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500 PREMIERS RÉVISEURSle 16 février 2016
Si l'on en croit Marcel Ophuls, le réalisateur du remarquable film "Le Chagrin et la Pitié", durant l'occupation allemande, la France comptait 5% de résistants (on ne tient pas compte de ceux de la dernière heure), 5% de collabos et 90% de gens qui subissaient les coupures d'électricité, le rationnement, les bombardements alliées (80 000 morts, quand même') et dont le principal souci était, pour les hommes, d'échapper au STO et pour les femmes, de faire des queues interminables devant des magasins d'alimentation vides, avec le marché noir en arrière plan. C'est de ces Français-là, ni héros, ni salauds, que nous parle Autant-Lara dans "La Traversée de Paris", un des grands classiques du patrimoine cinématographique français dont on ne retient souvent que la fameuse scène de la cave avec Jambier-De Funès

Pourtant son intérêt ne se limite pas à cette seule séquence. Tout d'abord, le film dresse un portrait subtil et pas forcément flatteur de la France de l'Occupation. Outre, les rondes de nuits des patrouilles allemandes et le couvre-feu, c'est toute l'ambiguïté des Parisiens, contraints à la résignation par la force des choses mais qui se complaisent dans une certaine inertie face à l'occupant, que décrit avec une grande justesse Claude Autant-Laura. Le film propose ainsi un éventail assez représentatif de la population de l'époque, allant de la bourgeoise aux rêves de résistance au cafetier qui exploite une jeune juive en passant par le policier trop zélé et l'ancien soldat traumatisé. A ce titre, la photographie en noir en blanc et les éclairages réduits (black out oblige) créent une ambiance criante de vérité. Les dialogues sont merveilleusement bien écrits et frappent par leur vigueur roborative, au point que l'on a soupçonné Michel Audiard d'en être l'auteur.

Mais que serait le film sans son extraordinaire interprétation: Des seconds rôles parfaits (Louis de Funès en boucher, Jeanette Batti en épouse, Jean Dunot et Georgette Dany en détestables cafetiers...) et surtout un époustouflant duo vedette composé d'un Bourvil rare dans un rôle de magouilleur pathétique et d'un Jean Gabin monstrueux de charisme, moins introverti qu'à son habitude (il faut le voir déclarer son amitié à Martin tout le long du film). Une composition aussi précieuse qu'exceptionnelle, les 2 acteurs s'étant par la suite un peu cantonnés au même type de rôle (le gentil dadais pour Bourvil, le dur au coeur tendre pour Gabin).

La scène du café est probablement la plus intense parce Gabin, déchaîné, balance ses 4 vérités à tout le monde, en fustigeant la lâcheté et l'avachissement collectif, et en décochant son très décapant "Salauds de pauvres!". La sortie n'est pas en reste : "Et vous affreux, j'vous méprise, j'vous chasse de ma mémoire, j'vous balaie !"... La scène de la cave chez le charcutier Jambier est aussi mémorable, où Gabin, encore, éructe et hurle "Jambier ! Jambier ! 45 rue Polyveau !"... Dans cette scène féroce et en même temps follement drôle sous sa carapace de trafic et de marché noir, De Funès pas encore vedette, est très bon face aux 2 monstres sacrés qu'il a en face de lui. On retrouve donc dans ce film un ton cruel, amer, à travers une peinture réaliste et parfois cruelle d'une certaine mentalité française dans les années sombres de l'occupation. Bourvil représente de façon admirable le pauvre type timoré et pitoyable, écrasé par la vie ; un rôle qui marqua une étape dans sa carrière, alors qu'il était cantonné aux rôles de naïfs ou de paysans idiots. Gabin, c'est l'intellectuel anarchiste, cynique et pas commode qui s'essaie par jeu ou esprit de dérision, à faire une expérience, sans se soucier d'idéologie ou de politique, pour "voir jusqu'où on peut aller". Cette reconstitution sociale et historique déguisée en farce satirique époustouflante, truculente, outrancière jusqu'à l'épique, et sur la fin, bouleversante, reste incontournable.
Bref, c'est un véritable chef-d'oeuvre du cinéma français.
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EXCELLENTE ADAPTATION DU ROMAN DE MARCEL AYME ....LES VALISES PLEINES DE COCHONNAILLES PORTEES PAR UN GABIN TRUCULENT -QUI A RAREMENT ETE AUSSI BIEN- ET PAR UN BOURVIL TROUILLARD -MAIS IRRESISTIBLE- SOUS LA HOULETTE D UN DE FUNES ROI DU MARCHE NOIR...SONT LA TRAME D UNE NUIT DE MARCHE PARISIENNE PLEINE DE PERIPETIES....LA FIN EST EGALEMENT IMPORTANTE AU MOMENT OU LES DEUX PROTAGONISTES SE RENCONTRENT A LA GARE A LA FIN DE LA GUERRE...TRISTE OUI..MAIS TELLEMENT VRAI....
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le 11 octobre 2011
j'ai vu ce film des centaines de fois, il m'est même arrivé de le regarder 2 fois de suite ... c'est tout bonnement un chef d'oeuvre. quant au dvd qualité très bonne, peu de bonus...mais à ce prix là ça ne me pose aucun problème.
je le recommande
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50 PREMIERS REVISEURSle 23 juillet 2015
Pardon à l'avance pour le pensum, mais il existe deux façons de regarder ce film.

