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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un album culotté où John se met à nu
Sur la pochette de cet album que les fans baptisent "Plastic Ono band" ou "Mother", John Lennon n'est pas nu (comme sur celle de "Two virgins"). Pourtant, c'est dans ses chansons qu'il décide de se mettre à nu. Lassé par le strass des Beatles, épuisé par la gloire, c'est un homme fragilisé, en quête de...
Publié le 3 juillet 2011 par philb

versus
9 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Les nonnes jaunes épaulent mac cartney
ce qui ne veut strictement rien dire. Pas plus que ce CD et les 2 bonus track-merdes rajoutés. Mais que ce passe-t-il donc ? Mon héros de jeunesse est tombé bien bas. Sans Paul, John ne serait donc rien ? Finalement je pars écouter Ram, au moins il y a d'la joie ! hello hello les demoiselles. Donc une étoile pour Isolation, une autre...
Publié le 30 décembre 2009 par Jlenjo


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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un album culotté où John se met à nu, 3 juillet 2011
Par 
philb - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Sur la pochette de cet album que les fans baptisent "Plastic Ono band" ou "Mother", John Lennon n'est pas nu (comme sur celle de "Two virgins"). Pourtant, c'est dans ses chansons qu'il décide de se mettre à nu. Lassé par le strass des Beatles, épuisé par la gloire, c'est un homme fragilisé, en quête de sérénité et de reconnaissance artistique, qui écrit et enregistre cet album historique en 1970. Certains considèrent ce disque comme le meilleur essai de Lennon (d'autres lui préfèrent "Imagine"). Ca peut se discuter... Toujours est-il que ce "Plastic Ono band" apparaît comme un album assez atypique, une véritable confession sur microsillon. La forme est tout à fait en phase avec le fond: des chansons dépouillées à l'extrême, presque austères, mais pourtant rageuses... On est très loin de l'emphase et de l'insouciance de "Sergent Pepper". Lennon utilise sa voix, son piano et sa guitare pour raconter sa vie, ses blessures, ses colères, ses projets, au fil de titres inoubliables (Mother, God, Love, Isolation). Seules la basse (tenue par Klaus Voorman) et la batterie (dont jouent en alternance Ringo Starr et Alan White) accompagnent parfois l'ex-Beatle. Sur "Working class hero", protest-song extraordinaire de sincérité et d'acuité, on retrouve l'influence du copain Bob Dylan, dont Lennon imite quelque peu la démarche (le barde américain est revenu lui aussi à la simplicité après le succès de "Blonde on blonde").
Après le très beau Imagine en 1971 (Que John qualifiait de "Plastic Ono band avec les violons"), il semble que Lennon ait brûlé tous ses atouts. Il ne retrouvera plus jamais cette inspiration par la suite, malgré quelques chansons correctes(Woman is the nigger of the world, Mind games, Steel and glass, Watching the wheels) disséminées dans des albums inégaux, dont le dernier, "Double fantasy", concept d'un dialogue musical avec Yoko Ono, sortira deux mois avant sa mort, mettant fin à une éventuelle reformation des Beatles que certains jugeaient imminente. Les Beatles deviendront des mythes, John Lennon une icône et "Plastic Ono Band" restera sans doute le meilleur disque de la courte carrière solo de John, mort à 40 ans seulement.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le meilleur Lennon, 4 avril 2011
Par 
