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3,4 sur 5 étoiles19
3,4 sur 5 étoiles
Format: Blu-ray|Modifier
Prix:11,11 €+ 2,79 € expédition
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Récompensé par le Prix du Jury à Cannes l'an dernier, le nouveau film du Coréen Park Chan-Wook constitue un évènement toujours très attendu. Park Chan Wook fait partie de "Top" réalisateurs asiatiques. Avec "Thirst" il traite "certainement" pour la première fois en Asie du mythe du vampire ; thème fantastique dont Park Chan Wook se réapproprie et adapte pour son propre style. L’appropriation originale et assez dégénérée du mythe du vampire avec comme à son accoutumé, une mise en scène et une photographie époustouflante! Le scénario est assez fouillé et riche et prend bien le temps de se mettre en place, l'histoire d'un prêtre qui subit une transfusion sanguine douteuse qui finit par le transformer en vampire (sans les crocs!!) très humain, et qui se retrouve alors tiraillé entre ses principes moraux et religieux, et ses besoins physiologiques vitaux. Park-Chan-Wook nous plonge dans un univers toujours aussi trash (sexe et sang à gogo quand même), puis esthétiquement à tomber par terre avec toujours une photo sublime avec des séquences d’une beauté à couper le souffle : pas une erreur de gouts dans le choix des cadres ou des plans. S'installe dés le début une attirance puissante entre le curé vampire et une demoiselle maltraitée. Une fille/ enfant, pas si fragile que ça d'ailleurs, qu'il va aimé passionnément au point de se perdre pour elle. « Thirst » propose des thématiques fort intéressantes tout du long sur la morale, un amour torturé, la religion et la violence et est porté par un Song Kang-Ho épatant et une très ravissante Kim Ok-vin totalement barrée et habitée par son personnage. Un film passionnant et à découvrir (mais âmes sensibles s'abstenir... le sang coule à flot !)
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Park Chan-Wook a présenté son film comme un «mélodrame érotico-gore tragique et déprimant» ...
On pourra aussi retenir qu'il a voulu représenter à travers son film une succession de scènes qui lui sont cultes en s'inspirant par exemple de Possession ou encore du Le couteau dans l'eau de Polanski.

Il en ressort une oeuvre intéressante qui mérite d'être vue. L'édition bluray tient toutes ses promesses. La compression MPEG4/AVC fait des merveilles avec une belle profondeur et des contrastes convaincants.
VF et VO sont présentés en DTSHD Master audio. Comme souvent la VO reste à préférer pour une qualité optimale. La VF est toutefois de qualité.

Prix du Jury au Festival de Cannes, Thirst revisite le mythe du vampire dans une édition bluray réussie.
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On sait que depuis une dizaine d'années, le cinéma coréen a explosé sur nos écrans - pour s'en tenir aux plus grandes réussites, citons les films du vétéran Im Kwon-Taek (cf. Le Chant de la fidèle Chunhyang et Ivre de femme et de peinture); ceux d'un grand cinéaste également un temps devenu ministre de la culture de son pays, Lee Chang-Dong (cf. Secret sunshine ou Poetry, sortie en salle fin août 2010); ceux des cinéastes hyper-doués de la nouvelle génération, au premier chef Bong Joon-Ho (cf. Coffret Bong Joon-Ho comprenant The Host & Memories of Murder et Mother). Et puis il y a le cas Park Chan-Wook.

Un cas, non pas parce qu'il oeuvrerait dans des genres assez codifiés ou parce qu'il les mélangerait. Le mélange des genres est un des traits définissant le cinéma coréen, et chacun à sa façon, tous les cinéastes cités ci-dessus le pratiquent aussi. Un cas, bien plutôt parce qu'il s'agit d'un cinéaste ultra-créatif, qui a des myriades d'idées. Pour ma part, je l'admire pour cela, sans trouver qu'elles sont toujours toutes bonnes, tant s'en faut. Que l'on trouve que ses films dépassent la mesure ou non, en particulier dans sa "Trilogie de la Vengeance", dont la pièce centrale Old Boy reste la plus connue, on ne peut nier à Park Chan-Wook son ambition et ses audaces. On sait que Quentin Tarantino voulait lui donner la Palme d'or pour Old Boy - il a finalement obtenu le Grand Prix du Jury, mieux qu'un lot de consolation (Thirst a lui eu le Prix du Jury en 2009).