La première et à mon avis, celle qui doit être privilégiée, consiste à s'en tenir à ses qualités intrinsèques, fruits des divers talents qui se sont penchés sur son berceau (Aymé, Autant Lara, Aurenche, Bost, Gabin, Bourvil, De Funès...).

La seconde, qui prévaut souvent, consiste à passer le film au tamis de ce que l'on sait ou croit savoir (j'y reviendrai plus loin), de la personnalité de Marcel Aymé et de Claude Autant Lara. C'est la tentation biographique à la Sainte-Beuve.

Essayons donc de faire la part des choses.
Et d'abord, de quoi parle ce film ?

Nous sommes en 1942 dans Paris occupé.
Martin (Bourvil), pauvre bougre au chômage, survit grâce au marché noir.
Un soir, il doit effectuer une longue et dangereuse traversée de la ville, pour transporter des valises remplies d'un cochon débité par un épicier nommé Jambier. (De Funès)
Son complice habituel ayant été arrêté, il accepte suite à un malentendu, de le remplacer par un certain Grangil (Gabin) qu'il ne connaît pourtant pas.
Et c'est parti pour un périple rendu compliqué par le comportement imprévisible de Grangil, grande gueule, libertaire et cynique, bourgeois désœuvré, pour qui ce travail constitue surtout un divertissement.

Le film contient des scènes d'anthologies (les chiens qui suivent les valises à la trace), des dialogues formidables " J'veux 2000 francs, nom de Dieu, Jambier, Jambier : 2000 francs ! " , " Avec du mou partout' Du mou, du mou, rien que du mou ! .. 'Et l'autre, là, la rombière, la gueule engélatinée saindoux. Trois mentons, les nichons qui déballent sur la brioche. 50 ans chacun, 100 ans pour le lot, 100 ans de conneries ! ", sans oublier évidemment, le célèbre " Salauds de pauvres '...
Le scénario retranscrit dans ses grandes lignes une nouvelle de Marcel Aymé (qui après avoir été réticent a reconnu la valeur de l'adaptation). Seule la fin du film (d'ailleurs peut être le seul moment faible de l'ensemble) diffère de la nouvelle.

La peinture de mœurs est féroce, qui refuse le manichéisme et maltraite le " politiquement correct ' (notion si galvaudée aujourd'hui). Gabin est monumental, pas encore la caricature bougonnante qu'il deviendra. Bourvil surjoue un peu le simplet, mais ça passe quand même.
Chef d'œuvre d'humour, de narration et de mise en scène, rehaussé par un noir et blanc quasi expressionniste, " La Traversée de Paris ' a tout pour traverser aussi le temps.

D'où viennent alors les réserves qui s'expriment encore à l'encontre de ce chef d'œuvre d'une certaine " qualité française ' ?
Mais quelles sont donc ces idées impies qui traverseraient le film ?

Y-fait-on l'apologie du marché noir ? Jamais, même s'il est montré avec humour et une certaine bienveillance. Accuse-t-on " Les Portes de la Nuit ' de ce même crime ?