gilles nifenecker "gehenne0" (Tourrettes sur Loup, Région de Nice France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Le meilleur disque de Lennon, c'est certain. Un disque comme une thérapie : l'abandon par propre sa mère, la mort accidentelle de cette dernière, l'absence du père, la trahison de Mac Cartney, ce disque est un cri primal pour exorciser toutes cette souffrance, pour faire table rase de la décade prodigieuse qui amena les 4 petits gars de Liverpool sur le toit du monde. Rarement la musique rock a été aussi loin dans l'authenticité, jamais à ma connaissance (et je crois m'y connaitre un peu) à part le Rocky Bottom de Robert Wyatt. Un cri violent entrecoupé de grand moment de douceur, Lennon est en colère mais les balades sont magnifiques. J'ai acheteté ce disque en hiver 70, il neigeait... 40 ans ans plus tard cette musique n'a pas pris une seule ride, rien perdu de sa hargne, c'est une des bandes-son de ma vie et malgré la neige, elle brûle toujours du même feu intérieur.
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17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le meilleur Lennon., 26 septembre 2004
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Après la séparation des Beatles, John Lennon enregistre cet album mais toujours sous le nom de Plastic Ono Band. Il va sans dire qu'il vide tout son sac, chose qu'il ne pouvait pas faire d'une manière aussi ouverte dans le groupe.
Il le fera si bien que la censure ne le ratera pas surtout en Grande Bretagne. Heureusement qu'il y avait Radio Caroline pour diffuser ses chansons interdites hors des eaux territoriales au nez et à la barbe du gouvernement anglais.
Dans « God » tout y passe : la magie, les dieux, les religions, la Bible, les rois, les cartes, Hitler, Kennedy, Elvis, Dylan et les Beatles. Cette rupture avec le passé, égrenée sur un ton sentencieux montre à quel point John est déterminé pour repartir à zéro.
« Working class hero » est l'un des morceaux les plus profonds concernant le texte. On comprend vraiment mal pourquoi il a été censuré à l'époque alors que personne n'est nominativement visé. Morceau qui n'aurait pas déplu à Bob Dylan.
Les 4 ballades « Hold on », « Isolation », « Love » et « Look at me » sont autant de morceaux agréables et sensibles où Lennon se montre à son avantage dans une ambiance acoustique avec une émotion non feinte.
« I find out » et « Remember » sont nettement plus rock alors que « Mother » est nettement plus tendu. Seul « Well Well Well » est assez saoulant notamment dans le couplet où Ringo Starr assène de la grosse caisse le tempo réverbéré avec la guitare solo pour seul accompagnement ; la spectorisation n'est pas de bon goût ici.
Les 2 bonus tracks ajoutés ici « Power to the People » (N°7 en Angleterre en avril 1971) et « Do the Oz » (plus anodin) ne déparent pas de l'ensemble.
Vous avez ici le meilleur album de John Lennon où on le trouve tour à tour tendre, tendu, vindicatif et révolté. Le climat est assez varié même s'il n'est pas des plus réjouissants. Il ne peut laisser indifférent car John l'a fait avec ses tripes sans fard, et là, le but est atteint.
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18 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une bonne thérapie pour Lennon et pour nous., 13 octobre 2000
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Ceci est le premier album solo de Lennon après la séparation des Beatles. Ce disque a été enregistré en 70 et est le résultat d'un traitement suivi par Lennon pour effacer les angoisses infantiles dues au double abandon par son père qui a quitté sa mère 'lorsqu'il était petit' et par celle-ci morte durant son adolescence. C'est d'ailleurs le thème de la première chanson de l'album "Mother". Mais bon, Lennon n'a jamais été très net si l'on peut dire alors que vaut ce disque réalisé en tant que thérapie psychologique? Sur cet album, on constate bien que Lennon a des problèmes à régler... Avec ses parents donc ("Mother"), avec le monde et Yoko ("Hold on", "Look at me"), avec le capitalisme ("Working class Hero"), avec le passé ("Remember") ou encore ses peurs ("Isolation"). Le ton global est donc angoissé, ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde. Les arrangements sont simples sans fioritures et les musiciens peu nombreux car en plus de John & Yoko, on ne trouve généralement qu'un batteur nommé Ringo Starr, un bassiste (remplacant de Mc Cartney), Klaus Voorman et Phil Spector à la production. Ce dernier nous évite de 'spectoriser' l'album et c'est tant mieux. C'est sur qu'à l'époque, le ton a dérouté. Mais, une chanson comme "Well well well" qui est une traduction musicale de la théorie du 'Cri Primal' du Docteur Jdanov que Lennon à consulter pour 'se guérir', est un très bon rock. De meme, la chanson d'ouverture fait partie de ses meilleures chansons, tout comme l'est "Love" l'une des plus grandes ballades de sa carrière. Et on ne sait qu'ajouter sur l'unique "Working class hero" ou le philosophique "God" qui clot l'album. Ainsi, ce disque contient 4 ou 5 compositions dignes du meilleur Lennon et le reste est d'un très bon niveau. Donc ce disque est génial!? Oui et non, car meme si ce disque présente des morceaux qui musicalement sont excellents, reste que l'ambiance un peu glauque qui y règne va en refroidir certains (mais surement pas tous).
PS : Pour les Bonus Tracks, je dirais simplement ceci : "Et si on ajoutait un bras à la Venus de Milo ?"
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4.0 étoiles sur 5 Le meilleur Lennon, 28 janvier 2013
Par 
Hugues Orsetti (Manosque) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Quelle indicible magie se niche dans cet album? Et combien sa pochette semble le rappeler à chaque coup d'oeil! Il est certain que Lennon sentit l'impératif besoin d'oublier les Beatles, de se régénérer, de faire table rase. Peut-être que la chanson qui le résume le mieux est "Love", avec son désir vital de dire l'essentiel, et de l'exprimer de la façon la plus pure qui soit. D'autres commentaires amazon parlent de nudité, et c'est une évidence. Et ce n'est pas tant la nudité du propos qui importe, que celle de la forme. Chaque chanson veut aller au coeur des choses, en se dénudant du superflu comme l'hiver déshabille les arbres. Et dans cette photo de Lennon invoquant la plénitude du repos sur le ventre de sa compagne, on n'entend pas que "Love", mais aussi "Well well well", modèle de cri primal visant à exsuder tout stress, toute pression et tout parasite, deux chansons très contrastées qui se suivent sur l'album. Sur cette photo Lennon prend le soleil, et cet album a quelque chose d'aussi nu que solaire. On n'y trouve pas de chaleur, mais un éclat, une sorte de soleil interne, ou le soleil encore à l'état de noyau. Tout ce qui va en fleurir est imaginé, car on n'est qu'à la source. La forme est donc brute, crue, directe. Les titres sont courts: "Mother", "Isolation", "Remember", "Love", "God". Lennon grogne, hurle, gémit, s'adoucit jusqu'à la buée, puis se remet à chanter comme s'il nous parlait (la première phrase mélodique de "God" ne relève que du ton parlé, à croire que Lennon a fini par trouver sa musique en parlant). Même si "Imagine" et "Jealous guy" restent de sublimes chansons qu'on ne trouvera que sur l'album suivant, en tant qu'album Lennon ne fera jamais mieux que Plastic Ono Band. On se moque bien de ce qu'il raconte, en fin de compte. Avec lui, et je suis convaincu qu'il en est de même pour tous ses vrais fans, c'est la façon qu'il a de le dire qui nous conquiert, nous emballe, nous passionne, nous touche. Lennon avait un don, et ce don était celui d'exprimer ses émotions et ses sentiments de façon spontanée, physique, avec toutes les subtiles nuances intuitives que cela demande. Lennon n'était pas habile, mais un honnête homme d'expression. C'est pourquoi il compte. Qu'il fût jaloux, méchant, colérique, amoureux, idéaliste, désillusionné, naïf, désemparé, il était vrai, et sonnait vrai, du moins jusqu'à ce qu'il mûrisse vers 1973, se taise vers 76, et nous quitte un triste soir de décembre 80, bien malgré lui.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 merveilleux Lennon, 4 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
