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le 10 avril 2012
...pour noter LE meilleur disque de rock DE L'UNIVERS. Car quoi quel disque peut résumer hard-Rock (psychédélique), Funk, blues, jazz avec autant de magnificence et d'inspiration. Tout est à pleurer de beauté et de rage : les compos, on n'en parle plus, les notes de grattes : hallucinantes, des cas d'écoles!.. Wawah et réverbe en avant (et encore la whammy n'existait pas...), Hendrix va chercher des notes dans l'hyper-espace. Les rythmiques : éénormes et puissantes, et enfin subtiles et le son, carrément incroyable, qui vous pénètre le cortex, et ne vous lâche plus. Hendrix, dans son chef-d'oeuvre (malheureusement "first rays of the blue rising sun" fût inachevé), réinvente toute la musique rock et blues à l'aide de compos démentielles, de même que Miles Davis le fit pour le jazz avec "kind of blue". 20/20.
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le 5 août 2014
Que dire qui n'ait été dit sur Hendrix? Ce 3e album du J.H.Experience se montre à la hauteur de ses prédécesseurs. Il est peut-être plus proche de "Axis:bold as love", avec son intro psyché ou le petit morceau avec Redding au chant ("Little miss strange").
Il contient son lot de classiques immortels comme "Burning of the midnight lamp", "Voodoo chile" ou "All along the watchtower".
Du tout bon !
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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 6 février 2013
Ce double disques a connu un énorme succès (et mérité) des deux côtés de l’Atlantique (# 6 UK et #1 US) et en France en 1968. De nombreux simples extraits de cet album ont connu le succès également, principalement en GB comme "Cross town traffic" (#31 UK), "Gypsy eyes" (# 35 UK), "Burning of the midnight lamp" (#18 UK), une version courte de "Voodoo Chile" (# 1 UK) mais surtout la remarquable reprise de "All along the watchtower" de Bob Dylan (#5 UK) également appréciée en USA (#20 US).
L’album commence par une intro originale de 1’20 suivie d’un blues harmonieux « Have you ever been (to electric lady land) » avant le classique « Cross town traffic ». Encore un superbe blues avec la version longue de "Voodoo Chile", meilleure que la version courte du simple, avec de merveilleux échanges entre Jimi Hendrix à la guitare et Stevie Winwood à l'orgue. Vient le classique et presque pop « Little miss strange », un bon morceau de Noel Redding qu’il interprète avant de retrouver la guitare et la voix de Jimi dans « Long hot summer night » accompagné d’Al kooper au piano. Un rock bien construit avec « Come on (let the good times roll) avant un excellent morceau de Jimi « Gypsy eyes » avec encore un jeu de guitare remarquable. Après une romantique intro on a le plaisir d’écouter « Burning of the midnight lamp » avec un accompagnement raffiné et un tempo lancinant avant l’excellent « Rainy day, dream away » qui propose un autre style, un peu jazzy, avec des musiciens différents du groupe de base et des passages instrumentaux remarquables. Encore un excellent morceau avec le lancinant « 1983 » où on apprécie la voix particulière de Jimi sur une orchestration variée et cohérente enchainé avec l’expérimental « Moon, turn the tides » essentiellement instrumental (un peu Pink Floyd). Réveil avec un blues hard « Still raining, still dreaming » et un rock percutant « House burning down » avant le génial et inimitable « All along the watchtower ». L’album s’achève avec la version courte de “Voodoo chile”.
C’est un album qui propose des morceaux de musique variés, originaux et réussis. A acquérir sans hésitation si l’on connait (ou pas) Jimi Hendrix.
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le 24 juillet 2012
"JIMI HENDRIX" de BENOIT FELLER (Albin Michel - 1976)
3° Album 1968 33T Réf : Reprise RS 6307 us - Track 2657 012 gb - Barclay CA 920060/61
.....Les séances d'enregistrements d'"Electric Ladyland", qui s'étalèrent au fil d'une demi-année, illustrèrent avec précision la nature des conflits qui habitaient Jimi Hendrix. L'évolution musicale se manifesta très rapidement. Hendrix, que l'Experience ne satisfait déjà plus, fit participer à son disque quelques-uns des meilleurs musiciens anglais et américains du moment. A Mitch Mitchell et Noël Redding s'ajoutent Buddy Miles, batteur de l'Electric Flag, Jack Casady (1), bassiste du Jefferson Airplane et aujourd'hui d'Hot Tuna, ce Jack Casady qui est à la basse ce que Jimi Hendrix était à la guitare. Existe-t-il meilleur compliment ? L'on verra au fil du chapitre suivant combien les interventions de Chris Wood et de Stevie Winwood, respectivement flûtiste et organiste/leader de Traffic, enrichissent la musique du Voodoo Child, ainsi que celles du très talentueux Al Kooper , organiste du Blues Project. Tant de contributions diverses, qui sont le fait d'hommes issus de familles musicales parfois fort éloignées (Buddy Miles et Jack Casady par exemple), dotent "Electric Ladyland" de couleurs multiples, d'une palette sonore qui devient sous les doigts de Jimi Hendrix véritable kaleidoscope......
(1) le nom de Jack Casady s'est transformé en Cassidy sur la pochette du disque, pour de simples motifs contractuelles.
