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Mon père était un amoureux inconditionnel du Faust de Gounod.Sitôt parue la première version de Cluytens, celle de 1953, en mono, avec Victoria de los Angeles, Gedda, Christoff. Les airs de Gounod résonnaient dans la maison.
Ce petit préambule nostalgique pour dire que je crois bien connaître cet opéra.
Nostalgie ai-je avancé plus haut ! Oui, car mis à part la reprise de Cluytens, 6 ans plus tard, je n'ai pas retrouvé dans celle de Davis et même celle de Plasson, le même intérêt musical.
Avis totalement subjectif, je le concède.

Que dire alors de ce DVD ?

Tout d'abord sur un plan strictement musical.
L'orchestre du Royal Opera House sonne merveilleusement, sous la baguette d'Antonio Pappano, qui prouve, s'il en était besoin, qu'il est actuellement un des grands chefs de fosse.
Dans le rôle de Marguerite Angela Gheoghiu déploie tout son art du chant, aidée d'un français parfaitement compréhensible. L'image nous rappelle qu'en outre c'est une excellente actrice !
Roberto Alagna, merveilleux Faust, à la diction exceptionnelle, rappelant celle de Georges Thill. Faust est une de ses incarnations les plus abouties.
Bryn Terfel, enfin le retour d'un Méphisto vraiment diabolique. Le seul depuis Christoff ayant donné à ce rôle toute sa démesure.
Keenlyside et Sophie Koch accompagnent ce trio magique avec beaucoup de luxe et de conviction.

La mise en scène... Cette dernière apparemment fut reniée par son auteur. Aucun nom n'apparaissant sur la pochette.
Et pourtant, sans être d'une imagination débordante, elle suit la partition avec beaucoup d'intelligence, mettant en relief le coté sombre du drame.
Une petite parenthèse : Terfell joue les Frégoli , changeant de costume à chaque apparition, ce qui accentue, à travers ce clin d'oeil, l'universalité du personnage.

Qualités techniques :
Son stéréo ou DTS Suround de bonne qualité,
Images 16/9 bien contrastées aux noirs profonds, je regrette toutefois, moi aussi, qu'EMI n'ai pas édité cette version en Blu-Ray !
22 commentaires|27 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 9 octobre 2011
Le triomphe public et critique de ce «Faust» donné en 2004 à Covent Garden a suscité de l'impatience par rapport à l'apparition du dvd. Il a fallu patienter quelques années (... pourquoi ?), mais enfin le voilà, et c'est peu dire qu'il comble toutes les attentes, comme c'est peu dire, également, que le triomphe était mérité.
C'est tout d'abord la fantastique production signée David McVicar qu'il faut saluer. Ce «Faust» est, du début à la fin, une des mises en scène d'opéra les plus formidablement excitantes vues ces dernières vingt années. Comme le spectacle est indescriptible, je vous laisse le soin de le découvrir. On peut toutefois dire que c'est plus que divertissant, c'est stupéfiant, cela fourmille d'idées sans jamais tomber dans l'esbroufe gratuite. C'est audacieux certes, mais au-delà de l'audace, ce qui surprend le plus, c'est probablement la cohérence de l'ensemble : tout fonctionne, et tout fait sens. Ce ne sera certes pas du goût de tout le monde, et les pisse-vinaigre amateurs de mises en scènes «traditionnelles» et poussiéreuses feront sans doute la grimace. Tant pis pour eux.
Toutes les forces en présence (musiciens, choristes, danseurs, interprètes) concourent vaillamment à la réussite de la soirée, et y parviennent. Bravo à tous. Un exemple parmi tant d'autres : la valse qui clôt le II est éblouissante, on reste sans voix face à un tel sens du spectacle et une telle perfection d'exécution.
Mais ce n'est pas tout, loin de là, puisqu'une Providence particulièrement heureuse a voulu que soit réunie une distribution simplement idéale, et qui fait plus que tenir ses promesses.
En grande forme, Roberto Alagna est un Faust absolument parfait. Le rôle lui va si bien qu'on le croirait composé pour lui. Tout y est : vaillance, timbre, diction, phrasé, style... Le ténor français donne tout dans une prestation si irréprochable qu'elle en devient presque irritante. Le meilleur Faust depuis Kraus.
Même miracle d'adéquation avec la Marguerite d'Angela Gheorghiu, vocalement superlative : timbre de satin moiré, admirable égalité des registres, émission rayonnante... Son «air des bijoux» brille de mille feux, ses duos avec Faust sont enchanteurs et son dernier acte, suprêmement bien joué, a toute l'intensité voulue. La diva roumaine justifie ici sa notoriété, dont on réalise qu'elle n'est pas due qu'à des effets de marketing. La meilleure Marguerite depuis Scotto.
