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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 universel et atemporel..., 19 avril 2011
Par 
freddiefreejazz (Bordeaux, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
Carlotta vient de ressortir ce superbe fleuron du septième art. Que dis-je? Un fleuron? Ne serait-ce là que l'ornement d'un bel objet, aussi beau soit-il? (remarque, des trois éditions, c'est certainement la plus belle). En fait, c'est bien mieux que ça. L'Aurore (Sunrise, 1927), c'est une rencontre, une expérience visuelle inouïe, une fable atemporelle d'une beauté à vous couper le souffle, et même, qui sait, à vous faire pleurer... L'Aurore de Murnau, c'est peut-être, si vous lisez cette petite chronique, le film à voir en priorité si vous ne l'avez pas encore vu. Quoi, vous êtes sur le point de commander un ou deux autres films avant de voir celui-ci? Vais vous dire une chose les amis. Pour moi, mais pas seulement, on tient là une oeuvre essentielle. Et c'est même plus flagrant que Naissance d'une Nation de Griffith (ou Intolérance). Ce film est certainement l'Aurore du Cinéma. L'aurore du cinéma "moderne", l'aurore de la poésie au cinéma... Une toile de maître que vous serez heureux de découvrir. Un film à la vision duquel chaque spectateur, chaque spectatrice, peut enfin s'identifier... Avec un phénomène de catharsis incomparable et carrément inoubliable, ce film vous change à jamais... Hommes et femmes, jeunes et vieux, petits et grands, beaux et laids... affreux, sales et méchants... tous peuvent s'identifier et se reconnaître... Quoi? Affreux, sales et méchants? Oui, parce que ce film nous renvoie quelque part à notre propre humanité, à notre propre nature humaine. Les uns seraient-ils seulement des démons et les autres uniquement des anges? Ou bien de gros naïfs? des âmes pures? "L'homme n'est ni ange, ni bête", disait Pascal, "et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête". C'est bien connu. Bref, ce film nous montrera une nouvelle fois, pour qui se ferait des illusions sur la nature humaine, que la pureté n'existe pas dans ce monde. La perfection encore moins. La pureté est un leurre. Et qui voudrait la trouver ou la retrouver se tromperait sur lui-même et sur les autres... Cela ne veut pas dire, bien sûr, qu'il ne soit pas nécessaire de faire des efforts pour s'améliorer... Loin de là. Et tout n'est pas sans espoir. Mieux, comme ce film le montre, il y a une espérance... Un bonheur possible. Parce que L'Aurore, c'est cela aussi: Une histoire de rédemption...

Alors quoi? Vous n'êtes toujours pas décidé? Vous n'avez toujours pas vu ce joyau, cette pierre précieuse, ce diamant noir? Rattrapez-vous et vite, car l'on a ici la troisième et dernière édition de Carlotta (édition soignée et de référence). Rattrapez-vous et partez à la recherche du temps perdu, comme dirait Proust, car comme nous le confiait aussi Claude Chabrol dans les bonus d'un film de Fritz Lang (cf. l'admirable J'ai le droit de vivre), "on ne peut pleinement apprécier un film si l'on n'a pas encore vu L'Aurore de Murnau". Parole certes sentencieuse, mais qui se justifie pleinement quand on lit sur la toile un certain nombre d'énormités, écrites sur tel et tel film (par exemple, "La Soif du Mal d'Orson Welles, c'est franchement raté", ou encore, "La Nuit du Chasseur de Charles Laughton, j'ai jamais compris son succès. C'est très mauvais"). Pour le dire autrement, le cinéma n'est pas que du divertissement. Et ce n'est pas qu'une histoire de ressenti personnel. Aussi, un film n'est pas fait pour être crédible ou vraisemblable... Le cinéma, c'est d'abord, et avant tout, une expérience visuelle. Au départ, un film est réalisé pour cela et rien d'autre. D'ailleurs, Truffaut déclarera plus tard, que ce film était "le plus beau film du monde". Bon, là encore, ce que j'en dis relève presque de la propagande. Mais si vous le regardez, vous comprendrez pourquoi L'Aurore fait encore l'unanimité. Comme le rappelle aussi Joël Magny dans une étude qu'il a consacré à ce joyau, "en 1958, s'opposant à leurs aînés, de jeunes critiques consacrèrent l'Aurore". Ce fut le début de la légende. D'une reconnaissance qui fera le tour du monde. En effet, l'évidence est là, poursuit Joël Magny : "chaque séquence, chaque plan est marqué du sceau d'un véritable auteur, par un style de mouvements, de contrastes et de subtilités qui émane des personnages, du décor, de l'univers même". Bref, non seulement, ce film est essentiel, mais vous allez me faire le plaisir de le (re)voir et de vous ruer sur cette édition de Carlotta, parce qu'ils l'ont promis: après cette édition, ce sera terminé... Es la ultima.