un album sublime pas de remplissage une pure merveille. Pour repondre au commentaire sur Bob Dylan. Il fait bien parti de la longue liste de la chanson "God" mais pas au nom de Dylan mais sur son vrai nom Zimmerman Robert.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Chef d'oeuvre, 27 août 2011
Par 
Stefy - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Ce disque est le premier de John Lennon en solo et sans doute son meilleur. Terrifiant de franchise, Lennon accumule des morceaux tours de force comme jamais en y mettant son âme à nue. Obligatoire pour tout le monde.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une bonne thérapie pour Lennon et pour nous., 13 octobre 2000
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
Ceci est le premier album solo de Lennon après la séparation des Beatles. Ce disque a été enregistré en 70 et est le résultat d'un traitement suivi par Lennon pour effacer les angoisses infantiles dues au double abandon par son père qui a quitté sa mère 'lorsqu'il était petit' et par celle-ci morte durant son adolescence. C'est d'ailleurs le thème de la première chanson de l'album "Mother". Mais bon, Lennon n'a jamais été très net si l'on peut dire alors que vaut ce disque réalisé en tant que thérapie psychologique? Sur cet album, on constate bien que Lennon a des problèmes à régler... Avec ses parents donc ("Mother"), avec le monde et Yoko ("Hold on", "Look at me"), avec le capitalisme ("Working class Hero"), avec le passé ("Remember") ou encore ses peurs ("Isolation"). Le ton global est donc angoissé, ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde. Les arrangements sont simples sans fioritures et les musiciens peu nombreux car en plus de John & Yoko, on ne trouve généralement qu'un batteur nommé Ringo Starr, un bassiste (remplacant de Mc Cartney), Klaus Voorman et Phil Spector à la production. Ce dernier nous évite de 'spectoriser' l'album et c'est tant mieux. C'est sur qu'à l'époque, le ton a dérouté. Mais, une chanson comme "Well well well" qui est une traduction musicale de la théorie du 'Cri Primal' du Docteur Jdanov que Lennon à consulter pour 'se guérir', est un très bon rock. De meme, la chanson d'ouverture fait partie de ses meilleures chansons, tout comme l'est "Love" l'une des plus grandes ballades de sa carrière. Et on ne sait qu'ajouter sur l'unique "Working class hero" ou le philosophique "God" qui clot l'album. Ainsi, ce disque contient 4 ou 5 compositions dignes du meilleur Lennon et le reste est d'un très bon niveau. Donc ce disque est génial!? Oui et non, car meme si ce disque présente des morceaux qui musicalement sont excellents, reste que l'ambiance un peu glauque qui y règne va en refroidir certains (mais surement pas tous).
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 The Plastic Ono Band Experience, 15 novembre 2010
Par 
Lahay Guillaume (Paris) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Plastic Ono Band (CD)
A l'heure ou parait une énième réédition de l'oeuvre chaotique de John Lennon, je propose un coup de projecteur sur ce « John Lennon/Plastic Ono Band », qui vient de souffler avec classe sa quarantième bougie.

