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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vous n'écouterez plus les Brandebourgeois comme avant., 23 août 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concertos Brandebourgeois 1, 2, 3 - Suite pour orchestre BWV 1066 (CD)
Quand j'eus découvert les Brandebourgeois dirigés par Goebel, les autres interprétations me parurent alors quelconques. Le jeu du Musica Antiqua Köln est fin, juste et pétillant. Et puis le tempetueux allegro du 3ème concerto : époustouflant ! Les musiciens sont allés à la limite. A propos de cet allegro, j'ai entendu dire que Goebel ne voulait pas le jouer en public, craignant de ne pouvoir réussir le tour de force réalisé lors de l'enregistrement. Incontournable !
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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les Brandebourgeois aux confins de la virtuosité : le défi assumé de Reinhard Goebel, 26 janvier 2009
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concertos Brandebourgeois 1, 2, 3 - Suite pour orchestre BWV 1066 (CD)
La discographie des six Brandebourgeois reçut un électrochoc avec Nikolaus Harnoncourt en 1964 (Teldec) : on en mesura encore les effets avec l'équipe Stravaganza (Virgin) trois décennies plus tard.

Peut-être en réplique à cette première et singulièrement abrupte version du Concentus Musicus, le second séisme baroqueux advint en 1986 avec Reinhard Goebel : alacrité du 1er Concerto (et pourtant notez la précision du hautbois !), panache effervescent du second (la trompette de Friedemann Immer !)
Les tempi endiablés des allegros sont ici assumés sans le moindre accroc, repoussant la prouesse jusqu'aux limites du possible, affichant pourtant une transparence polyphonique et une maîtrise instrumentale qui n'en paraissent que plus surhumaines.
Quant au Concerto n°3, les archets de Musica Antiqua Köln s'y jettent avec une célérité inimaginable, burinant le contrepoint, bousculant les perspectives mélodiques jusqu'à l'ahurissement de l'oreille.
Précisons que le finale subit ici des assauts effrénés dont l'écoute tonicardiaque doit être déconseillée aux coeurs sensibles.

Les oreilles délicates et les esprits philosophes éviteront ces sensations fortes en se réfugiant vers l'interprétation de Gustav Leonhardt chez Sony, antithèse de l'épreuve forcenée que nous admirons ici.
L'Orchestersuite BWV 1066 qui complète ce programme s'impose presque les mêmes audaces : vivacité de l'allure, extrême vélocité de l'articulation (le basson de l'Ouverture !), ornementation d'orfèvre pour les danses consécutives.