A une petite réserve près (la tessiture du rôle est par moments un peu basse pour lui), Bryn Terfel est un Méphisto tout simplement formidable, au vrai sens du terme. Enorme de présence et d'aisance scénique, il suscite l'admiration par la volonté avec laquelle il se plie (jusqu'au travestissement) à tout ce que la mise en scène exige de lui (et à cet égard, faire de Méphisto un magicien de cabaret est une idée effectivement géniale). Et l'on s'en voudrait d'omettre que, de surcroît, il chante royalement bien. Le meilleur Méphisto depuis Ghiaurov.
Seconds rôles à l'avenant : Simon Keenlyside (Valentin), Sophie Koch (Siebel) et Della Jones (Dame Marthe) sont les admirables artistes que l'on sait, et ils le prouvent ici une fois de plus, si besoin était.
Au pupitre, Antonio Pappano absolument impeccable, à la tête d'un orchestre et de chœurs qui ne le sont pas moins. En conclusion et vous l'aurez compris : la conjonction d'un spectacle particulièrement inspiré, d'une distribution idéale et d'une exécution musicale irréprochable font de ce «Faust» un aller simple pour l'extase. Sincères condoléances à ceux qui s'en priveront.
88 commentaires|18 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Au début, Faust est vieux, mais à la fin il redevient vieux : a-t-il simplement rêvé tout ce bordel?
Mephisto change de fringues tous les quarts d'heure : Mousquetaire (genre Porthos plutôt que D'Artagnan) lorsqu'il fait son apparition, en Frac au Cabaret L'Enfer, en Soldat pour coucher avec Marthe qu'il paye ensuite comme une prostituée, ou encore en Drag pendant la nuit de Walpurgis avec un diadème sur la perruque et une longue robe noire scintillante.
Alagna joue les diablotins bourrés aux côtés de son Maître avant de tomber amoureux de Marguerite. Il n'hésite pas à se piquer à l'héroïne après l'avoir abandonnée, ou à jouer de l'orgue dans l'église où elle se lamente.
Angela Gheorghiu minaude devant son miroir, succombe, et se retrouve dans une prison de femmes où elle est devenue folle après avoir été maudite par son frère mourant.
Si le premier ballet (la valse) amuse avec son style Moulin Rouge, le second choquera plus d'un avec sa danseuse enceinte chahutée par les autres ballérines.
Bryn Terfel écrase tout le monde avec son physique, son ironie et son sens du ridicule parfaitement maîtrisés. Simon Keenlyside et Sophie Koch jouent les seconds rôles de luxe, et l'on regrette que l'ex-couple de stars se soit séparé depuis, tant ils semblent faits l'un pour l'autre.
Les décors sont splendides, la mise en scène (le nom de David Mc Vicar ne figure pas dans le livret!) allie le beau et le sordide et les choeurs sont dirigés de façon remarquable (bravo Terry Edwards).
On peut contester certains choix (la statue du Christ dont le sang se transforme en vin, Mephisto qui sniffe de la coke...) mais on ne peut nier la force de cette production haute en couleurs et superbement distribuée.
1919 commentaires|31 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Une œuvre musicale d’opéra ne peut exceller sans un orchestre brillamment dirigé. Antonio Pappano mène ici un train d’…enfer, mettez-vous en DTS et goutez le dynamisme qu’il impulse, les sonorités qu’il dégage, la précision de son accompagnement des chanteurs.
D’ordinaire, je n’aime pas trop, voire pas du tout, les mises en scène dites revisitées ; je vais faire une exception pour celle de David Mac Vicar, pleine d’inventivité, décapante et même choquante par moments, (je pense en particulier qu’il n’était pas nécessaire d’introduire la drogue) mais j’ai été subjugué tant elle donne de vie sur le plateau, où les décors sont aussi magnifiques et cohérents avec le style général. Les animations et les ballets sont extrêmement originaux et d’une grande beauté, la nuit des Walpurgis est rendue de manière…diabolique. La transformation de Faust au premier acte est simplement géniale.
Puisque nous parlons du diable, parlons de Bryn Terfel : quelle présence dans des costumes plus excentriques les uns que les autres, y compris à la fin en robe. (qui a dit que le pire diable sur terre était la femme ?) Il est le meilleur Mephisto que je n’ai jamais vu, et je dirais aussi entendu, même si certains regrettent une petite faiblesse dans les graves qui ne me gêne absolument pas, quand on considère l’expression de son chant et son énorme jeu scénique.
