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5.0 étoiles sur 5 Un hymne émotionnel
Voici donc, disponible à prix doux, le concert de Léonard Bernstein exceptionnellement invité à la Philharmonie de Berlin en octobre 1979.
Lorsque Mahler composa ce chef d'oeuvre absolu, il était accablé par la perte de sa fille. Bernstein, à l'heure de ce concert, était tourmenté par la perte de son...
Publié le 14 mai 2010 par Savinien

versus
7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pavé dans la mare
Bon, je vais jeter un pavé dans la mare.

Les éloges dithyrambiques de cette version me laissent pantois. Je ne nie pas l'engagement de Bernstein (parfois excessif comme dans le dernier mouvement où chaque note de l'exposé est appuyée à l'excès et affectée de portamenti qui ont la...
Publié le 14 octobre 2010 par Didier Gicquel


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32 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un hymne émotionnel, 14 mai 2010
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
Voici donc, disponible à prix doux, le concert de Léonard Bernstein exceptionnellement invité à la Philharmonie de Berlin en octobre 1979.
Lorsque Mahler composa ce chef d'oeuvre absolu, il était accablé par la perte de sa fille. Bernstein, à l'heure de ce concert, était tourmenté par la perte de son épouse Félicia, disparue après de longs mois de calvaire. Il fait sienne la partition de Mahler avec un attachement poignant, un sens évident de la contemplation, du mystère et de la perte de l'être cher.
Affichant une science aigüe de la transparence, de la clarté et de l'équilibre, Bernstein sonde avec spontanéité et un lyrisme extraordinaire les tréfonds des sentiments humains. Il tire des couleurs superbes des cordes de Berlin, bâtit une cathédrale sonore; les lignes mélodiques sont marquées au fer, tendues, intenses, profondes. Jusqu'à l'Adagio final, porté à l'incandescence, riche, intense, chaleureux, à fleur de peau. Bernstein respire amplement, développe jusqu'à l'apoplexie une atmoshpère émotive faite d'un puissant sentiment d'accablement et de désespérance solitaire; une sorte d'hystérie dépressive, un hymne émotionnel bouleversant.
Quelques imperfections techniques ça et là (quelques grognements et soupirs de Lenny notamment) nous rappellent que nous sommes en live et que l'engagement du chef est total.
Un concert déchirant, une performance extraordinaire au sens propre.
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5.0 étoiles sur 5 Uné réédition à prix réduit bienvenue d'un monument, 15 mai 2010
Par 
Charnay "ferenc-fricsay" (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
D'abord, première surprise, cette Neuvième de plus de 1h20 tient maintenant sur un seul CD !
Il s'agit de la seule et unique rencontre entre le chef américain et le Philharmonique de Berlin. Le résultat est détonant. Bernstein use (et abuse diront certains) de brusques variations de tempo qui entrainent à plusieurs reprises l'orchestre vers des phrasés déchirés, au bord de la rupture, et forçant les Berliner à dénicher des sonorités torturées.
C'est un des plus grands enregistrements de la Neuvième symphonie de Mahler, car Bernstein sait en faire ressortir ses gouffres, ses extases, ses horreurs et son amour avec une franchise touchante. La superbe prise de son nous fait entendre à plusieurs reprises ses gesticulations, ses cris, Bernstein se donnant entièrement. Rien n'est laissé au hasard dans cette lecture passionnée et passionnante.
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5.0 étoiles sur 5 « Le résultat est tout simplement prodigieux, une des plus belles versions jamais enregistrées »..., 10 juin 2010
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
... s'enthousiasmait Henry-Louis de la Grange dans le magazine Diapason de mai 1992 (page 136), ajoutant « l'orchestre de Karajan, on le retrouve ici aussi docile, ou plutôt engagé corps et âme, que sous la baguette tyrannique de son chef principal. Rien n'est proche non plus de son incomparable raffinement, ici mis au service du texte et non pas d'un idéal sonore ».
Pour ces concerts captés les 4 et 5 octobre 1979, nul doute que Bernstein dut éprouver de la fierté (de l'intimidation ?) lors de cette première et unique apparition aux commandes de cette prestigieuse phalange dont la virtuosité collective lui sert de moyen et non de fin en soi.
Quelques années plus tard, en juin 1985, l'enregistrement amstellodamois ne subira-t-il pas un sentimentalisme crépusculaire hypertrophié par le style ultime du maestro américain ?
Ici, depuis le cheminement initiatique de l'Andante jusqu'à l'affirmation confiante de l'Adagio, on ne peut qu'être frappé par la lucidité de cette approche, par la logique structurelle des idées musicales qui s'agencent en des architectures si complexes.

