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Guet-Apens
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16 sur 16 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Le dernier album de Ange des années 70 est un sommet dans la discographie du groupe, d'une violence, d'une poésie et d'une originalité à faire rougir un cimetière... Comme celui dont il est question dans l'incroyable premier titre de la seconde face (du vinyle), "Réveille-toi !", halluciné, violent, frisant la folie; les trois premiers morceaux de la première face (du vinyle) sont trois bijoux également, très dissemblables dans les ambiances et la construction ("A colin maillard" très "progressif", imposant, remarquablement construit, avec ses va-et-vient entre refrain et solo de guitare dans sa seconde partie, "Dans les poches du berger" champêtre et planant à la fois, magnifique, et "Un trou dans la case" très agressif, spectaculaire, avec des paroles qu'on n'oublie pas). Quant à "Cap'taine coeur de miel", il s'agit d'une longue fresque très imagée, narrative, colorée, un voyage au bout de la nuit entre ivresse maritime et surréalisme cosmique... Grand moment, autant pour la musique que pour la prestation étonnante de C. Decamps en (vieux) loup de mer délirant, et qui constitue le grandiose finale d'un album somptueux, savoureux, surprenant...
"Guet-apens" marque la fin d'une époque, tout en annonçant par certains côtés (la meilleure production et les guitares plus tranchantes que dans les albums précédents) les albums suivants ("Vu d'un chien" et "Moteur !") et reste l'une des plus éclatantes réussites de la bande à Christian Decamps (et du rock français en général).
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8 sur 8 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 25 octobre 2011
Si il doit y en avoir un, c est sans aucun doute celui-là! Bien qu etant fan de l'ancien et du nouveau Ange,cet album est une oeuvre incontournable dans la longue vie de ce groupe géant.
Mon seul souhait étant que le nouvel album annoncé pour 2012 s'inspire de ce monument qu est "Guet-apens". Longue vie les Anges !
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5 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Aux yeux du grand public, Ange, incontestable N° 1 français du rock, va bien. En lisant entre les lignes, les fans qui collent quotidiennement au train du groupe de Franche-Comté, devinent des fissures. Ange en fait trop pour rentabiliser une affaire destinée à rester confinée au Vieux Continent. Pour faire fructifier sa musique et mieux en vivre, professionnellement parlant, il lui faut Le Monde, mais la demande n'est pas exaucée. Ange en veut toujours plus, veut aller plus loin et plus vite, car Ange étouffe dans son microcosme. En vérité, Ange a déjà atteint son sommet et ne le sait pas, pris dans l'enivrante spirale du succès et de la popularité. Il ne tarde pas à crouler sous les dettes, la cuirasse se lézarde. Daniel Haas et Jean-Michel Brézovar quittent l'entreprise (Ange c'est du lourd !), remplacés par Claude Demet, guitariste et Mick Piellard, bassiste. Ce dernier, recruté pour une tournée, disparaît rapidement, laissant Francis Decamps assurer les basses sur son synthé, avant que Gérald Renard (le bassiste de Cabrel) ne finisse les sessions de l'album en préparation. Les Decamps Brothers en ont encore sous le pied et ne renoncent pas, fidèles à leur théorie qui dit que « si tu penses qu'un ange a perdu ses ailes, c'est que tu a perdu le fil allant de la lune au soleil ». Alors, ils abordent 1978, que beaucoup ont abusivement tendance à considérer comme l'année du déclin de ce groupe, comme si de rien n'était. Sans se soucier du disco qui bat son plein et du mouvement punk qui aspire à lui les jeunes en phase de rébellion. Guet-Apens est la traduction de la reconduction à un très haut niveau de son art. Hormis l'ambiance médiévale ici abandonnée au profit d'une atmosphère plus contemporaine, Ange nous fait le coup de la consécration. La nouvelle dimension est aussi exaltante. Son costaud, paroles