Le film insulte-t-il la résistance ? Jamais, même s'il en malmène l'hagiographie.
Ce n'est d'ailleurs pas le sujet. Le film rappelle seulement que tous les Français n'étaient pas résistants et que le monde n'est jamais noir ou blanc. On n'est pas ici, dans " Le Père tranquille ' ou " La Bataille du Rail '. L'aventure des 2 porteurs de valise s'achève mal en raison d'un brusque raidissement du comportement des autorités allemandes suite à un attentat contre un officier. En quoi le fait de rappeler que des faits de résistance ont entraîné des représailles serait-il choquant ?

Le film ne montre pas non plus tous les Allemands comme des brutes épaisses. Mais pourquoi ce qui est applaudi dans " Le silence de la Mer ', " Le Franciscain de Bourges ' (tiens, un autre film d'Autant-Lara) ou " La Grande Illusion ' poserait un problème ici ?

Le film glorifie-t-il la collaboration ?
Martin trafique pour vivre. Cela en fait-il un salaud ?
Grangil vend ses tableaux pendant l'occupation. Mérite-t-il 12 balles dans le dos pour ça ? Traite-t-on Stanislas Lefort, le chef d'orchestre de La Grande Vadrouille, de collabo, parce qu'il maintient ses concerts ?

Le film insulte-t-il les pauvres ?
Non, il montre des hommes et des femmes qui se débrouillent. Capables du meilleur et du pire, souvent décevants. Il n'y a pas de héros, pas de salauds. Martin est un macho un peu veule, Grangil un bourgeois plutôt égoïste et dilettante, Jambieeeeer est un profiteur...
Au contraire on peut estimer que le film montre une classe ouvrière éternelle perdante. Martin et Grangil vivent une aventure commune qui les rapproche momentanément. Mais elle se conclut avec une seule victime, Martin (l'inverse de la nouvelle d'Aymé). Et après la guerre, la société retrouve ses strates et Grangil ne se préoccupe guère du sort de Martin quand ils se retrouvent.

Si ce ne sont pas les idées, seraient-ce ceux qui les ont fait naître qui posent problème ?

Et là, on en vient forcément à l'évocation récurrente d'un Marcel Aymé collabo et d'un Claude Autant-Lara fasciste. Si les auteurs sont des salauds, ils ne peuvent qu'exprimer des idées sales ?
Pas si simple.

Commençons par Marcel Aymé.

Il faudrait quand même en finir avec les images paresseuses.
Marcel Aymé n'a jamais été résistant, mais pas davantage collaborateur.

Il a publié dans la presse collaborationniste, c'est vrai, mais on oublie souvent de dire qu'il publiait aussi dans Vendredi ou Marianne et que dans la presse " collabo ', il ne s'agissait pas d'articles (sauf rarement, sur l'art), mais de romans et de nouvelles et il est impossible de trouver dans ces publications, une seule ligne de lui témoignant d'un quelconque antisémitisme ou d'un ralliement à l'occupant.

Bien au contraire, il évoque, dans "L'Avenue Junot" publié dans l'ignoble "Je suis partout", un Céline, grincheux et antisémite ce que ce dernier lui reprochera longtemps (" Marcel a publié quelques nouvelles:...qui me plantaient un peu comme l'antisémite de service du regroupement, toujours à me vautrer dans les discours racistes, comme si j'en avais l'exclusivité et les autres se contentaient d'applaudir '... 'Alors j'étais pas heureux de la réput qu'il me traçait dans ses écrits, mon ami Marcel ').

Lisons aussi Jeanson : "L'apparition de l'étoile jaune souleva la colère des Parisiens qui surent la manifester à leurs risques et périls. Je me souviens très bien que Marcel Aymé le silencieux, dont l'impassibilité n'était qu'apparente, écrivit alors sous le coup d'une émotion qu'il ne pût ni ne voulût maîtriser, un article d'une violence inouïe contre les responsables de ces mesures ignobles et humiliantes qui nous atteignaient tous '.
Lisons Alphonse Boudard : " [Aymé] C'est un homme de sagesse et d'indulgence. Pour son attitude pendant l'Occupation ' où il défendit les juifs ' et à la Libération ' où il défendit les épurés ' , Arletty l'avait surnommé le père Courage. Il donne tout de suite cette impression de courage tranquille, il est le contraire d'un fanatique. Le professeur Watrin de son roman Uranus est peut-être le personnage auquel il ressemble le plus, un rêveur ironique, mais extrêmement sensible à toutes les turpitudes humaines, à toutes les douleurs... " 