.....Si "Are You Experienced", puis "Axis : Bold As Love" avaient été accueillis avec chaleur, "Electric Ladyland" connut, par un jeu curieux du hasard, un sort moins flatteur, à ses débuts au moins. Paru le 9 Novembre 1968 en Angleterre, l'album dut être retiré de la circulation une semaine après sa mise en vente, les détaillants refusant de l'exposer en vitrine et d'en assurer la distribution. Motif de ces réactions insensées : sur la pochette du disque s'étalaient les corps adorablement dénudés d'une vingtaine de jeunes femmes très croustillantes, au goût d'Hendrix en tout cas, qui semblait avoir fort à faire avec ce bel entourage et affichait - une fois n'est pas coutume - un sourire bien gaulois. Il fallut donc imprimer à la hâte de nouvelles pochettes, très belles également, mais plus conventionnelles. Lorsque l'édition définitive parut enfin, ce fut à la presse de se montrer réticente, un peu dépassée, et surtout désenchantée. Au Melody Maker, par exemple, "Electric Ladyland" apparaissait comme un brouillard électronique manquant par trop de direction et de fermeté, une longue jam-session d'où étaient absentes l'énergie du premier album, et la finesse du second. Quelles qu'aient été les véritables explications de ces réactions, rarement disque pop aura été plus mal jugé. Mais le temps a calmement réordonné les choses et aujourd'hui plus qu'hier peut être "Electric Ladyland" apparaît comme la plus belle oeuvre de Jimi Hendrix. Parce qu'elle est la plus peaufinée, d'abord : six mois de travail, c'est beaucoup, même pour un double album, surtout lorsque le musicien qui enregistre s'appelle Jimi Hendrix : lorsqu'on est capable de mener à bien la réalisation d'un disque aussi bon que "Are You Experienced" en moins d'une semaine, capable encore, et sans qu'il semble en coûter, d'enregistrer sur la lancée du premier un album qu'on jurerait être le fruit d'un an d'évolution, c'est que l'on possède une énergie et un esprit de synthèse absolument uniques, dans le monde du rock au moins. L'on eût aisément pu craindre qu'avec le départ de Chas Chandler ne disparaissent la fermeté, la direction musicale, et la grande qualité de la production, qui font tant pour le brio des deux albums précédents ; il n'en est rien, et l'on éprouve même une sensation exactement inverse. Car "Electric Ladyland", en alliant la force sauvage d'"Are You Experienced" à la subtilité de "Axis : Bold As Love", les transcende tous deux et trouve dès les premières notes, sa propre dimension ; celle d'une immense libération, d'un envol total, irrésistible. Tous les éléments de la musique de Jimi Hendrix, de ces racines (le blues en particulier) à ses trouvailles les plus personnelles, sont ici magnifiés, emportés par un élan absent des deux créations précédentes, et cet élan a un nom, que j'emploierai pour la première et dernière fois dans ce livre, parce qu'une utilisation désordonnée en a par ailleurs dénaturé la signification : le génie.
Le jugement qu'apporta sur le coup Jimi Hendrix à son ouvrage différait cependant assez de celui que j'ai énoncé ici. Musicien très pointilleux, Hendrix avait cette exigence que manifestent tous les grands artistes face à leur oeuvre et vis-à-vis d'eux mêmes. Cependant, pour une fois - et le fait, sans précédent, resta sans suite - le guitariste se montra satisfait, modestement, mais satisfait tout de même :
"Tous les morceaux de l'album sont personnels ; cette musique incarne ce que nous sommes. Ceci est très différent de ce que nous avons produit par le passé. Je ne prétends pas qu'"Electric Ladyland" soit génial, je dis seulement : c'est l'Experience. Et quelques titres sont porteurs d'une émotion brute, violente."
De l'aveu même de Jimi Hendrix, "Electric Ladyland" débute par "90 secondes de représentation sonore des cieux".
Quelle meilleure invitation au voyage ?
L'amour....Il baigne l'album tout entier, comme si la musique de Jimi Hendrix voulait gonfler la terre de celui dont elle a tant besoin.
..."Voodoo Chile", ce blues de l'infini, recèle quelques-uns des plus beaux instants de la musique d'Hendrix tout entière. Formidablement appuyé par Stevie Winwood (dont les prouesses manifestent, davantage que dans le cadre de Traffic, l'exceptionnel talent d'organiste ; un don de Stevie parmi tant d'autres....)
Jimi Hendrix joue une partie de guitare incroyablement givrante, où les élans d'une intense douceur coupent ceux d'une violence sauvage, avant que le groupe ne soit emporté dans une reprise finale irrésistible, comme une crise de colère qui monte et qu'on ne peut plus contrôler. Il est regrettable de ne pas pouvoir reproduire ici, pour des raisons d'espaces, l'intégralité des paroles de "Voodoo Chile", qui constituent un poème difficilement dissociable de la musique. L'analyse en serait trop longue et surtout vaine. J'engagerai donc seulement le lecteur à se procurer le song book de Jimi Hendrix, et à lire en écoutant. Sa jouissance s'en trouvera doublée, si cela est possible, car l'univers d'Hendrix lui apparaîtra dans l'intégralité de sa dimension et non plus coupé de ce qui reste une des grandes oeuvres poétiques du rock.
..... La seconde face s'ouvre sur une courte composition de Noël Redding "Little Miss Strange". On y entend les seuls accords de guitare sèche jamais enregistrés par Jimi Hendrix, avec son Expérience, délicat fond sonore pour une Stratocaster qui décolle, et joue un extraordinaire passage à la guitare wah-wah.
"Long Hot Summer Night", "Come On", "Gypsis Eyes", et "Burning Of The Midnight Lamp"sont les quatres morceaux suivants. A l'atmosphère moite et comprimée du premier, l'histoire d'une baby que Jimi désespère de joindre mais qui lui téléphone finalement : "Je suis heureux que ma baby vienne à mon secours", succède cet ouragan de swing qu'est "Come On", magistrale reprise d'un titre du bluesman Earl King. Et partout la guitare chante, trouve des sonorités différentes, égrène des phrases terriblement touchantes.
Les paroles d'un blues, encore ; les orgies de la guitare, toujours. Plus que sur les deux titres précédents, le travail sonore et les astuces électroniques frisent ici l'apothéose. Tout au long du morceau, le son semble tourner, alors que la voix d'Hendrix, déformée, revêt d'inhabituels accents que viennent seulement trancher quelques accords de cristal, purs et sobres. "Gypsy Eyes", osmose d'énergie, de chaleur et de blues, est noyé dans une brume où baignera plus encore le morceau suivant, "Burning Of The Midnight Lamp".