puissantes, grain de folie, production irréprochable, indéniable coup de trique assénée à la musique par des jeunes arrivants, qui veulent tout bouffer (Demet, Guichard), un Decamps (Francis), omniprésent derrière son mellotron, l'autre, Christian, le chanteur gestuel, décortiqueur de mots, crache, pleure, s'amuse avec ses textes qu'il a retrempés un ch'ti coup dans le vitriol. L'hommage à Captain Beefheart, alias Don Van Vliet (décédé en décembre 2010), via Captain' Caeur De Miel, n'est pas loin d'être ce qu'Ange a fait de mieux. Ce titre, dominé par un Christian Decamps, sorte de Capitaine Haddock aviné sur le pont d'un rafiot, cherchant à pourfendre la lune en deux, dans des vains moulinets de sabre, est absolument phénoménal. Ses 14 minutes, progressives comme jamais, ponctuent un album inoubliable, parce que chargé d'émotion et de très haut niveau. Et que dire de ce final transcendé par une guitare devenue jouissive entre les mains d'un Claude Demet, guitariste hors pair, qui arrive à point nommé pour relancer une mécanique, dont Brezovar, l'ancien au même poste, ne voulait plus entendre parler. A Colin-Maillard (hommage aux non-voyants) et ses huit minutes initiales pour tomber dans le Guet-Apens en question, dispose de tout ce qu'il faut pour une médication progressive dans une posologie appropriée. Un captivant Dans Les Poches Du Berger (avec un synthé mélancolique à filer la chaire de poule), le fripon Un trou Dans La Case et la courte ballade acoustique nommée Virgule, contribuent à bien équilibrer cette première partie. L'autre phase regroupe Cap'tain Caeur De Miel, déjà évoqué (j'insiste : il est absolument monstrueux !), et qui le précède, Réveille-toi. Enorme morceau qui voit Decamps, haletant, pleurant, implorant, tutoyer l'orgasme dans une fresque violente, démente, démoniaque sur l'amour impossible. Si les tourne-jackets de la critique rock musicale du moment avaient joué le jeu, au lieu de cracher dans la soupe du rock progressif, au lieu de jeter le bébé avec l'eau du bain, à un moment où le phénomène punk avançait des pions nommés Téléphone ou Trust, nul doute que ce disque, heureusement depuis réhabilité comme il se doit, aurait connu un autre destin. Un disque comme Guet-Apens, ça vous triture les tripes toute votre existence.
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 13 mai 2014
Fan d'Ange depuis… très (trop ?) longtemps, j'avais ce CD en vinyle et je ne l'avais plus écouté depuis… 20 ans !! Du coup, je le redécouvre avec un plaisir infini…
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 16 février 2013
J'ai été ravi de retrouver en CD cet album que j'avais renoncé à chercher dans les bourses ou chez les professionnels. Tout simplement le meilleur Ange sur terre...
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le 9 janvier 2013
Probablement le disque le plus abouti de la période progressiste de Ange des années 70. Magnifique! Seul petit bémol, l'emballage est un peu trop "cheap".
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le 3 février 2014
Très difficile à trouver. Ange au sommet de sont art. Le must de la pop française. A recommander. Capt'ain coeur de miel!
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« Mille excuses si je suis en retard / Mais j’attendais que les enfants s’endorment ; / Il a fallu raconter une histoire… / Quand le gardien a fait chanter la grille / De ton caveau nimbé de brouillard, / Alors je me suis avancé sans bruit… » Désormais les enfants sont couchés et une folle nuit d'amour va pouvoir commencer. Tandis que ça s’en donnait à cœur joie question rock progressif de l’autre côté de la Manche, la langue de Molière décida de s’encanailler elle aussi dans les draps défaits de cette muse échevelée à la poitrine nue.

Quelques feux de joie s’allumèrent ici et là. Mais le plus incandescent de tous reste à mes yeux celui que fit flamber au début des années 70 un groupe de centaures bien décidés à ressusciter le désir dans les forêts noires de leur Franche-Comté natale et faire perler du ventre des arbres une sève à gros bouillons.

