelle, 10 décembre 2011
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 5 et n° 9 (CD)
Enregistrement après enregistrement, Vasily Petrenko cisèle une intégrale des symphonies de Shostakovich qui risque de faire date. Chaque disque nous enthousiasme et c'est bien encore le cas ici.

La symphonie n°5 fut du vivant, et encore de nos jours, l'une des symphonies les plus jouées parmi les symphonies du XXème siècle. Composée en 1937, elle fut créée par un jeune chef alors inconnu, Yevgeny Mravinsky à la tête de l'orchestre de Leningrad. Elle fut encensée par le public et reprise à son compte par la critique officielle communiste qui y vit, pourquoi pas, la naissance d'une personnalité représentative du Réalisme Socialiste. oublions ces turpitudes historiques pour nous concentrer sur la musique qui frappe par sa puissance, son jeu sur les contrastes, ses sauts dynamiques affolants. Petrenko prend le parti de ralentir au maximum les tempi au point de signer la plus lente des versions discographiques, n'hésitant pas à accélérer lorsque l'orchestre se déchaîne, signant un époustouflant quatrième mouvement. Sa maîtrise des piano, voire des pianissimo, d'orchestre est magistrale d'autant qu'elle précède en général une furia explosive propre à accentuer les contrastes. Tout cela est fort convaincant d'autant que l'orchestre de Liverpool semble une fois de plus acquis et conquis. Les vents et les percussions, qui ont ici fort à faire, signent une interprétation particulièrement éblouissante.

La neuvième symphonie connut une vie plus mouvementée. Commencée en Janvier 1945 pour glorifier la victoire des troupes soviétiques sur l'armée allemande, la partition fut rapidement abandonnée et redécouverte très récemment. Shostakovich revisita totalement son sujet pour signer en trois mois, à la fin de l'année 1945, une symphonie en cinq mouvements, de caractère neo-classique, pleine de fantaisie, de joie et de douceur. Il disait d'ailleurs de cette page que les musiciens et le public l'adoreraient tandis que la critique la descendrait. Il n'eut pas tort car elle lui valut, avec quelques autres de ses oeuvres symphoniques majeures, l'exclusion du cercle des musiciens officiels en 1948 et ne fut réhabilitée qu'après la mort de Staline. Petrenko y fait chanter un orchestre lyrique, admirablement servi par de grands solistes tels le bassoniste qui tient un rôle essentiel dans les deux derniers mouvements.

La prise de son absolument grandiose, la direction étincelante et extrêmement personnelle, la sonorité de l'orchestre, la qualité des solistes font de ce nouvel enregistrement un must d'une discothèque idéale des symphonies de Shostakovich. A se procurer sans la moindre hésitation !
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Shostakovitch en fête!, 13 novembre 2011
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 5 et n° 9 (CD)
Valily Petrenko, jeune chef (35 ans) et Liverpool faisant un carton dans Shosta?
Impossible!
Mais vrai!
Certes, ce jeune Vasily est russe, surdoué et il dirige le Royal Philarmonique de Liverpool depuis 2004, ce qui lui a permis de mettre au point son projet. Mais l'écoute de ce disque, comme d'ailleurs celle de tous les disques de son intégrale de Shostakovitch en cours, est un enchantement!

Cette intégrale soutient la comparaison avec les versions historiques de Mravinsky et Kondrashin Chostakovich : Intégrale des symphonies(que les puristes en recherche d'authenticité continueront probablement de préférer), mais j'ai été saisi par "l'évidence" de l'interprétation de Petrenko. Même l'excellent Barshai (Brillant Classics)Intégrale Des Symphonies, égalé en petit prix par Naxos/Petrenko, est battu!

Est-ce la présence des instruments (qualité de l'enregistrement superlatif) ou l'enthousiasme de l'orchestre et du chef qui font de ces disques une expérience aussi fulgurante? Voilà un disque que l'on a envie de réécouter immédiatement.. et de réécouter juste après!

A consommer sans modération (symphonies 1-3, 6-12, 8, 10, 11 - vivement la suite!)! Surtout (mais pas seulement) à ce prix!
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La deuxième étape de ce qu'on espère une intégrale réunissait là deux symphonies parmi les plus populaires de Chostakovitch, 13 juillet 2011
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch : Symphonies n° 5 et n° 9 (CD)
L'inhabituelle durée d'exécution de la Cinquième (plus de 51 minutes !) m'a intriguée au point d'analyser les tempos qui y sont adoptés.
Notamment dans le premier mouvement qui surpasse même en longueur ce qu'enregistra Kurt Sanderling à Berlin (dix-sept minutes et demie).
On constate que Petrenko exacerbe le contraste, en modérant les épisodes lents et pressant les épisodes rapides.
Détaillons. En référence, j'indiquerai ci-dessous entre crochets les indications métronomiques de la partition.
Noire =36 [au lieu de 38] jusque la mesure 50 (-5'29), puis =81 [84] jusque mesure 120 (-8'56).
Flagrante animation jusque mesure 140 (-9'35) : =123 [92]. Toutefois le chef revient ensuite au tempo indiqué [104] jusqu'au départ de l'Allegro non troppo (10'04) lancé à vive allure : =147 [126] jusque mesure 175 (10'35). Puis =144 [132] jusque mesure 187.
Il ralentit adéquatement pour le Poco sostenuto (=131, [126]) jusque mesure 216 (11'48) mais bride excessivement l'élégiaque Largamente (12'34-13'50) traîné à noire =45 [66].
Il souligne le caractère méditatif de la conclusion par un tempo qui s'étiole : =82 [84] pour le Piu mosso (14'02-16'03) puis =36 [42] pour le Moderato.

