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35 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La musique comme un secret, 27 octobre 2010
Par 
Savinien (Liège, Belgique) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Concertos et sonates pour piano (CD)
Hans Richter Haaser est un pianiste oublié du XXème siècle, pourtant inscrit au panthéon dans la grande tradition des maîtres germaniques, de Backhaus à Kempff en passant par Fischer. Quasi absent de la discographie depuis l'avènement du cd (citons tout de même un notable 2ème de Brahms avec Karajan), voilà que EMI ressort (enfin !) les fameux enregistrements Beethoven captés entre 1959 et 1964. Soit les Concertos n°3 (avec Giulini), 4 et 5 (avec Istvan Kertész), les 3 Sonates op.2, les 3 Sonates op.31 (dont "La Tempête"), la Sonate op.54, la Sonate op.81a ("les Adieux"), la Sonate op.90, et les quatre dernières Sonates (opus 106 "Hammerklavier, 109, 110 et 111), mais aussi les 33 Variations Diabelli op.120, sans oublier la Fantaisie op.77 et les 2 Rondos op.51 ! Et à l'exclusion des concertos avec Kertész (une petite perle déjà éditée chez Testament), tous sont donc des inédits absolus dans le monde numérique (soit 5 cd sur 6) !
Le Beethoven de Haaser, c'est celui de l'intelligence, de la sobriété et de l'évidence. Une maîtrise hallucinante des tempos, une répression presque obsessionnelle de l'emphase, une recherche omniprésente de perfection dans la forme, et au total une musique presque divulgée comme un secret. L'art d'un maître pour lequel les beethovéniens avertis se précipiteront.
Et à ce prix, il serait certainement dommage de ne pas en profiter !
Pour (re)découvrir ce grand musicien oublié, et lui rendre enfin justice.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un grand parmi les grands, 7 août 2013
Par 
Nicolas - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Concertos et sonates pour piano (CD)
C'est Savinien qui m'a "forcé" à découvrir ce Beethoven de Hans Richter-Haaser.

Ce Hans Richter-Haaser est assurément un beethovenien majeur, on pourrait même dire essentiel tellement il regroupe des qualités rarissimes dont seuls les plus grands font preuve.

Je place le Beethoven de cet allemand bizarrement dans une lignée plutôt autrichienne à mi-chemin entre l'esthétique d'Arthur Schnabel et celle de Friedrich Gulda, deux géants Beethovéniens par excellence.

De Schnabel, il a cette facon de lier un contact intime "facile" avec l'auditeur et cette faculté de gérer l'écoulement temps magistralement, en donnant l'impression de se jouer du métronome, de surfer sur la courbure de l'espace temps au gré des émotions et changements d'humeur du compositeur d'une manière étonamment naturelle.

De Gulda, il y a cette facon de changer de rythme, d'introduire des cassures et des accélérations subites et une certaine propension à des figures rythmiques rhapsodiques aux antipodes des constructions Arrauesques ou de la rigueur d'un Serkin.

Bref le Beethoven de Hans Richter-Haaser est un Beethoven qui prend des risques tout en rayonnant de naturel.

Il y a quand même quelque chose de la tradition allemande dans ce style: c'est une sécheresse sonore qui provient en partie d'un instrument Steinway modifié pour garder ce son sec des pianos du début du siècle (tels que justement Schnabel jouait, ou encore Gould aprés la guerre) et qui réconcilie d'une certaine manière le piano moderne avec le pianoforte.

Mais cette sécheresse du ton, très beethovenienne et qui parait ici toute naturelle là où chez la plupart (Gilels, Gulda, Serkin...) elle sonne beaucoup plus sophistiquée, vient aussi du toucher du pianiste et d'un phrasé qui de temps à autre refuse de s'alanguir pour mieux maitriser le temps, cette facon de couper les élans en raccourcissant certaines notes pour raffermir la ligne. Cette forme d'intransigeance et d'exigeance rappelle l'art de Wilhelm Backhaus.

Enfin, j'ai été troublé par des similarités de phrasés dans les dernières sonates avec celles de la dernière intégrale de Ronald Brautigam, quelque chose de ferme, de dansant, faussement léger... je ne veux pas en tirer de conclusion hâtive, mais c'est troublant.

Pour ce qui est du contenu, j'ai d'une facon générale admiré les sonates, avec des premières sonates si difficiles vraiment superbes mais aussi toutes les autres (quelle tempête notamment!), car il y a toujours "quelque chose" de nouveau et d'inoui qui s'y passe, y compris bien sûr dans la "Hammerklavier", même si j'avoue que c'est la seule sonate où je suis un resté un peu perplexe quant à sa conception d'ensemble et la gestion des transitions entre les sections.

Les Diabelli, rarement réussies, même par les plus grands (je trouve les multiples approches d'Arrau et Brendel désespérement vaines) sont quant à elles vraiment personnelles, superbes avec une prise de risque et une liberté inouies. Sans avoir le radicalisme des versions de Pollini et Serkin (mes autres versions préférées), elles sont aussi empreintes de folies et de modernité, les ingrédients essentiels de ces variations.

Un autre grand moment de ce coffret est ce 3eme concerto pour piano avec le Philarmonia de Giulini: c'est exceptionnel, difficile d'y mettre des mots.

Malgré un mouvement lent du 4eme concerto d'anthologie, je suis un peu plus réservé sur le dernier disque qui regroupe les 4eme et 5eme concertos avec le même Philarmonia dirigé cette fois par Istan Kertesz dont j'aime moins la direction, ce qui semble affecter le jeu de Richter-Haaser. Mais Savinien et d'autres n'ont apparemment pas la même opinion, ce n'est donc que la mienne et ne remet pas en cause l'immense valeur de ce coffret, témoignage unique avec celui-ci Sonates pour piano (Pathétique, Clair de Lune...), Fantaisie chorale de ce Beethovenien hors pair, assurément un grand parmi les grands.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 interprétation magistrale, 14 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Concertos et sonates pour piano (CD)
Pianiste injustement oublié aujourd'hui,Richter Haaser donne une interprétation de Beethoven où le rythme est charpenté dans un tempo sans failles, avec une sonorité qui peut être transparente dans les pianos et très puissante dans les fortés.On attends plus de rééditions.
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8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un géant du piano, 2 février 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Concertos et sonates pour piano (CD)
Presque oublié en France, Richter-Hasser est pourtant un très grand pianiste. Certains des enregistrements de ce coffret sont remarquables (certaines sonates à titre, ou encore le mouvement lent du 4è concerto, etc.). Ce pianiste est à re-découvrir.
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