.....Des quatre faces d'"Electric Ladyland", la troisième est la plus originale et aussi celle qui vole le plus haut. J'écrirais volontiers encore qu'elle est la plus belle du disque, la plus intense, la plus achevée. Est-ce un hasard si Jimi Hendrix a enchaîné les trois morceaux qui la composent, engendrant ainsi la sensation d'une longue rêverie poétique et musicale ? Voici venu le temps où sont transcendés le blues, le rock et la musique de l'Experience elle-même en quelque chose de profondément différent, libre et total. A travers "Rainy Day, Dream Away", "1983" et "Moon Turn The Tides ...Gently, Gently Away", Jimi Hendrix est parvenu à incarner musicalement des sensations gluantes qui ne laissent pas si facilement capturer.
....La quatrième face débute par "Still Raining, Still Dreaming", languissant dérapage bluesy, qui continue avec "House Burning Down" où Hendrix manifeste de nouveau son obsession du feu, perceptible dans un grand nombre de ses morceaux, de "Fire" à "Voodoo Chile". Cette obsession est en vérité à la dimension d'une musique que la conscience collective assimile à un gigantesque brasier. Une atmosphère de saturation électrique se dégage du titre, due à un son aigre et brouillé, à la rapidité du tempo, plus heurté que jamais, à l'excitation nerveuse jaillie de la guitare d'Hendrix dont les soli se croisent et se superposent par centaines. "House Burning Down" revêt, le temps de quelques mesures, les accents d'un tango et puis explose soudain, tant de chaleur ne pouvant rester sous pression. Et le ciel est toujours "un feu d'enfer rouge".
Pour la seconde fois et dernière fois, Jimi Hendrix joue une composition de son héros Bob Dylan. "All Along The
Watchtower" est son nom. Et ici, l'interprétation dépasse franchement le modèle. Dylan a inclu "All Along The
Watchtower" dans l'album "John Wesley Harding", qui est loin de constituer un sommet de son oeuvre, et le titre, dans sa version originale, n'a guère de poigne. Ce morceau, Hendrix l'a crié, dans un de ces élans de rage, dont seul, il était capable, et en a fait un des instants pétrifiants d'"Electric Ladyland". Comme une voix humaine, la guitare se tord entre les couplets et joue un merveilleux chorus à la pédale wah-wah. De cet engin mis au point à l'époque où lui-même allait de faire connaître, Jimi Hendrix fut un utilisateur assidu, parce qu'il l'aimait particulièrement : "la pédale wah-wah est un instrument superbe parce qu'elle gomme les notes. Il n'y a plus de mélodie mais seulement un son qui veut percer. Comme si toute la solitude, et la frustration, s'échappaient d'un coup. "Voodoo Child (Slight Return)" est le dernier blues d'"Electric Ladyland". Plus tard, Hendrix aimera à le jouer sur scène, et c'est pourquoi aujourd'hui, en subsistent plusieurs versions publiques, officielles ou non, dont une, bonne, bien que moins tendue, sur l'album "In The West". Et quand, pour la dernière fois, Jimi Hendrix hurle que "Dieu sait qu'il est le Voodoo Child", l'on voudrait qu'"Electric Ladyland" dure toujours.
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le 20 novembre 2014
Un album abouti,tout Hendrix est dedans et laisse apparaître son futur,ça fait 40 ans que je l'écoute,ça fait 40 ans qu'il me scie à la base,Respect Monsieur Hendrix.Tout être humain vivant devrait avoir cet album dans sa discothèque ou sa playlist.
cordialement
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le 27 juillet 2015
Face A : 1-And the Gods Made Love...
Braoum ! Bang !...deux coups de tonnerre électroniques sur une chambre d'échos malmenée et ça commence très fort, mes baffles s'en rappellent encore...parce qu'inutile de présenter Jimi Hendrix comme le guitariste le plus inspiré,et génial, et prolixe de tous les Temps, n'est ce pas ?...Tout de suite, nous sommes dans l'atmosphère de l'Expérience, ce groupe qu'Hendrix avait monté en Grande Bretagne pour séduire le plus grand nombre d'artistes anglais aficionados de blues bousculé par la période « flower-power-LSD » ,et pourquoi pas, un public voué aux gémonies des Beatles, des Rolling Stones, Moody Blues, Cream...n'oublions pas qu'au royaume du rock-blues naissant, le challenge n'était pas si évident que cela...Mitch Mitchell aux caisses et Noël Redding à la basse sont les petits anglais que le guitariste américain recrute à sa suite sulfureuse et fraîchement débarquée des States, mais ils n'ont pas le vécu du routier du Rythm-&-Blues,ni l'expérience des tournées qu'Hendrix subissait au fin-fond d'un car entassé avec les musiciens de Sam & Dave,Ike & Tina Turner,Little Richard et toute une flopée d'autres galériens trépignant (s) dans les starting-blocks d'hypothétiques heures de gloire.Tout d'abord,en cet été 68,le twin de britanniques accompagnateurs s'accommode de l'excentricité du musicien noir-américain qui jette les codes de la guitare par dessus l'épaule en fouinassant dans les méandres de giga-Marshall qu'il allume midi,matin et soir au studio d'enregistrements,le Record Plant de NY, qui a eu la bonne idée de s'approvisionner du dernier cri technologique,un magnéto à grosses bandes 12 pistes...La foule et la multitude d'anecdotes livrés à ce sujet est un puits-sans-fond où notre compréhension émerveillée révèle qu'elle fut la clef-de-voûte de toute la musique blues-rock des seventies,et ce que l'on oublie de rajouter, qui me parait essentiel : le premier enregistrement moderne original avec le « Sergent'Pepper Lonely Heart Club Band » des Beatles dont Hendrix raffolait comme le gadget-à-la-coule le plus influent, le plus médiatique et le plus effroyablement concurrentiel de l'époque fleurie, en l'occurrence inscrit sur un magnéto plus « petit »,8 pistes seulement... mordez l'ironie ; de nos jours, ce matériel s'avèrerait aussi obsolète qu'une paire de Teppaz alors qu'il fut exploité à son maximum par des bidouilleurs de génie...