Le jeune maestro estompe le caractère burlesque et sarcastique de l'Allegretto, qu'il affermit plutôt avec une netteté lapidaire.
Dans le Trio médian, le violoniste solo (1'40) soigne une élégance sans parodie, même s'il étire ses glissandi.
Le duo basson-contrebasson (3'10-) millimètre son staccato mais se confine dans une nuance trop peu audible pour susciter la cocasserie.
Les foudroyantes dernières secondes (notez la précision du tuilage cordes/trombones !) confirment que le chef privilégie un phrasé glabre et littéral.

Quelques aînés comme Artur Rodzinski ou Karel Ancerl condensèrent le Largo en moins de treize minutes. A l'inverse, les options de Petrenko figurent encore globalement parmi les plus lentes. Elles remodèlent les proportions mais sans outrer le relief affectif comme le bouillant Leonard Bernstein.
Noire =45 [50] jusque mesure 62. Jusque 7'45 : légère accélération pour le Piu mosso (=55) sans pourtant atteindre les [72] requis.
En revanche, le climax central (8'40-11'56) s'anime à =54 [au lieu de 50]. Après 12'35, l'évanescente coda retrouve exactement ce tempo de base.
Approche sobre, qui creuse les nuances jusqu'à l'imperceptible dans les pianissimos ; les ultimes accords égrenés par harpe et célesta frôlent ici l'absolu silence.

Presque treize minutes dans le dernier mouvement ! Mollesse générale ou accès de langueur ?
C'est surtout dans la coda que Petrenko ose des licences inouïes.
Entre 247-290 (7'43-9'47), le roulement de caisse claire introduit le chant funèbre des clarinettes-bassons que le chef prostre à noire =86 (or pas moins de 100 selon la partition), porté par un sentiment proche du mysticisme.
Après le choc de cymbales et jusque 10'54, la péroraison se freine à noire =90 [116].

A quelle allure doit-on aborder la conclusion (après mesure 324) ?
Toute une histoire !
Polémique déterminante quant à la perception du sens de ce quatrième mouvement, voire de l'oeuvre entière.
La première édition soviétique indiquait noire=188, ce qui précipitait outrancièrement le brio. Cependant, comme le suggère Christian Merlin dans le Diapason de septembre 2009 (page 65) : « tout chef donnant un tour brillant au Finale se rend coupable d'une trahison majeure ».
La seconde édition (1947) corrigeait par croche =184 (soit carrément deux fois moins vite), ce que suivirent souvent des autorités telles que Evgeni Mravinski, Mstislav Rostropovitch ou Maxime, le fils du compositeur.
Petrenko lui, coupe les moteurs : noire à... 78 ! ! !
Plus que sur l'ambivalente fanfare, il insiste ainsi jusqu'à l'ahurissement sur le lancinant effet de saturation de ce « la » scandé fortissimo en croches à l'extrême aigu des violons, doublés à la flûte et frappé au piano.
Ni triomphalisme, ni désespoir, ni clameur de vengeance : Petrenko martèle une force quasi hypnotique. Une aveuglante opiniâtreté en laquelle on peut percevoir maintes significations : y compris celle d'un artiste brimé qui, excipant de sa bonne foi, entendait résister à l'oppression politique d'un parti qui avait censuré son opéra Lady Macbeth.

Egalement captée en juillet 2008, l'interprétation de la Neuvième se montre plus conventionnelle, et au demeurant fort convaincante : minimisant les aspects satiriques ou persifleurs mais astiquant une machinerie néoclassique réglée au quart de tour. « Petrenko la traite comme une partition majeure, parfaitement homogène, et dont la légèreté n'apparaît guère » selon Pierre-Emile Barbier (Diapason n°576 page 85). En cela plus proche de la version de Kondrachine que de Rojdestvenski, pour citer deux esthétiques typiques.
Le Presto y respecte la noire pointée à 126 avec une exactitude horlogère ; les galops de l'Allegro initial vont aussi bon train.
En revanche, le Moderato s'étire rêveusement (noire à 108 au lieu de 208 ! ; huit minutes trente-huit, parmi les plus longs de la discographie) sans toutefois sacrifier la cohérence des lignes qui s'organisent autour de la clarinette.
Petrenko se montre impulsif dans le Finale où sa versatilité rythmique peut se discuter.
Ainsi l'impatience soudaine à 0'27 quand les violons reprennent la mélodie du basson. Ou dans le climax : l'accélération à 4'25 (mesure 288) qui précipite la noire à 130 (au lieu de 108) jusqu'à l'Allegro conclusif (5'10) mais la limite ensuite à 171 (au lieu de 208) pour les trépidantes dernières secondes.
Bref cette harmonisation du tempo canalise une énergie cinétique modulée par quelques fluctuations internes.
Regrettons que la fanfare des trombones du Largo manque un peu de volume car par ailleurs l'Orchestre de Liverpool s'honore d'une prestation d'excellent niveau.

Ce n'est pas un disque que je conseillerais pour une première approche car l'interprétation de la Symphonie n°5 me paraît très singulière, mais captivera pour cette raison ceux qui connaissent déjà cet opus.
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Chostakovitch : Symphonies n° 5 et n° 9
Chostakovitch : Symphonies n° 5 et n° 9 de Dimitri Chostakovitch (CD - 2009)
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