« Génial ou surjoué ? » s'interrogeait pour sa part le magazine Classica dans un récent dossier discographique consacré à l'oeuvre (mai 2010).
Sa pédagogie prosélyte, son zèle à défendre un compositeur encore sous-estimé dans les années 1960, son propre tempérament ont parfois poussé Bernstein à l'excès, comme une caricature de lui-même. Mais tricher ?! Il ne me semble ni outrer le pathos ni surenchérir sur la partition, mais plutôt accomplir avec une intelligence supérieure le dessein initiatique de cette symphonie en qui Schoenberg entrevoyait des « déclarations objectives, presque sans passion, d'une beauté qui ne devient perceptible qu'à celui qui sait se dispenser de chaleur animale et se sent chez lui dans la fraîcheur spirituelle ».

On pencherait pour le génie à l'écoute de l'Andante tant Bernstein parvient à une parfaite gestion de ce complexe mouvement : signalisé par les quatre notes fatidiques, le discours avance, progresse, s'agrège autour de ces spasmes convulsant le cheminement lyrique, incorpore les événements sans se perdre dans le piège de la fragmentation. Le climat semble ici comme une coda spirituelle du "Lied von der Erde", ce qu'on ressent d'emblée dans cette façon presque orientaliste de faire triller les cordes.
On demeure admiratif face à un maniement si habile de la ressource orchestrale dont le chef varie volume et textures selon l'intention expressive. Après le decrescendo du timbalier (à couper le souffle d'ailleurs), notons ces étranges couleurs métallisées que ruminent les cuivres (6'50) dans l'épisode "tempo I subito". Notons ces fantomatiques irisations des violons à 8'50, comme des spectres d'outre-tombe. Notons ces climax faramineux, durs comme des rocs, s'entrechoquant dans un geste colossal, sous une force que le Berliner Philharmoniker est sans doute le seul à pouvoir fournir !
Le mordant des archets germaniques, leur incisive virtuosité, scande le Ländler avec une implacable fureur, puis dilacèrent le Rondo-Burleske comme s'ils s'acharnaient à crever la baudruche d'un monde pourri et fielleux. Effrénée et rageuse, la course vers le "piu stretto" s'attise jusqu'au vertige, presqu'incroyable au regard des effectifs en jeu.

Dans l'Adagio, les teintes automnales n'ont pas le goût de fruit mûr du Concertgebouworkest mais semblent pressées de grains qui hésitent avant véraison. Si l'on osait une critique, on dirait que Bernstein compense la froideur du Berliner par un activisme qui se survolte au risque de griller les fusibles (en entendant les exhortations du chef incidemment captées par les micros, on imagine sa transe !)
« Aucun être sensible ne peut ressortir de la Neuvième sans se sentir fourbu et purifié. Et c'est le triomphant résultat de tout cette épreuve, justifiant tous les excès : nous rencontrons finalement une apocalypse radieuse, une vision de ce à quoi la paix peut ressembler » disait-il.
Ne blâmons donc nulle outrance quand ce contraste entre l'âpreté de la nostalgie et le suprême recueillement conclusif génère une telle tension cathartique, nous amenant, au terme de cette expérience émotionnelle de réconciliation, à un état de divin apaisement où, comme écrivait Goethe,
« toutes les poussées, toutes les luttes dont l'univers est le théâtre sont en Dieu tranquillité éternelle ».
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une interprétation bouleversante!, 10 août 2010
Par 
Melimelomane (Valréas France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
Une interprétation bouleversante