En guise de préambule, je dirais que si un seul des disques publiés sous son propre nom devait survivre au changement de millénaire : pas d'erreur possible, ce serait celui-ci. "Plastic Ono Band" est un album paru en 1970, immédiatement après la séparation des Beatles. Un album qui ne s'est guère vendu en son temps. Réputé malgré tout, il semble que peu de gens l'écoute aujourd'hui, bien qu'il fasse en général l'unanimité lorsqu'on l'évoque. Paradoxe donc, que cette oeuvre adorée autant que mal-aimée, dont la première écoute peut être boulversante, aussi bien qu'insignifiante.

C'est un disque auquel je suis venu sur le tard et à reculons, longtemps après m'être détourné de « Double Fantasy » ou « Rock'n'roll ». Longtemps après avoir écouté et réécouté presque tout ce que la décennie 1964-1973 a engendré de meilleur. Longtemps après en avoir eu assez des voix dédoublés, de l'écho à outrance, et des productions de Phil Spector. Un disque qui n'aurait pas du me plaire en somme, mais qui ne m'a jamais quitté depuis, sans doute parce qu'il est possible de l'écouter longtemps après la fin de l'adolescence.

Qu'est ce que le « Plastic Ono Band » ? Disons que c'est l'orchestre de la famille Ono : John, Yoko, et quelques proches, et personnes d'autres. Mais inutile de partir en courant. Comme son nom l'indique, tout cela est un peu factice, un peu « plastic », c'est un concept fourre-tout, dans lequel on peut mettre ce que l'on veut. En réalité, ce patronyme est le nom d'un groupe qui a vécu si peu de temps qu'il ne désigne plus aujourd'hui que cet album en forme de confession, sur la corde raide entre l'intime et ce qui peut être partagé avec le plus grand nombre (la musique des Beatles par exemple).

Basiquement, le Plastic Ono Band est un trio qui se compose de la manière suivante : John Lennon (chant, guitare et piano), Klaus Voormann (Basse) et Ringo Starr (Batterie). Je ne vous ferais pas l'injure de vous dire lequel des trois écrit les paroles et la musique, ni de vous dire de quel groupe est issue le batteur. En revanche, il peut être utile de préciser que Klaus Voormann était un veil ami de John Lennon, un personnage qui a traversé un peu toutes les époques. Graphiste de formation, et ami d'Astrid Kircher (la photographe des années « Hambourg »), il assista aux débuts anonymes des Beatles au tout début des années 60. Il réalisa en 1966 la pochette de « Revolver », pour devenir sur le tard un bon bassiste, dont le style très simple convenait bien à la musique de Lennon.

Ce trio s'enrichit occasionnellement de la présence ou des idées de Yoko Ono - qu'on n'entend pas sur ce disque parce qu'elle a eu droit à sa propre version, « Yoko Ono/Plastic Ono Band », dont je ne parlerais pas ici - d'Eric Clapton (sur scène) et de Billy Preston (le piano de "God"), autre personnage rencontré à Hambourg. Enfin et surtout, Phil Spector est crédité à la production. Bien que les avis soient partagés sur le rôle qu'il a réellement tenu dans l'élaboration de l'album - il semble avoir été très peu présent - on ne peut nier qu'il ait exercé une influence sur la prise de son ou le mixage, en plus de jouer quelques notes de piano sur « Love ».

A ceux qui se demandent de quelle matière est faite cette musique, je répondrais qu'il s'agit de chansons très simples, sur une base folk, habillées de sonorités sobres mais modernes pour leur époque. L'ensemble tend à dégager aujourd'hui une sorte d'intemporalité. On y entend une guitare acoustique à la Bob Dylan (« Working class hero »), une guitare électrique furieuse (« I found out », « Well well well »), un piano classieux (« God ») ou primaire (toutes les autres), une basse ronde et puissante mixée très en avant, et une batterie lourde, techniquement réduite à sa plus simple expression, mais en osmose parfaite avec le climat recherché. C'est une collection de titres décharnés, aux arrangements minimalistes, explorant chaque recoin de la psyché de l'intéressé sans nullement chercher à plaire ou arrondir les angles.

En fait, le point fort de « Plastic Ono Band », c'est la désarmante sincérité qui en émane, renforcée par un apparent dénuement, derrière lequel se cache toute l'expérience de l'écriture acquise par John Lennon avec son groupe précédent (ses « années de formation » comme il disait). Une autre chose que l'on peut mettre à son crédit, c'est qu'on est ici très loin du style des Beatles. Prosaïquement : John Lennon s'est peut-être souvent planté, mais jamais il n'a tenté de refourguer ses vielles recettes. D'où je suppose son envie en 1970 de se rapprocher de Phil Spector, qui était à l'époque une sorte d'anti-Georges Martin (le producteur et mentor musical des Beatles). A cela, j'ajouterais qu'aucun de ces titres ne méritent de figurer sur une compilation, ce qui ne diminue en rien la force de l'ensemble tant il est regrettable de briser cette chaîne. Voilà pour les impressions générales.