Ce disque sort vainqueur de tous ses paris.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un maître es Bach, 7 juin 2011
Par 
Patrick Gdt "Patrick Gdt." (Paris France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concertos Brandebourgeois 1, 2, 3 - Suite pour orchestre BWV 1066 (CD)
La discographie des brandebourgeois est aussi vaste que celle des quatre saisons. Il est difficile de s'y repérer. Il y a les anglais (Mariner, Gardiner, Pinnock), les néerlandais (Koopmann,..), les allemands (Harnoncourt..) mais aussi les italiens. Antonioni avec Il giardino armonico en avait donné une version somptueuse, parvenant à l'impossible synthèse entre la virtuosité de chacun des instruments, la tenue d'un rythme "italiénisant" comme il était convenu à l'époque de la composition des brandebourgeois, et surtout l'articulation des différents registres pour éviter une polyphonie opaque. Harnoncourt, Leonhardt donnaient des versions plus académiques, quelque part rassurantes. Et voici qu'arrive la musica antiqua de Köln, et son chef Reinhardt Goebel. Tout est dit dans l'allegro du BWV 1048: un allegro vraiment empli d'allegresse, allegresse qui se transforme en frénésie virtuose (les violons surtout) dans l'allegro final.
Cette version est très différente, rapide, très rapide, mais par survoltée comme celle de l'Akademie für Alte Musik de Berlin, brillante mais pas trop pour ne pas masquer la polyphonie, enfin recueillie quand il le faut (Adagio du BWV 1046 où vents et violons sont admirables de pureté).
En prime la suite BWV 1066, dont la qualité s'exprime le mieux dans la gavotte qui devient ici une vraie pièce dansante, alors que dans bien d'autres versions ce n'est qu'une suite pour orchestre.
En résumé, une version de référence à insérer sans aucune réserve dans sa discothèque.
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13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Simplicité, sobriété, vraie émotion musicale, 24 mai 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concertos Brandebourgeois 1, 2, 3 - Suite pour orchestre BWV 1066 (CD)
Des instruments d'époque dont on peut imaginer qu'ils restituent l'atmosphère du temps de Bach, pas d'effets faciles, pas de rubati ni de contrastes fortissimi / pianissimi pour romanticiser la chose. On pourrait croire que je décris un enregistrement austère piloté par des historiens d'art. C'est tout le contraire : cette sobriété, cette simplicité sont l'écrin parfait pour la musique de Bach. L'émotion qui naît n'est pas de la sentimentalité à l'eau de rose mais une pure émotion musicale. Avec Bach, l'interprète n'a jamais besoin d'en faire des tonnes. Le mystère Bach, le coeur palpitant de ce qui nous fait vibrer en lui est dans les notes qu'il a écrites. C'est précisément l'attitude de Musica Antiqua et c'est pourquoi, dans cet enregistrement qui a déjà 20 ans, il passe quelque chose de très fort.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Passionnante nouveauté des années 80, 19 janvier 2014
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Concertos Brandebourgeois 1, 2, 3 - Suite pour orchestre BWV 1066 (CD)
Après les premières expériences (Harnoncourt, Leonhardt...), vint la maturité des baroqueux (Gardiner, Pinnock, Hogwood, Koopman...). Le début a été parfois cahoteux, les fausses notes ne manquaient pas (début de la cantate 31 de Bach dans l'intégrale Harnoncourt), puis la génération suivante arriva à mieux maîtriser les instruments, le baroque devint une affaire qui roule, sans exclure l'approfondissement et la recherche. Néanmoins, tout n'était pas stabilisé : de nouveaux interprètes arrivèrent et avec les expériences, le risque, l'exploration audacieuse, ils inventèrent des sonorités inouïes. Les Brandebourgeois de Reinhard Goebel avec la Musica antiqua Köln, dès 1986-87, témoignent de telles recherches sonores, que Junghänel ou Fasolis, pour en rester dans les interprètes de J.S Bach, ont continuées à leur manière. Il ne s'agit évidemment pas de ma part d'une périodisation rigoureuse, encore moins d'un classement des interprètes selon le style. Mais l'extrême rapidité de cette interprétation, alors que les premiers baroqueux étaient déjà plus rapides que les anciens (Richter, Münchinger, Redel...) donne l'impression d'une prise de risque et d'une révolution sonore.

Le risque de cette vitesse était bien entendu la raideur, l'absence de respiration, la mécanique. On peut dire que Musica antiqua Köln réussit à l'éviter : c'est phrasé de façon originale, c'est souvent gracieux, ça témoigne d'une liberté interprétative. Néanmoins, il n'y a pas tellement de couleur : pour la trouver, écoutez Pinnock, enregistré quelques années plus tôt. Or les concertos "pour plusieurs instruments" ont d'abord leur intérêt dans le contact des timbres. En revanche, il y a, par comparaison avec l'excellente mais plus placide version Pinnock, un extraordinaire, un vivifiant sens du rythme (après tout, la génération de Goebel, né en 1952, n'a connu dans la musique populaire que l'héritage du rock'n' roll), mais aussi du rebondissement (ce qui n'est pas affaire de génération). Et puis, il y a une tension, qui n'est pas seulement la tension nerveuse des musiciens jouant à une vitesse folle, qu'on ne trouve pas avec Pinnock et qui à mon oreille est associée à la musique allemande. L'Adagio central du 3e concerto reste ici réduit aux quelques notes de la partition, sans l'improvisation au violon qui le prolonge ailleurs (il est à la fin de la plage du premier mouvement).

A écouter celle que nous avons ici, la première, il semblerait que les suites pour orchestre, sont encore plus adaptées au style de cet ensemble que les Brandebourgeois, dont, comme je l'ai écrit, la couleur est le point faible. On pourrait les trouver pas assez pompeuses et décoratives pour une musique de cour, pas assez superficielles et digestives en quelque sorte. Car triomphent l'impulsion rythmique et l'animation, la danse, la légèreté et une extraordinaire créativité dans les phrasés, à cheval sur l'ornement. J'ai l'impression que cette première est la plus réussie des quatre par cette équipe.

Archiv a donné plusieurs présentations à ces interprétations. Il y actuellement un coffret de 8 disques comprenant aussi de la musique de chambre, il y a eu un CD reprenant les cinq premiers Brandebourgeois, etc. Le coffret a l'avantage de son prix, mais il m'est difficile d'en donner une vue d'ensemble sans avoir exploré ses composantes, d'où une évaluation de ce CD isolé, qui est d'ailleurs celui que j'ai entendu en premier.
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