Mon premier contact avec l'univers de Mahler remonte à une cinquantaine d'années.
A cette époque, je trouve esseulé dans le bac du disquaire un seul album consacré à cet auteur : la 9ème dirigée par Jacha Horenstein dirigeant les Wiener Symphoniker.
C'est une plongée brutale dans un monde où l'horreur, le grotesque, le militaire, côtoient avec génie le spirituel, le sublime.
Un vrai choc à l'époque !
Et j'avoue que la vision d'Horenstein, d'ailleurs un des plus grands malherien, souvenons nous de sa 3ème, véritable icône, rendait bien cet état de conflit permanent.

Mahler est devenu très, très populaire et une multitude d'interprétations ont suivi

Arrive Bernstein avec Berlin et c'est un nouveau choc, une nouvelle découverte.

Ce dernier a déjà enregistré cette oeuvre avec New York en décembre 1965
Il l'immortalise en DVD avec les Wiener Philarmoniker en mars 71
Quelques années plus tard il se trouve face au Berliner exactement en octobre 1979.
Il gravera encore cette oeuvre avec le Concertgebouw en juin 1985.

De toutes ces versions la plus impressionnante est à mon sens celle de Berlin.
Il semblerait que le contact avec la phalange merveilleuse de Karajan, qui enregistra cette même 9ème en 1982,( dans une optique toute différente) fut assez tourmenté. Et cette tension est sensible de la première à la dernière note.
Bernstein pousse l'orchestre dans ses derniers retranchements gommant volontairement tout legato, obligeant cette formidable phalange à des orgasmes paroxystiques auxquels il n'était guère habitué.
Nous pourrions même avancer que la résistance de l'orchestre au charme, à la séduction de Leny a obliger le chef a une introspection encore plus radicale de la partition.

Toute l'interprétation est tournée vers la Mort. Gustav Mahler n'écrivait-il pas sur la dernière page du manuscrit orchestral initial : « Ô Monde adieu ! »

Pour faire un rapprochement avec la peinture, pourquoi pas ? Toute oeuvre d'Art n'est-elle pas le reflet de la Condition Humaine?

Le 1er mouvement sous la baguette de Bernstein peur faire penser au « Cri »de Edvard Munch symbolisant la peur que l'on peut ressentir à l'approche de la Camarde côtoyant fulgurances et abymes où apparaissent encore quelques rayons de vie.
Le 2ème à du Jhieronimus Bosch tel le « Portement de Croix » avec ses gueules grimaçantes et grotesques, où le démon de la dérision se déchaîne avec une sauvagerie encore jamais rencontrée chez Mahler.
Le 3ème à « La nuit étoilée » de Van Gogh où tout bascule dans un mouvement cosmique perpétuel.
Et le 4ème à « l'île des morts » de Arnold Bocklin évoquant une ambiance mystérieuse et sombre, vision de passage presque serein vers l'au-delà.qui comme le dit Henry-Louis de La Grange « couronne dans la ferveur et le recueillement cette chronique pleine de bruit de fureur. ».
Une vision qui nous rappelle la fragilité mais aussi la beauté de la Vie et qui pour cette raison est bouleversante !
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5.0 étoiles sur 5 Pour ces concerts captés les 4 et 5 octobre 1979, nul doute que Bernstein dut éprouver de la fierté..., 11 juin 2010
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
...(de l'intimidation ?) lors de cette première et unique apparition aux commandes de cette prestigieuse phalange dont la virtuosité collective lui sert de moyen et non de fin en soi.
Quelques années plus tard, en juin 1985, l'enregistrement amstellodamois ne subira-t-il pas un sentimentalisme crépusculaire hypertrophié par le style ultime du maestro américain ?
Ici, depuis le cheminement initiatique de l'Andante jusqu'à l'affirmation confiante de l'Adagio, on ne peut qu'être frappé par la lucidité de cette approche, par la logique structurelle des idées musicales qui s'agencent en des architectures si complexes.