Le couple Roberto Alagna/ Angela Gheorgiu était en 2004 au sommet de son art, et comme toujours, leur entente, leur complicité, leur amour ajoute de la véracité à leur interprétation, comme dans tous les autres opéras qu’ils nous ont donné ensemble. Roberto Alagna est pour moi, et je sais pour beaucoup d’entre nous, le ténor de référence actuel dans l’opéra Français, personne aujourd'hui ne le donne comme lui, il le démontre encore ici : son air d’entrée est magnifique et le « demeure chaste et pur » est divin, (et non diabolique, encore que...). C’est véritablement du très beau chant dans la lignée de ses grands ancêtres depuis Georges Thill. Quant à Angela Gheorgiu, parfois critiquée sévèrement par certains, elle démontre là tout son talent, avec des aigus merveilleux, une expression sensuelle, et puis elle est belle et « femme » séduisante, contrairement à bien des représentations de Faust où Marguerite est présentée comme une adolescente immature. Si elle donne un air de Thulé un peu en dedans, elle éclate véritablement dans l’air des bijoux, et finit avec un « ange radieux » à pleurer d’émotion.
Pour les deux autres rôles dits secondaires, on nous offre Sophie Koch en Siebel, et Simon Kennlyside en Valentin, un luxe qui s’apprécie à sa juste valeur, ils sont au niveau des 3 autres interprètes, c’est-à-dire parfaits.
Ce DVD nous offre un grand classique de l’opéra, hors du commun, infernal par certains côtés, que vous prendrez j’en suis sûr, plaisir à regarder et écouter souvent sans vous lasser. Il y a toute la classe de cette grande maison d’opéra qu’est Covent Garden dans laquelle j’ai tant de souvenirs.
11 commentaire|3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 23 mars 2014
Cette version est interessante car elle diverge de beaucoup d'autres > elle est très méphistophéletique . Tout est ramené au diabolique > diaboliser le ballet est vraiment une innovation . Le tout s'admet très bien
0Commentaire|4 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 10 octobre 2015
Le spectacle est magnifique à tout point de vue, j'ai donc conservé le DVD après un premier changement gracieux par Amazon.
Je pense que tous les DVD de cette série sont défectueux.
La lecture s'arrête et ne repart qu'en faisant un aller retour plage suivante, plage lue.
Mon lecteur un LG HR550S n'est pourtant pas "une charrette".
Le DVD fonctionne correctement sur mon lecteur intégré à mon ordinateur.
Je vais m'en contenter mais c'est regrettable.
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 4 septembre 2012
De cet "inusable bijou musical", je ne connaissais que l'enregistrement studio unanimement célébré que l'on doit au grand André Cluytens (1959) avec Nicolaï Gedda, Victoria de Los Angeles et Boris Christoff et, après avoir lu ici des commentaires amateurs très riches mais divisés, et ailleurs des critiques "autorisées" soufflant le chaud et le froid, c'est avec un mélange entêtant de curiosité et de crainte que je me suis installée devant cette représentation.
Si mes impressions n'avaient pas été aussi fortes et remuantes, je me serais abstenue de rédiger un commentaire parce que mes estimés prédécesseurs en ont dit l'essentiel, quoi qu'ils en aient dit d'ailleurs, sur le versant de l'éloge ou sur celui de la réserve.
C'est dans la mise en scène de David McVicar que se concentrait ma crainte parce que, je le dis sans m'en vanter ni davantage m'en repentir, tout me porte à aimer ce que j'appelle le beau classicisme, par formation, expérience et inclination, en sorte que je me sens rarement "chez moi" dans des mises en scène innovantes ou prétendument telles qui, le plus souvent à mes yeux passablement "jansénistes" ou "dinosauriens"..., dénaturent ou trahissent l'œuvre en projetant sur elle une vision qui doit plus au narcissisme du créateur raté qu'à la probité de l'artiste intègre.
Mais c'est tout l'inverse ici.
Même aux audaces qui auraient pu me perturber, j'ai adhéré sans retenue (et je n'entrerai pas dans les détails suffisamment et excellemment évoqués par mes amis commentateurs).
Et j'ai été épatée par quelques traits de génie : le saut périlleux de Faust recouvrant sa jeunesse, l'apparition de Mephisto habillé en femme - parce que le Diable est ensemble homme et femme, philosophiquement et symboliquement -, le ballet traité comme une mise en abyme, acquérant ainsi une fonction narrative (il y aurait bien d'autres choses à citer).