Tout démarre par une cloche lugubre, quatre coups exactement, et un tempo particulièrement lent, inhabituel en Pop-music. Et puisqu'il est question de plonger droit dans l'intimité d'un homme et appuyer là où ça fait mal, autant commencer par là où tout commence : « Mother ». « You had me, I never had you »... « I couldn't walk and I tried to run »... « Mama don't go, Daddy Come home ». Bien sûr, tout le monde n'a pas été abandonné par son père et sa mère. Mais sans rien connaître de la vie de John Lennon, qui n'a pas connu un jour cette sensation d'abandon, qui ne s'est jamais senti infiniment petit, lancé dans ce monde sans filets? L'auteur de « Mother » sortait à l'époque d'une thérapie psychanalytique (oeuvre du Dr. Janov) basée sur la nécessité de se remémorer l'instant de sa naissance, et pousser une seconde fois le cri du nouveau-né. Ce « cri primal » - votre cri primal - vous ne l'entendrez probablement jamais. Mais dans ce morceau d'ouverture, John tente à sa manière de s'en approcher, et pousse tout naturellement un cri de douleur.

« Hold on » vient ensuite, étonnamment apaisé. Une petite chose de deux minutes sans grande conséquence, mais embellie d'une guitare vibrante au sens propre comme au figuré, purement rythmique car on ne trouve aucun solo sur ce disque. Je pense que « Hold on » rend compte de l'effort qu'a nécessité l'accouchement d'un morceau comme « Mother ». C'est une plage indispensable pour l'auteur comme pour l'auditeur, pour ne pas perdre le contrôle, retrouver ses esprits avant d'aller plus loin.

C'est que justement, il va de l'avant, et il a compris des choses sur « I found out » qui ne font pas forcément plaisir. Alors, il branche sa guitare dans un minuscule amplificateur, qui sature dès qu'on l'approche, et le son qui en sort est d'une imperfection, d'une saleté inouïe comparé à l'élégance globale de l'album. Pur et basique rock'n'roll, avec ce qu'il faut d'implication maximum et d'inachèvement tout à la fois.

On change à nouveau de décor avec l'emblématique « Working class hero ». John y explique à gros trait les mécanismes qui poussent les classes sociales à se reproduire à l'identique de génération en génération. Spectaculairement sorti du lot, il n'hésite pas à se donner en modèle pour inciter ses congénères à faire de même. Incroyablement prétentieux ? Etonnamment, il parvient à trouver les mots pour le dire et le ton juste. Il est absolument seul avec sa guitare, et pour la dernière fois de sa carrière, il chante d'une voix nue, sans le moindre artifice de studio. A cet instant et pour toujours, au lieu de la rock-star ridicule et à côté de la plaque qu'il aurait pu être (qu'il a également été), il devint le working class hero de l'Angleterre laborieuse et opprimée. Pour John Lennon et son pays de naissance, c'est l'instant T.

Le titre suivant est une grande réussite au niveau de la production. Il m'a rarement été donné d'entendre une meilleure utilisation des voix dédoublées que sur le bridge de ce morceau, de même pour les pauses et les silences. John y remplit l'espace sonore avec tact et une sorte de fausse douceur, par-dessus la scansion lourde du piano, pour le vider brusquement de sa substance, et atteindre le climax de la chanson. Entre autres significations, « Isolation » insinue qu'en haut de la pyramide sociale, au sein même d'un couple en apparence très solide, on est encore isolé. Un beau texte, tour à tour claustrophobe et agoraphobe, effrayé et imprécateur, où l'on sent poindre la crainte d'être absolument seul le jour où le monde s'effondrera sous nos pieds.