Puisque le livret de ce CD cite un extrait de l'article d'Henry-Louis de la Grange paru dans le magazine Diapason de mai 1992 (page 136) vantant la suprématie de cette interprétation, rappelons que cette chronique précisait en outre « l'orchestre de Karajan, on le retrouve ici aussi docile, ou plutôt engagé corps et âme, que sous la baguette tyrannique de son chef principal. Rien n'est proche non plus de son incomparable raffinement, ici mis au service du texte et non pas d'un idéal sonore ».

« Génial ou surjoué ? » s'interrogeait pour sa part le magazine Classica dans un récent dossier discographique consacré à l'oeuvre (mai 2010).
Sa pédagogie prosélyte, son zèle à défendre un compositeur encore sous-estimé dans les années 1960, son propre tempérament ont parfois poussé Bernstein à l'excès, comme une caricature de lui-même. Mais tricher ?! Il ne me semble ni outrer le pathos ni surenchérir sur la partition, mais plutôt accomplir avec une intelligence supérieure le dessein initiatique de cette symphonie en qui Schoenberg entrevoyait des « déclarations objectives, presque sans passion, d'une beauté qui ne devient perceptible qu'à celui qui sait se dispenser de chaleur animale et se sent chez lui dans la fraîcheur spirituelle ».

On pencherait pour le génie à l'écoute de l'Andante tant Bernstein parvient à une parfaite gestion de ce complexe mouvement : signalisé par les quatre notes fatidiques, le discours avance, progresse, s'agrège autour de ces spasmes convulsant le cheminement lyrique, incorpore les événements sans se perdre dans le piège de la fragmentation. Le climat semble ici comme une coda spirituelle du "Lied von der Erde", ce qu'on ressent d'emblée dans cette façon presque orientaliste de faire triller les cordes.
On demeure admiratif face à un maniement si habile de la ressource orchestrale dont le chef varie volume et textures selon l'intention expressive. Après le decrescendo du timbalier (à couper le souffle d'ailleurs), notons ces étranges couleurs métallisées que ruminent les cuivres (6'50) dans l'épisode "tempo I subito". Notons ces fantomatiques irisations des violons à 8'50, comme des spectres d'outre-tombe. Notons ces climax faramineux, durs comme des rocs, s'entrechoquant dans un geste colossal, sous une force que le Berliner Philharmoniker est sans doute le seul à pouvoir fournir !
Le mordant des archets germaniques, leur incisive virtuosité, scande le Ländler avec une implacable fureur, puis dilacèrent le Rondo-Burleske comme s'ils s'acharnaient à crever la baudruche d'un monde pourri et fielleux. Effrénée et rageuse, la course vers le "piu stretto" s'attise jusqu'au vertige, presqu'incroyable au regard des effectifs en jeu.