Je n'en dirais pas plus sur cette histoire universelle, sur l'histoire de ce couple incarnée par Janet Gaynor (qui tint quelques rôles inoubliables dans des films de Frank Borzage) et George O'Brien (acteur remarquable du muet et qui se fera une nouvelle santé avec l'arrivée du parlant). Le couple vit une crise majeure... Vont-ils la surmonter et si oui, comment? L'aspect visuel ne laissera personne indifférent (expressionnisme allemand, contrastes ombres et lumières remarquables, à tel point que l'on oublie que c'est un film muet en noir et blanc). Ce conte par son aspect universel et atemporel ne frise jamais le simplisme et encore moins le moralisme. C'est une histoire qui pourrait arriver à chacun de nous. Et même si le film de Murnau fut tourné à la fin des années 20, disons-le tout de go, il n'a pas pris une seule ride! Presque quatre-vingt dix ans plus tard, il est toujours d'actualité. D'ailleurs, l'action pourrait se passer à n'importe quelle époque et en n'importe quel pays. Aussi, il est bon de rappeler que L'Aurore par sa narration et ses acteurs annonce de façon remarquable le Film Noir: la vamp, incarnée par Margaret Livingstone, en opposition à la blonde aux cheveux de paille (Janet Gaynor), n'incarne-t-elle pas la femme fatale, la mante-religieuse, de celles qui dévorent les hommes, en les flouant et les dépossédant de leur bonheur? On l'aura compris, du plaisir éphémère et des tentations, il en est question dans L'Aurore. Scène oniriques de toute beauté, plans séquence d'une maîtrise absolue, poésie narrative, surprises à n'en plus finir: pour le spectateur, ce sont des frissons garantis. Mieux, des instants de bonheur à nul autre pareil.
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20 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lorsque le génie côtoie le 7ème Art..., 12 décembre 2010
Par 
Hervé "horne" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
FRIEDRICH WILHELM MURNAU, de son vrai nom F.W.Pumpe, naît à Bielefeld (Allemagne) le 28 décembre 1889.
Il commence sa carrière de réalisateur en 1919 mais la plupart des films qu'il a tourné avant 1921 ont été perdus.
En 1926, Murnau, auréolé du prestige du "Dernier des hommes", débarque à Hollywood sur l'invitation de William Fox qui a promis de produire son prochain film avec des conditions sans précédent : une totale liberté du sujet et du casting, la possibilité d'engager des techniciens de son choix, un budget quasiment illimité, et le contrôle du montage : The final cut, généralement refusé aux réalisateurs américains.
L'Aurore, son premier film américain sera acclamé par les critiques du monde entier

L'HISTOIRE DU FILM : Un fermier, heureux en ménage, tombe amoureux d'une vamp venue de la ville, au point d'accepter de tuer son épouse. Il emmène celle-ci en canot sur le fleuve... elle devine son intention et manifeste sa peur. Horrifié par son geste, il renonce à son funeste projet, calme sa femme et tente de gagner son pardon. Ils partent ensemble pour la ville et y passent une folle journée de réconciliation. Le soir tombe, il faut rentrer à la ferme. Un peu grisés par le vin, l'amour et la joie d'être réunis, ils reprennent la barque et traversent le fleuve. Une tempête se déclare...