Çà tombe bien, question enregistrement,Hendrix n'était pas particulièrement satisfait de sa première galette « Are you expérienced ? » de 1967,d'un an son aîné et une production qui ne lui ont laissé ni le temps ni les commandes d'« aller-plus-loin-dans-le-son »,productivité et investissement oblige,l'avenir incertain de cette nouvelle musique, et COMMENT le public allait-elle l'appréhender ?...that is ze question... Pourtant le matériel sonore d'« Are you expérienced ? » paraissait des plus fructueux, intense, jalonné d'une richesse de riffs ravageurs,qui à son époque firent trembler les murs de salles habituées à la musac-yéyé et les spectacles de pétomanes (!!!) d'après-guerre,quand ce n'était pas les ballrooms,sortes de thé-dansant ou les couples se formaient au son de Glenn Miller ... vous voyez qu'il restait pratiquement TOUT à inventer...Sur la finition de l'objet, d'après Hendrix himself, « Are you expérienced ? » fut un rendez-vous manqué qui ne s'en laisserait pas compter pour le second album, plus jazzy, torché dans la même année « Axis, bold as love » . Il obtint tout de même une rumeur dans le Royaume-Uni;le bouche-à-oreille de ce « diable noir »,dans des fringues pas possibles,jouant comme un fou,"avec ses dents",et donnant des prestations scéniques impressionnantes...De facto,les deux albums se tinrent simultanément à une hauteur suffisante dans les « chart's » ( liste officielle de LP's les plus vendus en GB & USA),pour laisser la production et le contrôle d'un Hendrix emprunt de maturité,de temps et d'argent (celui de Chas Chandler,manager inspiré...) pour l'« Electric Ladyland » alors que sa force « guitaristique » arrivait à une espèce de magma furieux s'auto-alimentant à son propre génie,un Coltrane de la guitare. Question format,sur le concept Vynil-33-Tours,les possibilités se devaient d'être élargies,copieuses,prometteuses, étendant le savoir-faire du trio anglo-britannique aux simples 45 Tours qui n'affichaient qu'un seul morceau par face. Déjà,d'accéder aux derniers était comme un premier pas dans l'Olympe,le 33 Tours était le sceau des Dieux,alors le « double », n'en parlons pas ! peu d'artistes arrivaient à cette consécration majeure...d'ailleurs, il est question du « boucan que font les Dieux quand ils fabriquèrent l'amour » du premier morceau de l'Electric Ladyland comme apéricubes bruitistes annonçant les météos musicales changeantes au cours du double-LP ...« And The Gods Made Love » est ce petit moment de bandes ralenties, d'accident de réverb' (finissant en cataracte de chasse d'eau...) ,et autres techniques à l'envers issues de la musique dite-contemporaine balbutiante de la fin du XXème siècle (Edgar Varèse:"désert & sarabandes"). Sur la très faible quantité de galettes produites par l'Expérience, on retrouvera ce genre de travail « expérimental » (justement) pour valider les tornades de blues-rock qui allaient suivre ainsi que pour marquer son approbation au mouvement « psychédélique » des sixties.Le mélange des genres élargi,étrange,eut comme répercutions spirituelles sur la jeunesse de manipuler de la nitro avec des gants de boxe,on s'en doute un peu...d'ailleurs,les glouglous à peine évacués d' « And The Gods Made Love » (admirez le pluriel au passage!...),quelques pas cadencés d'une escouade furtive emplissent une chambre d'un oxygène lavée par la pluie;nous ne sommes pas loin des portes de l"Electric Ladyland".Le titre suivant éponyme du double album qui s'enquiert expressément d'un ton étonnamment plein de douceur, d'attention, de savoir si "vous êtes bien allé au Pays de la Dame Electrique" (have you ever been...). Et surtout DEDANS!

2- Have You Ever Been (To Electric Ladyland).
...ma fois, sur un ton fort-marri, nos trois lascars lardés d'un sourire niais trépignent d'une fausse candeur comme quelqu''un qui va vous faire une bonne blague. A l'intérieur d'un manchon sonore souffreteux et tapis de nappes doucereuses (à la Curtis Mayfield ), la guitare se promène, moelleuse à souhait au bord d'une flanger-box, le long d'une flemme étirée, pensant qu'on va bien s'amuser dans l'univers de Lewis Caroll, juste après que les « Dieux aient fabriqué l'amour » en intronisation...Ayant laissé le chant libre à l'amusement,le divertissement et l'étrange,les chœurs à la perfection entonnent ce doute; la balade continue enroulée d'admirables phrasées ciselées dans la finesse du feeling si caractéristique, "hendrixien", simulant le « repos du guerrier », ou à fortiori quelques contrastes nécessaires pour gober l'ensemble des fureurs qui suivaient, souvent, dans l'acceptation générale...pour la petite histoire esthétique de la pochette auxquelles nous eûmes droit, à plusieurs versions, le concept de base de l'album était bien ce surréalisme littéraire qu'Hendrix avait scrupuleusement demandé de respecter en exigeant une photo de l'Expérience au complet dans Hyde Parc autour de la statue d'Alice au Pays des Merveilles qui ne fut pas retenue dans les premiers temps ou reléguée en quart de pochette, noir et blanc, d'une photo que Linda Mac-Cartney avait prise d'eux et quelques enfants qui traînaient-là. Jimi Hendrix avait écrit une lettre à cet effet, Letters To The Room Full Of Mirrors, (à propos de la chambre aux miroirs...) que l'on a apposée quelques parts sur les nombreuses rééditions du double album,dont une mémorable, issue d'un cerveau « arty » de la maison de disques Capitol, qui couvrit la totalité recto-verso de femmes nues verdâtres,façon « Ingres : Le Bain Turc » et qui fut retirée des ventes sur l'exigence des ligues de vertu et autres rappels à la moralité publique en Grande Bretagne (depuis,elle en a vue d'autres...). Hendrix - ou qui que ce fut qui l'eut écrit - clôturait cette lettre et je vais faire-court : « qu'il s'occuperait bien de ce bazar s'il n'était pas occupé ailleurs » ponctuant même « qu'il avait assez d'emm****** comme ça » faisant allusions à de récentes histoires de stups mêlées au Canada. Jimi fut même profondément dégoutté de la « version Ingres », et ce ne fut pas sa seule déception sur l'album... « Have You Ever Been » était également du matériel en trop et prévu pour « Axis : Bold As Love », abandonné surement pour des raisons ontologiques, ne pas faire doublon avec "Little Wing"... Le titre fut remanié, renommé et correctement recyclé.Quant à Noël Redding, sa ligne de basse fut rejetée et rejouée par le maître en personne. Au sein de l'Expérience, des tensions commençaient a rudement se faire sentir. Dans la foulée de l'enregistrement, Jimi se découvre des talents de chanteur inattendu..."Je peux chanter!Je peux chanter!",s'était-il écrié à la première écoute sous la férule de son ingénieur-son, Eddie Kramer, un des meilleurs techniciens de son époque qui lit les pistes au toucher,les yeux fermés comme sur du braille,et qui restera un fidèle inconditionnel du prodige américain...Quoi qu'il en soit le morceau s'achève sur le feu qui couve sous la glace des quelques 2 minutes 40 secondes de non-dit et d'introspection laborieuse, « Crosstown Traffic » déboule dans l'enfer imparable et le chaos funky d'un univers urbain surchauffé, les explications de textes vont commencer. Pour « And The Gold Made Love » et « Have You Ever Been », Hendrix disait qu'il fallait mettre ces morceaux en premier parce qu'ils seraient abondamment critiqués, et que ce serait "une bonne chose de faite" avant de passer aux suivantes beaucoup plus pointues.