De prime abord, son dernier film en date, Thirst, est un peu moins audacieux que les précédents. Enième revisitation décalée du mythe vampirique, il s'agit pourtant là d'un de ses films à mon sens les plus réussis. Peut-être parce qu'il résiste au trop-plein, parce qu'il dose mieux ses effets, et parce que la façon dont il revoit le mythe ne se limite pas au jeu sur les codes et les figures de style. Sous des dehors plus ou moins plaisants (prévenons les âmes sensibles qu'elles risquent d'être dérangées), le film n'en est pas moins, avec son personnage de prêtre catholique miraculé mais devenu vampire, une réflexion assez intéressante sur la culpabilité et la responsabilité.

Film voulu comme très hétérogène, Thirst connaît plusieurs phases dans le récit et l'évolution des personnages et de leur rapport. Malgré quelques longueurs, ces évolutions sont fécondes, et permettent aux acteurs d'exceller dans la caractérisation de leur personnage sous leurs différents aspects - si le toujours extraordinaire Song Kang-Ho donne ici comme ailleurs (Memories of Murder, The Host, Secret Sunshine, etc.) toute sa mesure pour rendre les tourments de son personnage de prêtre jouisseur et tueur, il faut saluer la révélation de Kim Ok-Vin, qui joue admirablement le passage au désir insatiable et à la perversion mutine. Jusqu'à une dernière séquence qui fait culminer leur rapport entre ceux de personnages de cartoon et d'amants indissociablement liés, tour à tour drôle et déchirante, Park tient la corde raide, grâce à ses idées et son talent visuel mais aussi à ces formidables acteurs. A propos de talent visuel, dans un des bonus consacré aux décors, la décoratrice explique bien à quel point Park a souhaité modérer les impressions visuelles, en particulier dans la première partie, afin de ménager les contrastes. Car Thirst croise son histoire de vampirisme avec une adaptation partielle du Thérèse Raquin de Zola, ce qu'on aurait pas franchement attendu de la part de cet anti-réaliste notoire! Là aussi, l'hétérogénéité est à l'oeuvre, du pseudo-réalisme à la fantaisie pure, de la platitude aux envolées visuelles. La musique est à l'avenant. De la cantate de Bach (transposée à la flûte) qui ouvre le film aux rythmes latins et aux passages lyriques, elle emballe idéalement un film qui ne se refuse ni l'humour, ni l'ironie, ni le mélodrame. Park Chan-Wook a d'ailleurs qualifié son oeuvre de "mélodrame de vampire à scandale"!