Pour cette guerre électrique avec les Anglois, il ne nous fallait rien de moins qu’une bande de joyeux drilles, des François adeptes de bonne chère, de dive bouteille et de chairs nues aux moiteurs d’humus. Quant à ce qui est de la poésie, nous n’avions alors rien à envier aux Angliches : le vers était déjà depuis longtemps dans le fruit. Mais pour aller dépuceler cette nouvelle lune, nous avions besoin d’un nouveau Saint-Michel aux allures de Pan : un chevalier qui saurait faire gicler la semence d’acier de sa lance dans les cratères de Séléné, la mythique déesse de la pleine lune.

Pour aller compisser gaiement la perfide Albion, la franchise était de mise et nos larrons en foire n’en étaient pas dépourvus. Pas fesse-mathieu pour deux sous, c’est en fils prodigue qu’Ange nous fait don de ses orgasmes lyriques. Pour ce Guet-Apens crapuleux, Christian Décamps se montre plus satyre que jamais et sa voix fait se pâmer d’extase toutes les bacchantes assemblées ; dans les ruisseaux, les ondines pleurent toute l’eau de leurs cuisses mouillées. S’il est une divinité qui préside à la folie géniale d’un groupe tel que Ange, c’est évidemment Dionysos.

Si votre libido est en berne, Ange saura en hisser le drapeau, vous pouvez m’en croire. Cet album est furieusement érotique et il s’agit sans nul doute de leur meilleur opus, le plus inspiré qui soit sorti de leur brûlant athanor. Cet Ange-là n’est pas castré, loin de là ! Il brandit bien haut le manche de sa guitare en érection et les éclairs fusent : foutre musical sur la toison déflorée du silence. Avec Réveille-Toi, ça va bramer dans les chaumières : « Réveille-toi ! / J’entame un long chorus de liquide vagabond / Sur ta chair à musique… / Non! Non! Non! Je ne crois plus en ce coma éternel, / Tombé comme un satyre, / Détenant le plaisir que tu avais de vivre... »

Avec un Ian Anderson outre-Manche (le pâtre fol de Jethro Tull), je ne connais guère que Christian Décamps qui puisse, en pays rabelaisien, soutenir la comparaison. Et ce n’est pas avec ces deux-là que les moutons seront bien gardés : leur bergerie est un moulin ouvert à tous les loups de passage. Capitaine Cœur De Miel, morceau fleuve de l’album, vient clore en apothéose cette bacchanale de notes et de mots : « Poisson-scie, gouvernail / Filaient entre les mailles / Il était là, planté sur le pont ! / À châtrer les étoiles, à maudire les écueils, / Une bouteille de rhum blanc / À la main... »

Nouvel Ulysse aux côtés de ses précieux compagnons d’ivresse, Christian Décamps accomplit ici sa plus enivrante odyssée et la fièvre charnelle fait tanguer plus d’une fois leur navire qui fend les flots de la jouissance. Que Calypso, Circé et toutes les autres donzelles énamourées ou courroucées prennent garde : leurs sortilèges n’y pourront rien faire et leurs jupes risquent fort d’être troussées avant même qu’elles n’aient eu le temps de s’en apercevoir ! Quant à Pénélope, elle peut continuer à tisser et à défaire sa toile chaque nuit, son Ulysse de mari n’est pas près de revenir s’ennuyer ferme au bercail : saoul comme un cochon, il a bien d’autres bergères mutines à lutiner joyeusement dans les vertes prairies plutôt que de rejoindre la froideur du triste lit conjugal…

Une chose est certaine : la musique d’Ange n’a rien à envier à nos insulaires cousins. Cet album a sans doute choqué en son temps autre chose que des verres – et il est certain que de bien trop chastes oreilles n’ont voulu pour rien au monde goûter de ce puissant breuvage ni même tâter de la doulce cuisse qui se cache sous les plis de sa robe. Qu’importe ! Quand le vin est tiré, il faut le boire. De son fier goulot tendu, Ange crache le vin blanc de son orgiaque messe. Et dès lors, que tous les pisse-froid mécontents s’en aillent donc au diable ou à confesse !