Du coup, comme on ne peut prouver et pour cause, on insinue, on rabâche, on laisse planer le soupçon en permanence.
Et c'est Dominique Fernandez dans le livre consacré à son père Ramon ( un vrai collaborateur lui), qui évoque un Marcel Aymé faisant partie des " sympathisants idéologiques du mort, plus ou moins compromis avec la collaboration".
Et c'est l'ineffable Sartre, résistant de la 25ème heure qui écrit dans " Les Lettres Françaises ' à propos d'Aymé : " Ce malade aux vues courtes désespère de l'Homme ; il nous tient pour irrémédiablement mauvais et dans sa désespérance radicale, il prévoit plutôt qu'il n'appelle un régime dictatorial qui a tout le moins empêcherait les hommes de se nuire '. Un parfait étalage de toute la mauvaise foi dont l'auteur de " La Nausée ' était capable.

Aymé était un esprit libre, refusant " la résonance poétique ' (in " Le confort intellectuel ') des "révolutionnaires" : Ils sont comme des bœufs gras qui renifleraient l'abattoir et s'enchanteraient néanmoins au parfum des guirlandes de fleurs enroulées à leurs cornes. '.
Ce qu'il a vu de la collaboration et de la libération, le dégoute et quoi qu'on en pense, il fallait du courage aussi pour publier en 1948, un ouvrage tel qu' 'Uranus '. La résistance ce n'était pas ça, mais c'était aussi ça. Dans la balance heureusement déséquilibrée, il faut aussi ce modeste contre-poids.

On peut certes déplorer qu'à la Libération, Aymé ait défendu ses amis et que ses amis soient Brasillach (défendu aussi par Camus, au passage) et Céline.
Cette fidélité mérite-t-elle l'opprobre ?
Aymé est au fond, un a-politique, un inadapté, quelqu'un qui croit qu'on ne peut pas plus échapper à ses convictions, qu'à son sexe ou sa nature profonde.
Opinion éminemment discutable, mais doit-on le condamner parce qu'il aime ou est parfois aimé par des gens qu'on n'aime pas ?

Rappelons-nous des paroles incroyables de Renoir, pourtant haï par un Céline qu'il admire : " Si on se privait d'admirer quelqu'un au motif qu'il veut vous faire fusiller on finirait vite par manquer de gens à admirer '.

Le cas d'Autant-Lara par contre, est plus délicat. En quête continuelle de scandales, désireux de choquer, il a sans doute toujours eu ce fond raciste et -au mieux- acariâtre, avant de finir sa vie, en tenant les propos les plus immondes. Il est vraisemblable que les digues qui le contenaient ont sauté après sa mise au pilori par les tenants de la Nouvelle vague désireux de se faire une place.
A t-il vraiment été ce délateur que dénonce Braunberger ? Peut-être.

On le voit, le personnage n'apparaît pas ragoutant sur la distance.

Mais avant que définitivement aigri, Claude Autant râla, à l'époque de " La traversée de Paris ', il est le cinéaste doué de " Douce ', " Le Diable au corps ', ou " L'Auberge rouge '. Plus tard, il parviendra même à faire jouer à peu près correctement Brigitte Bardot (dans " En cas de Malheur '), ce qui n'est pas un mince exploit.