3 - Crosstown Traffic
Hou-lala!nous rentrons autant dans le vif du sujet que par la Mégapole, la ville tentaculaire et ses besoins métaphoriques...trafic dense, carrefours, vitesse, feux rouges, petite amie casse-bonbons, la poésie de l'ironie mène bon train. Les paroles plutôt dures, parfois drôles, de Crosstown Traffic sont un petit chef d'œuvre d'écriture avec déjà cette façon de « slamer » l'évènement sur un groove de qualité. Les arrangements de pistes sont démoniaques, mêlant les re-recording, cette manière d'enregistrer simultanément et plusieurs fois sur la bande des lignes de chants, de guitare, de basse, de chœurs et autres petits gadgets sonores, comme ce « kazoo » fabriqué avec une feuille de cellophane en travers d'un peigne, il fallait oser...surtout que les spécialistes d'Hendrix se sont demandés longtemps quel était cette machine qui faisait ce bruit bizarre, grêle et prodigieusement présent, ponctuant les refrains d'une ténacité jubilatoire...à noter l'espace stéréophonique pleinement occupé, les répartitions d'instruments soigneusement équilibrées et vous avez un hit puissant, haché funky et subtilement habillé d'une réverb posé au fond d'un piano roulant la note jusqu'aux reprises enrobées de légères phrases écholaliques... « Crosstown Traffiiic !Crosstown Traffiiic ! »... du pur génie de l'enthousiasme urbain, le gimmick était né...« .../Tu sautes devant ma voiture quand tu sais,poupée/que je roule tout le temps à 130 à l'heure/tu me dis que ça va/tu te moques de souffrir un peu/tu voudrais juste que je te ballade un peu/... » et de faire le blasé, le lyrique, tout le génie du cool américain : « ...Tu es juste comme les embouteillages à travers la ville/tellement difficile à traverser... » et de revenir sur le travail de parolier ou Jimi Hendrix, comparé à ses pairs, se trouvait particulièrement faible, comme pour la guitare ou il se jugeait également «médiocre» parce qu'il «avait du mal à explorer toutes les musiques que lui commandait sa tête», et le plus dingue dans tout cela, c'est que je suis certain qu'il le croyait !...En tous les cas, la maison de disque Capitol, pour présenter la promo du double album, crut bon de sortir Crosstown Traffic en 45Tours avec Gypsie Eyes sur la face B ce qui, convenons-en, n'était pas la pire des trahisons en matière artistique, mais fit quand même enragé Hendrix dans sa chambre d'hôtel d'ou sortaient toutes ses missives comme la Room Full Of Mirror... « tu te fais braire à sortir un double album et eux essayent de vendre des 45 Tours !» , il s'inquiétait du coût faramineux que l'album avait représenté pour ses co-producteurs, rien que 36.000 dollars pour la valeur d'un titre inachevé sans la certitude qu'il figure sur l'album!... Chas Chandler était sur les dents, il payait la foire permanente autour d'« Electric Ladyland », l'histoire ne nous dit pas qu'elles étaient les masses d'argent dont disposait Hendrix et qu'elle a été réellement le rapport exact dans les partages sur les bénéfices qu'avaient rapportée les précédentes tournées, plus de 500 au total...malgré cela, tout le monde menait grand train, Chas Chandler, le vieux routier du show-biz ayant managé les Animals pendant un temps. Cependant,il décidera de se séparer de Jimi Hendrix début 69 en mettant un terme à une belle amitié, une complicité et quelques délires partagés ensemble et pas que...Chas était un tuteur physique pour Jimi qui avait tendance à partir en vrilles, parce que sollicité et continuellement parasité, défoncé par toute une flopée de pseudo-artistes qui tournait classiquement autour de son argent, profitant de l'aura de Mégastar-du-Rock et de ses passe-droits auprès du show-biz. Jimi Hendrix, un vrai gentil, ancien dur-à-cuire, horodateur de célébrités avant de devenir célébrité à son tour, il n'avait pas un caractère à se promouvoir dans l'exclusivité du trio, ou de la mode en vogue, il était bien trop occupé à approfondir son art musical, son habileté sur un manche de guitare, se maintenir au top, croiser le fer avec les plus grands, ce qu'il fit d'une fulgurance exemplaire avec une naïveté emprunte de débrouillardise évolutive à forces d'observations et d'« expériences », ce qui tombait particulièrement bien avec le titre clôturant la première face d'Electric Ladyland ou chacun s'applique à trouver là, de l'exceptionnel dans la rareté.