Dans l'Adagio, les teintes automnales n'ont pas le goût de fruit mûr du Concertgebouworkest mais semblent pressées de grains qui hésitent avant véraison. Si l'on osait une critique, on dirait que Bernstein compense la froideur du Berliner par un activisme qui se survolte au risque de griller les fusibles (en entendant les exhortations du chef incidemment captées par les micros, on imagine sa transe !)
« Aucun être sensible ne peut ressortir de la Neuvième sans se sentir fourbu et purifié. Et c'est le triomphant résultat de tout cette épreuve, justifiant tous les excès : nous rencontrons finalement une apocalypse radieuse, une vision de ce à quoi la paix peut ressembler » disait-il.
Ne blâmons donc nulle outrance quand ce contraste entre l'âpreté de la nostalgie et le suprême recueillement conclusif génère une telle tension cathartique, nous amenant, au terme de cette expérience émotionnelle de réconciliation, à un état de divin apaisement où, comme écrivait Goethe,
« toutes les poussées, toutes les luttes dont l'univers est le théâtre sont en Dieu tranquillité éternelle ».
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5.0 étoiles sur 5 Un hymne émotionnel, 11 juin 2010
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
Voici donc le concert de Léonard Bernstein exceptionnellement invité à la Philharmonie de Berlin en octobre 1979.
Lorsque Mahler composa ce chef d'oeuvre absolu, il était accablé par la perte de sa fille. Bernstein, à l'heure de ce concert, était tourmenté par la perte de son épouse Félicia, disparue après de longs mois de calvaire. Il fait sienne la partition de Mahler avec un attachement poignant, un sens évident de la contemplation, du mystère et de la perte de l'être cher.
Affichant une science aigüe de la transparence, de la clarté et de l'équilibre, Bernstein sonde avec spontanéité et un lyrisme extraordinaire les tréfonds des sentiments humains. Il tire des couleurs superbes des cordes de Berlin, bâtit une cathédrale sonore; les lignes mélodiques sont marquées au fer, tendues, intenses, profondes. Jusqu'à l'Adagio final, porté à l'incandescence, riche, intense, chaleureux, à fleur de peau. Bernstein respire amplement, développe jusqu'à l'apoplexie une atmoshpère émotive faite d'un puissant sentiment d'accablement et de désespérance solitaire; une sorte d'hystérie dépressive, un hymne émotionnel bouleversant.
Quelques imperfections techniques ça et là (quelques grognements et soupirs de Lenny notamment) nous rappellent que nous sommes en live et que l'engagement du chef est total.
Un concert déchirant, une performance extraordinaire au sens propre.
A noter que cet enregistrement incontournable est maintenant aussi disponible à prix doux (Mahler : Symphonie n° 9).
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5.0 étoiles sur 5 La plus sombre et la plus belle des symphonies de Mahler, 17 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
L'une des plus belles interprétations de la 9 ème symphonie, avec celle de Carlo Giulini et celle de Vaclaw Neumann. Il y en certainement d'autres que je n'ai pas encore écouté.
Cette musique fait penser à l'ombre de la mort, comme dans « L'ile des morts » de Rachmaninoff. Non pas menaçante, mais libératrice. Comme un voyageur en transit, sans passeport et sans bagage, attendant sereinement son dernier départ.
Les théoriciens de l'univers des cordes pensent que l'univers est entièrement constitué de vibrations et que les particules n'en sont que les manifestations à l'échelle des phénomènes quantiques. Tout ce que nous vivons ne serait que des vibrations, de la musique céleste. La musique a la capacité de reconstituer le moment de sa création.
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10 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 une version géniale, mais, attention : une exécution très problématique, 1 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
A une réserve près, mais pas vénielle, les commentateurs précédents ont dit ce qu'il y avait à dire sur cette version : seule et unique rencontre entre Bernstein et l'Orchestre Philharmonique de Berlin, le 4 octobre 1979 (et encore, pas à l'initiative de l'orchestre lui-même, mais des Berliner Festwochen ; Karajan aurait-il craint quelque chose de Bernstein ?), l'enregistrement a été publié par DG de manière posthume, en 1992, deux ans après la mort du chef américain. Il existe trois autres enregistrements de la 9e de Mahler par Bernstein : sa première version, à New York, en décembre 1965, pour un label qui était à l'époque américain et s'appelait Columbia, et est désormais japonais et s'appelle Sony ; version déjà excellente, mais qui sur bien des points n'est que l'embryon de choses que "Lenny" développera plus tard, dans ses enregistrements avec Vienne et Berlin ; et version qui, pendant plus de 40 ans, a été trahie par sa restitution sonore, cottonneuse, gommant l'essentiel de sa saveur instrumentale et l'impact de ses climax ; mais ceci est chose réparée depuis le récent (2009) et véritablement révélateur remastering fait à partir des bandes analogiques multi-pistes d'origine, Mahler : Intégrale des symphonies (The Complete Symphonies) ; pour les amateurs du premier Mahler de Bernstein, c'est désormais l'édition à acheter, absolument.