Jusque dans ce qui aurait pu me heurter ou m'indisposer, cette mise en scène fourmillante de trouvailles, non pas comme les pièces disparates d'une mosaïque de belles idées juxtaposées mais comme un ensemble d'une parfaite cohérence, m'a totalement convaincue.
Les décors, les lumières et les costumes sont à l'avenant : en harmonie avec une œuvre qui oscille entre damnation et rédemption, malédiction et salut, chair et âme, chute et élévation.
Au service de la musique magnifique de Charles Gounod, divin lucifer de la mélodie et de l'orchestration, une troupe de chanteurs qui emporte l'admiration tant dans les rôles principaux que dans les seconds rôles : la Marguerite d'Angela Gheorghiu, le Faust de Roberto Alagna, le Mephisto de Bryn Terfel, le Valentin de Simon Keenlyside et le Siébel de Sophie Koch.
Et cela en dépit de deux réserves vénielles que j'exprimerai quand même...
À propos de Bryn Terfel : superbe baryton mais ici confronté aux obstacles de la tessiture de son rôle qui est plutôt celle d'une basse (il suffit pour s'en convaincre d'observer que c'est Boris Christoff qui l'a immortalisé au disque), je suis entièrement d'accord avec le commentateur qui signale (sans que cela remette en cause son impressionnante incarnation) une voix détimbrée et fléchissante dans les notes les plus graves de sa partition.
À propos de Roberto Alagna : de grâce, ne criez pas haro sur le baudet que je suis ! oui, il a toutes les qualités que vous lui prêtez, il tient sans doute là l'une de ses plus belles incarnations mais... pardon... il manque de classe et de nuances, en dépit de la beauté de son timbre et de son legato.
Un exemple : dans le sublime "Salut, demeure chaste et pure...", Roberto Alagna commence magnifiquement mais il conclut à pleine voix ce qu'il devrait conclure pianissimo ; écoutez Jonas Kaufmann dans cet air (donné dans son magnifique récital romantique) et vous comprendrez ce que je veux dire.
Où il est démontré qu'il est bien plus difficile pour un chanteur puissant de retenir sa voix dans un "diminuendo" funambulesque mais de haute école, que de la déployer dans une projection spectaculaire mais triviale.
Quant à la direction d'Antonio Pappano et la performance de l'orchestre londonien, nous sommes tous d'accord : chef magicien (cela commence avec l'admirable prélude et cela ne cesse pas) et orchestre sorcier qui nous donnent toutes les splendeurs d'un chef d'oeuvre.
Au total, ce spectacle fut pour moi un choc bouleversant et enthousiasmant.
1717 commentaires|5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 3 septembre 2012
J'avoue ne pas être un inconditionnel du couple Alagna... Peut-être suis-je surtout agacé par leur côté " Nous sommes les meilleurs, cela va de soi". Il reste que Madame est fort jolie, que son timbre est charmeur, et que Monsieur a une diction impeccable, un vrai style, et qu'il est merveilleux dans Berlioz et l'opéra français. Son Roméo avec Leontina Vaduva est superbe, notamment. Réunis à Londres pour ce Faust assez surprenant, ils chantent magnifiquement des rôles qui leur vont comme un gant. Le Mephisto transformiste de Bryn Terfel - il change souvent d'apparence et cela réserve quelques surprises ! - a un abattage épatant. Le reste de la distribution est luxueux : Simon Keenlyside en Valentin, Sophie Koch en Siebel, Della Jones en Marthe. Pappano dirige avec panache. Mac Vicar s'est déchaîné pour la mise en scène complètement déjantée à laquelle on adhère (c'est mon cas) pour ses trouvailles amusantes ou originales mais dont on peut rejeter les audaces (Méphisto travelo pendant la Nuit de Walpurgis, Marthe prostituée, le héros junkie ...) En tout cas c'est beaucoup plus intéressant que ce que l'Opéra de Paris a proposé récemment avec le même Alagna.
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le 22 septembre 2011
Evidemment on n'atteint pas ici la perfection musicale des versions Cluytens en CD (Faust et Gounod : Faust (2e version) (Coll. Great Recordings Of The Century)). Il n'y a guère de griefs à porter aux prestations de grande qualité de Gheorghiu et Alagna (et de Keenlyside qui est une bonne surprise dans le rôle secondaire de Valentin). Pour ce qui est du Méphisto de Terfel, les choses se gâtent : si la présence scénique est excellente, la voix n'a pas la puissance souhaitée et présente des faiblesses étonnantes de sa part, surtout dans les basses, détimbrées et sans force. La direction est très bonne, les choeurs aussi, et la mise en scène n'appelle pas de critiques majeures à mon goût. Bref, une version honorable qui peut se placer quasiment en tête des DVD trop rares de cet opéra. Pour la musique, on reviendra toujours et sans hésitation aux versions Cluytens mentionnées au début.