4 - Voodoo Chile
Où nous avons vu que le double album fut long à démarrer...pratiquement il était peu courant, pour des modes restrictifs, que l'on développe ce genre de marathon musical qui rebutait moins les amateurs que les producteurs empêtrées dans les exigences, mais ô combien nécessaires des créateurs de musiques vivantes. Ce qui nous amène nécessairement au « blues » qui fit son entrée par la porte de Denver (GB) avec son marché aux importations de galettes sacrées, la plupart des musiciens d'Albion en étaient timbrés, on peut le comprendre...Sous le feu croisé de deux paradoxes, l'improvisation et la gravure, Jimmy Page, Jeff Beck, Eric Clapton ( petite exception pour Ritchie Blackmore et Keith Richards, pistoléros uniquement dans la prestation scénique...) s'appliquaient doctement en studio, car tel était leur « métier » en l'état avant de franchir les barrières de la célébrité. Avec tout le savoir-faire et le perfectionnisme qu'on leur connait, ils commettaient des sessions inoubliables et tout ce que savaient pondre ces blancs-becs de techniciens, de l'autre côté de la glace: «...mouais,pas mal...On la refait ?...». Dix, onze fois et même plus sans tenir compte du facteur humain. Qu'avaient donc ces crétins en tête pour user de la sorte les musiciens, qui la plupart du temps, étaient au top dés la première prise ? C'était comme de refaire le concert plusieurs fois de suite...Imaginons un instant la tonne de documents « effacée » par des binoclards issus de la Harvard Institute of Musicologie qui pouvaient déblatérer des heures sur le menuet, ou sur une calebasse pourrie trouvé dans un cagouinces africain, et vous allez comprendre pourquoi «Voodoo Child», Jimi Hendrix ne le retint qu'au bout de deux prises seulement. Comme il fallait un homme de confiance à la console, c'est Eddie Kramer qui s'y tint naturellement, et pour la première fois, les premières conceptions de home-studios tenus par les groupes se firent rudement sentir... Pour l'ambiance particulière de l'enregistrement, Noel Redding se rappelle: " Je suis venu au studio, et il y avait une trentaine de personnes dans la pièce alors qu'on essayait de bosser. J'ai dit "Je peux m'asseoir ? je suis seulement le bassiste ! "... On ne pouvait plus bouger ! J'ai été voir Jimi pour lui dire de foutre tout le monde dehors. Il m'a juste répondu «Relax man»... Je me suis cassé de là et je suis allé avec des potes dans une autre pièce..."...La soupe du trio de brit-pop bien élevé commençait à battre de l'aile. Hendrix invitait des tas de session-men qu'il rencontrait dans les clubs ou sinon ils s'invitaient d'eux-mêmes, le bordel était intense, il fallait en tirer quelques choses. On imagine comment Noël Redding dut en souffrir, et à ce sujet, on dit que tout le long de l'enregistrement d'Electric Ladyland, Redding passait son temps à picoler des bières au pub d'en face...Bref, je reprends des éléments glanés sur le site officiel du JHE qui me semblent intéressants : "...il y'avait un paquet de musiciens qui traînaient dans le studio, et comme ça n'allait pas fort entre Jimi et Noel,vous voyez le genre... Il y'avait un orgue Hammond B3 quelque part, et un type avait sa basse Guild Starfire. Jimi leur suggère de faire un blues. Et c'est comme ça que Steve Winwood (orgue) et Jack Casady (basse de l'Airplane) se retrouve sur l'album !!.... Il n'y a aucun jeu de corde de rechange, aucun schéma défini, c'est juste une prise unique. Et c'est ce "boeuf" (qui se termine à 8 heures du mat') qui donne naissance à "Voodoo Chile". Larry Coryell, qui a assisté à la jam aurait bien voulu jouer, mais Jimi a dit qu'une seule guitare suffisait...La seconde version aurait été sur l'album si Jimi n'avait pas cassé une corde, car le final était vraiment incroyable. Le fond sonore de bruit de foule a été rajouté plus tard, c'était pas possible de tout enregistrer à la fois...".

Pfouh,la zone !...mais à mon avis, son grand mérite et intérêt notoire fut de sonner comme tous ces Village-Vanguard, Impulse, Blue Label ou s'époumonaient les géants du jazz, les ténors de l'impro et le peu d'attention intellectuelle qui gravitait aux sorties de deux guerres mondiales; l'extension du jazz comme musique majeure et fondatrice du Nouveau Monde : les Etats Unis d'Amérique. La « vieille Europe » en prit pour son grade, elle pataugeait dans le folklore ou musack, mélange de nostalgie twist-à-l'italienne ou prise-de-tête façon rive-gauche...la grande révolution du Rock'n'Roll se déroulait outre-Atlantique, et jamais l'Europe ne rattrapera son retard en matières d'innovations, à part quelques petits cons prétentieux tapant sur des fûts de bières en ayant piqué des fringues à leur grand-mère...Quoi qu'il en soit, quand on ouvre « Voodoo Chile », on est stupéfait par son ambiance club-urbain. Et quoi de plus naturel après la déferlante « Crosstown Traffic »?...on pousse la porte, on s'installe à une table, et le band joue « live » devant vous. Et c'est là le Grand Miracle...Puis, question-texte : Jimi Hendrix serait-il perché sur les « gris-gris » ? Non...Il nous en informe, mais à un niveau où je situe la différence entre la fin du XXème siècle et le début du XXIème propulsé à toutes berzingues dans l'inconnu : " (sic) Dans le sud des USA, j'ai vu des orchestres vraiment bizarres... ils faisaient vraiment pleins de trucs étranges... ils étaient capables de mettre quelque chose dans ta bouffe ou une mèche de cheveux dans ta chaussure, des trucs Vaudous dans ce style. Je l'ai vu! Si ça arrive, j'y crois, mais pas forcément si j'en entends parler. Tu crois que c'est des conneries jusqu'à ce que ça t'arrives à toi, ensuite, tu te demandes... Toutes les histoires de sorcières que l'on fait passer pour le diable, c'est parce-que les gens sont effrayés de la puissance que peut avoir notre esprit.".