Aymé-Autant Lara.
En 1956, le mélange de leur individualisme, de leur désir parfois maladroit et un peu vaniteux de montrer à tout prix qu'ils ne font pas partie du troupeau, leurs accès de misanthropie,...ce qu'on qualifie un peu vite d'anarchisme de droite, fonctionne encore à plein et fait de la traversée de Paris ', malgré tout, un grand film.
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le 11 décembre 2015
Ce film adapté d'après une nouvelle de Marcel Aymé parue en 1947 dans le recueil « Le vin de Paris », réalisé par Claude Autant-Lara, est un excellent cru cinématographique du metteur en scène, servi par un truculent Jean Gabin, un Bourvil en livreur de marché noir et un Louis de Funès génial dans le rôle d'un boucher. On appréciera particulièrement certains moments de bravoure telle que la scène où les trois compères sont réunis dans la cave ([...]) et celle du café sur les bords des quais de la Seine ([...]). Par ailleurs, on appréciera aussi particulièrement le faite de voir le film dans sa version originale en noir et blanc, non colorisée. Quant au dialogue, ils sont admirablement servis par des comédiens très en verve. Un grand classique est un chef-d'œuvre du cinéma français des années 1950 à avoir dans sa collection de DVD.
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Les sombres journées de l'occupation, amenèrent pour une majorité de pauvres gens, le rationnement alimentaire, où ces mêmes personnes étaient obligées, avec des tickets de faire la queue pendant des heures devant des commerces d'alimentation, afin d'avoir le minimum pour se nourrir et subsister.
Au même moment,une minorité de « nantis » en surpayant les produits pouvaient vivre « grassement » sans être inquiétés par la faim.
Cette réalisation de CLAUDE AUTAN LARA est une description exacte de ce qu'il put se produire, pendant cette triste période notamment à PARIS.
Deux hommes de deux classes sociales différentes , de deux caractères opposés, se trouvent par un concours de circonstances roquambolesques, confrontés au marché noir et doivent transporter à travers la Capitale, un cochon découpé en morceaux dans deux valises.
Il faut auparavant passer chez la personne qui abat l'animal, et qui établit le prix pour le transport de la marchandise.
Si pour le bon et naïf Marcel Martin ( BOURVIL ), le prix proposé semble acceptable, pour son collègue Grandgil ( JEAN GABIN ) artiste peintre
au tempérament bourru, il en est tout autre.
Il lui faut une substantielle augmentation pour accepter le transport .
L'abattage et l'égorgement de l'animal est donc effectué chez Jambier ( LOUIS DE FUNES ), qui campe un personnage veule, excité et hypocrite, qui finit par céder au marchandage et aux pressions de Gandgil , non sans mal..
Le parcours du trajet est parsemé d'embuches et d'imprévus, jusqu'au moment où les deux bons hommes s'arrêtent dans un bistrot encore ouvert afin de consommer deux vins chauds.
Il sont reçus comme des indésirables où le vieux couple qui tient ce cabaret,les menace de les dénoncer à une patrouille de police pour irrégularité.
C'est à partir de cet instant que Grandgil, avec son tempérament « sanguin » , en se surpassant, devient plus que menaçant, et terrorise les vieux cafetiers en cassant les bouteilles qui sont sur le comptoir.
Ces vieilles personnes qui semblaient s'accomoder de l'occupation et qui allaient tout à fait dans le sens de l'ordre établi deviennent d'une "platitude" désarmante.
Le parcours reprend de nouveau en évitant la police de vichy et les patrouilles allemandes.
C'est proche de l'arrivée au but que Grandgil invite Martin à prendre un café chez lui, puisque sur le parcours il passe près de son domicile.
Lorsque le bon Martin découvre l'appartement , il est plus que surpris en apercevant le confort et ne peut s'empêcher d'interpeller Grandgil , en lui faisant remarquer que la peinture « ça paye » , ce à quoi Grandgil répond qu'il est artiste peintre.
C'est à cet instant que Martin répond : « Mais alors, tous les deux,nous ne sommes pas du même monde,alors pourquoi tu as accepté de m'aider » et Grandgil rétorque : » Tout simplement pour voir jusqu'où on pouvait aller sous les contraintes d'une occupation.
En arrivant au but chez les « nantis »ils sont interpellés par une patouille allemande.
Grandgil ,l'artiste peintre joue de sa notoriété et ne se trouve pas inquiété, tandis que le brave Martin est envoyé au S.T.O jusqu'à la fin de la guerre.
La suite,je ne peux la raconter, il faut voir cet excellent film qui fait parti de nos classiques.
Quelques années plus tard alors que notre PARIS a retrouvé son air de Liberté, on voit Grandgil partir en vacances et prendre le train à la gare de LYON.
Bien sur il a demandé un porteur pour sa valise qui semble lourde.
Lorsqu'en montant dans le train, il s'apprête à récupérer son bagage,il s'aperçoit que son porteur n'est autre que le « bon » Martin qui a vieilli et qui continue de gagner honnêtement sa vie comme "porteur",alors que, lui Grandgil a suivi son chemin.
Le seul point de profond désaccord que je peux avoir avec la réalisation de ce très bon film, c'est que CLAUDE AUTAN LARA ait glissé l'expression « salauds de pauvres », car si l'on se réfère à l'histoire , c'est le PEUPLE de PARIS avec tous ses « ventres creux et sous alimentés » qui prit le premier les armes en aout 1944
pour libérer notre Capitale et non les nantis pour qui l'occupation allemande ne posait aucun problème. ( simple point de vue personnel. )
Dernier détail important, lorsque l'on proposa le rôle à JEAN GABIN ( un ancien de la FRANCE LIBRE ) il fut assez réticent pour participer à un film plus ou moins
humoristique sur une période dont beaucoup avaient énormément souffert..
Mais si le rôle de mon compagnon est tenu par BOURVIL alors, je dis oui !...
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le 8 septembre 2015
Paris sous l'Occupation...
L'héroïsme des uns, la couardise des autres...
La Guerre dans toute sa noirceur, ici, traitée avec humanité.
A l'affiche de ce film : 2 acteurs d'exception; que Claude Autant-Lara a eu la bonne idée de réunir.
A noter la présence de Louis de Funès.
Un humour bon enfant, des amitiés sincères : on passe un bon moment.
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le 18 juillet 2015
J'aime bien ce film , surtout pour les acteurs .
A priori il est anti peuple : Salauds de pauvres ( Gabin ) .
Mais la charge finale nous montre que la justice ( ici les allemands ) est très clémente avec les riches et les puissants ( Gabin ) , mais sans pitié pour les ouvriers ( Bourvil ) . Que chacun interprète le sens de ce film à son gout .
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le 31 janvier 2016
J'ai acheté ce film pour le faire découvrir à mes enfants: de l'humour sur une toile historique de notre pays;des acteurs merveilleux qui donnent de l'épaisseur à leur personnage grâce à leur talent!
Ils ont beaucoup aimé et ont découvert une page de l'histoire qui leur semblait bien abstraite .
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Une traversée de "Nuit" (notre nuit de la vie, notre nuit d'occupés, notre nuit de survie). Avec ce film Autant Lara dépeint un climat plutôt sombre ; il ne rapporte pas le combat des soldat, les exploits des résistants ; il ne dénonce pas non plus les collaborateurs tout en signalant au passage leurs existences. Il décrit le climat, des médiocres, des profiteurs et des faux amis. C'est un film pessimiste NOIR, sur le temps de la misère, de la guerre, et pour faire avaler la pilule il se sert de l'humour, de la comédie...et le spectateur dira : "c'est pour rire" ...NON ! la situation était bien probablement pire pour certains parisiens.