Les bonus étant un peu chiches, je vous conseille plutôt l'édition en blu-ray. Outre que la copie HD est de très bonne qualité (mais celle du dvd ne démérite pas), seul le blu-ray bénéficie d'un super-bonus: une version plus longue de 15' établie par le réalisateur pour la sortie vidéo, qui accompagne la version cinéma. Disons-le tout de suite, celle-ci ne révolutionne pas la vision qu'on a du film, à peine modifie-t-elle l'équilibre de certaines scènes et donne-t-elle quelques explications supplémentaires. Outre que les ellipses de la version d'origine convenaient souvent aussi bien, cela n'arrange pas les petits problèmes de rythme qui existaient déjà, le film étant sans doute un peu long, dans n'importe laquelle de ses versions. Mais les amateurs seront contents de ne pas seulement avoir des scènes coupées, et de bénéficier des deux versions. Pour le reste, les bonus se limitent à un module sur la musique, et ladite musique (35') sur un diaporama des photos de tournage. Rien de bien transcendant, mais cette édition reste globalement de qualité.
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le 16 juin 2012
C'est un des films les plus troublants que j'aie jamais vus. Il me hante (le mot est particulièrement approprié) depuis que je l'ai vu la première fois il y a 2 mois. Ce qui me fascine, c'est son mélange de poésie et de sordide. Le film est parsemé de scènes d'une beauté et d'une poésie à pleurer, mais aussi de scènes très crues ou très gore. Certaines scènes mêlent les 2, comme la sublime scène où le héros tue et ressuscite sa belle dans une longue étreinte très sanglante. Les 2 acteurs principaux forment un couple maudit magnifique, le plus beau couple à l'écran que j'aie vu depuis longtemps. Lui, c'est Song Kang-ho, le meilleur acteur du monde actuellement, dans le rôle d'un prêtre devenu vampire accidentellement et qui vit mal son nouvel état (comment peut-il se nourrir de sang humain puisqu'il n'a pas le droit de tuer?). Elle, c'est Kim Ok-vin, sublime actrice à la beauté mutine dans le rôle d'une jeune épouse qui s'ennuie entre un mari hypocondriaque et une belle-mère tyrannique. Attention! Ce n'est pas un film de vampire classique comme pourrait le laisser croire la jaquette pas terrible (l'affiche coréenne, plus intrigante, correspond beaucoup mieux au contenu sexuel et explicite du film). Pas de canines démesurées (cf la jaquette trompeuse), pas de morsure dans le cou de belles jeunes femmes (sa façon de se nourrir est plus... inattendue), pas de vampires qui dorment dans des cercueils ni d'ail ni de crucifix ni de pieux. Le film surprend - voire choque - en permanence et nous entraîne dans un tourbillon de romantisme morbide. Vous êtes prévenus: ce n'est pas gai. Et puis, c'est basé en partie sur Thérèse Raquin de Zola qui n'est pas une histoire particulièrement drôle...
Je n'aime pas tous les films de Park Chan-wook et sa volonté permanente de choquer et déstabiliser le spectateur me met mal à l'aise ou me heurte parfois (cf Sympathy for Mr Vengeance ou Lady Vengeance). Mais là, il m'a cueillie. Je ne le pensais pas capable d'écrire des scènes aussi belles et romantiques (la longue scène finale quasi-muette va devenir un modèle du genre), quoique Old Boy en contenait déjà quelques belles. Ca ne doit pas non plus être facile d'arriver à rendre des scènes de sexe à la fois très réalistes et esthétiques (ce que les Américains ne savent pas faire). Park Chan-wook a réussi ce fragile équilibre avec beaucoup de délicatesse, ce dont je ne le pensais pas capable (on l'associe plus généralement à l'art de filmer la violence). Merci pour ce très beau film M. Park! Et merci à Song Kang-ho, mon acteur préféré.
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Park Chan-Wook est surtout connu pour sa « trilogie de la vengeance », dominée par son chef-d’œuvre Old boy. Thirst, qu’il a réalisé ensuite, est moins connu et pourtant mérite largement qu’on s’y intéresse, pour pas mal de raisons.

Tout d’abord, sur l’image, c’est incontestablement bien filmé. On retiendra en particulier les somptueux plans nocturnes de rues au grand angle, à la fois sombres et pourtant parfaitement clairs, distincts et bourrés de petits détails. Pendant tout le film, la caméra se déplace de manière douce et fluide, ce qui rend très digeste la vision de cette histoire pourtant horrifique et pas franchement tendre. Le rythme n’est pas effréné, on pourrait presque le dire un peu lent, et pourtant on ne s’ennuie jamais. La musique est très belle.

L’histoire replongera certains parmi nous dans leurs années collège ou lycée, puisque le scenario est en fait adapté de Thérèse Raquin. Personnellement, j’avoue avoir détesté ce bouquin en classe de troisième mais il faut croire qu’il m’a quand même beaucoup marqué car plus le film progressait, plus j’y retrouvais, les uns après les autres, tous les éléments du livre, y compris l’analyse du déséquilibre des deux personnages principaux, alors que je ne savais pas, en démarrant le blu-ray, qu’il s’agissait d’une adaptation de Zola. Ce n’est qu’en regardant défiler le générique final que j’en eus la confirmation.

Pour autant, Thirst est loin d’une transcription littérale du roman, et plusieurs éléments structurels en diffèrent profondément. Outre le déplacement de l’intrigue en Corée, de nos jours, la vocation sacerdotale du personnage principal, et le retraitement en histoire de vampire, le changement le plus radical concerne le point de vue principal, qui n’est plus celui de Thérèse, mais celui de son amant. Park Chan-Wook s’est non seulement parfaitement approprié le roman de Zola, mais il a su le compléter et le transformer à sa sauce sans trahir Zola d’un pouce. C’est suffisamment remarquable et rare pour qu’on le souligne. Et avec cela, le réalisateur n’a pourtant pas cherché à tricher avec la mythologie vampirique classique. Ils sont toujours sensibles à la lumière, ont toujours besoin de sang pour se nourrir, ont une force surhumaine et sont plus ou moins capables de voler. Il joue même beaucoup avec ces codes, et les utilise pour distiller tout au long du film un humour très second degré, très décalé, et très bienvenu pour compenser tous les côtés malsains. Le meilleur exemple est la scène finale, qui pourrait être très triste ou très glauque, et pourtant l’humour décalé lui donne une légèreté mélancolique très douce.