Pour cette histoire intimiste sous-titrée "le chant de deux êtres humains", Murneau a eu des moyens de superproduction. Un village Allemand est reconstruit sur les bords du lac Arrowhead, tandis que les immenses décors de la grande ville sont bâtis sur un terrain vague attenant au studio. Dans les décors du restaurant et de la fête foraine, l'impression d'ampleur est accentuée par les fausses perspectives, le sol en pente et l'utilisation d'enfants et de nains à l'arrière plan. Dans la fameuse séquence du tramway, les portions de décor changeant à travers les vitres du véhicule furent minutieusement conçues en fonction de chaque angle de caméra.
Comme c'était fréquent à l'époque, deux versions du film furent réalisées simultanément en 1927 car il était alors impossible de dupliquer le négatif : une pour le marché américain, l'autre pour l'étranger...(avec de légères variantes de cadrage et de montage).
Les deux négatifs brûlèrent dans l'incendie des entrepôts de la Fox en 1937, mais une copie fut retrouvée bien plus tard, dans les archives du BFI (British Film Institute). Elle avait été tirée en 1936, d'après le négatif américain déjà très usé par le temps. Cette copie a servi d'élément de départ pour effectuer en 2003, une grande restauration du film, à l'initiative du BFI et de la 20th Century-Fox.

Tout, dans "L'AURORE" reflète l'expression symbolique des sentiments... chaque geste, chaque objet, chaque élément de la nature synthétise la force de l'instant dramatique ainsi que la perfection avec laquelle Murnau s'accomode des scènes prosaïques pour les rendre à la fois captivantes et sublimes. Nous sommes éblouis par l'harmonie qui règne entre les scènes d'action et les scènes d'émotion, si bien qu'il n'est pas vraiment difficile de s'identifier aux personnages. De toute évidence, Murnau possède la maitrise de la composition et du rythme des images ainsi que le don de susciter une atmosphère et de révéler toutes les facettes de l'âme.
Le génie visuel du cinéaste s'exprime dans les décors et dans la photo (fluidité des mouvements de caméra, profondeur de champs, éclairage à contre-jour, trucages à la prise de vues ou en laboratoire), qui vaudra l'Oscar à Charles Rosher et Karl Struss... De même, Janet Gaynor, l'héroine du film, remporte le premier Oscar de la meilleure actrice. L'Aurore fait sensation dans la presse et dans la profession, obtenant un Oscar spécial pour "l'originalité et la qualité artistique unique de la production".

Pour finir, je laisserai le dernier mot à celui qui, mieux que personne savait exprimer ses convictions d'homme et de cinéaste, ainsi que son sens des valeurs humaines :
"J'aime la réalité des choses, mais elle doit rejoindre l'imaginaire. N'est ce pas ce qui se passe dans la vie entre les réactions des êtres et leurs émotions ? Après tout, l'esprit est le moteur de l'action. L'art véritable est simple mais c'est la simplicité qui demande le plus grand talent. La caméra est le crayon du réalisateur. Elle doit être aussi mobile que possible, afin de traduire toutes les émotions qui passent et il est essentiel que les mécanismes du cinéma ne s'interposent pas entre le spectateur et l'image. Le réalisateur doit s'éloigner de toutes les traditions, théâtrales ou littéraires, pour utiliser au mieux ce nouveau moyen d'expression."