Puis vient le concert avec l'orchestre philharmonique de Vienne en mars 1971 : des quatre versions de Bernstein, c'est sans doute la plus équilibrée, plus propre d'exécution que celle de Berlin. Sur le plan de l'interprétation, elle se situe quelque part entre New York et Berlin - mais plus près de Berlin. Ce serait la version de référence... mais c'est en DVD uniquement, Symphonies N°9 et 10 - Coffret 2 DVD.

Avec le Concertgebouw d'Amsterdam en juin 1985 - version "officielle" de l'intégrale DG - c'est un exemple du dernier Bernstein, celui qui a acquis une lenteur, une gravitas, un poids que bien peu d'autres que lui seraient capables de réussir et de maintenir en tension.

Et puis, donc, Berlin. Sur bien des points, l'interprétation a peu changé depuis New York, jusque dans les "idiosyncrasies" propres de Bernstein. Un peu plus de lyrisme déchiré dans les magnifiques phrases des violons qui ouvrent la symphonie (à cet égard Vienne restait plus près de New York). Toujours dans ce premier mouvement, et comme, déjà, à Vienne, plus d'animation dans les transitions des passages statiques aux moments "allegro" - le Bernstein de New York en "gardait plus sous la patate" ; et ainsi (un peu) plus d'intensité dramatique, au prix de (un peu) moins de cohérence structurelle. Idiosyncrasie très bienvenue : l'effet de "sul ponticello" que Bernstein ajoute aux cordes dans les deux passages fantômatiques ; c'était plus grimaçant à Vienne qu'à New York (où de surcroît Bernstein ne le faisait que la première fois) ; c'est encore plus grimaçant à Berlin qu'à Vienne. Le Ländler est très similaire dans les trois versions, jusqu'à la manière dont Bernstein prend la coda (dans un "Tempo I" TRES ralenti par rapport au Tempo I d'ouverture), mais avec un peu plus d'épaisseur, voire de lourdeur, à Berlin, dans les passages rapides (Tempo II). Entre New York d'une part et Vienne et Berlin, ce sont surtout le Rondo-Burleske (un peu) et le finale (beaucoup) qui divergent. Le tempo du Rondo-Burleske est marginalement, mais perceptiblement plus rapide à Berlin, avec plus de rage et de défiance ("sehr trotzig", indique Mahler) ; mais à côté de Vienne, ce n'est encore rien : Vienne, c'est le Grand Huit de la mort. Ce qui ne change pas dans les trois versions, c'est la manière qu'a Bernstein de jouer de l'accordéon avec le tempo dans la partie centrale au lyrisme intense ; certes, c'est très expressif, mais cela montre aussi qu'il y a quelque chose au tempo de Mahler (qui n'a indiqué aucune variation de tempo ici, et on peut penser qu'il savait ce qu'il faisait) que Bernstein n'a pas capté.

Mais c'est surtout le finale qui diverge et qui, à Vienne et à Berlin, témoigne d'un approfondissement de la vision de Bernstein ; à New York, il était très allant ; le résultat était très passionné, mais manquait du sens d'un véritable adagio, au début comme à la fin ; à Vienne et Berlin, Bernstein a acquis ce sens de l'adagio, et encore plus à Berlin qu'à Vienne. L'adagissimo conclusif est un moment de temps suspendu.

Mais ce qui, au delà de ces considérations de tempo, distingue réellement Berlin de New York et même de Vienne et en fait une version inoubliable, essentielle, c'est l'extraordinaire, l'insoutenable intensité qui s'en dégage. Tout y est plus énorme, les détails instrumentaux, les sforzandos et fortes des cuivres. Mais surtout, ce qui fait la diffférence, c'est l'intensité des attaques des cordes. La comparaison des finale est éloquente. Il faut écouter la manière dont Bernstein se lance dans l'éruption violente des cordes ("heftig ausbrechend" écrit Mahler), tel Daland dans la tempête, après le long passage désolé avec l'ostinato de harpe. Si New York c'est un rouleau, Vienne c'est une déferlante, et Berlin, un tsunami.