Thibault Marconnet
09/05/2014
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le 3 septembre 2004
Ange, ayant progressé depuis "La symphonie du Général Machin", se devait d'aboutir à ce chef-d'oeuvre irrésolu. On aurait tous aimé que cela fût une étape, non un aboutissement. La crête était sans doute un fil du rasoir que les funambules de "L'Hymne à la vie" ne purent franchir sans se trancher qui la gorge (Sir Francis et son "Amédée-le-mal-maudit"), qui le rythme soloïque (Brézovar et son album éponyme). Christian Décamps, seul maître à bord, sans autre contradicteur que lui-même, ne pouvait plus sentir l'émulation salutaire qui n'avait jusqu'alors fait comme seules victimes les batteurs. Alors, savourez cet album aux titres épiques, tels sont "Cap'tain Coeur de Miel", hommage à Don Van Vliet et "Réveille-toi", vibrant hommage posthume et néanmoins nocturne... au "Cimetière des Arlequins" ! "Réveille-toi", cet hymne à Georges Bataille, hommage à une femme disparue trop tôt et que son amant retrouve sur (DANS !) sa tombe. Sur sa tombe, y'a écrit "MORE FUN TO COMPETE", ce qui en fait la passation de relais entre les 2 plus grands groupes français que sont cet Ange-là (finissant, hélas...) et le fougueux Téléphone d'Aubert qui "joue sa vie comme on joue au flipper". Comme quoi la jeunesse prend la relève d'un rock (Oui, un ROCK !) progressif toujours essouflé en France, on se demande bien pourquoi, parce que vous me direz un jour pourquoi il faudrait s'esbaudir devant "Wind and wunthering" et cracher sur "Emile Jacotey"! Je m'y refuserai toujours, et ce d'autant plus aisément que ce "Guet-Apens" existe ! Chant du cygne, certes, mais Led Zep' n'est plus qu'à la veille du sien (Aerosmith aussi d'ailleurs). Que je sache, ça ne vous empêche pas d'écouter "Presence" et "Rocks" toute honte bue ! Alors, avalez-en encore une lampée et dégustez cet elixir, en commençant par "A Colin-Maillard", tout au fond du couloir, à droite. Toute ! Pas vrai, Captain Coeur-de-Miel ?
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le 7 décembre 2010
CHRONIQUE DE JEAN MARC BAILLEUX MAGAZINE ROCK§FOLK NOVEMBRE 1978 N°142 Page 139
7° Album 1978 Réf 33T Philips 9101184 6 titres
Ce disque est le meilleur qu'ait produit Ange depuis de longues années. Depuis "Emile Jacotey" plus rien n'allait, il y avait comme un pourrissement contre lequel personne ne réagissait. Il y eut d'ailleurs une longue stase dans la créativité du groupe - un "live" cela ne trompe pas, on le fait pour boucher un trou quand on n'a pas grand-chose à dire de nouveau-, puis ce fut la séparation et l'on en vint à douter même d'une éventuelle résurrection. Il y a maintenant avec les frères Decamps Jean Pierre Guichard à la batterie, Claude Demet à la guitare, et (ici plus au moins sporadiquement) Gérald Renard à la basse. Du sang neuf venu donner un coup de fouet à la musique d'Ange. A l'écoute de son album solo, on avait compris ce qu'avait pu être la lassitude de Jean Michel Brezovar à jouer une musique qui n'était plus la sienne. Avec Demet, le tir est corrigé : Ange semble avoir fini avec le manque de direction, les divagations approximatives, l'auto-indulgence et l'absence totale d'enthousiasme. Il revient avec un disque plein, enfin fini, solide et riche avec cette diversité et cette folie qui firent le groupe au temps de "caricatures ou du "Cimetières ...". "Guet-Apens" vaut ces meilleurs moments : quatre jolies chansons sur une face, deux délires sur l'autre, des