F. W. Murnau, in Theatre Magazine, 1927
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Si vous ne devez voir qu'un film muet, ce devrait être celui-ci, 20 août 2011
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
Apogée du cinéma muet, ce chef d'oeuvre mérite toutes les louanges qui lui sont adressées. Venu d'Allemagne, FW Murnau avait reçu pleins pouvoirs d'Hollywood pour bâtir ce qui devait être son grand oeuvre et le testament du cinéma muet. L'histoire est d'une belle simplicité : un homme de la campagne, marié, rencontre une vamp de la ville qui le convainct de venir à la ville avec elle - et de se débarasser de l'épouse gênante. Mais il ne se résoud pas au meurtre et, au contraire, part à la reconquête de sa moitié qui s'est enfuie, apeurée, vers la ville.
Le traitement du sujet est en revanche révolutionnaire, tant par rapport au cinéma de l'époque (y compris les oeuvres précédentes de Murnau) que par rapport au cinéma parlant à venir : impossible de ne pas voir le passage au parlant comme une régression et un appauvrissement tant les idées géniales de mise en scène de 'L'aurore' resteront au fond des placards hollywoodiens. Le cinéma va se théâtraliser et oublier de construire ses propres références et son propre langage. Car l'Aurore est un festival pour les yeux : cadrages novateurs, images en surimpression bouleversantes, jeux sur les transitions entre scènes concourent à créer cette atmosphère étrange et envoûtante, empreinte de fantastique, saturée de mélodrame et inscrite dans des paysages à la géographie indéterminée. Pas un plan du film qui n'étonne, qui ne ravisse : l'oeil réapprend à voir, l'imagination réapprend à rêver, avec ce film génial, hélas sans descendance.
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5.0 étoiles sur 5 l'aurore, 20 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
Film superbe, des images et des acteurs à la hauteur des émotions exprimées.
Le monde a énormément changé depuis mais les émotions qui peuvent résulter d'un
amour entre un homme et une femme restent inchangées. Pas de leçons de morales dans
ce film, l'homme est victime de ses pulsions et la folie le frôle mais son humanité triomphe
et il est rattrapé par l'amour.
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5.0 étoiles sur 5 Le plus grand film du monde., 29 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
Il s'agit à mon sens du plus grand film du monde.
L'immense Murnau ("Nosferatu, une symphonie de l'horreur", "Le dernier des hommes") crée ici un chef-d'oeuvre ABSOLU. C'est même un pléonasme que de le mentionner.
Chaque image, chaque scène, chaque plan est extrêmement intelligent et touche à la plus belle idée de beauté qu'un esprit humain peut imaginer.
Il me manque de superlatifs, d'adjectifs, de mots, pour exprimer ce que je ressens. C'est un vrai phénomène.
L'édition Carlotta rend parfaitement justice à cela. Remasterisation parfaite.
Commentaires filmiques excellents. Analyse très juste et intelligente de Jean Douchet. Bonus très émotifs.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le cinema à son apogée., 15 novembre 2011
Par 
Shan - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Aurore (DVD)
Chef d'oeuvre du muet, plus beau film de l'histoire du cinema disait Truffaut, L'aurore d'une beauté visuelle phenomenale, d'un immense souffle lyrique, et l'impressionnante virtuosité technique de Murnau. Une diabolique femme de la ville arrive à convaincre un homme de tuer son epouse, mais dans la barque devant une femme apeurée qui l'implore, l'homme renonce à son funeste projet. Elle encore sous le choc, lui honteux, et l'extraordinaire scene de l'eglise, lors d'un mariage devant les paroles du pretre, l'homme s'effrondre en larmes et demande le pardon à son epouse qui lui l'accorde. Et cette fin grandiose, la femme tombée et perdue en mer, l'epoux desesperé, la vamp diabolique cachée dans un arbre qui espere sa victoire, mais l'epouse sauvée des eaux, le couple reuni et la vamp qui part. George O'Brien, Janet Gaynor immense star du muet et la diabolique Margaret Livingston reunis par Murnau pour l'eternité dans un film veneré par des generations de critiques et cinephiles.
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L'Aurore
L'Aurore de Friedrich Wilhelm Murnau (DVD - 2010)
EUR 14,99
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