« Remember » ouvre la deuxième face du LP original. C'est un peu la même chanson, mais sous forme de pirouette. Musicalement proche, mais en version "up tempo", ce titre met en pratique la fin évoquée dans « Isolation » avec une délectation de potache. Une blague de sale gosse, inattendue et plutôt bien venue au final, qui derrière laisse un grand vide... avant la lente émergeance du morceau suivant.

« Love » est une évocation périlleuse de ce qu'est l'amour en une poignée de mots. Une complainte rêveuse - presque rien en fait - une chanson aux rimes tellement pauvres qu'on ne sait trop s'il faut crier au génie ou hocher la tête devant une telle indigence. Mais « Love » est une ritournelle mélancolique, dont la sincérité est capable d'emporter l'adhésion : « Love is reaching... reaching love ».

Derrière, « Well well well » permet de constater que John Lennon était un excellent guitariste rythmique. Il a une manière de faire sonner ses accords, et notamment les cordes à vides, qui pour être ici héritée du blues, n'en demeure pas moins instinctive et personnelle (il était d'ailleurs loin d'être un fin « connaisseur » de blues). Pour l'occasion, basse et grosse caisse martèlent chaque temps à l'unisson, tandis que deux guitares s'entre-mèlent avec élégance, mais aussi pertes et fracas. Après s'être copieusement égosillé sur son refrain qui ne veut rien dire (« Well well well... Oh ! Well... »), John nous fait d'ailleurs remarquer qu'il est grand temps pour lui de s'arrêter avant la paralysie complète de ses cordes vocales.

Ce qui nous amène à « Look at me », seul morceau qui fait directement penser aux Beatles (« Julia » sur l'album blanc, mais n'était-ce pas déjà une oeuvre solo ?). On y retrouve le finger-picking enseigné par Donovan en Inde, et le dédoublement de la guitare comme de la voix. Une technique qui en général ne réussit à personne, sauf à Mr. Lennon lui-même, pour une raison qui je dois le dire, m'a toujours échappée. Ce titre a un peu le même rôle que « Hold on », et symétriquement la même place avant le final de l'album.

« God is a concept, by which we can measure our pain ». Cette phrase d'ouverture est l'unique couplet de « God ». Elle est suivie d'une spectaculaire et célèbre énumération d'idoles jugées défaillantes, sur le mode « I dont believe in Jesus... Hitler... Elvis etc... », et finalement le disque s'achève sur cette déclaration toute simple : « I just believe in me ». John Lennon ne croit plus aux Beatles, ni aux folles utopies des années 60, et cette conclusion donne en quelque sorte le coup d'envoi de la décennie suivante, comme on a coutume de dire.

Pour ma part, je ne pense pas qu'il l'entende ainsi. Il s'est découvert lui-même, et s'est choisi une femme qui n'est ni tout à fait lui-même ni tout à fait quelqu'un d'autre, c'est la fin d'une longue adolescence. Il est parti s'allonger sous le chêne massif de la couverture de l'album, loin du tumulte et de la gloire, dans les bras de sa compagne. Seul un écho lointain vient encore le tirailler de temps à autre : sa mère est morte sans qu'il ait eu le temps de lui dire adieu (« My mummy's dead », qui ne dure que quelques secondes).

A vrai dire, je ne suis pas bien sûr qu'il soit réellement parvenu à s'étendre sous cet arbre. Mais à tout prendre, en bon créateur qu'il est, sa tentative est plus forte que son propre achèvement. Pour le dire plus simplement : je vous avouerai qu'il m'est souvent arrivé de m'y étendre, apaisé et confiant, après une écoute attentive et cathartique de « Plastic Ono Band ».
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5.0 étoiles sur 5 Moonwalk one, 8 septembre 2014
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45 ans en juillet que l'homme a posé son pied sur la lune et 44 que Jimmy est passé devant cette putain de faucheuse
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Plastic Ono Band
Plastic Ono Band de John Lennon (CD - 2010)
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