Enfin, sur le fond, l’analyse des passions, des tentations, de la damnation, des bonnes intentions qui pavent l’enfer, si elle n’est pas très originale n’en est pas moins parfaitement juste et réussie. Cela est dû à l’intelligence du script, et du mariage réussi entre le matériau littéraire de base et les propres thématiques de Park. Vraiment, Thirst est un excellent film, à la fois sur la forme comme sur le fond. Voilà un mariage fort réussi, bien qu’il pût paraître contre-nature a priori, de la littérature française naturaliste et la mythologie vampirique très XXIème, le tout mâtiné de catholicisme et de sensibilité extrême-orientale. Park Chan-Wook ne cessera donc de nous surprendre !
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le 24 août 2010
Un très bon film, typique de son auteur, avec quelques moments de grandes poésie même si ici le but est plus de provoquer voir de choquer, d'amener le débat aussi...
On y retrouve toutes les qualités du cinéma de cet auteur et le même genre d'atmosphère qui aura plus aux fans d'Old Boy dont je fais partie, même si ce film n'atteint pas la perfection d'Old Boy on a quand même affaire à un très grand moment de cinéma...
Attention toutefois à réserver ce film à un public très avertis...
Pour ce qui est du côté technique, le Blu-ray est particulièrement bien encodé et l'image est superbe et très contrastée ce qui est un net plus quand on vois le travail apporté sur le décor et les couleurs, d'ailleurs on ne peut que râler en pensant rétrospectivement à l'encodage d'Old Boy qui était pour le moins décevant...
La très belle musique du film est très bien servie par le son dts-hd et on recommandera comme d'habitude la VO qui est nettement supérieure.

PS : la version director's cut est beaucoup plus équilibrée que la version cinéma, on la conseillera donc, à noter surtout l'accentuation des rapports avec les personnages secondaires...
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le 11 août 2013
Une grande déception avec ce film, en pourtant, il reflète vraiment bien le style asiatique.
L'histoire de ce prête qui devient vampire après une transfusion inconnu et qui tombe amoureux de la femme de son ami d'enfance tient debout mais alors le reste de l'histoire est longue.
C'est gore, hyper sexualisé et sans tabou.
"l'amour est eternel" disent-ils, certe mais ici, il est aussi violent, sans limite, meutrier et pas toujours réciproque. La femme semble avoir tout calculée et cache bien son jeu, tout ceci pour qu'il se tuent à la fin....
Bref, je pensais que c'était mieux, j'en suis déçue... :(
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le 16 juin 2013
Réalisé par Park Chan-Wook (dont le film le plus emblématique reste Old Boy), Thirst reprend un thème que le Cinéma s'est toujours plu à explorer - le vampirisme -, pour en proposer une variation intelligente et, par la même occasion, pour délivrer un message d'amour au Septième Art. Inutile ici de déflorer une intrigue plus profonde qu'il n'y paraît, pour nous attarder au contraire sur les messages et références intrinsèques à celle-ci.

Traitant dans Thirst du vampirisme comme d'une maladie contagieuse (dont le sang à son origine demeure inconnu), Park Chan-Wook se place donc à l'opposé des films actuels de vampires pour adolescents. Ici, pas de bellâtres ni d'êtres immortels ressemblant à des rocks stars. Au contraire, le manque de sang frais crée des putrescences épidermiques, visions répugnantes de créatures que l'on ne peut que plaindre.

En prenant pour héros de son histoire un prêtre, le réalisateur enfonce également son pieu dans le cœur de nombreux interdits et tabous sociaux. Song Kang-Ho (personnage central de The Host), magistral dans le rôle dudit prêtre, est un personnage dans la droite lignée des héros de Chan-Wook : tourmenté et solitaire, il est un orphelin sans racines qui pratique son métier sans foi.

Face à lui, Kim Ok-Bin, révélation du film, interprète une jeune femme elle aussi perdue et malheureuse, qui allumera dans l'âme de Kang-Ho le feu brûlant de la Passion. Rencontre de deux êtres en marge de la société, Thirst reprend donc un thème classique à tout récit de vampires, mais parvient à le magnifier en le transformant en expérience sensorielle de tous les instants. Partout, les sens des protagonistes sont en éveil, que ce soit par des pieds nus qui courent sur le bitume ou par les premières étreintes charnelles, transcendées par la caméra du réalisateur.