Et voilà comment se termine une première face dans l'excitation la plus totale et les promesses doublées, nous sommes à bord d'un vaisseau vraiment innovant...

Face B : 5 - Little Miss Strange
...et bien voilà, après la bonne claque de roots-blues de 15 minutes d'extase ( pour ne pas évoquer LA leçon MAGISTRALE...),de toutes ces années évolutives depuis les « champs-de-coton »,on ne peut pas dire que les Anglais n'ont pas eu ce qu'ils cherchaient : un hyper-phénomène balançant dans les cordes tout prétendant au Titre, et on tourne la galette avec le final triomphant encore en tête, à l'écossaise, Stevie Winwood et Mitch Mitchell déchaînés comme jamais, en se demandant si les plans de l'highlander Hendrix, le Prophète inquisiteur-en-sa-demeure, ne les a pas complètement rendus marteau, ou tout-du-moins fans à jamais... C'est d'une avidité curieuse que l'on se surprend à descendre la pointe-diamant sur l'ouverture du second set en se demandant ce qu'ils vont bien pouvoir maquiller à nouveau...On a senti la poudre, le feulement de l'éclair, la foudre des oracles. La surprise est de taille, Noël Redding, le pestiféré des sessions, le cloîtré des pubs-à-bières, il revient en force avec une bluette rock-pop « Little Miss Strange », (..."/la petite nana qui tourne dans ma tête/elle me regarde avec ses yeux de gypsie/lala-la.../la petite fille étrange/etc."...)...et puis Jimi n'est pas au studio, trop borderline après 66 concerts en 60 jours,on ne sait pas où il est... Entre-temps, Noël en profite pour tout écrire : basse, batterie, guitare, chant de « Miss Strange ». Après quelques jours de flottement, le trio se constitue à nouveau au Record Plant. Jimi est OK pour le projet, il aime bien cette chanson, donne son approbation. Le Jimi Hendrix Expérience redevient ce trio de brit-pop précieux à l'intérieur duquel officie un guitariste prodigieux: "(sic) Noel a écrit une chanson, typique rock anglais, une bonne chanson. Lui et Mitch sont dessus." ,et tant que le feu est encore contenu, Redding de renchérir : "Tout le monde trouvait que ma chanson était sympa, et qu'elle plaisait à plein de monde. Donc, on l'a mis sur l'album."...Uuh!?...euh,quand même...après quelques secondes d'écoute, on a l'impression qu'il s'agit d'un autre groupe, les Lovin Spoonfull ou un machin comme ça. Noël Redding CHANTE ( !!!) et les chœurs font presque « wouap-doo-whap ». Et s'il n'y avait pas les re-recording et la « patte » d'Hendrix, le titre n'en serait que des plus banal, mais la bon-Dieu de guitare tricote, triture et tourne autour du thème jusqu'en extraire le jus avec la virtuosité que l'on sait. La « wah-wah » conclue en ciselant un final aussi élégant qu'impromptu bourré de changements de tempos et de son, l'essai est transformé...ouf ! on s'est pris un vieux coup d'chaleur... d'ailleurs, ça tombe bien, le titre suivant est...

6 - Long Hot Summer Night
... les longues nuits chaudes de l'été, littéralement.... Et c'est reparti dans la même veine, intro élastique, riff swinguant-à-mort et chœurs éthérés jalonnent le titre, et ceci évidemment, sous la houlette d'Hendrix et ce diable de Kramer qui lui obéit au doigt et à l'œil....Chez Rock'n'Folk,(la Bible des seventies) ,il y eut beaucoup d'extensions dithyrambiques sur ces deux titres, chacun a martelé son avis comme s'il agissait d'importance capitale, sentencieuse et définitive de descendre l'album en y trouvant LA "faille", mais rien de bien sérieux... Quand on pense qu'Hendrix était le Dieu de la guitare-à-six-coups de l'époque, que beaucoup de jeunes musicos étaient suspendus à ses cordes, Electric Ladyland est sorti presque discrètement dans le dos des fanfares, sans tambours ni trompettes, alors qu'il aurait du rameuter tous les pingouins de la terre, c'est fou ...
Les critiques. Deux d'entre elles étaient franchement comiques, dont une à côté de la plaque : "Little Miss Strange" était le maillon faible de l'album parce que composée par Redding, un critère qui revient souvent, et "Long Hot Summer N.", un plaidoyer pour la cause black américaine, et blah-blah-blah,vas-y que j'te cause à travers tout et n'importe quoi...Seigneur! bon d'accord, si vous le dites!...mais bon sang ne saurait mentir, je ne peux être objectif, excusez du peu...Après ma venue au monde, c'est LE premier 45Tours que j'ai acheté. Et ce fut comme une autre naissance ; il y avait donc une vie avant la mort ? ...Déjà qu'en face A , le « Watchtower » m'avait dévissé le ciboulot, alors l'idolâtrie fut à son comble, j'en appris pas cœur tout le morceau de carton, sa couleur, l'image et la Face B comme les Objets Sacrés du Culte...Même le « Barclay » me paraissait quelqu'un d'important, c'est vous dire la folie qui tapait l'incruste. Je crus même qu'Eddie jouait sur le disque !... je le passais et repassais jusqu'à ce qu'il soit complètement usé, craquelé avec des bruits dominant de biscottes piétinées...la crêpe de vinyle paraissait ostentatoirement morte, passée à la chaux-vive en surface, décolorée par l'eau des piscines. Unique en son genre, elle dut participer à beaucoup de changements de direction dans la vie de jeunes gens modernes... Jimi Hendrix, maître de cérémonie, penché sur sa Flying-V-Gibson et nous-autres, de l'autre côté du monde, a intercepté le message, ce n'était pas réel...Techniquement, toujours d'après le JHE-Club, un écho radar du woueb nous signale ceci:
"...cette chanson aurait été écrite durant l'été 1966 à New-York où on atteignit des records de chaleurs, mais où ça n'allait pas fort du tout pour Jimi côté cœur, car sa petite amie enceinte (Diana Carpenter) avait disparue et il l'a croyait morte...Peu avant, la deuxième tournée américaine de Jimi s'est achevée seulement 2 jours après la mort de Martin Luther King. Le 7 avril, Jimi joue dans un club de NY(The Génération Club) pour lui rendre hommage. Dans un interview pour Life le 17 avril 1969 : "Les Noirs parlent de nous comme des chiens, jusqu'à ce qu'on se mette à jouer. Mais avant ça, dans la rue, ils me disent « hey !j'ai vu qu'il a deux blancs avec toi! »...J'essaie de leur expliquer ce qu'on fait, je leur joue des morceaux, mais malgré ça, il y'en a toujours qui me prennent pour un fou."... Al Kooper, un pote à Jimi avec qui il a beaucoup jammé au Generation Club à l'époque ou Jimi s'appelait Jimmy James, participe à l'enregistrement et joue du piano. Le lendemain il reçoit chez lui une strato noire à Jimi sur laquelle il a joué et que Jimi voulait lui donner mais il l'avait refusé à ce moment-là. La veille de la fin des mix, le 26 juillet, Jimi voulait aller saluer Jerry Lee Lewis à l'aéroport, mais ce dernier a refusé de serrer une main non-blanche.", hum ...ambiance...Malgré quelques fausses notes, le Monde des Blacks n'était pas si idyllique que cela, ni meilleur pour autant, sauf pour les amourachés de thèses encore fumantes des cendres de 68. On dénote également que dans la proto-histoire, Jimi Hendrix se faisait virer des orchestres noirs parce qu'"il en faisait un peu trop". En pleine guerre des égos, Ike Turner disait qu'au beau milieu d'un accompagnement, il partait dans des "solos étranges", Little Richard voulait qu'il joue à plusieurs mètres derrière lui, il lui "piquait" la vedette, etc... Avec déjà cette façon particulière de prendre la lumière, Jimi Hendrix rentrait dans la légende retentissante du rock'n'roll.
Saluons l'époque de l'Aquarius qui permit au talent de Jimi Hendrix d'exploser, les attitudes de changer..."Long Hot Summer Night" raconte un peu tout cela, le positionnement, les histoires de groupies (...gentes-dames "électriques & prostituées"), le gonflement des égos, les substances illicites (/where are you in the long hot cold summer?/where are you in the old long hot summer?/ God,god,got-it!/Rescue Love/rescue ME!/rescue You!rescue yeah/RESCUE HEY!...)...sauvetage, amour, téléphone, gonzesses chiantes, il fait chaud dehors, la Cité crame ...également caliente en coulisses, le conflit avec Redding augmente : "Je crois que cette chanson fait partie de celles où Jimi a rejoué mes parties basses. Il fait probablement ça les fois où je vais faire un tour dehors !" (Noel Redding). Incroyable mais vrai,Redding et Mitchell n'ont jamais signé de contrats les liants à l'Expérience. It's Rock'n'roll man...Et d'après vous, pour qui sonne le glas?

8 - Come On (Let The Good Times Roll)
Histoire de défourailler en pleine face de celui qui en douterait encore, Hendrix est un rocker installé sur la plus haute marche du temple, et il balance la purée de ce standard du rock avec une maestria et un enthousiasme sans bornes...La déferlante de notes arrivent groupées dans le cœur de cible. Dans la forme, ça reste du « hendrix » avec toute la possibilité de grimpés et descentes du manche, d'aller chercher toutes les petites notes du bas, la « wah » ouverte en seconde partie et vas-y que j'te pousse le volume à fond... « Come On », de Earl King (de son vrai nom : Solomon Johnson), est une reprise qu'Hendrix jouait à ses débuts à Seattle, sa ville natale (ainsi que celle du crucifié Kurt Cobain...). J'y vois une espèce de nostalgie breakée sur la face B, juste avant d'attaquer les hostilités des deux titres suivants, qui eux ne seront rien avant ce qui va suivre et clôturer l'album, le second disque. Sans fioritures ni bidouillages électroniques, posé comme un cheveux sur la soupe, « Come On » a le culot et la signature brute de ceux qui impriment leur marque décomplexée de fabrique.En face, depuis longtemps, l'ennemi s'est rendu, il n'a plus d'objections valables; il faut seulement déguster Jimi Hendrix sur les brûlots du rock, comme à Berkeley, l'année suivante, en 1969, avec sa version stratosphérique de "Johnny Be Good" pour comprendre que l'incendie bluesie hendrixien s'étend ...(...ha zut!petit problème de place,vous trouverez l'évaluation complète sur [...]...désolé...)
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 11 décembre 2008
Evidemment, en 2008, Hendrix ne semble plus charmer les foules. Et pourtant les foules devraient se souvenir que c'est grâce à lui que tout ce qui se fait dans le métal aujourd'hui est possible : il est l'inventeur du son électrique moderne, et "Electric Ladyland" (nom du studio qu'il avait créé) en est la pierre angulaire, la bible, le dépositaire intemporel. Imaginez, avant de poser une oreille sur ce chef d'oeuvre, que vous êtes en 1968, que la guitare électrique balbutie, et que L'ovni qui vous rentre dans les tympans atomise la terre entière par son génie d'interprétation... là, vous commencerez à comprendre la déferlante Hendrix.
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le 4 mars 2014
L'inoubliable Jimi dans de fabuleuses prestations mythiques, le meilleur guitariste du monde reste dans nos mémoires et dans nos oreilles ébahis.
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le 11 mars 2009
Très beau digipack, le CD respecte l'original. Le livret contient notamment un fac similé des notes originales (sur papier d'hôtel) envoyés au label pour les intentions de la pochette. Le DVD mélant archive et ITW des rescapés est un régal. A ce prix c'est donné !!!
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le 11 mars 2016
En faite je refais ma collection de vinyles de l'époque en achetant les versions CD.
En général les 2 à 3 premiers albums de mes groupes favoris de l'époque fin années 60' et 70 S'
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