Oui, MAIS. Et voici la réserve de taille que j'annonçais en introduction. Quand Bernstein est filmé dirigeant l'orchestre de Vienne en 1971, il a une longue familiarité (et réciproquement) avec cet orchestre, qu'il a dirigé chaque saison depuis 1966. Berlin, c'est une rencontre unique, et sans doute l'orchestre n'a-t-il pas la même familiarité avec le style de direction et la battue de Bernstein. Berlin, ce n'est pas une exécution "propre". Au delà de tous les petits problèmes d'une prise de concert, tousseurs intrusifs (ah celui qui se manifeste sur les trois notes conclusives de l'alto, il aurait fallu le pendre !), grognements récurrents de Bernstein (on a l'impressionn que ça a été enregistré à partir d'un micro-cravate), bruit de ses cavalcades sur le podium, mais aussi, en comparaison du récent remastering de New York, une prise de son quelque peu caverneuse et un peu trop réverbérée, il y a plein d'imprecisions d'exécution, moments où la synchronisation rythmique ou d'intonation est moins que parfaite. Surtout, surtout, surtout, il y a une erreur ENAURME, pas pensable, à croire que Karajan aurait soudoyé les instrumentistes concernés pour saboter le concert : au moment du grand climax du final, le sommet émotionnel de l'œuvre, grand cri déchirant de la trompette soutenue en contrepoint par une puissante énonciation des trombones... les trombones ne sont pas là. C'est un témoignage de l'intensité de la direction de Bernstein et de l'engagement des instrumentistes et notamment de l'extraordinaire trompetistes berlinois, que ce sommet reste intensément déchirant MALGRE l'absence des trombones. Mais où étaient-ils, ces trois saboteurs ?

Alors : version géniale, d'une intensité unique, oui. Mais version « de référence », LA version à avoir dans votre collection si vous n'en avez qu'une ? En raison de tous ces petits et de cet énorme problème(s), non. Mais la deuxième version à avoir dans votre collection, oui.
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3.0 étoiles sur 5 Pavé dans la mare, 14 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : Symphonie n° 9 (CD)
Bon, je vais jeter un pavé dans la mare.

Les éloges dithyrambiques de cette version me laissent pantois. Je ne nie pas l'engagement de Bernstein (parfois excessif comme dans le dernier mouvement où chaque note de l'exposé est appuyée à l'excès et affectée de portamenti qui ont la légèreté d'une potée auvergnate).

Pour le reste, la philharmonie de Berlin apparaît pour ce qu'elle est, à savoir un orchestre dont la réputation a été fabriquée de toutes pièces par le maestro Karajan, et qui n'est pas au rendez-vous quand il s'agit de jouer juste et ensemble. L'accord des vents est calamiteux. Il n'y a pas un mouvement sans décalage dans les pupitres à un moment ou à un autre.

Les passages complexes sont extrêmement confus et l'on entend bien l'insuffisance du travail de répétition.

Le tempo du 3ème mouvement est hallucinant et malheureusement intenable pour l'orchestre, pauvre cor solo ! on compatit...

Il est invraisemblable que DG ait laissé sortir un tel enregistrement. Il ne faut pas confondre urgence expressive et bousculade rythmique.

La 9ème n'a guère de chance au disque. Beaucoup de grands chefs mahlériens l'ont médiocrement réussie ( Rattle, Neumann + phil.tchèque ). Je reste fidèle à Giulini avec Chicago et j'attends avec impatience Gergiev + LSO.
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3 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une interprétation au dessus de tout!, 12 mai 2011
Par 
Jean-pierre Langlet (Paris France) - Voir tous mes commentaires
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Un bernstein et un OPB survoltés !

Le Rondo est littéralement au-dessus de tout!

Une référence absolue!
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Mahler : Symphonie n° 9
Mahler : Symphonie n° 9 de Gustav Mahler (CD - 2010)
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