De plus, ce dernier possède un talent indéniable pour trouver des images et situations insolites, mais ô combien poétiques. Ce qui transforme, de fait, son long-métrage en un tableau cinématographique devant lequel s'agitent les désirs humains. La scène de la flûte, de laquelle s'échappe brutalement un sang rougeoyant se répandant sur un sol d'un blanc immaculé, est ainsi un summum visuel, aussi inattendu que très bien filmé. Dès lors, impossible de se reposer sur des idées préconçues et des clichés, le film alternant magistralement immobilisme troublant et fulgurances sanglantes.

Ce sens des situations insolites est également présent, comme dans de nombreux films du sud-coréen (on pensera au final de Lady Vengeance), dans les caractères des Hommes. Ici, cet insolite touche à l'absurde, la famille d'adoption de la jeune femme n'étant composée que d'imbéciles égocentriques. En résulte un humour proche de la tristesse, sentiments pourtant contradictoires mais que Park Chan-Wook parvient à unir avec le talent qui lui est propre. Car Thirst, au final, est un film traitant avec poésie des contradictions, morales et sociales. Mais plus encore, il est un vibrant hommage à l'Amour, cet Amour qui fait commettre des folies, mais également l'amour visible que le réalisateur porte pour le Cinéma Classique (au delà du fait que le scénario reprend la trame principale de Thérèse Raquin, roman naturaliste de Zola). En effet, comment ne pas reconnaître (entre autres) dans la scène de la barque, un hommage non dissimulé à Une Place au Soleil, classique de Stevens datant de 1951 ? Le long-métrage est ainsi empreint de l'essence des histoires d'amours maudits, si typiques de l'Hollywood des années 40 et 50 (pour n'en citer que quelques unes, Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois, Baby Doll, ou, plus tardivement, Lolita). La femme, tout d'abord innocente et objet de désir, porte en elle la pomme du Mal, et devient progressivement un objet de menace.

Mais là ou Chan-Wook réussit un tour de maître, c'est en traitant toutes ces influences sans dénigrer l'une au profit de l'autre, parvenant à unifier en un ensemble beau, triste et nostalgique, des éléments a priori peu compatibles : la Mort, l'Amour, la Religion, la Passion, le crime, le vampirisme, l'absurde, la poésie et la Beauté. Un patchwork superbement traité, rehaussé par une photographie sublime, une musique qui l'est tout autant...et un final divin.

Thirst, littéralement « soif », peut donc tout autant s'appliquer à ses héros qu'à son réalisateur : soif d'innovations tant visuelles que scénaristiques, soif de Cinéma et d'hétérogénéité culturelle.
Alors certes, le long-métrage est difficile d'accès : mais pour peu que l'on prenne le temps de s'y immerger, le voyage est dépaysant, surprenant et reste longtemps en mémoire.
Le Prix du Jury cannois, en 2009, est donc amplement mérité pour Park Chan-Wook, réalisateur poète qui réussit le tour de force d'apporter du sang frais à un genre exploité jusqu'à la corde. Bravo !
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le 5 août 2014
Comme toujours Song Kang-ho est un acteur que j'adore, il peut jouer tous les rôles possibles et le film est un succès pour moi !! En tout cas, ce film montre un aspect différent des vampires "classiques". J'adore tout simplement !
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le 23 mars 2012
"Thirst" est un drôle d'objet, qui, bien loin de la maîtrise que Park Chan Wook a naguère affiché dans sa "trilogie de la vengeance", oscille dangereusement entre pur désastre artistique et moments de grâce, certes ténus, mais marquants. La maladresse d'un scénario qui multiplie vainement les sujets (la maladie, la foi, la sainteté, l'amour fou, et même - c'est paradoxalement le plus intéressant - la déception inhérente au couple) est la principale cause du malaise - involontaire - dans lequel baigne le film. La mise en scène de Park Chan-Wook, encore fulgurante à l'occasion, rate régulièrement sa cible, et Song Kang-Ho, d'habitude si convaincant dans une multitude de registres, semble surtout mal à l'aise dans la peau de ce prêtre vampire qui abandonne peu à peu toutes ses convictions pour l'amour d'une mauvaise femme. Mais, grâce à une belle conclusion, on sort quand même de "Thirst" avec le sentiment d'avoir été témoin d'une aventure intéressante.
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