Cette traversée de Paris, se fait la nuit avec deux grands acteurs : Bourvil et Jean Gabin. Ces immenses vedettes dont les voix sont inoubliables. L'un à la voix gouailleuse interprétant classiquement les personnages pas très futés, l'autre au ton d'un bon vieux bourru souvent dans la peau du macho ou de l'homme autoritaire...cette vision traditionnelle des acteurs ne sera pas démentie. Une traversée de Nuit qui situe l'époque où l'on vit caché. Un trafic illicite se fait en cachette...

Ce film fait revivre la période de l'occupation dans la capitale...Marché noir, tickets de rationnement, maigres provisions, queues interminables devant les magasins d'alimentation, débrouillardise, couvre feu, rondes allemandes, policiers en képi-bâtons blancs-sifflet. Tout y est pour rappeler que la période était extrêmement difficile à vivre pour la population parisienne. Mais l'essentiel est dit sur le ton de l'humour :
-un cochon que l'on tue sur fond de musique sonore...
-la traversée de Paris pour livrer des victuailles par deux types qui se disputent continuellement...
-les chiens errants flairant la viande et coursant les livreurs, ameutant le quartier
-les "livreurs" arrêtés par un flic qui se laisse embobiner par un discours fleuve en allemand servi de façon péremptoire par Gabin...Une époque où l'on présentait les flics comme des hommes à l'intelligence réduite....

Mais aussi : l'amitié, la confiance qui aurait dû être de rigueur entre les deux amis est souvent trahie, ou plutôt existe à sens unique...Gabin, le bourgeois, le peintre, nage en eau trouble...Bourvil, le prolo, le naïf, se rebiffe parfois, s'exécute la plupart du temps et obéit aux injonctions de "l'ami" qui se défile au moment d'être pris, quand l'affaire tourne au vinaigre...

Le film dénonce les compromissions, les fausses amitiés, la sottise de la police et l'enrichissement (pas toujours facile) de trafiquants du marché noir. C'est une dénonciation acide, humoristique est également une peinture parcellaire de la vie en temps de guerre, pleine de vérité.
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