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le 28 février 2016
Belle distribution, comme toujours à Covent Garden : quelques stars internationales et des piliers britanniques de cette maison. Mise en scène de David Mac Vickar, que parait-il il aurait reniée, en tous cas son nom n’est pas indiqué sur la pochette. Depuis la révolution du Faust de Lavelli, à Paris, dans les années 70, il est devenu difficile de faire un Faust novateur. Soit on reste dans le Moyen-âge, soit on fait dans l’intemporel, soit comme l’avait fait Lavelli, on repositionne l’action au XIXème siècle, avec les petits bourgeois et les horreurs de la guerre : c’est le parti suivi par Mc Vicar. Ses soldats sont tout aussi défaits, sa bacchanale est un détournement du ballet classique en tutus. J’ai lu dans les nombreux commentaires de cette production, sur Amazon, que certaines scènes frisaient le sacrilège : mais que diable, il faut bien que Méfistophélès fasse son boulot ! Le sang du Christ crucifié avait déjà été transformé en vin par , dans sa production avec .
Cet opéra, pourtant l’un des plus joués au monde, n’a pas eu de nombreuses captations en video, contrairement à Carmen, Tosca, la Bohême, la Traviata…
Passons sur la vielle captation de 1973, au Japon, d’un trio solide : Kraus, voix superbe et articulation parfaite, mais toujours aussi coincé, Scotto, la seule à l’époque à rivaliser avec Freni, Ghiaurov, diable sûr de lui et enjoué, dirigés par le très bon paul Ethuin, mais quelle vilaine prise de vue !
On retrouvait Kraus avec la moins connue AM Gonzalez et le diable formidable de Ghiauselev, en 1986, dirigés par Alain Guingal. Il a fallu s’en contenter pendant quelques années.
Le spectacle de 2011 de l’opéra de Paris n’a pas marqué les esprits, il y a avait pourtant un très bon trio (Alagna, Inva Mula : une autre Freni, et Paul Gay : voix noire et puissante, qui ne plaisantait pas !), dirigés par Altinoglu, qui est un chef à suivre décidément.
Puis vint Kaufmann, l’intelligence du chant de Kraus, sans son air compassé. La production du Met, avec Poplavskaya et Pape est ce que l’on a de mieux actuellement.
Pour en venir à cette co-production de Londres avec Monte-Carlo, Trieste et Lille (aux temps de disette, l’union fait la force) : le Faust d’Alagna est connu, il est rayonnant, toujours aussi à l’aise sur scène. Sans aucun doute le meilleur Faust depuis des décennies (Vanzo et Gedda, pour ne pas remonter à Thill). Angela Gheorghiu s’adapte à tous ses rôles, et les marque vocalement et scéniquement, en ce sens je crois que c’est une de celles qui a compris le mieux la leçon de Callas. Ceci dit, je préférais la fragilité de Freni dans ce rôle.
Bryn Terfel est à l’aise dans les rôles de méchants, par sa voix et son aisance scénique. Certes, sa voix n’a pas le grave profond des Siepri, Christoff, Ghiaurov, Ghiauselev, mais ceux-ci étaient portés parfois à en abuser. Il me rappelle Roger Soyer, l’intelligence diabolique incarnée (mais Terfel a une voix plus puissante). Sa récente apparition à Paris en diable de la Damnation en était une belle illustration, comme ce qu’il avait fait dans les Contes d’Hoffmann.
Les seconds rôles sont merveilleusement distribués : Sophie Koch et Simon Keenlyside réussissent tout ce qu’ils entreprennent, par la qualité de leur voix et leur jeu scénique : voir leurs nombreux enregistrements réalisés depuis.
A noter que tous les chanteurs étrangers – et les chœurs, dirigés par un très grand monsieur : voir le salut final – ont fait de gros efforts pour se faire comprendre en français et que le sous-titrage n’est pas indispensable. C’est assez rare pour être noté.
Antonio Pappano est un très bon chef d’opéra, c’est une chance pour Covent Garden de l’avoir depuis des années à présent.
A l’arrivée, un très bon spectacle, qui n’a pas vieilli depuis 2004, et hautement recommandable.
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