arrangements qui, s'ils n'ont rien de révolutionnaire, sont cependant parfaitement adaptés au style pour le moins emphatique des textes de Christian Decamps. La production est enfin à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre du "premier groupe français" (ce à quoi, il faut bien le dire, il ne nous a pas habitués). Côté inspiration, ça a repris des couilles, si vous me passez l'expression. Loin des légendes anciennes et des contes plus ou moins ésotériques, Christain Decamps a retrouvé sa verve d'antan pour suggérer quelques bonnes petites histoires salaces...Des mots à peine couverts, tour à tour égrillards ("Un Trou Dans La Case"), ou touchants ("réveille-toi"), parfois les deux en même temps ("Capt'aine Coeur de Miel"). La pochette est superbe, et la pochette intérieure, si vous n'avez pas tout à fait compris, vous éclairera sur ce qu'Ange, le nouveau, a dans la tête.
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MICHEL EMBAREK MAGAZINE BEST SEPTEMBRE 1978 N° 122 Page 36
""C'est à la campagne qu'Ange vous a tendu son nouveau piège vinylique, Best était là.""
.....C'est le lendemain, je crois, qu'aurait lieu le GRAND moment de ce qui est le GRAND moment de l'album :
"Cap'taine coeur de miel". La vieille, Christian avait simplement laissé entendre que pour faire ce morceau, il fallait être "un peu chaud" traduisez un peu bourré. Ce qui fut fait bien sûr.
Je ne sais pas où ils ont trouvé l'idée mais il faut être un peu naze pour l'imaginer. "Cap'taine coeur de miel"
est un long délire onirique, un vaisseau fantôme dérivant dans le désert antarctique. C'est l'illustration musicale de ces histoires terrifiantes dont je me régalais à neuf ans en lisant "Historia" la nuit. S'il faut donner une référence culturelle plus présente cherchez du côté de "Capitaine Fantôme" une BD de Marijac dont la lecture secoue l'estomac.
Christian tord une gueule épouvantable, grimaçant, éructant, une bouteille à la main. Il crache avant d'entamer un long monologue. La partie de basse se résume au claquement des voiles déchirées, les claviers et la guitare hurlent dans les brèches de la coque, la batterie roule au fond des cales.
Le studio craque, tremble, Tout le monde est suspendu à cette lippe dégoulinante d'alcool. Francis hante la brume de longues phrases glacées. Les soli de Chouchou filent directement vers l'étoile polaire. Il reprend le riff un ton plus bas pour réactiver la machine, chargeant d'imaginaires chaudières de coke incandescent. A la barre Christian crache ses tripes que le vent glacial étire jusqu'au faite du gaillard d'arrière.
Mais cette rencontre n'était qu'un mauvais rêve. Les guitares sifflent doucement. L'ignoble vieux se retire terrorisant une dernière fois ses compagnons, squelettes édentés condamnés au-delà de la mort à ramer sur ce vaisseau du diable. Il dépasse comme une ombre l'iceberg grondant de la batterie et se retire sur une banquise où n'existe que la nuit.
Cette nuit là fut véritablement géante. Nous étions AILLEURS, dans l'univers bien particulier d'Ange. Un de leur copain venu à Pruillé fut invité à l'issue d'une petite fête bien arrosée à descendre au studio écouter
"Capt'aine coeur de miel". Au bout de trois minutes il fut pris d'un véritable mal de mer, hurlant de stopper les machines et terminant sa nuit à quatre pattes dans l'herbe pour évacuer un trop plein de p'tit rouge. Tout le monde ne supporte pas les voyages en mer !......
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